jeudi, 26 mars 2020

Quand je t'ai perdue, de Fionnuala Kearney.

Quand je t'ai perdue

L'ouvrage:
Décembre 2014. Anna, vingt-quatre ans, était aux sports d'hiver avec des amis. Il y a eu une avalanche. Certains s'en sont tirés, on a retrouvé le corps des autres... sauf celui d'Anna et d'un de ses amis.

Février 2015. Jess, la mère d'Anna, fait de son mieux pour ne pas s'effondrer. Heureusement, elle a Rose (sa petite-fille), Léa (sa soeur), et Théo (son meilleur ami). Mais ses tourments ne sont pas près de s'arrêter. Anna avait un secret, et Jess est sur le point de le découvrir.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il explore sans complaisance la psychologie de personnages ordinaires confrontés à de douloureux événements. On voit surtout la manière réagit Jess parce qu'on est souvent dans ses pensées. L'autrice montre intelligemment la douleur de cette mère qui s'efforce de vivre, et de profiter de ceux qui lui restent, et qui, alors qu'elle sait qu'elle ne se relèvera jamais vraiment, reçoit un autre coup concernant sa fille disparue, et ne peut pas lui demander de s'expliquer.

Anna est assez dérangeante. Elle fait quelque chose de mal, le sait, et ne parvient pas à s'arrêter, même après certaines graves conséquences. Certes, comme le souligne un personnage, il ne faut pas la résumer à cette mauvaise action répétée, mais je ne suis pas vraiment encline à la défendre. L'autrice fait justement en sorte qu'Anna, en dehors de cela, soit appréciable. Ainsi, il est dur de trancher la concernant. Si j'ai tenté de me mettre à sa place, j'ai surtout réussi à comprendre ceux qui souffrent par sa faute. Je ne la condamne pas absolument, ma réprobation totale revient à un autre personnage. Lui, je ne lui ai trouvé aucune excuse.

À part la question de la douleur qu'on peut infliger aux siens parce qu'on ne parvient pas à faire autrement, le roman soulève une autre question tout aussi dérangeante: toute vérité est-elle bonne à dire? À l'instar de Jess, si je suis concernée, je préfère que mes amis me disent ce qu'ils sachent. Cependant, Théo et Doug décident de ne pas dire certaines choses à Jess. Même s'ils pensent que c'est mieux ainsi, que cela lui ferait mal pour rien, je pense que ce n'est pas à eux de décider. Si elle souhaite savoir ce qui la concerne, elle en a le droit. J'ai d'ailleurs trouvé étrange que Théo, qui a bien failli être rayé de la vie de Jess à cause de cela, fasse la même chose en lui cachant un autre fait.

J'ai apprécié les autres personnages, et je les ai compris. Sean m'a un peu agacée, au début, mais il était compréhensible qu'il souhaite passer davantage de temps avec Rose.

Pour moi, l'intrigue ne souffre pas de temps morts.

Éditeur: City.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Yves Vanmeenen fait partie des lecteurs dont j'aime le jeu. Ici, il ne m'a pas déçue.

Acheter « Quand je t'ai perdue » sur Amazon

jeudi, 10 décembre 2015

Une mère parfaite, de Nina Darnton.

Une mère parfaite

L'ouvrage:
Une nuit, Jennifer Lewis reçoit un coup de fil de sa fille, Emma, vingt ans, partie étudier en Espagne. Elle est accusée de meurtre.

Critique:
Ce livre montre (à l'instar de «Le bon père» et «Défendre Jacob») comme il est dur pour des parents de voir leur enfant accusé de meurtre, alors que, selon les parents, rien ne semblait annoncer quoi que ce soit de ce genre. Comme dans les romans sus-cités, Jennifer se remet en question. Cependant, cela lui est douloureux, car elle pense avoir fait en sorte que ses enfants reçoivent l'amour et l'éducation nécessaires à leur équilibre.
Mark, le mari de Jennifer, ne voit pas tout à fait les choses sous le même angle. Cela fait qu'au long du roman, le lecteur confronte les points de vue des deux parents, et finit par se faire une opinion. J'ai aimé hésiter puis finir par me décider quant à ce qui s'était passé la nuit du meurtre, à l'aide des points de vue de Jennifer et Mark, des dires d'Emma, de sa façon d'agir...

Cette crise fait resurgir les problèmes de couple de Mark et Jennifer. Une partie de ces problèmes vient du fait que Jennifer a toujours dirigé l'éducation des enfants, sans vraiment tenir compte du point de vue de Mark.

L'auteur étudie également la question de la manipulation. Entre ce qu'on dit, la manière dont on le dit, la conviction qu'on y met... C'est assez impressionnant, parce qu'on se dit que cela pourrait nous arriver...

Pour moi, ce roman est bien pensé. Nina Darnton explore sans complaisance les motivations de chacun, le caractère des uns et des autres... Rien n'est trop gros, rien n'est bâclé... La fin est en accord avec le reste. Elle montre qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir... On peut se demander si Jennifer en aura le courage.

Comme je pinaille, j'ai un petit reproche à faire. J'ai trouvé que l'embryon d'histoire entre Jennifer et un personnage était convenu. Pourquoi une femme seule ou dont le couple va mal doit-elle forcément avoir une histoire avec quelqu'un qu'elle côtoie lors des événements contés dans le roman?

Éditeur: City.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Acheter « Une mère parfaite » sur Amazon