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lundi, 28 janvier 2013

Le livre des morts, de Glenn Cooper.

Le livre des morts

L'ouvrage:
New York, 2009.
Le FBI enquête sur celui qu'on surnomme le tueur de l'apocalypse. C'est un tueur en série qui écrit des cartes postales à ses victimes. Les cartes indiquent à chacun la date de sa mort.

Critique:
Voilà un thriller ambitieux. Pendant ma lecture, j'ai eu peur que ce qui se dessinait ne soit pas à la hauteur de l'idée de départ. L'auteur a réussi à tisser des intrigues où tout prend sens et où rien n'est laissé au hasard.
À certains moments, j'ai été un peu déroutée par des éléments qui ne semblaient pas trouver leur place dans le roman. Là encore, Glenn Cooper n'a pas bâclé le travail. Tout est justifié. J'ai bien aimé la façon dont Truman s'arrange pour que les activités de la zone 51 passent inaperçus. Pourtant, j'avoue m'être un peu ennuyée lors de ce passage, et aussi lors de ceux qui se passent en 1947. C'est après lecture du roman que je me rends compte que ces scènes ne sont pas inutiles. Elles donnent davantage de force à l'ensemble.
Outre l'étrangeté du début, l'enquête n'est pas si classique que ce à quoi je m'attendais. J'ai mis du temps à assembler certaines pièces. Je suis ravie que l'auteur ait réussi à me perdre, à faire en sorte que le lecteur ne devine les choses que petit à petit.
Certains événements sont à prévoir, mais ils vont bien à l'intrigue.

La structure est un peu déroutante. L'auteur ne se contente pas de croiser plusieurs époques: à l'intérieur de l'une d'elles, la chronologie n'est pas respectée. D'où cette impression d'égarement à certains moments.

Les personnages ne sont pas trop classiques. Si Will fait partie de ces policiers à l'air blasé, s'il paraît détestable par certains côtés, cela accentue le réalisme du personnage. J'ai apprécié que Nancy et lui évoluent au contact l'un de l'autre, que chacun apprenne à voir certaines choses différemment, à mettre de l'eau dans son vin.

J'ai bien aimé l'effet de miroir: que l'on vive dans des temps reculés, au vingtième ou au vingt-et-unième siècle, on trouve toujours des humains broyés par d'autres humains qui tiennent à sauvegarder quelque chose de précieux à leurs yeux, et qui s'arrogent le droit de mal agir. La barbarie existe toujours, elle ne fait que se moderniser.

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Apparemment, si on est ADH (au-delà de l'horizon), on ne mourra pas avant 2027. C'est à cause de cela que ceux qui poursuivent Marc disent qu'il ne mourra pas tout de suite. Cependant, rien n'empêcherait ceux qui le désirent de le tuer. Il y a donc une petite incohérence. Je sais bien qu'elle n'est pas simple à gommer, et que mon reproche est un peu facile. D'ailleurs, l'auteur s'efforce de l'atténuer avec ce qui arrive à Marc. Certes, mais là encore, rien n'empêche personne de l'achever, et donc de faire mentir les prévisions des scribes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Isabelle Miller, Jean-Christophe Lebert, José Heuzé, Boris de Mourzitch, et Muranyi Kovacs pour les éditions VDB.

L'éditeur a pris le parti de faire lire des comédiens différents selon les époques. Je trouve que c'est une bonne initiative, car cela aide l'auditeur à ne pas tout mélanger.
Les comédiens n'ont pas exagéré en prononçant les noms propres étrangers. Je sais gré à Boris de Mourzitch et à Muranyi Kovacs de ne pas avoir prononcé les prénoms latins en mettant des «ous» à la place des «us». Je trouve que cela aurait été affecté.
Isabelle Miller, quant à elle, n'a pas exagéré l'accent hispanique de Sue Sanchez. Là encore, j'ai trouvé cela très bien.
Chacun de ces comédiens est très talentueux, mais les livres qu'ils interprètent ne leur donnent pas toujours l'occasion de montrer ce dont ils sont capables. Ici, c'est surtout Jean-Christophe Lebert qui a pu montrer une palette de voix et d'intonations différentes. Par exemple, il entre parfaitement dans la peau du personnage de Marc en rendant sa voix timide, son aspect effacé, etc. Idem lorsqu'il s'est agi du ton factice et trop enjoué de vendeurs.

La musique est très présente. Il y en a à chaque début de chapitre (comme d'habitude chez VDB), mais aussi au milieu des chapitres, lorsqu'on change de scène.
D'autre part, lorsque deux personnages sont au téléphone, on entend l'un d'eux avec un effet sonore différent. (C'est le cas depuis longtemps, et d'autres éditeurs le font également. C'est une bonne chose. Je trouve cependant dommage que les paroles du personnage qui bénéficie de cet effet sonore ne s'entendent que sur un haut-parleur, ou bien soient moins fortes. En effet, je dois, à chaque fois, monter le son de mon ordinateur pour les entendre. Je pensais que c'était peut-être un défaut dans mon logiciel d'écoute, mais je n'ai rencontré le problème qu'avec des livres de cet éditeur.

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lundi, 7 janvier 2013

Un avion sans elle, de Michel Bussi.

Un avion sans elle

L'ouvrage:
Décembre 1980.
À cause d'une tempête, un avion s'écrase dans le Jura. Il brûle. Il n'y a qu'une rescapée: une enfant de trois mois. Deux familles pensent qu'elle est des leurs: les Carville et les Vitral. Les Carville sont riches et influents, les Vitral sont modestes...

Dix-huit ans plus tard, les choses sont loin d'être résolues. C'est alors que Crédule Grand-Duc, un détective privé qui enquêta sur l'affaire pour les Carville, découvre le chaînon manquant.

Critique:
Lorsqu'un livre plaît, immerge, tient en haleine, lorsqu'on ne peut pas le lâcher, il aura beau avoir quelques défauts, on n'en tiendra pas rigueur à l'auteur. C'est ce que j'ai ressenti pour «Un avion sans elle». Pourtant, il contient des défauts que je n'aime pas du tout. Par exemple, l'auteur retarde certaines révélations. Les personnages trouvent quelque chose, et le lecteur ne l'apprend pas tout de suite. Je déteste cette ficelle que je trouve artificielle et déloyale. En outre, elle est beaucoup trop utilisée. Il aurait suffi que l'agencement de l'intrigue soit différent pour éviter certaines lourdeurs' Le lecteur apprend dès le prologue que Grand-Duc a trouvé la solution, puis il apprend toute l'histoire. Une histoire racontée de manière chronologique aurait évité cela. D'autre part, pendant que Marc lit le cahier vert où Grand-Duc a consigné son enquête, il y a de grossières interruptions: Marc est quelque peu absorbé par les bruits autour de lui, il s'arrête pour boire un jus d'orange, etc. Ce remplissage fait avec de gros sabots est lassant.

Bien sûr, l'auteur prenait de gros risques avec une telle histoire. D'abord, comment se fait-il que tous ces gens n'arrivent pas à identifier le nourrisson? Le romancier trouve des explications à cela. Elles ne m'ont pas absolument convaincue.
Ensuite, le lecteur pensera inévitablement aux tests ADN. Quant à cela, le romancier a placé le début de l'histoire trop tôt pour que cela soit possible, et lorsque cela l'est, il traîne trop avant de dévoiler quelque chose que j'avais déjà deviné. Entre parenthèses, j'ai également tout de suite deviné quel était le «crime» dont parle Lylie au tout début.

J'aime beaucoup la ficelle qui consiste à faire croire au lecteur qu'il n'y a rien à chercher de tel ou tel côté. Michel Bussi le fait. J'ai été très contente d'avoir été dupée par cette ficelle qu'il a très finement utilisée.
Pour ce qui est d'entretenir le suspense, l'auteur a commencé par mêler deux époques. Le présent n'étant pas toujours constitué de remplissage, lorsqu'on sort de l'enquête de Grand-Duc, on se plonge dans celle de Marc, et vice-versa. À ce niveau-là, tout est très bien agencé.
Au moment où Marc approche de la vérité, un personnage se dit qu'il a une longueur d'avance sur quiconque s'en approcherait. Je me suis dit la même chose, et ai pensé que Marc n'avait aucun moyen d'accélérer ses trouvailles. Pourtant, l'auteur a trouvé une manière très simple et tout à fait vraisemblable de lui faire accomplir des pas de géants. Là encore, j'ai été ravie de ne pas y avoir pensé.

J'ai aimé l'idée de lire un pan de sa vie raconté par un autre. Comme le dit l'auteur, c'est un peu comme lire son journal intime écrit par un étranger.

Au début, il y a une incohérence expliquée de manière peu convaincante. Je voulais la pointer sévèrement du doigt, mais l'auteur l'a expliquée de manière très habile... à la fin.
Seulement, il y en a deux autres qui, elles, ne sont pas expliquées.

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Mélanie explique qu'elle a habillé son enfant avec les habits de Lyse-Rose. Or, les habits trouvés sur le nourrisson sont bon marché. Lyse-Rose ne porterait pas d'habits bon marché. C'est une petite faiblesse que l'auteur aurait pu combler.
Quant à l'autre, l'auteur n'explique pas comment Marc et Émilie ont échappé à la tentative de meurtre au gaz. Où étaient-ils? Ils ne pouvaient être qu'avec leurs grands-parents, n'ayant qu'eux au monde...

Quant à la solution de l'énigme, elle n'est pas difficile à trouver... et pourtant, je ne l'avais pas devinée. J'avais trouvé quelque chose, mais pas tout.

Certains personnages paraissent un peu caricaturaux: Léonce pense qu'on peut tout acheter, Émilie est gentille, etc. Cependant, certains personnages surprendront le lecteur. Parmi eux, Malvina. On ne pourra s'empêcher de s'attacher à elle et de la comprendre. D'ailleurs, elle paraît folle, mais est assez lucide quant à elle-même. De plus, elle n'est pas uniquement pétrie de son obsession, obsession à laquelle Grand-Duc et Mathilde la résument.

De petites choses m'ont agacée dans le style de l'auteur. Certaines phrases ont une tournure un peu lourde. D'autre part, les noms propres sont trop souvent répétés, alors qu'un pronom personnel serait davantage approprié.

J'aurais aimé une fin plus développée. Rien n'est bâclé, mais je serais restée davantage en compagnie de ces personnages sympathiques. J'aurais voulu en savoir plus sur l'après.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par José Heuzé. et Isabelle Miller pour les éditions VDB.
Ces deux comédiens sont toujours aussi talentueux.
Je regrette qu'il reste quelques erreurs de lecture.

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jeudi, 27 décembre 2012

L'âge des miracles, de Karen Thompson Walker.

L'âge des miracles

L'ouvrage:
Un jour, la terre a commencé à tourner moins vite. Les journées se sont rallongées... de plus en plus. Cela a des incidences sur le climat, la faune, la flore, les hommes.
Julia, onze ans, raconte ce bouleversement.

Critique:
Voilà un livre sensible, délicat, bien pensé, bien écrit. Tout ce qu'imagine l'auteur est crédible. D'abord, elle évoque de manière poussée les conséquences du ralentissement sur la nature et les gens.
Ensuite, ces conséquences lui permettent de développer des thèmes comme l'intolérance, la capacité d'adaptation. Par exemple, certains préfèrent vivre au rythme du «nouveau temps». Ils sont très vite conspués par ceux qui vivent toujours au rythme des journées de vingt-quatre heures. Pourtant, ils ne gênent personne.
À propos des adeptes du «temps naturel» ou «temps réel», certains lecteurs crieront à l'incohérence: comment font-ils pour rester éveillés plus de vingt heures (les journées s'allongeant de plus en plus)? Il ne faut pas oublier que l'histoire est racontée du point de vue de Julia, et que celle-ci n'en sait rien, puisqu'elle suit ses parents qui vivent selon des cycles de vingt-quatre heures. Elle se pose d'ailleurs elle-même la question

D'autre part, Karen Thompson Walker distille à merveille une ambiance particulière: mélange de peur, d'excitation, de résignation...
Si l'homme est à blâmer pour le trou de la couche d'ozone, le réchauffement climatique, etc, ici, tout est plus flou. On ne sait pas à quoi est dû ce ralentissement. Est-ce une conséquence de la façon dont l'homme traite sa planète? On ne peut que se poser la question. Cela accroît la peur des personnages et du lecteur, car on ne sait pas d'où vient le mal, et surtout, on ne sait pas comment le combattre. L'auteur montre cela très bien par des remarques de Julia qui raconte l'histoire des années plus tard.

L'auteur ne néglige pas ses personnages au profit de l'intrigue. Ils sont, eux aussi, très crédibles.
Les parents de Julia ne m'ont pas été sympathiques, d'abord parce qu'ils se comportent moins intelligemment que leur fille. Son père est lâche et égoïste, sa mère ne sait que pleurnicher. Trop occupés d'eux-mêmes, ils ne voient pas que Julia a, elle aussi, besoin de repères. Au milieu de cela, l'auteur pose la question du mensonge. Parfois, n'est-il pas salutaire? Je pense que non, mais on me dira qu'il l'a été au moins une fois dans le cas de la mère de la jeune héroïne. En effet, mais c'est parce qu'elle n'est pas assez forte pour supporter la vérité. Elle est ainsi dans tout le roman. Elle se replie sur ses certitudes et ses caprices. Bien sûr, elle souffre, mais son attitude montre qu'elle n'est pas de la race des survivants, à l'inverse de Julia.

L'auteur ne tombe pas dans le cliché. Elle explique bien que le ralentissement a des incidences sur le comportement des gens, mais que ce n'est pas pour cela qu'on doit lui attribuer tout changement d'attitude. Par exemple, Anna a, apparemment, déjà agi ainsi.
Il fallait un personnage à la fois lucide et mature pour raconter cela. Quelqu'un qui aurait assez de souvenirs de comment c'était avant, et qui serait assez fort (et peut-être assez jeune) pour s'adapter sans faire n'importe quoi. Elle a su créer Julia à la mesure de cette tâche. Comme il aurait été peu crédible qu'une enfant de onze ans ait un regard si lucide, l'héroïne raconte les faits plus tard. Ainsi, elle mêle son expérience d'adulte à son vécu d'enfant.

Les préadolescents décrits sont loin d'être clichés. Chacun a son caractère, ils ne se confondent pas dans une masse qui agit de telle manière. J'ai été davantage touchée par Julia, car j'étais un peu comme elle: n'aimant pas la mode et les fêtes, mais cherchant quand même à me faire des amis parmi ceux qui les aimaient...
Les professeurs sont également intéressants, car ils ne sont pas caricaturaux. Comment oublier madame Pinsky, par exemple?...
Je me dois d'évoquer le grand-père de Julia. On le voit peu, mais on a le temps de s'attacher à lui. Fragile, un peu excentrique, un peu ailleurs, mais extraordinairement lucide, il m'a émue.

Bref, tout est nuancé, bien expliqué, dans un style fluide, sans fioritures, sans circonvolutions, sans pages inutiles.
L'auteur fait quelque chose qu'habituellement, je n'aime pas. La narratrice adulte fait des remarques laissant entrevoir quelques détails de la manière dont tourneront certaines choses avant de conter ces choses. Ici, cela est fait assez subtilement pour ne pas gâcher la lecture.
La fin est à l'image de l'ensemble. Elle n'aurait pu être autre, sous peine de gâchis total.

Il y a parfois de petites maladresses de syntaxes, je ne sais pas si c'est la traduction ou si c'était ainsi dans le texte original.
À un moment, Julia dit: «les trois syllabes de mon prénom». Cela m'a surprise, car en anglais (tout comme en français), ce prénom compte deux syllabes. On peut penser que le «i» est long, ce qui donne Djou-li-ia, en anglais. Cependant, en français, le prénom ne fera jamais trois syllabes. Le traducteur aurait pu écrire «deux», je pense...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Elsa Romano pour les éditions VDB.
Elsa Romano a lu cet ouvrage avec sensibilité. Elle a su prendre l'intonation voulue afin de rendre au mieux le texte. En effet, Karen Thompson Walker ne tombe jamais dans le larmoiement, mais décrit des situations difficiles. La lectrice a adapté son jeu, nuançant son ton, faisant subtilement passer les émotions de son héroïne. J'ai particulièrement aimé la manière dont elle dit la dernière phrase: on sent à la fois la conviction et la détresse de ceux qui l'écrivirent et de celle qui raconte aujourd'hui.

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lundi, 15 octobre 2012

Faute de preuves, d'Harlan Coben.

Faute de preuves

L'ouvrage:
Wendy Ties est journaliste. Elle pense donner un coup de pouce à sa carrière tout en coinçant un pédophile. Grâce à elle, Dan Mercer est arrêté. Les preuves sont accablantes.
Mais les choses se compliquent. Outre que Dan clame son innocence, Wendy a l'intuition que quelque chose cloche.

Critique:
Après avoir été déçue par «Dans les bois» et «Sans un mot», j'avais un peu peur de retenter un Harlan Coben, pensant qu'il s'essoufflait. J'ai été agréablement surprise par «Faute de preuves».

On retrouve certains thèmes chers à l'auteur. Par exemple, un groupe qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et qui le paie des années plus tard. Des personnes qui ont agi sous le coup de la panique (un peu comme chez Linwood Barclay). Au départ, cela m'a un peu agacée parce qu'on voit assez rapidement certains liens, surtout si on connaît cette ficelle. Mais Harlan Coben a réussi à la renouveler. J'ai trouvé qu'il avait bien résolu ses énigmes. Tout est cohérent, et la psychologie des personnages est importante.
J'avais deviné certaines choses, mais l'auteur l'a peut-être voulu ainsi. En effet, je pense qu'il s'est servi de ce qu'on connaissait de ses façons de faire afin de tromper son lecteur. Cela fait qu'on est un peu déstabilisé quand il révèle certaines pièces du puzzle.

J'ai aimé que l'auteur n'utilise pas une ficelle tellement éculée que même son protagoniste la méprise. Quand Wendy explique qu'il y avait un cadavre dans la caravane et qu'il a disparu, elle a peur, un instant, qu'on ne la croie pas. L'auteur dédaigne cette ficelle, tout en montrant bien qu'il pense, comme son lecteur, qu'elle est indigne d'un bon roman policier contemporain, tant elle a été utilisée.

L'enquête de Wendy est un peu longue, car dès le départ, le lecteur a la conviction que Dan est innocent. Mais c'est un peu rattrapé par certains personnages originaux qu'elle rencontre, comme Doug et Fly, mais aussi Win (qu'elle connaissait).

Harlan Coben montre parfaitement comme la rumeur est vénéneuse. C'est surtout illustré par celle qui court à propos de Wendy sur le net. Il n'y a aucune preuve, mais les puritains hypocrites se dépêchent de l'épingler, et de la fuir. D'autres auteurs ont montré cela, mais il me semble qu'on ne le fait jamais assez. D'autre part, Harlan Coben le fait pertinemment. Cela montre, une fois de plus, l'absence d'esprit critique des gens, leur âme moutonnière, leur hâte à croire ragots et cancans, et même, à se précipiter dessus telles des charognes.

J'ai également apprécié les personnages de ce roman. Ils ne sont pas manichéens, sont bien campés... j'ai une préférence pour Charlie et Papou parce qu'ils m'ont fait rire. ;-)
Je comprends pourquoi Wendy ne veut pas pardonner à Ariana. D'après ce que je comprends, Ariana ne regrette pas vraiment. Elle ne pense pas qu'elle a dévasté une famille, elle pense d'abord à elle. Elle veut pouvoir continuer à être égoïste, et pourquoi pas, à commettre d'autres méfaits. On me dira que Wendy est injuste, car elle souhaite être pardonnée pour continuer à vivre. Soit, mais elle pense vraiment à la personne qu'elle a détruite.

À un moment, deux théories s'opposent. Certains parents préfèrent laisser leurs enfants boire de l'alcool chez eux, ainsi, ils ne vont pas dans des bars, et ne reviennent pas chez eux ivres, évitant ainsi certains dangers. D'autres personnages disent qu'il ne faut pas employer ce mauvais argument, et tenter plutôt de raisonner et de responsabiliser les adolescents. Il va de soi que j'approuve ceux qui veulent responsabiliser. C'est trop facile, de dire que de toute façon, les adolescents boiraient, et que donc, autant essayer de maîtriser certaines choses.
Je trouve assez pertinente la façon dont l'auteur finit par montrer l'inanité et la bêtise de ceux qui croient contrôler les choses en les permettant chez eux. Tout est une question d'éducation. C'est d'abord aux parents d'assumer la responsabilité d'avoir un enfant, et de devoir l'éduquer le mieux possible.

Attention! Passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.
J'ai trouvé quelques incohérences. D'abord, lorsque la police retrouve le portable d'Haley, Walker pense que cela ne peut être celui de Dan, puisqu'ils l'auraient détecté grâce aux ondes qu'il émet. Cela veut dire qu'on a cherché à localiser Dan grâce à son portable. Dans ce cas, pourquoi n'a-t-on pas tenté de localiser Haley, dès sa disparition, grâce aux ondes émises par son portable?
Par ailleurs, il est étrange que Genna ait gardé le portable d'Haley tout ce temps, et ne l'ait pas enterré avec elle. C'est une pièce à conviction compromettante, et le moins dangereux aurait été de s'en débarrasser le plus vite possible. L'auteur avait besoin de cela pour l'agencement de ses énigmes, mais je trouve ça un peu fragile.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne et Isabelle Miller, avec la participation exceptionnelle de José Heuzé, pour les éditions VDB.

Comme d'habitude, j'ai apprécié la performance des comédiens. Ici, c'est surtout Hervé Lavigne qui a eu les «rôles difficiles». Il a dû raper, et modifier sa voix pour certains personnages. Heureusement, il fait partie de ces comédiens qui modifient leurs voix sans cabotiner, et sans que cela donne d'horribles résultats. J'ai bien ri de la voix qu'il faisait à Lawrence Cheston.
J'ai trouvé judicieux que José Heuzé interprète Win. Outre que je suis toujours contente de l'entendre, et qu'il a bien joué le rôle, Win est un ami de Myron Bolitar. Or, en français, la série des Myron Bolitar est enregistrée, entre autre, par José Heuzé. Cela signifie donc que c'est lui qui joue Win dans les Myron Bolitar. Le fait que Win, dans un roman hors de la série, ait été interprété par celui qui le joue dans la série, montre un souci d'uniformité, et quelque part, le respect du lecteur et de l'interprète.

lundi, 24 septembre 2012

Les nuits de Malibu, d'Elizabeth Adler.

Les nuits de Malibu

L'ouvrage:
Mac Reilly est détective. Il vit à Malibu.
Ce soir-là, il entend des cris dans la maison voisine. Il s'y rend, et tombe sur une femme rousse qui pointe une arme sur lui et lui ordonne de sortir. Comme il n'obtempère pas assez vite, elle tire dans sa direction. Mac s'en va, mais il compte tirer cette affaire au clair. La maison appartient au milliardaire Ronald Perrin. C'est à lui que Mac va demander des explications. Mais le milliardaire balaie l'affaire d'une chiquenaude. Il pense plus important d'engager Mac pour le protéger: il se sent en danger de mort.

Critique:
Quand on lit Elizabeth Adler, il ne faut pas s'attendre à beaucoup de suspense ou à des rebondissements à foison. En général, je n'aime pas les romans trop tranquilles ou trop routiniers. Cependant, celui-là m'a plu. Je ne le mettrai pas parmi mes coups de coeur, mais j'ai été divertie.

Si l'intrigue se révèle classique, voire quelque peu artificiel, il est par exemple amusant de voir que tout le monde, dans l'environnement de Ron, se sent menacé, et engage Mac pour être protégé. De plus, certains personnages sont sympathiques, même s'ils ne sont pas très creusés.

L'auteur s'attarde sur l'amour que trois de ses personnages éprouvent pour les animaux. J'ai trouvé cela bien. On pourrait pinailler en disant qu'Ally est agaçante: elle aime un certain type de chiens, mais elle en a un autre...
Il y a des scènes amusantes et d'autres attendrissantes impliquant les chiens.
À ce sujet, une chose m'a semblé déplacée: ce qui arrive à l'un des chiens. Je pensais que dans un roman léger, l'auteur ne ferait pas cela.

La romancière parvient à accrocher quelque peu le lecteur au début, mais ensuite, l'intrigue stagne. Le lecteur sait rapidement qui est coupable. D'une manière générale, les personnages sont manichéens.
Lorsqu'Ally est en France, tout est lent et prévisible. Et puis, Ally m'agace un peu. Elle n'est pas antipathique, mais ses lamentations la montrent un peu comme une enfant capricieuse. On a envie de lui dire qu'elle aurait dû se secouer avant, et qu'elle aurait pu faire cela autrement.
Concernant Ally, la romancière évoque le vedettariat et ses aléas. J'ai trouvé cela à la fois réaliste et superficiel. En effet, les problèmes avec lesquels se débattent les acteurs («Je ne dois pas toucher ce gâteau au chocolat.» «Je vais avoir quarante ans, je vais bientôt être trop vieille.»), m'ont fait soupirer. Cependant, j'imagine que cela dépeint une certaine réalité, même si elle paraît futile.

Je sais qu'il existe au moins une autre aventure de Mac et Sunny. Elle a, en outre, été enregistrée par les mêmes comédiens. Je ne sais pas encore si je la lirai, malgré mon plaisir à entendre les interprètes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne et Isabelle Miller pour les éditions VDB.

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