Editeur : Gallmeister

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lundi, 24 février 2020

Sauvage, de Jamey Bradbury.

Sauvage

L'ouvrage:
Alaska. Tracy Petrikoff a dix-sept ans. Elle vit avec son père (Bill) et son frère (Scott). Elle connaît la forêt comme sa poche, et y chasse presque tous les jours. Elle aime aussi les courses de traîneaux. Un jour, dans la forêt, elle fait une mauvaise rencontre, et pense dépasser les limites que sa mère lui a fixées quand elle a accepté que Tracy chasse en forêt. L'adolescente n'en parle pas à son père, ce qui l'entraîne dans un inextricable engrenage.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai découvert une héroïne à la fois forte et fragile. En effet, Tracy se comporte souvent en fille capricieuse, mais elle a une grande force morale. Malheureusement, celle-ci ne la mène pas toujours dans la bonne direction. D'autre part, la jeune fille paraît insensible, mais elle enrage que son père ne se donne pas les moyens de faire ce qu'il souhaite vraiment. Elle sait ce que c'est d'avoir certains besoins qu'il est impératif de combler. Même si j'ai compris que la priver de la forêt (et surtout d'une certaine chose) était lui enlever un besoin vital, j'ai parfois douté. Ne pourrait-elle pas se passer de cette chose qui lui semble nécessaire. Après avoir fini le roman, je n'ai pas vraiment tranché, mais j'opterais davantage pour le fait que cela lui est indispensable.
L'adolescente est souvent déconcertante. Au cours de ma lecture, je me disais qu'elle devait expliquer à son père ce qui lui était arrivé, ce qui en avait découlé, etc. Je désapprouvais son silence, et voyais les choses empirer... ceux qui ont lu le livre comprendront donc que j'aie trouvé ce que fait Tracy à la fin trop radical. Certes, cela cadre avec son personnage, et en plus, cela lui permet de se débarrasser d'un très gros ennui qu'elle n'aurait pu éviter autrement. Cependant, j'aurais aimé qu'elle agisse d'une autre manière. Elle aurait pu nuancer son acte.

Au cours de la lecture, à travers les yeux et les souvenirs de la jeune narratrice, les personnages se dévoilent. Certains réservent quelques surprises. Je n'en avais deviné aucune.
L'intrigue est bien menée, sans incohérences, sans temps morts. Certains tiqueront peut-être sur un événement, et se demanderont comment Tracy a pu croire ceci et cela. Pour moi, cela s'explique par l'idée que quand on panique, on peut faire n'importe quoi, même si on ne devrait pas être en mesure de le faire.

J'ai beaucoup apprécié de découvrir le profond amour et le respect que Tracy et son père éprouvent pour leurs animaux.
En bonne amie du froid, j'ai aimé l'ambiance du roman. La glace, la neige, le froid sont au rendez-vous. À un moment, la narratrice tombe même dans l'eau glaciale. Cela m'a rappelé «I'm still alive», car il arrive la même chose à l'héroïne, mais pas dans les mêmes circonstances. Cela m'y a fait penser parce qu'à ce moment de chacun des deux romans, les deux narratrices souffrent beaucoup moralement.

Un roman qui fait réfléchir sur l'empathie, sur la portée de nos actes, sur l'importance de la communication... Beaucoup de romans font cela, mais celui-là fait partie de ceux qui sonnent juste.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Peu avant de lire ce roman, j'ai vu que les éditions Gallimard le publiaient en audio. Je n'ai pas souhaité lire la version de Gallimard, parce que je n'ai pas un bon a priori concernant la lectrice, Karl-Lyne Heller. En effet, quand Audible.fr a sorti «Dry» (lu par cette comédienne), j'ai été tentée par le résumé. Ne connaissant pas la lectrice, j'ai écouté l'extrait proposé sur le site. J'ai trouvé qu'elle lisait comme si elle s'adressait à de très jeunes enfants, et encore, je n'aimerais pas qu'on s'adresse ainsi à mes enfants si j'en avais. Cela m'a dissuadée. Donc quand j'ai vu que c'était elle qui lisait «Sauvage» pour les éditions Gallimard, j'ai été bien contente que ce roman, qui me tentait beaucoup, ait également été enregistré par une lectrice bénévole dont j'apprécie beaucoup la façon de lire.

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jeudi, 20 décembre 2018

L'été de Katya, de Trevanian.

L'été de Katya

L'ouvrage:
Été 1914. Jean-Marc Montjean, tout juste diplômé de médecine, devient l'assistant du docteur Hippolyte Gros. Il exerce donc dans un petit village du Pays basque.
Il est amené à soigner le jeune Paul Tréville, blessé lors d'une chute de vélo. Il va donc fréquenter la maison du jeune homme, et de ce fait, sa soeur jumelle, Katya, dont il tombe très vite amoureux.

Critique:
Ce roman m'a plu.
Jean-Marc raconte l'histoire vingt-cinq ans plus tard, donc il donne de petits indices sur la manière dont ont tourné les événements, ou du moins, sur l'issue de son amour pour Katya. Cependant, il ne dit pas avant la fin comment les choses sont arrivées. Cela laisse au lecteur la possibilité de supposer...

Dès que Paul apparaît dans le récit, il fait certaines remarques qui ne lui attirent pas la sympathie du lecteur. Pourtant, je me suis dit que ce comportement cachait autre chose. On comprend rapidement que les Tréville dissimulent un élément important, et contrairement à Jean-Marc, je pensais que le dévoiler accroîtrait sa nuisance. Je souhaitais pourtant le connaître. L'auteur trouve le moyen de ne pas faire traîner les choses tout en ne révélant pas tout d'un coup. Avant que toute la vérité soit connue, il donne quelques explications, et nimbe son histoire d'une ambiance étrange qui laisse deviner de terribles éléments. Lorsque j'ai fini par tout savoir, j'ai pensé que le personnage le plus lucide aurait peut-être dû prendre les choses en main autrement... oui, mais comment?
Je regrette que l'auteur ne dise pas comment s'est terminé cet été-là. On sait comment s'achève la dernière entrevue de Jean-Marc avec Katya, mais j'aurais aimé savoir ce qui est arrivé tout de suite après, et les jours qui ont suivi.

Souvent, la famille Tréville agit comme si ce qu'elle cache n'existait pas. Paul et Katya se montrent enjoués, monsieur Tréville est fou des études qu'il fait. C'est dans ces moments qu'ils sont très sympathiques. On trouve même des scènes cocasses, comme celle où Paul parle de sa soeur comme d'un estomac sur pattes.
Le docteur Gros est également un personnage sympathique. On comprend qu'il chapitre le jeune Jean-Marc qui est quelque peu imbu de lui-même. Ensuite, la présence du docteur Gros est souvent synonyme d'amusement. Au long du livre, il est l'image du bon vivant, à la fois drôle et sage.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Comme d'habitude, j'ai été contente de retrouver cette lectrice dont j'aime les interprétations.

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mercredi, 12 novembre 2014

Dark horse, de Craig Johnson.

Dark horse

L'ouvrage:
État du Wyoming.
Mary Barsad a abattu son mari de six balles dans la tête après que celui-ci a tué ses chevaux. La jeune femme a avoué le meurtre. Cependant, le shérif Walter Longmire pense qu'une autre vérité se cache. Il va enquêter.

Critique:
Ce livre fait partie d'une série mettant en scène le shérif Longmire. Ce n'est pas le premier tome, mais n'ayant pas été perturbée, je pense que les romans peuvent se lire indépendamment.

L'auteur s'attache d'abord à créer une ambiance. Un peu d'aventure, une énigme, des scènes se déroulant en pleine nature, des combats... Un parfum de western plane sur ce roman. N'ayant pas lu beaucoup de romans de ce genre, j'ai associé cette ambiance avec celle de «La veuve», de Gil Adamson. Mon impression a été renforcée par la similitude de l'idée de départ: Mary tue son époux.

Le shérif est ce que j'appelle un gentil, ce qui, pour moi, fait son charisme. Il se remet en question, malgré des années d'expérience. En outre, il fait partie de ces gens qui se préoccupent vraiment du bien-être des animaux.
Au long du roman, on rencontre d'autres personnages qui ont un petit quelque chose: Vic, par exemple.

Malgré une histoire grave, l'auteur émaille son récit de situations ou de répliques humoristiques. Les échanges entre Walt et Vic le sont majoritairement. On en trouve aussi au détour d'une conversation ayant avoir avec l'enquête.

Quant à l'énigme, elle réserve quelques surprises, mais ne vous attendez pas à de multiples rebondissements ni à du suspense à chaque page. Elle est presque un prétexte pour décrire des personnages et des paysages. La progression de l'enquête est assez lente. Lenteur renforcée par la structure. En effet, pendant une grande partie du roman, Craig Johnson conte alternativement les investigations de Walt et la manière dont il en est venu à enquêter sur cette affaire.
Une partie de ce que révèlent les recherches de Walt m'a paru un peu discutable. C'est expliqué, et l'explication est préparée. Cependant, j'ai trouvé que c'était un peu bancal. D'autant que sur la période pendant laquelle se déroule le roman, Mary a l'air d'être un peu dans les choux. J'avais envie de la secouer.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour Sésame. (Sésame est maintenant rattaché au GIAA.)

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vendredi, 6 décembre 2013

Dérive sanglante, de William G. Tapply.

Dérive sanglante

L'ouvrage:
Stoney Calhoun a été foudroyé. Il s'en est tiré avec des séquelles, notamment une amnésie assez importante.
Voilà cinq ans qu'il s'est établi dans un petit village. Il travaille au magasin Chez Kate où il vend des articles de pêche. Ce jour-là, un touriste se présente à la boutique et explique qu'il cherche un endroit pour pêcher la truite. Calhoun n'a pas envie de passer du temps avec cet individu qu'il trouve antipathique. Il demande donc à Lile, l'autre employé du magasin, de s'en charger. Lile accepte... Le lendemain, il est introuvable.

Critique:
J'ai trouvé ce roman policier inégal. Au début, les personnages et les événements m'ont plu. Quant à la disparition de Lile, je me doutais bien qu'elle mènerait à la découverte de son cadavre, mais je trouvais qu'il y avait quand même du suspense. En outre, Calhoun, Kate, et le shérif m'étaient sympathiques.

Ensuite, j'ai trouvé que ça stagnait. L'intrigue ralentissait. Et puis, l'histoire d'amour m'a un peu gênée. J'ai trouvé un peu fort que les amants demandent l'aval du mari, comme si ça pouvait les dédouaner. C'est mieux (car moins fourbe) que de se cacher, bien sûr, mais cela m'a quand même gênée. Au final, les personnages m'ont paru moins intéressant à mesure que j'avançais dans ma lecture. Rien ne les démarque vraiment.

La solution de l'énigme m'a paru bonne, car je ne l'avais pas devinée. Cependant, elle ne contrebalance pas l'ennui que j'ai ressenti pendant presque la moitié du roman. En outre, elle est assortie d'un moment qu'on trouve un peu dans tous les romans policier: le «héros» aux prises avec le «méchant». C'est souvent bien fait, mais ici, cela m'a un peu agacée. Sûrement parce que le livre n'était pas à la hauteur de ce que j'attendais.

Je sais qu'il existe au moins une autre aventure de Stoney Calhoun. Je ne pense pas la lire.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bertrand Baumann pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 10 décembre 2012

Chinook, de Pete Fromm.

Chinook

L'ouvrage:
Les seize nouvelles de ce recueil dépeignent des personnages dans diverses situations. Ils s'aiment, se comprennent parfois mal, agissent sur un coup de tête, souhaitent le meilleur pour ceux qu'ils aiment.

Critique:
Le point commun de ces nouvelles est la nature. Elle joue un rôle plus ou moins important dans chacune, mais elle est toujours présente. L'homme communie parfois avec elle, mais d'autres fois, elle se déchaîne («Dérapage»), le trahit («Ormes»).

Certaines nouvelles m'ont plu parce que leur fin m'a paru inattendue. Ce sont de petites tranches de vie, et on imagine bien les personnages continuer leur chemin. C'est le cas de «Source», de «Sauvetage», de «Ormes». On voit une ligne toute tracée, et l'auteur bifurque, montrant autre chose, ce qui donne des situations et des personnages exempts de clichés.
D'autres m'ont plu au point que j'aurais aimé qu'elles soient plus longues, comme «Concentré». En outre, dans cette nouvelle, on piétine, rien n'est réglé... On ne peut qu'imaginer une suite pessimiste, alors que ces personnages mériteraient autre chose. J'ai également été un peu frustrée par la fin de la première nouvelle, de «Casques», et de «Chinook». En effet, beaucoup de ces historiettes mériteraient d'être davantage développées. Elles sont bien écrites, campent des personnages attachants, décrivent des situations intéressantes. D'autre part, certaines chutes m'ont paru un peu faciles.
Certaines nouvelles («Pluie sèche», ou «Tue serpents», par exemple), donnent l'impression d'une situation bloquée. Cependant, la fin peut laisser penser qu'un espoir est permis. Entre parenthèses, j'ai beaucoup aimé Joe, le petit garçon de «Pluie sèche».
«Tropic du concert» et «Baby-sitter» sont plus désespérées que la plupart des autres, évoquant des sujets définitifs. Elles recèlent tout de même une note d'espoir, surtout la dernière.

J'ai moins aimé «La plus belle du royaume» et «Bûcheron». Les situations et les personnages m'ont moins touchée. Je les ai moins compris, je n'ai pas vraiment pu me mettre à leur place.
Je n'ai pas pu entrer dans deux d'entre elles: «Armoise et sel» et «Base-ball».

Des portraits attendrissants, des personnages terriblement humains, une écriture célébrant les grands espaces.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je ne sais pas trop comment se prononce «Chinook» en anglais, mais je regrette que la lectrice ait dit «tchaïnouk». J'aurais dit «chinouk».

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