Editeur : Hachette

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jeudi, 18 janvier 2018

Le jour où le diable m'a trouvée, d'April Geneviève Tucholke.

Le jour où le diable m'a trouvée

L'ouvrage:
Violet et Luke (seize ans), vivent dans le manoir familial avec leurs parents. Ceux-ci sont artistes, et s'absentent très souvent sur de longues périodes. C'est justement lors de l'une de ces absences que l'argent vient à manquer. Violet décide alors de louer la dépendance du manoir. C'est River, un étrange adolescent, qui se présente. La jeune fille est tout de suite attirée par lui.

Critique:
À cause du titre et du tout début, j'ai eu peur de tomber sur une histoire où tout le monde finirait par se transformer: qui en diable, qui en loup-garou, un peu comme dans un roman de Jennifer McMahon qui, pour moi, a viré au n'importe quoi. Heureusement, certaines chroniques m'ont rassurée à ce sujet.

Ce livre m'a plu, mais j'ai gardé de la distance. J'ai apprécié les personnages que l'auteur veut qu'on aime, mais je les ai trouvés plats. Ils étaient sympathiques, mais peut-être trop prévisibles ou trop caractérisés par une chose... Luke court les filles et feint de mépriser sa soeur, Sunshine semble traîner son ennui... Violet m'a paru un peu plus consistante, parce qu'elle aime lire, que sa grand-mère lui manque, et que comme elle raconte l'histoire, elle est bien obligée de nous en dire un peu plus sur elle.

J'ai lu une chronique dans laquelle la personne trouvait invraisemblable que les parents s'en aillent comme ça, abandonnant leurs enfants mineurs, sachant qu'ils avaient peu de ressources. Certes, c'est pour le moins incongru. J'ai mieux accepté cela que la chroniqueuse, parce que j'ai lu «Le château de verre» qui est une histoire vraie dans laquelle l'héroïne raconte que ses parents étaient à peu près comme ceux du roman.

Le récit est lent, surtout au début. L'auteur prend le temps d'installer une ambiance, de faire intervenir des événements étranges... C'est bien, mais ça a été un peu trop lent pour moi. Ensuite, on découvre des choses. Entre le don surnaturel d'un personnage, et les secrets qui entourent la famille de Violet et Luke, tout n'est pas trop mal ficelé, même si certains éléments sont un peu gros. Lorsque la narratrice raconte ce qui arrive au grenier, j'ai deviné que le responsable n'était pas celui auquel les personnages pensaient. De ce fait, j'ai trouvé que l'auteur mettait du temps à le révéler. Ensuite, la façon dont arrivent certaines choses m'a rappelé le «glamour» des personnages de Marissa Meyer. Bien sûr, vers la fin, on est embarqué dans le suspense, on attend de voir comment tout cela va se terminer, mais ça ne rattrape pas vraiment le reste, pour moi. Je ne pense pas lire la suite, ce roman ayant une fin. On peut donc s'arrêter ici. Je me doute de l'intrigue du tome 2.

Éditeur: Hachette.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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lundi, 13 août 2007

Attention, les enfants regardent, de Laird Koenig.

Attention, les enfants regardent

L'ouvrage:
Marty et Paula Moss sont très riches. Marty est metteur en scène, et Paula est actrice. Ils ont cinq enfants qui ont entre neuf et quatre ans: Cathy, Cary, Sean, Patrick, et Marti. Certains de ces enfants sont nés de précédents mariages.

Actuellement, Marty et Paula sont en Italie, et les enfants habitent pour l'été une luxueuse demeure près de la plage, sous la surveillance de Graziella Montoya, la bonne mexicaine.
Les enfants passent leur temps à se bourrer de cochonneries et de bêtises télévisées, tout en insultant la bonne, surnommée Avocados. Celle-ci ne les comprend pas, ils n'hésitent donc pas à la traiter de cruche et autres noms d'oiseau.
Graziella a un petit ami. Un mexicain qui vient la voir, de temps en temps.

Un jour, alors que les enfants et Graziella étaient à la plage, celle-ci s'endormit sur un matelas pneumatique. Les enfants tentèrent de la réveiller, afin qu'elle leur donnât la clé du salon de télévision. Graziella ne s'éveillant pas, ils décidèrent de pousser le matelas dans la mer. Cela éveilla effectivement la bonne. Et soudain, le matelas fut entraîné par le courant. Les enfants, ravis d'avoir chipé la clé à la bonne, laissèrent le matelas dériver.

Critique:
Ce roman est le premier de Laird Koenig. Certaines situations ressemblent à celles que l'on trouve dans son deuxième roman, «La petite fille au bout du chemin». L'héroïne de ce roman, Rynn Jacobs, est une enfant de treize ans. Elle fait tout pour cacher l'absence de son père. Les circonstances la poussent, par exemple, à devoir faire déplacer une voiture. Ici, on retrouve des enfants qui font tout pour qu'on ne s'aperçoive pas qu'ils sont seuls dans la maison. A un moment, eux aussi doivent déplacer une voiture. Cette similitude m'a déçue. C'est un peu facile de la part de l'auteur de réutiliser les mêmes ficelles. Bien sûr, beaucoup d'auteurs le font, mais en général, ce sont des auteurs que je n'aime pas trop, donc, cela ne m'étonne pas d'eux, et ne me gêne pas.
J'ai trouvé que ces ficelles étaient mieux utilisées dans «La petite fille au bout du chemin« que dans «Attention, les enfants regardent«. Par exemple, lorsque Rynn doit faire sortir la voiture de devant chez elle, elle contacte un garage. Ici, les enfants ne le peuvent pas, ils la conduisent donc seuls. Ce n'est pas très crédible. Ceux qui s'occupent de la voiture sont les plus grands, mais l'aînée n'a pas plus de neuf ans. Et ils arrivent à la conduire au moins sur une centaine de mètres, et à la faire basculer dans la mer, par-dessus la falaise.

De plus, dans «La petite fille au bout du chemin», même si on trouve les actes de Rynn répréhensibles, on la comprend, et on ne peut s'empêcher de l'approuver. Bien sûr, on n'agirait pas comme elle, mais on la comprend.
Ici, les enfants sont tout ce que je trouve détestable. Ils sont jeunes, donc, ont tendance à se disputer pour rien. Mais en plus, ils ne pensent qu'à regarder la télé et à manger n'importe quoi. On comprend leur attitude, car ils ont des parents qui n'ont pas l'air de faire grand cas d'eux. Donc, leur attitude quotidienne est compréhensible. Mais par ailleurs, ils ne sont pas sympathiques. Par exemple, ce qui arrive à Graziella est un accident, mais aucun des enfants n'essaie de lui porter secours. Ils sont aveuglés par leur égoïsme, leur superficialité. Ensuite, ils passent leur temps à se disputer, à se faire pleurer les uns les autres. Ce sont de méchants enfants, des enfants dans toute leur cruauté. Je n'avais pas envie qu'ils s'en sortent. J'aurais voulu que celui qu'ils surnomment l'Embrasseur ait raison d'eux. Lui-même n'est pas très reluisant, mais on peut se dire qu'il agit comme il le fait pour la bonne cause. On ne connaît pas son passé, mais on se doute qu'il est très pauvre et l'a toujours été. Il essaie donc de s'en sortir comme il peut, quitte à voler. Et il vole des gens qui le méprisent, lui et les autres mexicains.

Je ne vous conseille pas ce livre... La tension perpétuelle due à ce que doivent cacher les enfants, à leurs caractères, et à l'intrusion de l' Embrasseur, est bien rendue. Mais les enfants ne sont pas sympathiques, et pas très crédibles non plus. Le deuxième roman de Laird Koenig, «La petite fille au bout du chemin» est mieux réussi. Il rend tout aussi bien cette ambiance tendue, et Rynn est plus crédible et plus sympathique.

Éditeur: Hachette.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Candil Lopez.

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