Mensonges sur le divan

L'ouvrage:
Ernest Lash est psychiatre. L'un de ses patients, Justin Astrid, quitte sa femme. Voilà cinq ans qu'il souhaite cette séparation.
Carol, la femme bafouée, veut se venger. Elle est sûre qu'Ernest a aidé Justin à la quitter. Elle décide de pousser le psychiatre à la faute.

Critique:
Moi qui deviens de plus en plus difficile, j'ai été conquise par ce roman. Je n'y trouve aucun défaut.

D'abord, il est assez long (14h45 en audio), et je n'ai trouvé aucune longueur. Je ne me suis même pas ennuyée lors des scènes de poker, alors que ce jeu ne m'intéresse pas du tout.
L'auteur se plaît à entrecroiser intrigues et personnages de manière complexe, mais absolument pas compliquée. Tout est bien amené. Certains événements pourraient paraître un peu tirés par les cheveux, mais sous la plume d'Irvin D. Yalom, ils me semblent bien placés, bien pensés.
En effet, il est peut-être un peu gros que Carol finisse par tourner ainsi... Le début nous montre une furie, qui l'a toujours été, qui est incapable de réfléchir et de se remettre en question. Le lecteur a donc du mal à l'imaginer faisant un travail sur elle-même. Son changement est tout de même préparé au long du roman.
J'ai apprécié le fait qu'une chose assez balisée, prévue, ne tourne pas comme on aurait pu le penser.
Ce qui arrive à Shelly aussi pourrait paraître un peu gros, cependant, l'auteur fait en sorte que ce soit crédible.

J'ai également apprécié la structure du livre. D'abord, chaque chapitre nous présente un pan de vie de tel ou tel personnage. On change de protagoniste à chaque chapitre. Cela pourrait être pénible si, au début, l'auteur ne préparait pas son lecteur de manière très habile. Dans le prologue, Ernest n'est qu'un personnage secondaire. Dans le chapitre 1, il prend davantage d'importance. C'est pareil pour Justin et Carol. L'auteur attise la curiosité du lecteur en lui présentant une petite partie d'un personnage. Du coup, quand le chapitre consacré au protagoniste arrive, on se surprend à être satisfait.

Le roman emmène le lecteur dans le monde de la psychiatrie, de la psychanalyse, etc. On en découvre certains rouages... et surtout, l'auteur montre bien quelles sont les limites. Entre Seth Panday dont ses pairs jugent qu'il a commis une faute, Marshal qui tente d'appliquer l'éthique à la lettre, et Ernest qui s'implique beaucoup... toutes ces «méthodes» sont intéressantes, tous ces points de vue sont défendables.

Ernest et Marshal Streider sont complexes. On commence par les trouver antipathiques: suffisants, sûrs d'eux... Le chapitre où Ernest est à la librairie pour faire un discours et des signatures montre un personnage assez détestable. Tout cela dans un style savoureux.
Quant à Marshal, on le voit dans toute sa splendeur lors de la supervision d'Ernest, lors de la décision quant à Seth, etc.
Comment ne pas rire et éprouver de la compassion quand Ernest assure à Paul que sa patiente, Carolyn, est totalement honnête?
Comment ne pas s'esclaffer (et je ne m'en suis pas privée), de ce qui arrive à Marshal tout en le plaignant quand même? C'est là l'une des forces de ce roman.

Éditeur: Galaad.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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