Editeur : Albin Michel

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lundi, 18 octobre 2021

Trois voeux, de Liane Moriarty.

L'ouvrage:
Ce sont des triplées, elles ont trente-trois ans. Lyn veut maîtriser son entreprise et sa vie de famille, sans reconnaître qu'elle devrait être moins exigeante envers elle-même. Gemma mène une vie de bohème, et aucun de ses petits amis ne dure plus de six mois. Cat est mariée, et veut avoir un bébé.

Critique:
Ce roman est le premier de Liane Moriarty. En parcourant des chroniques sur Babelio, j'ai lu que si «Le secret du mari» n'avait pas rencontré un tel succès, «Trois voeux» n'aurait jamais été traduit. La chroniqueuse a probablement raison, et moi qui n'ai pas aimé «Le secret du mari», je dois admettre qu'après avoir lu «Trois voeux», je suis ravie que tant de gens, en ayant aimé un livre qui ne m'a pas plu, m'aient permis de découvrir mon préféré de Liane Moriarty. C'est mon préféré d'abord parce que les situations semblent moins mises en scène que dans les autres. Par exemple, dans «Un peu, beaucoup, à la folie», l'autrice use d'énormes ficelles pour retarder certaines révélations. Ici, ce n'est pas le cas. Certes, il y a bien ce que j'appelle «le prologue qui sert à rien» (celui qui raconte une partie d'un moment clé, dont on retrouvera la résolution dans le dernier quart du livre), mais j'ai tellement appris à dédaigner ces prologues que la présence de celui-là ne m'a presque rien fait.

D'une manière générale, ce roman m'a paru plus fluide que les autres livres de Liane Moriarty. Je n'étais pas toujours à me demander comment allait se passer ceci, se résoudre cela... De plus, plusieurs éléments lui confèrent un parfum de comédie. Par exemple, le «revirement» (si j'ose dire) de Franck et Maxine, ainsi que la seconde rencontre entre Lyn et Joe, ou bien la manière dont Cat retombe sur ses pattes, et d'autres choses. Bien sûr, il y a de tristes événements, comme ce qui arrive à nana Kettle vers la fin, ou à Cat, mais même là, l'autrice parvient à atténuer le malaise de ses personnages par de petites répliques ou des situations quelque peu cocasses. En fait, ce roman a une autre ambiance que celle des autres écrits de Liane Moriarty. Pendant ma lecture, je me surprenais à penser qu'il me rappelait un peu l'ambiance de «Tout (n')est (pas du tout) sous contrôle», de Sophie Henrionnet, ou encore de la série «Debutante dropout mysteries», de Susan McBride.

Chaque personnage a ses particularités. Cat m'a un peu agacée, mais me connaissant, il aurait été étrange que ce ne fût point le cas.
J'aurai aimé que Gemma confiât son «problème» à ses soeurs, car elles l'auraient aidée à s'en débarrasser. Certes, elle parvient à le faire seule, mais il lui faut du temps, et il faut qu'elle accepte de voir certains éléments. De plus, le fait de taire ce souci n'occasionne que de la souffrance.

Je ne me suis pas ennuyée au long du roman. J'ai un peu moins aimé les chapitres titrés, mais ils étaient quand même sympathiques: ils évoquaient les triplées vues par des inconnus d'elles et du lecteur, des gens que, sans le savoir, elles ont marqués.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Les éditions Audiolib ont sorti ce roman, et j'apprécie beaucoup le jeu d'Audrey d'Hulstère, la comédienne qui l'a enregistré, mais la BSR a fait enregistrer ce roman avant les éditions Audiolib, et Martine Moinat faisant partie de mes lecteurs favoris, j'ai rapidement lu le roman, avant de connaître l'existence de l'autre version. Ici, Martine Moinat n'a pas démérité. Comme je suis extrêmement pinailleuse, je ne peux m'empêcher de préciser qu'elle a raté le test de prononciation de «dégingandé», mais je rappelle (je l'ai dit dans d'autres chroniques) qu'elle prononce «moeurs» et «klaxon» correctement. Il me reste à entendre comment elle prononce «gageur» et «s'égailler». ;-)

lundi, 20 septembre 2021

Ce que nous confions au vent, de Laura Imai Messina.

Ce que nous confions au vent

L'ouvrage:
Un jour, monsieur Suzuki a décidé d'installer une cabine téléphonique dans son jardin. Le téléphone n'est pas branché, c'est le téléphone du vent: chacun peut venir le décrocher, et confier ce qu'il veut au vent. Chacun aime à penser que, peut-être, le vent emporte ses paroles vers les morts.

Yui a perdu sa mère et sa fille dans le tsunami de 2011. Quand elle entend parler du téléphone du vent, elle décide d'aller lui confier sa peine. Elle rencontre Takeshi qui, lui, a perdu sa femme. Ils vont retourner dans le jardin du téléphone du vent une fois par mois, s'y côtoieront, feront le trajet ensemble...

Critique:
Pour écrire ce roman, Laura Imai Messina est partie d'un fait réel: quelqu'un a vraiment installé un téléphone du vent dans son jardin. J'ignorais cela jusqu'à lire la quatrième de couverture de ce livre. Je trouve que c'est un très beau geste: donner aux gens la possibilité de pleurer leurs morts, de leur parler, de se raconter, tout cela dans un décor différent de celui où ils ressassent leur chagrin, c'est une idée très attentionnée, pleine de compréhension, de compassion, et teintée d'abnégation. En effet, il faut être là pour accueillir ceux qui viennent confier leurs mots au vent.

L'autrice évoque surtout Yui et Takeshi, mais au gré de leurs visites, ceux-ci rencontrent d'autres Personnes endeuillées, et apprennent leur histoire. C'est à travers tous ces gens que Laura Imai Messina montre différentes façons de faire son deuil, de ressentir et d'exprimer sa douleur. Il y a quelque chose de réconfortant à avoir la preuve (même si on le sait déjà) qu'on n'est pas le seul à souffrir d'une perte, qu'on est compris, qu'on n'est pas jugé.

L'autrice s'attache à montrer que malgré les deuils, la vie peut apporter des joies. Elle teinte même cette affirmation d'humour dans la scène où Yui et Hanna, complices, s'achètent un monceau de friandises chocolatées, et s'en délectent.

Par la suite, la romancière fait une chose dont certains aspects ne m'ont pas plu, mais cela n'a pas gâché ma lecture.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Clara Brajtman.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. J'ai beaucoup apprécié son jeu. Elle ne tombe jamais dans le pathos, ce qu'un mauvais comédien se serait empressé de faire. Clara Brajtman adopte toujours le ton adéquat, faisant passer les émotions de manière feutrée, se fondant dans les mots de l'autrice, comme s'ils avaient été écrits pour qu'elle les dise. De plus, j'ai apprécié qu'elle prononce les noms propres japonais sans fioritures. J'ai trouvé un peu incongru qu'elle dise le «h» du prénom de la fille de Takeshi, mais j'imagine que cela se prononce ainsi en japonais, et que la comédienne et l'éditeur ont préféré ne pas faire entendre le prénom comme s'il était français.
Par contre, je n'ai pas aimé que Clara Brajtman prononce le nom de l'autrice avec un accent italien. Pour moi, elle en a trop fait concernant cet accent.

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jeudi, 18 mars 2021

L'institut, de Stephen King.

L'institut

L'ouvrage:
Luc Ellis a douze ans. Il vit heureux avec ses parents. Ce soir-là, la famille envisage de déménager afin que Luc puisse aller dans l'une des universités dans lesquelles il vient d'être accepté. En effet, l'enfant a de grandes capacités, et il les exploite avec beaucoup de facilité. Seulement, la vie simple de la famille va être bouleversée à jamais.

Critique:
Quand ce roman est sorti en audio, à la lecture du résumé (qui en dit davantage que le mien) il m'a semblé qu'il ne me plairait pas. Finalement, j'ai décidé de le tenter. Bien m'en a pris, car ce roman m'a plu. Certains romans de Stephen King m'ont beaucoup agacée: «ça» (le spectaculaire m'a ennuyée, et je ne l'ai pas fini), «Simetierre» (je l'ai fini, mais ai également été ennuyée par le spectaculaire)... Je préfère cet auteur lorsqu'il évoque des ressors psychologiques. Avec «L'institut», j'ai été servie. Ce qui m'a le plus touchée est que, malheureusement, ce genre de choses est possible. Bien sûr, je ne parle pas des pouvoirs de télépathie et de téléportation, mais du reste. Cela a fait naître en moi d'horribles idées se développant en d'atroces scénarios... Malheureusement (pour moi, mais heureusement pour King) je suis la cible rêvée de ce genre de romans. À partir du moment où c'est vraisemblable, où ça pourrait arriver, l'auteur peut m'effrayer.
Une autre chose est assez perturbante: ce livre pourrait encourager n'importe quel complotiste....

Le roman est assez long (19h en audio) mais je ne me suis pas du tout ennuyée. Il n'y a aucun temps mort, aucune incohérence. L'auteur est parvenu à me faire respirer au rythme des enfants, à souhaiter que certains adultes souffrent beaucoup (ils n'ont pas assez souffert), et surtout, à toujours me faire redouter que le genre d'horreurs décrites arrivent réellement.

À la fin, une personne pose un cas de conscience aux enfants. Heureusement, l'un d'eux démonte un peu l'argumentation. Cependant, le doute reste. Je ne vais pas faire un long pavé sur le fait que l'auteur a mis en scène un mal pour un bien. Je m'attarderai plutôt sur le fait qu'en disant vouloir faire le bien, certains ont été jusqu'à commettre des atrocités. Certes, c'est déjà arrivé, mais là, la cause semblait vraiment être une bonne cause. Il est effrayant de penser que des personnes (même fictives) ont été fanatisées au point de perpétrer des horreurs au nom d'un but honorable. En outre, ces personnes étaient elles-mêmes sadiques, donc comment penser que leur objectif était réellement celui qu'elles disaient? N'était-ce pas un prétexte pour torturer?

Je regrette que l'auteur n'ait pas trouvé le moyen de sauver un personnage que je ne nommerai pas. Bien sûr, il fallait bien que les choses arrivent d'une certaine manière. J'imagine que Stephen King a sacrifié ce personnage en sachant très bien qu'il tirerait des larmes à certains lecteurs... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Benjamin Jungers pour les éditions Audiolib.

Avant, je n'étais pas ravie de voir le nom de Benjamin Jungers sur les livres audio. Depuis, j'ai lu quelques livres où son jeu est naturel, alors, j'ai moins peur d'être déçue quand je prends un livre qu'il a enregistré. Ici, son jeu est naturel, il n'a pas fait d'horribles effets de voix (il a eu raison, cela aurait été affreux) et a joué les enfants sans affectation ni trop de sobriété.

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jeudi, 7 janvier 2021

Un peu, beaucoup, à la folie, de Liane Moriarty.

Un peu, beaucoup, à la folie

L'ouvrage:
Ce matin-là, Erika croise son voisin. Celui-ci les invite, son mari et elle, à un barbecue le jour même. Par ricochet, Clémentine et Sam (qui devaient prendre le thé chez Erika et Oliver) sont invités. Lors du barbecue, quelque chose se passe...

Critique:
Après avoir aimé «À la recherche d'Alice Love», j'ai décidé de me lancer dans un autre roman de Liane Moriarty. Celui-là m'a plu, mais moins. D'abord, je n'ai pas apprécié qu'elle traîne beaucoup avant de révéler ce qui est arrivé lors de ce fameux barbecue. Bien sûr, elle le fait exprès. Cependant, je pense qu'elle pouvait le raconter plus tôt tout en préservant le plus important, car à mon avis, le suspense n'est pas ce qui compte le plus dans ce roman. C'est plutôt la psychologie et les motivations des personnages. J'ai aussi trouvé dommage que l'autrice mette tant de temps à nous dire ce qui turlupine Dakota, ainsi que la chose que j'ai très vite devinée concernant Holly.

Au départ, j'ai trouvé Erika et Clémentine détestables. À mesure que le roman avançait, et que l'autrice expliquait certaines choses, je comprenais mieux les héroïnes. Je tentais, comme je le fais souvent, de deviner ce que j'aurais fait à leur place. J'ai également apprécié la manière dont c'est fait: souvenirs du passé couplés à ce que pense tel et tel personnage. J'ai eu le même cheminement concernant les autres protagonistes, mais je n'ai pas commencé par les détester tous.

Je n'aime pas l'idée qu'on puisse penser pis que pendre de quelqu'un tout en lui faisant des sourires, mais je sais que j'exagère. Les personnages de ce roman ne font pas forcément cela d'une manière aussi poussée. Et puis, malheureusement, beaucoup de gens doivent agir ainsi dans notre société. Moi non. Bien sûr, je ne me montre pas absolument détestable avec les personnes que je n'aime pas, mais je ne me force pas à passer du temps en leur compagnie. À la décharge des personnages du roman, beaucoup d'entre eux évoluent au long de l'histoire. À la fin, on se demande comment tourneront certaines choses, mais on peut s'en douter. De toute façon, on a pas mal de réponses.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison pour les éditions Audiolib.

J'ai lu peu de romans enregistrés par cette comédienne, et j'ai apprécié son jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle n'a pas trop modifié sa voix pour les rôles masculins, et a su exprimer les sentiments des personnages.

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jeudi, 31 décembre 2020

Celle qui marche la nuit, de Delphine Bertholon.

Celle qui marche la nuit

L'ouvrage:
Juillet 2017. À cause du travail de son père, Malo, quinze ans, doit quitter Paris et ses amis pour un petit village aux environs de Nîmes. Non seulement l'adolescent est triste de perdre ses repères, mais il ne se sent pas à l'aise dans la maison achetée par son père. Outre l'impression étrange qu'il ressent, il s'avise que sa petite sœur (Jeanne, cinq ans) a un curieux comportement...

Critique:
Ce roman a satisfait la fan de Delphine Bertholon que je suis. D'abord, la romancière est très bien entrée dans la peau d'un adolescent. Je pense que beaucoup en feraient trop s'agissant de cela. Le personnage est attachant. On éprouve d'abord de la sympathie pour lui qui doit abandonner une vie qu'il aime, et se retrouve parachuté dans un endroit où il commence par s'ennuyer. Ensuite, Malo est le seul qui se préoccupe vraiment de ce qui arrive à Jeanne. Les parents finissent par s'en rendre compte, mais après qu'il les a forcés (en quelque sorte) à l'écouter. Puis, lorsqu'il se rend compte de la gravité de ce qui arrive, il accepte de promettre d'aider celle qui en a besoin, alors qu'il digère à peine l'étrangeté de la chose... Bref, dans tout ce qu'il fait (même ce qu'il finit par qualifier d'action «débile») il est sympathique, car il veut bien faire.
D'une manière générale, les autres personnages aussi sont sympathiques.

Le livre est court. C'est ce qui a failli m'arrêter. Pourtant, les choses ne sont pas bâclées. Comme j'appréciais les personnages, j'aurais été contente qu'il y ait quelques chapitres supplémentaires, mais ils n'auraient pas été nécessaires.
Le thème principal a été utilisé dans d'autres romans. Cela m'a un peu fait craindre de trouver du remâché ou du mal amené. Heureusement pour moi, l'histoire ne se transforme pas en un cauchemar horrifiant, et rien n'est mal amené. On ne pourra s'empêcher de se demander ce qu'on aurait fait à la place du personnage coupable. J'espère que j'aurais agi autrement. Je l'imagine, mais on ne peut en être sûr que si on y est confronté...

L'autrice est assez forte pour distiller de la tension, et l'alléger de temps en temps avec de petites notes d'humour. Par exemple, Malo et Agathe discutant du cadeau offert par cette dernière, ou certaines réflexions amusantes et à propos de l'adolescent.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Batteau pour l'association Valentin Haüy.

Le lecteur a une voix sympathique. En outre, sa lecture n'est ni trop sobre ni exagérée. Il met toujours le ton approprié. Je ne le connaissais pas: je vais chercher d'autres livres qu'il a enregistrés.

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