Editeur : Bayard Jeunesse

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lundi, 18 août 2014

La septième fille d'Adèle Kempf, de Julie Johnston.

La septième fille d'Adèle Kempf

L'ouvrage:
Juliette est la septième fille d'Adèle Kempf. Celle-ci est, elle-même, une septième fille. Lorsque Juliette se rend compte qu'elle peut voir l'avenir, cela l'effraie, et elle refuse ce don. D'un autre côté, Adèle fait son possible pour lui faire croire qu'elle n'a aucun don.

Critique:
Ce petit roman m'a plu. Il met d'abord en scène une jeune fille qui a hérité d'un don qui l'encombre, et qui l'empêche de rester totalement dans l'enfance. Sa révolte contre ce don peut paraître puérile, mais elle fait avec les moyens qu'elle pense avoir. En outre, sa mère ne l'aide pas vraiment. Cette révolte va la mener sur le chemin de la solitude, du mépris. Elle se rendra compte de la fermeture d'esprit des gens. Cependant, ni les huées, ni les humiliations, ni les coups, ni la bêtise qu'elle côtoie ne la feront renoncer. Sous son apparence fragile, Juliette a une volonté de fer. Je n'ai pu m'empêcher de sourire lorsqu'une chose à laquelle elle ne s'attendait pas est venue contrarier ses plans.

Je n'ai pas trop compris la réaction d'Adèle. Elle souhaite tenir sa fille à l'écart de ces choses magiques, mais il me semble qu'elle ne s'y prend pas comme il le faudrait. Ensuite, elle désapprouve la façon dont Juliette tente de contrecarrer le sort, alors qu'elle fait justement cela pour échapper au don. Adèle n'épaule pas sa fille. Bien sûr, ses actes partent d'une bonne intention...
Je ne parlerai pas des autres personnage, mais chacun est intéressant.

L'intrigue est fluide. les événements s'enchaînent aisément. L'auteur est parvenue à introduire la magie dans un monde à l'aspect très réaliste. La vie des kempf étant tout ce qu'il y a de plus banal, l'intrusion du don est surprenante, et au départ, le lecteur se posera des questions quant à sa réalité.
La fin est peut-être un peu abrupte, mais je pense que c'est voulu. Julie Johnston a souhaité montrer que la vie continue toujours, et qu'il ne sert à rien de tergiverser, de culpabiliser, et de se préoccuper. Bien sûr, cela n'est pas simple, mais la vie reprend toujours le dessus, et parfois, elle apporte des choses inattendues.

Un roman sympathique, des personnages attachants (surtout l'héroïne).

Éditeur: Bayard Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Céline Mollaert pour la Ligue Braille.

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vendredi, 15 avril 2011

Lune indienne, d'Antje Babendererde

Lune indienne

L'ouvrage:
Oliver a quinze ans. Il vit avec sa mère. Il a des amis, une petite amie... Mais son univers bascule lorsque sa mère lui apprend qu'elle va se marier avec Rodney Badhand, un indien, et qu'ils vont quitter leur Allemagne natale pour déménager aux États-Unis, dans la réserve où vit Rodney.

Critique:
Malgré quelques clichés qui me semblent inévitables, ce livre est sympathique. Il aborde, bien sûr, le thème du racisme, de l'intolérance, du rejet sous diverses formes. Les indiens et les blancs ayant un douloureux passé, diverses gens détestent Oliver simplement parce qu'il est blanc. Des nazis ayant été allemands, certains assimilent Oliver à un nazi... Tout cela peut paraître gros, mais pourtant, il existe bien des gens qui ne réfléchissent pas, ne cherchent pas à savoir qui est la personne, et la détestent pour ce genre de mauvaises raisons... sans parler de la raison pour laquelle Ryan rejette instinctivement Oliver. Ces formes d'intolérance sont bien analysées et expliquées.
Parallèlement, sont abordés les thèmes du mal du pays, de l'intégration, de la diversité des cultures, de l'acceptation de l'autre pour ce qu'il est. Les personnages évoluent différemment, leurs réactions sont représentatives de la réalité.

Ce qui se passe avec Nina est assez prévisible, et ce qui s'ensuit également. Cela m'a un peu agacée, mais c'était inévitable.

J'ai trouvé quelques longueurs vers le chapitre 14, mais avec le recul, je les pense moindres.
La fin est ouverte. Au lecteur de décider ce qui se passera. En général, je n'aime pas trop ces fins. Il y a des romans où elles sont pertinentes, et d'autres où elles le sont moins. Ici, j'aurais préféré que l'auteur décide.

Beaucoup de personnages sont sympathiques: la mère d'Oliver, Rodney, son père, Ryan, etc. Le plus attachant reste Oliver, sûrement parce que c'est son point de vue que partage le lecteur. C'est donc lui que nous connaissons le mieux. J'avoue avoir trouvé injuste que ce soit lui qui subisse la décision de sa mère. En effet, il est déraciné, et parachuté en un lieu inconnu avec des personnes inconnues dont certains lui sont hostiles.
On pourrait peut-être m'objecter qu'Oliver est trop parfait pour être vraisemblable. Je ne trouve pas. Certes, c'est un très gentil garçon (il a supporté des situations difficiles avec beaucoup de stoïcisme), qui semble équilibré malgré sa vie un peu cahotique, et dont la sensibilité fera fondre le coeur des filles. ;-)

Éditeur: Bayard jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nadine Wergifosse pour la Ligue Braille.

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