Editeur : Bragelonne

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jeudi, 30 mai 2019

La voie du loup, de Beth Lewis.

La voie du loup

L'ouvrage:
À l'âge de sept ans, Elka vivait dans un petit village avec sa grand-mère. Celle-ci s'occupait de la fillette pendant que les parents de cette dernière allaient faire fortune en ville. Un jour, l'enfant s'est perdue dans les bois, et a été recueillie et élevée par un homme qu'elle surnomme «le trappeur». Dix ans s'écoulent. Elka apprend alors que son père adoptif est recherché pour le meurtre de plusieurs femmes. Complètement déboussolée, elle s'en va. Elle souhaite fuir cette situation, et décide d'en profiter pour tenter de retrouver ses parents.

Critique:
J'ai adoré ce roman (autre cadeau de ma mère pour Noël 2018). Sa plus grande force est son héroïne. Cette fille de la nature doit faire face à des situations auxquelles elle n'est pas préparée, et trouve toujours le moyen de s'adapter. Bien sûr, elle se débrouille mieux sous un orage que confrontée à la cruauté humaine, mais elle s'en sort toujours. J'aurais agi comme elle sur le bateau.
Le plus dur pour la narratrice est sûrement de devoir accepter la duplicité de son père adoptif, et également autre chose qu'elle-même a du mal à se pardonner.

J'ai souri lorsque notre héroïne s'embarrasse de Pénélope. Elka pense d'ailleurs que sa compagne ne lui sera d'aucune utilité, étant une pauvre chose fragile. Ce curieux duo ne manquera pas de surprendre le lecteur. Je dois dire que je n'ai pas trop apprécié Pénélope. Pourtant, elle ne trahit pas Elka... je la trouvais surtout pénible lorsqu'elle minaudait avec Mark, et je me demandais ce que celui-ci lui trouvait. Mais Pénélope prouve à tous (je ne l'aurais pas pensé d'elle, et cela a fait que j'ai retiré toutes mes mauvaises pensées à son égard) qu'elle apprécie Elka à sa juste valeur.

Non seulement le roman ne traîne pas, mais l'auteur a su faire monter la tension de multiples manières. Il y a d'abord ce que vit Elka sur le bateau. (Je savais qu'elle était tombée sur une personne méprisable avant qu'elle ne le découvre. Il m'a d'ailleurs semblé étrange qu'elle ne se méfie pas, et tombe sous le charme d'un beau parleur.) Il y a ensuite les péripéties que Pénélope et elle vivent. Enfin, il y a la mission qu'elle finit par se donner.

Ce roman a une vraie fin. Cependant, j'aurais souhaité savoir ce que devient la narratrice. À la toute fin, on sait certaines choses, mais je pense que j'aurais aimé savoir la suite, même si on me rétorquera qu'on peut facilement l'imaginer. Je pense qu'elle n'est pas forcément toute tracée à cause d'un détail (que je ne dévoilerai pas ici pour ne pas trop en dire).

Je ne sais pas vraiment quand se passe le roman, mais au vu de certains détails, j'imagine que c'est au dix-septième ou dix-huitième siècle...

Une héroïne très attachante, une intrigue très bien pensée, une ambiance parfaitement exposée. Une réussite!!!

Éditeur français: Bragelonne.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Harper Audio.

Les habitués de ce blog savent sûrement qu'Amy McFadden fait partie des lecteurs dont le jeu me plaît beaucoup. Ici, elle n'a pas démérité.

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lundi, 25 février 2019

Le Paris des merveilles, tome 3: Le royaume immobile, de Pierre Pével.

Le Paris des merveilles, tome 3: Le royaume immobile

Note:
On me reprochera peut-être de m'obstiner à appeler l'enchanteresse Aurélia, alors que l'auteur l'appelle Isabelle la plupart du temps. Certes, mais Aurélia est son prénom d'origine, et elle en a changé par nécessité, donc pour moi, elle est Aurélia.

L'ouvrage:
Printemps 1910. Un elfe noir est poursuivi par des tueurs. Alors qu'il succombe, il est recueilli par Aurélia, Lucien et Auguste qui mettent ses attaquants en fuite.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé les deux premiers tomes de cette série, j'ai dévoré le troisième avec délectation. L'auteur ne s'essouffle pas. Pour moi, l'intrigue est sans temps morts. En plus, je n'ai pas trouvé les différentes pièces du puzzle avant que le romancier ne les donne. Tout s'imbrique, tout se tient, tout est cohérent.

J'ai surtout apprécié les multiples occasions de rire. Elles sont surtout créées par les particularités de certains personnages, spécificités que nous découvrons dans les tomes précédents. Dans le premier chapitre de ce volume 3, je n'avais pas du tout prévu ce que nous apprenons concernant la Pétulente. J'aurais pourtant dû m'y attendre. D'autre part, beaucoup de scènes entre Aurélia et Griffont sont cocasses: par exemple, l'extrême mécontentement de l'enchanteresse au regard des circonstances dans lesquelles elle apprend que le mage est pressenti pour siéger au parlement des fées. Sa jalousie envers Cécile prête aussi à sourire. Lucien et Auguste restent égaux à eux-mêmes. J'ai trouvé très drôle qu'à un moment, Auguste déplore l'absence de sensations fortes. Sachant que là où se trouve Aurélia, il y a de l'action, il était évident que les situations périlleuses barreraient bientôt sa route, et donc celle d'Auguste. En effet, il est exaucé lorsque l'enchanteresse et ses domestiques entament une course-poursuite... Ce moment est très palpitant...

Quant à mon personnage préféré (allez, je vais dévoiler son identité), il reste aussi plaisant que dans les tomes précédents. Il s'agit d'Azincourt. J'adore que l'auteur le dépeigne comme certains s'imaginent les chats: hautain. En creusant un peu, on voit très vite que c'est un air qu'il se donne, et qu'il ne l'est pas du tout. Dans les situations graves, il oublie son accent anglais, et répond présent lorsqu'il s'agit d'aider les personnages. J'aime également beaucoup la manière dont il lit...

J'ai été surprise que les choses se terminent ainsi pour un personnage. Allez savoir pourquoi, je ne pensais pas du tout que cela lui arriverait.

Je suis extrêmement déçue qu'il n'y ait pas de suite. Tout comme les tomes précédents, ce volume a une vraie fin, je ne veux donc pas dire que Pierre Pével laisse le lecteur sur sa faim. Cependant, j'aurais tellement aimé retrouver Griffont et Aurélia (ainsi que ceux qui les entourent) dans d'autres aventures aussi passionnantes que celles-là! J'ai le minuscule espoir que l'auteur ait envie, lui aussi, de renouer avec ses protagonistes, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas... Quel dommage!!!

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Comme dans les deux premiers tomes, l'interprétation de la comédienne m'a beaucoup plu. Là encore, elle a joué les dialogues en rendant très bien toutes les intentions et les émotions des personnages. D'autre part, il m'a semblé qu'elle était encore plus à l'aise qu'avant dans la narration. Je me souviens avoir été un peu sévère concernant son jeu dans ma chronique de «Derrière les portes». Je me souviens aussi (même si je ne le disais pas) avoir trouvé que sa narration n'était pas toujours absolument naturelle. Plus je l'entends, plus j'apprécie son jeu. Conclusion: pourvu qu'elle enregistre beaucoup d'autres livres qui me tenteront!

Pour information, la structure du livre est respectée.

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lundi, 14 mai 2018

La forme de l'eau, de Guillermo del Toro et Daniel Kraus.

La forme de l'eau

L'ouvrage:
Elisa est femme de ménage dans un laboratoire qui fait des recherches et des expériences scientifiques. Un jour, elle découvre une créature enchaînée dans un bassin. Elle parvient à communiquer avec.

Critique:
On parle beaucoup de ce roman en ce moment. Je ne sais pas si les avis sont positifs ou non, mais je dois dire qu'il m'a laissée indifférente, voire ennuyée. Bien sûr, j'ai ressenti de la compassion pour Elisa et la créature, ainsi que pour Giles et Zelda, mais ils ne m'ont pas fait entrer dans le livre. J'ai été sensible à la manière dont Elisa arrange sa vie pour qu'elle soit le moins pénible possible, mais certaines choses m'ont paru étranges. Par exemple, je n'ai pas compris pourquoi elle était à ce point dingue de chaussures à talons hauts. Vous allez me dire que chacun a son dada, et que le sien, c'est sa passion pour ce genre de chaussures... Soit. Si l'héroïne est sympathique, elle ne m'a pas vraiment touchée.

Que dire de Richard Strickland? Ah, lui, il est pire que la caricature du méchant! Les auteurs se sont dit: «Allez, pour celui-là, il faut qu'on mette le paquet! Que tout le monde le déteste!» Certes, Strickland est haïssable, mais il aurait justement été plus intéressant qu'il le soit moins, ou que ses motivations soient plus recevables. Ici, on a affaire à un capricieux (ou à un sociopathe) qui prend prétexte de son énorme souffrance pour s'arroger le droit de détruire tout le monde. Sa femme tente de faire en sorte qu'il se sente mieux: il a envie de la tuer (au sens propre). Puis il imagine qu'elle le trompe: il a envie de lui faire endurer les pires supplices qui soient, sans penser qu'il est atroce avec elle depuis son retour d'Amazonie. La mission au cours de laquelle il a attrapé la créature l'a soi-disant anéanti: c'est donc de la faute de cette pauvre créature qu'il veut battre à mort pour cela. N'oublions pas qu'à ce moment-là, la créature est attachée... Strickland rencontre Elisa cinq minutes: sans la connaître, il souhaite l'entraîner dans son univers de malade. Bref, ce personnage aurait peut-être gagné en crédibilité si je n'avais pas eu envie, toutes les cinq minutes, de lui dire: «Tais-toi, sale gosse!» Ses souffrances passées auraient pu expliquer un comportement d'écorché vif, mais sûrement pas celui d'un capricieux ni d'un psychopathe. On me dira qu'il était peut-être psychopathe avant. Certes, mais sa femme semble dire que non...

Quant à l'intrigue, elle m'a ennuyée. D'abord, j'ai trouvé le tout très lent. Ensuite, il y a des éléments très gros. Lorsque vous avez un minimum de jugeote, vous ne vous préparez pas à accueillir, dans votre baignoire, un animal évoluant habituellement dans un bassin, sans prévoir de quoi manger de surcroît. Il y a d'autres choses de cet acabit, et quand j'y repense, on dirait un sketch tellement c'est surréaliste et donc risible. En tout cas, cela a été ma réaction.
Ensuite, j'aurais compris qu'Elisa et la créature s'attachent l'un à l'autre, mais pas davantage. Ils communiquent, mais assez sommairement. J'atténuerai quelque peu cette remarque en disant qu'à la fin, on comprend pourquoi certaines choses sont arrivées ainsi. Cependant, cette révélation soulève des questions qui, bien sûr, ne trouvent pas de réponses.
Ce n'est pas parce qu'on est dans un ouvrage fantastique qu'on doit utiliser de grosses ficelles et tout se permettre. Il faut une logique interne crédible.

Les auteurs ont voulu aborder les thèmes de l'intolérance, du rejet, du refus de la différence (pas seulement à travers la créature, mais aussi avec la mutité d'Elisa, le fait que Zelda soit noire, et d'autres biais). Cela ne m'a pas touchée parce que ces thèmes m'ont paru mieux abordés dans d'autres romans, mais aussi à cause de tous les autres points qui ne m'ont pas plu.

Service presse des éditions Hardigan par l'intermédiaire d'Audible. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. Globalement, j'ai apprécié son jeu sensible et posé. Je regrette qu'elle ait modifié sa voix pour Giles, par exemple, d'autant que cette modification n'était pas nécessaire pour moi parce qu'elle ne correspond pas à l'image que je me faisais de lui. J'ai aussi trouvé dommage qu'elle prononce son prénom Djaïlze. J'ai trouvé cela affecté. J'aurais préféré qu'elle le dise à la française, même s'il n'y a qu'un «l».
C'est également le premier livre de cet éditeur audio que je lis. J'ai été déçue qu'il y ait de la musique, mais je dois être une des rares à ne pas apprécier cela, car les éditions Audiolib et Sixtrid en mettent aussi. Hardigan en met quand même davantage, car il y en a à tous les chapitres.

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jeudi, 6 octobre 2016

L'abbaye blanche, de Laurent Malot.

L'abbaye blanche

L'ouvrage:
Mathieu Gange est lieutenant de police. Voilà plusieurs semaines que sa femme, Gaëlle, l'a quitté en laissant une lettre disant qu'elle avait besoin d'air. C'est Marine, leur fille de six ans, qui en pâtit le plus, ne comprenant pas pourquoi sa mère est partie.
Gange enquête sur un meurtre ayant eu lieu dans une chambre d'hôtel. Certaines choses font qu'il en vient à soupçonner sa femme...

Critique:
La première qualité de Laurent Malot, c'est qu'il est capable d'écrire plusieurs genres. Je garde une tendresse particulière pour «De la part d'Hannah» que j'ai beaucoup aimé, qui met en scène une enfant vive, tendre, et caustique, et qui, selon moi, n'a pas reçu l'attention qu'il méritait. Si j'ai bien compris, en janvier, Laurent Malot sort une comédie. Ici, il s'attaque au roman policier. Je trouve bien qu'il s'essaie à différents genres.

Concernant ce roman, la sauce n'a pas absolument pris avec moi. Je me rends compte que j'ai apprécié ce qui entoure l'enquête, mais pas l'enquête en elle-même. Par exemple, j'ai été très émue par l'épisode du chiot, j'ai souri de l'aventure d'Étienne et Carole... J'ai apprécié l'humour dont l'auteur parsème son roman. Par exemple, il explique que les gens sont très sûrs d'eux sur tel ou tel point concernant la police française, parce qu'ils regardent beaucoup de séries américaines et font l'amalgame. Cela m'a fait d'autant plus sourire, que je suis convaincue que c'est vrai.
D'autre part, les dialogues sont vivants. Laurent Malot a un style fluide, et il me semble n'avoir pas repéré d'erreurs de syntaxe. Par exemple, il fait partie des rares à employer correctement le verbe «convenir» avec l'auxiliaire «être» quand il est conjugué à un temps composé.

Je me suis attachée à certains personnages. Michelet, avec son franc parlé, son intégrité tapageuse (voir la raison pour laquelle il a été tenté de démissionner quelques semaines auparavant), sa repartie, est de ceux qui m'ont tout de suite plu.
Quant à Gange, il est sympathique car il veut bien faire les choses, souffre du départ de sa femme... Mais il est loin d'être parfait. Il laisse trop sa fille au bon soin d'emma (la baby-sitter), car il est pris par son enquête. Il sent bien que son travail est l'une des raisons pour lesquelles Gaëlle l'a quitté, mais ne tente pas de faire autrement. Ce personnage a de l'épaisseur, mais cette attitude du policier qui travaille trop se retrouve dans beaucoup de romans du genre. J'ai quand même apprécié qu'à l'inverse de ses congénères créés par d'autres auteurs, Gange ne saute pas sur la première fille avec qui il partage des sensations fortes par le biais de l'enquête. J'aurais détesté cela!

Comme je le disais, je n'ai pas réussi à entrer dans l'enquête. Pourtant, le sujet est à la fois intemporel et réaliste. Je l'ai trouvée assez lente et prévisible. À côté de cela, il m'a semblé que la fin arrivait abruptement, et n'était pas assez détaillée. J'aurais aimé un épilogue qui se serait passé quelques semaines plus tard, et nous aurait dit où en est ce petit monde, tant au niveau personnel que professionnel. D'autant que l'auteur m'a déçue en utilisant ce que j'appelle «le prologue qui ne sert à rien». De plus en plus d'auteurs font cela: mettre un prologue censé faire baver le lecteur, car le personnage principal y apparaît dans un moment crucial. Bien sûr, on ne retrouve ce moment et sa prolongation qu'à la fin. Je n'aime pas du tout cette ficelle qui m'ennuie au lieu de me faire baver, et je trouve dommage qu'un bon auteur comme Laurent Malot l'ait employée.

D'autre part, si j'ai globalement apprécié les protagonistes principaux, je me suis toujours tenue à distance d'eux. Ils me semblaient moins vivants qu'Hannah (personnage du précédent roman de Laurent Malot). J'ai vraiment eu l'impression que l'auteur avait mis son coeur dans ce premier roman. Ici, je n'ai pas ressenti cela.

Je remercie Laurent Malot qui a souhaité que les éditions Bragelonne me fassent parvenir un service presse de ce livre, et qui m'a accordé sa confiance.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi, 31 décembre 2015

Blitz, tome 2: All clear, de Connie Willis.

Blitz, tome 2: All clear

L'ouvrage:
Mike, Polly et Mérope se sont aperçus que quelque chose se détraquait dans le continuum temporel, puisque leurs fenêtres de saut ne s'ouvrent plus. Ils sont persuadés d'avoir influé sur le cours de l'histoire, et ne savent pas comment réparer. Ensemble, ils vont chercher comment retourner en 2060.

Critique:
Je ne sais pas pourquoi «Blitz» a été coupé en deux tomes. La réponse doit se trouver entre épaisseur du roman et histoire de gros sous. En tout cas, il faut lire «Blitz» comme si c'était un seul livre.

La quête des personnages peut paraître lente. Quant à moi, je ne me suis pas ennuyée. D'abord, Connie Willis continue de dépeindre avec beaucoup de détails, la vie à l'époque du blitz. Cela m'a beaucoup intéressée. J'ai trouvé que les personnages étaient un peu plus épais que dans le tome 1... En outre, je m'imaginais à leur place.
Polly m'a un peu agacée, car on a l'impression qu'elle croit tout savoir, qu'elle veut tout maîtriser, et pense à en être la seule capable. Elle est toujours réticente à partager ses opinions avec les autres quant à leur situation, sous prétexte que cela leur fera mal. J'ai l'impression qu'elle voit Mérope comme une petite gourde. Michael est un peu comme ça, mais moins... Quant à Mérope, elle peut paraître un peu perdue et facilement déstabilisée, vite apeurée, mais on le serait à moins.
On finit par apprécier les terribles Hodbin. C'est voulu...

Il y a quand même des choses que j'ai trouvées lentes. Par exemple, les passages avec Ernest. Ils ont une raison d'être, tant historique qu'au niveau de l'intrigue, mais je les ai trouvés trop nombreux et trop lents.
L'auteur délaye aussi les choses lorsque Dunworthy se rend compte de ce qui arrive, et tente d'aller chercher ses historiens. On attend plusieurs chapitres avant de voir ce qu'il devient... Pareil lorsque Colin se rend au musée de la guerre... C'est fait exprès pour faire durer le suspense, mais c'est un peu artificiel. Au long du roman, il y a d'autres choses de ce genre. C'est un peu agaçant. En outre, certaines sont peu crédibles... Par exemple, la manière dont Daphné et Sir Godfrey retardent le moment de livrer des informations cruciales. Ils ne le font pas exprès, mais ils voient bien (surtout Godfrey) que c'est urgent... La manière dont l'auteur s'y prend pour retarder le moment où on relie Mary au reste est également assez grosse...

Petit à petit, la théorie qu'échafaudent nos personnages glisse, et on se retrouve avec une théorie contraire. Les deux cohabitent pendant un instant, puis l'une l'emporte. Personnellement, je préfère celle qu'a choisie Connie Willis. Je me souviens avoir pesté après certains (comme Stephen King) qui arrivaient à une conclusion que je trouve frileuse. Elle est peut-être plus «confortable» pour les esprits rationnels, mais elle enferme trop les choses, je trouve. Dans un livre de science-fiction ou de fantastique, pourquoi ne pas s'autoriser à penser à une autre réalité? C'est justement parce qu'elle n'existera jamais, et que nous le savons, qu'elle peut être admise dans un roman de cet acabit.

En cherchant l'orthographe de noms sur le net, je suis tombée sur une chronique négative du tome 1 suivie de commentaires. La plupart étaient dépréciateurs. Du coup, j'ai comparé ces ressentis avec le mien. Je n'ai pas lu beaucoup d'autres romans de ce genre. Ces personnes semblaient en avoir lu davantage que moi. Cependant, «Blitz» était comparé à un roman de Priest, au détriment de «Blitz». Je n'ai pas lu ce roman, mais je me souviens m'être ennuyée, et n'avoir pas fini «Le monde inverti», de Priest. Certains ont également comparé avec Philip K Dick. J'ai lu peu d'ouvrages de cet auteur, mais effectivement, les deux styles sont totalement différents, Philip K Dick étant bien plus concis que Connie Willis, son style étant plus direct. On peut d'ailleurs (contrairement à ce que pensent certains) apprécier les deux, ce qui est mon cas. Ensuite, il était dit que les dialogues de «Blitz» étaient très mauvais. Je les ai trouvés vivants... Parfois, ils contribuent à la lenteur du roman, c'est vrai. Il était également dit que les personnages étaient peu épais. Je les ai trouvés assez crédibles, mais en effet, ils auraient peut-être mérité d'être davantage creusés. Il semble que Connie Willis se soit davantage attardée sur la description de la vie à l'époque, et sur celle de ce qui se passe avec le continuum temporel. Beaucoup de commentateurs ont dit que ça ne démarrait jamais. Je les ai trouvés durs... Un commentateur a dit qu'il suffisait que les historiens aient un portable, et puissent l'utiliser pour que le tour soit joué. Je n'y avais pas pensé, parce qu'il me semble qu'il est admis qu'on ne peut pas apporter des objets dans une période où ils n'ont pas encore été inventés. Cependant, l'auteur aurait peut-être pu le dire... Stephen King le fait dans «22/11/63». Il était également dit qu'il valait mieux lire «Sans parler du chien». Je ne demande pas mieux, mais je souhaiterais lire «Le grand livre» avant, et il a été enregistré par une lectrice dont je n'apprécie pas le jeu. Espérons qu'une association le fera enregistrer... par une personne et non à la voix de synthèse.

Afficher Je dévoile une partie de la fin.Masquer Je dévoile une partie de la fin.

Je suis apparemment passée à côté d'un élément. À la fin, Polly comprend quelque chose à propos de Colin, et se dit que c'est pour ça qu'il savait que Mérope ne rentrait pas, et que c'était pour ça que Mérope l'avait appelé «mon cher enfant». Colin sait que Mérope ne rentre pas parce qu'il a rencontré Binnie en 1995, et que celle-ci leur a dit où les trouver en 1941. Et elle leur a également dit que Mérope ne rentrerait pas. Il semble que Polly ait compris autre chose. Qu'a-t-elle compris?

Éditeur: Bragelonne.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cécile Guérin pour l'association Valentin Haüy.
Là encore, j'ai apprécié la lecture de Cécile Guérin. Je ne sais pas si elle a eu des remarques, mais à un moment, elle prononce Djonatane pour Jonathan, alors que dans le tome 1, elle disait Jonathan. Puis, elle ne doit pas être à l'aise, car elle dit Djonathan, puis Jonathan.
De plus, lorsque les personnages jouent «La belle au bois dormant», elle indique les citations (les paroles de la pièce) en disant «entre guillemets». J'ai déjà expliqué pourquoi, à mon avis, il était dommage de faire ainsi. Cependant, là encore, je me demande si la lectrice n'aurait pas eu des remarques, des demandes pour qu'elle le fasse, car elle ne le fait qu'à ce moment-là, alors qu'il y a beaucoup d'autres passages avec des citations, notamment lorsque sir Godfrey parle.

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