Editeur Audio : Lizzie

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jeudi, 23 janvier 2020

L'empire de sable, de Kayla Olsen.

L'ouvrage:
En 2055, le monde fut bouleversé, et des hommes se désignant comme les loups, prirent le pouvoir. Tous les «privilégiés» furent envoyés au goulag, et les «loups» investirent leurs maisons, et profitèrent du luxe qu'ils leur avaient arraché.
Eden est adolescente, et fait partie des anciens privilégiés. Cela fait deux ans qu'elle prépare son évasion. Ce jour-là, elle va mettre son plan à exécution.

Critique:
Ce lire me tentait moyennement parce que j'avais peur que ce soit un de ces romans à la «Hunger games». De plus, des avis disaient que l'autrice en faisait trop. Cependant, le livre étant enregistré par Adeline Chetail (dont j'aime le jeu), et ces denrées étant rares, je me suis laissée tenter. Mon sentiment est mitigé.
D'une manière générale, il n'y a pas de temps morts. Comme le disent des avis, certains rebondissements sont trop gros, mais en tout cas, on ne s'ennuie pas. Les pièges de la jungle sont sûrement les rebondissements qui m'ont le plus plu. Parmi ceux que j'ai trouvés gros, il en est un auquel je m'attendais, et j'espérais que Kayla Olsen ne ferait pas quelque chose de si spectaculaire... Hé si, elle l'a fait! ;-)

Au départ, j'étais contente, parce qu'on ne suivait que des filles: sachant depuis le début qu'Eden était hétérosexuelle, je pensais échapper à une histoire d'amour sirupeuse. Malheureusement, l'autrice a sorti des garçons de sa manche.

Eden ne m'a pas autant cassé les pieds que Katniss («Hunger games»). Elle ne tente pas de faire croire au lecteur qu'elle est parfaite (à l'inverse de Katniss), elle essaie de ne pas trop juger ce qu'elle ne comprend pas (je pense surtout à Alexa) même si elle est tentée. De plus, j'ai compris sa douleur lorsqu'elle se rappelle certaines choses, son attachement quasi fanatique au guide de son père, et Tout cela fait que je m'identifiais facilement à elle.
Quant aux autres personnages, je les ai globalement appréciés (les «gentils», en tout cas), sauf Finnley. Je n'ai pas réussi à accrocher avec elle.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail pour les éditions Lizzie.

J'apprécie beaucoup cette comédienne lorsque j'entends ses doublages. Cela fait longtemps que j'espère qu'elle va enregistrer des livres. Dans ce roman, son interprétation a répondu à mes attentes. Elle rend l'ambiance, les sentiments des protagonistes, et n'est ni trop sobre ni cabotine. Malheureusement pour moi, le seul autre livre qu'elle a enregistré ne me tente pas du tout. J'espère qu'elle en enregistrera beaucoup d'autres qui me tenteront.

lundi, 20 janvier 2020

Le meurtre du commandeur, d'Haruki Murakami.

L'ouvrage:
Le narrateur raconte un moment marquant de sa vie: après que sa femme lui a dit qu'elle souhaitait divorcer, il a vécu plusieurs mois dans une maison à la montagne, appartenant au peintre Tomoïco Amada, père d'un de ses amis. Il y a vécu des événements qu'il n'est pas près d'oublier.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il a été édité en deux tomes, mais il aurait pu l'être en un seul. Il faut lire les deux volumes d'affilée.

Le prologue, même s'il donne un minuscule indice sur un élément de l'histoire, n'est pas du tout de ceux qui gâchent la lecture. D'abord, on ne devine l'indice qu'au moment du récit où la chose arrive. À ce moment, on repense au prologue. Ensuite, cela ne donne aucune indication quant à la manière dont s'est terminée la période où le narrateur a vécu dans cette maison.

J'ai apprécié que l'auteur prenne le temps de nous présenter son narrateur. Celui-ci décrit d'abord les circonstances qui ont fait qu'il a vécu dans cette maison. Le début est assez lent. Cette lenteur m'a plu, justement parce que le narrateur prend son temps. Comme il parle aussi d'après cette période, il est intéressant de relire le premier chapitre après avoir fini le roman, et de voir quels échos éveille telle ou telle phrase.

L'intrigue m'a plu, même si j'ai un petit reproche à son sujet. D'abord, Haruki Murakami mélange habilement lenteur, éléments étranges, rebondissements... Si vous n'êtes pas férus de peinture, ne vous inquiétez pas: le fait que le narrateur soit peintre, qu'il habite chez un peintre, et que beaucoup d'événements soient en rapport avec des tableaux n'est pas du tout ennuyeux. Rien n'est énoncé pompeusement. Les toiles dont il est question sont plutôt source d'étonnement et de mystère. Par exemple, je n'ai pas réussi à comprendre pourquoi le narrateur décide de ne pas achever certains de ses portraits. Certains personnages sont d'accord avec lui, et pour au moins une de ces peintures, il semblerait qu'il pourrait être dangereux de la finir. Cela m'amène à l'habileté de l'auteur à distiller une ambiance d'horreur. On n'est pas dans un Stephen King, donc ce n'est pas fait avec de gros sabots, mais entre la toile représentant le meurtre du commandeur, le tableau inachevé de l'homme à la Subaru, et ce que découvre le narrateur après avoir été éveillé plusieurs fois en pleine nuit, nous avons un cadre propice à certains phénomènes. D'ailleurs, un mystère au parfum de fantastique nimbe l'un d'eux. Certains éléments restent inexpliqués concernant la fosse et la clochette.
Le personnage de Menchiki est aussi un élément accentuant l'étrangeté, le mystère. Il ne fait rien de mal, mais ses requêtes auprès du narrateur, sa façon de vivre, et ce que nous apprend Radio Jungle sont des éléments qui pourront éveiller la méfiance du lecteur. À vous de voir si vous lui accorderez votre confiance.

Si ces éléments peuvent paraître quelque peu effrayants, l'un donne lieu à une chose cocasse: l'apparition du commandeur. Sa façon de parler, sa verve, et sa sympathie font qu'on sera plutôt à l'aise en sa présence.

Venons-en à mon reproche: ce qui arrive alors que le narrateur et son ami rendent visite au père de ce dernier n'a pas lieu d'être. L'espèce de voyage du narrateur ne sert à rien (puisque la personne en difficultés s'en sort grâce à un événement planifié depuis longtemps), et l'acte odieux qu'il est contraint de commettre est également inutile. Il ne fait que priver le narrateur et le lecteur de quelque chose. Bien sûr, tout cela occasionne des effets de suspense et d'attente. Le lecteur comprend bien que tel élément est une clé, etc. Cependant, cela ne sert absolument à rien, à part à ce qu'un événement néfaste (celui que j'ai cité plus haut) arrive sans bonnes raisons, comme le pressent d'ailleurs le narrateur! Peut-être cela a-t-il été utile au personnage qui a fait une espèce de parcours initiatique, et qui, en plus, semble s'être guéri d'une peur difficile à maîtriser, mais cet élément de l'intrigue ne me plaît pas. Ce n'est ni le fantastique ni l'ambiance un peu délirante qui m'ont déplu, c'est le fait que cela doive se passer. Cela n'apporte que du désagrément, au final. En plus, cela fait que j'ai eu peur que la fin du roman devienne du grand n'importe quoi. Heureusement, ce n'est pas le cas.

À l'instar de certaines peintures du personnage principal, des pans de l'histoire sentent l'inachevé. Je ne parle pas seulement de ce qu'on n'arrive pas à savoir, mais aussi de la relation entre le narrateur et Menchiki. Tout est expliqué, et cela reflète ce qui peut arriver dans la vie, mais cela ne m'a pas satisfaite. Je pense que mon souci vient surtout du fait que j'aurais aimé que l'histoire continue. Il y a une vraie fin, mais comme dans d'autres livres, j'aurais souhaité que cela ne s'arrête pas. Je ne voulais pas forcément que le narrateur renoue avec Menchiki, mais j'aurais aimé savoir la suite de son histoire, ses relations avec Yuzu, sa fille, et un autre personnage. C'est un compliment que je fais à l'auteur: son histoire est terminée, mais j'aimerais qu'il y ait une suite. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christophe Brault pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Son interprétation m'a globalement plu. Il a trouvé le ton adéquat pour transmettre la façon de parler du commandeur. À mon avis, cela n'est pas facile, parce que les effets de style du personnage sont propices (pour un mauvais comédien) à du surjeu. En outre, Christophe Brault n'exagère pas sa voix lorsqu'il s'agit des rôles féminins. Il module sa voix un peu autrement lorsqu'il interprète Menchiki. Je comprends qu'il ait voulu le différencier du narrateur, mais je me serais passée de cet effet de voix.
En bonne pinailleuse aimant le français standard, j'ai été déçue que le comédien prononce la plupart des «ais», «ait», «aient», etc. fermés alors qu'ils doivent être ouverts.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: la plupart des chapitres sont coupés en deux voire trois pistes.

jeudi, 9 janvier 2020

Possession, de Paul Tremblay.

Possession

L'ouvrage:
Meredith (Merry) Barett a vingt-trois ans. Elle a accepté que les terribles événements que sa famille a vécus quinze ans plus tôt soient racontés dans un livre. De ce fait, elle aura plusieurs réunions avec une autrice chargée d'écrire son récit. À l'époque, une partie avait été connue du grand public. Quinze ans plus tôt, Marjorie, la soeur de Merry, avait quatorze ans, et entendait des voix. Elle voyait un médecin, mais son père (John) était persuadé qu'elle était possédée. Il avait fini par réussir à convaincre sa femme (Sarah) que leur fille devait être exorcisée. De plus, on avait proposé à la famille de faire une émission télévisée là-dessus.

Critique:
Je ne suis pas très friande de livres d'horreur, mais celui-là m'a tentée. De plus, il est lu par une comédienne dont j'aime beaucoup le jeu. Au final, ce roman ne m'a pas passionnée, mais cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bien. Je me suis aperçue que j'attendais quelque chose de précis. Je voulais qu'il se passe ceci et cela, et comme je ne suis pas l'auteur, il n'a pas fait absolument ce que je voulais. En fait, j'avais presque écrit les événements dans ma tête avant d'attaquer le livre, et je voulais absolument qu'ils arrivent comme je les voyais. ;-)

L'auteur montre bien le désarroi de Merry et de Marjorie. En effet, Merry, très proche de sa grande soeur, découvre soudain que celle-ci change: elle se met à hurler sans raisons, raconte d'effrayantes histoires, profère des menaces... --- Le lecteur ne sait jamais si elle s'amuse à terrifier sa petite soeur ou si c'est sa maladie mentale qui la fait parler ainsi. J'ai supposé qu'il y avait des deux. Mais les choses se compliquent. Beaucoup d'éléments (notamment les étrangetés qui arrivent pendant l'exorcisme) sont expliquées. Cependant, un mystère reste. Cela concerne ce que Merry raconte à Rachel à la fin. Que faut-il penser de Marjorie? De Merry? De leur père?... En effet, John est assez antipathique: il ne jure que par Dieu, impose la présence du prêtre et l'exorcisme... Il n'essaie pas vraiment d'aider sa fille, ayant eu la tête farcie de religion, ne cherchant pas si ce qui arrive à son aînée pourrait être autre chose... Cependant, ce sont les propos de Marjorie qui, depuis le début, évoquent ce qui arrive par la suite, et qui fera l'objet du dernier récit de Merry à Rachel. Dans quelle mesure John en est-il responsable? Le récit de Merry ne concorde pas avec un élément qui ne peut être contesté. Mais pourquoi Merry mentirait-elle? Elle n'y aurait aucun intérêt. Je n'ai pas apprécié ce flottement, car il apporte davantage de questions que de réponses.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florine Orphelin pour les éditions Lizzie.

Malheureusement pour moi, je confonds Florine Orphelin avec sa soeur, Noémie. J'ai entendu Noémie Orphelin en tant que comédienne de doublage, et Florine lisant des romans («L'autre rive du Bosphore» et «Possession». J'apprécie le jeu de ces deux comédiennes, et j'espère que chacune enregistrera beaucoup de livres qui me tenteront.
Ici, la lectrice a toujours adopté le ton adéquat. Lorsqu'elle prend une petite voix pour le rôle de Merry à huit ans, c'est réaliste, et elle n'en fait jamais trop. D'autre part, elle joue à merveille la peur de Merry lorsque Marjorie raconte ses histoires. Elle rend également très bien le ton de Marjorie, quelle que soit la situation. Bref, Florine Orphelin a fait un excellent travail. À mon avis, il aurait été très facile de surjouer.

Je regrette que chaque chapitre commence par un passage musical. Comme je l'ai déjà dit, je rêve que tous les livres audio soient sans musique.

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lundi, 6 janvier 2020

Les jours de ton absence, de Rosie Walsh.

Les jours de ton absence

L'ouvrage:
Juin 2016. Sarah Mackey rencontre Eddie David. Ils passent une semaine à s'aimer. Eddie part ensuite en Espagne, ces vacances étant prévues. Sarah et lui se promettent de s'écrire, de se parler le plus possible, puis de rapidement envisager de vivre ensemble. Mais si la jeune femme écrit et téléphone à son amoureux, il ne répond pas. De plus, il ne se connecte plus à ses réseaux sociaux. Déboussolée, Sarah est sûre qu'il lui est arrivé quelque chose. Ses amis, Tommy et Jo, pensent que la pauvre s'est fait plaquer de la manière la plus cavalière qui soit...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je n'aime pas les coups de foudre, mais l'autrice a su atténuer l'invraisemblance de celui-ci. Il y a d'abord la réaction d'Eddie après la semaine de passion. Même si je n'étais pas aussi catégorique que les amis de l'héroïne, j'ai envisagé qu'il se soit bien amusé une semaine, puis ne veuille plus rien avoir à faire avec l'encombrante Sarah. Ensuite, je me suis accommodée de cette aspérité... De toute façon, l'histoire ne souffrant pas de temps morts, et rien d'autre ne me faisant vraiment tiquer, j'ai mis cela de côté. Par ailleurs, à un moment, l'autrice utilise cette idée du coup de foudre pour faire envisager autre chose aux personnages, et comme c'est bien amené et crédible, je lui ai pardonné cette petite mièvrerie.

À certains moments, l'écrivain flirte avec l'incohérence. Pour être sûre de moi, il faudrait que je relise certains passages alors que je connais la suite, mais de mémoire, elle parvient à ne pas être incohérente. Pour moi, elle n'utilise pas de procédés déloyaux afin de fourvoyer le lecteur. Je me suis fait avoir, mais parce qu'elle a bien joué. La version audio aurait pu avoir un désavantage, mais l'éditeur a (à juste titre) choisi de ne pas faire ce qu'il aurait fait si ce procédé (que je ne donnerai pas pour ne révéler aucun indice) n'avait pas été source de gâchis. Je précise cela, parce que si je n'avais pas compris que ce procédé aurait tout gâché, j'aurais été la première à m'offusquer qu'il n'ait pas été utilisé.

À un moment, quelque chose arrive, et le lecteur craint pour la vie d'un personnage. Je n'ai pas aimé que la romancière retarde l'instant où on sait ce qui s'est passé. En plus, pendant ce temps d'attente, elle introduit des éléments qui font qu'un protagoniste et le lecteur peuvent supposer ceci ou cela. Bien sûr, cela devait être trop tentant pour qu'elle ne le fasse pas, mais cela m'a agacée. Je reconnais que c'est de bonne guerre, et que n'importe quel auteur aurait agi comme elle. ;-)

En exposant les relations entre les membres de deux familles, l'écrivain montre à quel point on peut se nuire à soi-même si on ne parvient pas à canaliser et rationaliser une immense douleur. Elle ne nie pas que ce genre de douleurs est impossible à mettre de côté, elle ne dit jamais qu'il suffit qu'on le veuille pour arrêter de souffrir. Cependant, elle met en garde contre ce que cela peut faire si on se laisse submerger et diriger par cette souffrance. Je pense qu'elle a raison. J'ai trouvé qu'elle exagérait peut-être un peu à la fin, concernant ce que fait Carole, mais on m'objectera que justement, je dis qu'il faut tenter de ne pas se nuire, qu'apparemment, Carole commence à s'en apercevoir, et moi, je râle... ;-) C'est vrai, mais il aurait peut-être fallu que le cheminement de ce personnage soit davantage montré. On en a un petit aperçu un peu avant, et on sait aussi que la personne qui accompagne Carole à la fin est très positive, donc on imagine que la façon d'être de cette personne a été bénéfique, mais cela m'a quand même paru un peu gros.

Rosie Walsh aborde peu, mais avec justesse, le thème de l'adolescente qui fait n'importe quoi pour être admise par ses pairs, tout en sachant qu'elle s'avilit, mais ne parvient pas à faire autrement.

Malgré le chagrin exprimé au long du roman, on trouve des notes d'humour. Le fils de Jo, Rudy, est toujours synonyme d'amusement. Certaines répliques (surtout de Jo et Tommy) sont également drôles. De plus, comment évoquer l'humour sans parler de la scène dans le vestiaire après le match?...

L'ex mari de Sarah m'a agacée. Il semble ne jurer que par sa nouvelle petite amie (Kaya), tout ramener à elle, ne voir qu'elle. Je m'attendais à ce qu'il lèche le sol avant qu'elle y pose ses pieds. Quant à elle, elle semblait bien plus mature que lui.

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Plusieurs fois, j'ai eu peur que le roman devienne très mièvre. Voici les hypothèses que j'ai faites quant à certains événements.
Quand Sarah se demande pourquoi Eddie ne répond pas à ses messages, j'ai eu peur qu'on découvre que ce cher Eddie était un espion, un agent de la CIA, un témoin sous protection... bref, un truc extrêmement bateau que j'aurais détesté.

L'amie de Sarah, Jenny, ne peut pas avoir d'enfants, et en souffre énormément. Lorsque Sarah découvre qu'elle est enceinte, j'ai pensé qu'elle allait faire adopter son bébé par Jenny et le mari de cette dernière. Ensuite, lorsque l'héroïne manque d'être renversée, et que l'autrice traîne avant de nous dire que le camion a réussi à l'éviter au dernier moment, j'ai imaginé que Sarah avait été renversée, était dans le coma, avait un électro-encéphalogramme plat, et donc ne pourrait jamais se réveiller. De ce fait, j'imaginais avec horreur les médecins la maintenant ainsi jusqu'à ce que son bébé naisse, et qu'ensuite, sa famille et celle d'Eddie oublient leur rancœurs et s'unissent pour élever l'enfant. Cela dégoulinait de niaiserie! Heureusement, cela n'est pas arrivé.

En bonne pinailleuse, j'aurais aimé davantage de chapitres montrant certains personnages ensemble. Rien n'est bâclé, tout est dit, mais j'aurais aimé (comme souvent) davantage de scènes comme ce que laisse entrevoir le dernier chapitre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Virginie Méry pour les éditions Lizzie.

Virginie Méry est une voix de mon enfance. Je la connais surtout pour ses doublages, et j'apprécie beaucoup son jeu. Je suis déçue que «Les jours de ton absence» ne soit que le troisième roman qu'elle a enregistré. J'espère que je l'entendrai plus souvent. Ici, j'ai autant apprécié son jeu que dans «La menace». Elle ne modifie jamais sa voix à outrance pour les rôles masculins. Elle rend bien les émotions des personnages. Par exemple, à un moment, Sarah raconte quelque chose dont l'évocation est difficile, et la comédienne joue parfaitement: on sent que l'héroïne a la gorge serrée, qu'il lui en faudrait peu pour se mettre à pleurer.
Je n'ai qu'un petit reproche: Virginie Méry fait partie des nombreuses personnes qui ne veulent pas prononcer Ruth comme cela se prononce en français, et qui, pour moi, le prononcent de manière affectée. Elle le dit à moitié à l'anglophone: Rousse. Je ne comprends toujours pas pourquoi, dans un texte en français, les comédiens (sauf Isabelle Miller, bénie soit-elle) tiennent absolument à ne pas prononcer ce prénom à la française. Heureusement pour moi, dans ce roman, on voit très peu le personnage nommé Ruth.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes, et un est coupé en trois.

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jeudi, 2 janvier 2020

Sauvez-moi, de Jacques Expert.

Sauvez-moi

L'ouvrage:
Mars 1990. Nicolas Thomas a passé trente ans en prison pour avoir assassiné plusieurs jeunes femmes. Il vient d'être libéré. Au même moment, le 36 Quai des Orfêvres est sur une affaire de viols dont certaines victimes ont été tuées.

Critique:
J'étais assez en colère après avoir lu «Hortense», et je ne voulais pas tenter un autre roman de Jacques Expert. Mais le résumé de celui-là m'a tentée, alors j'ai décidé d'essayer. Ce roman m'a plu. Comme je suis pénible, j'ai quelques reproches, mais je sais que certains ne sont pas vraiment justifiés. Par exemple, je suis déçue que les choses aient tourné ainsi pour tels personnages... presque pour tous, en fait. Certes, mais malheureusement, tout cela est extrêmement réaliste. Tout ce qui arrive dans ce livre, si affreux soit-ce, pourrait arriver dans la vie. J'aurais voulu que cela se passe autrement, mais le fait que tel personnage souffre et que tel autre ne souffre pas n'est pas une incohérence, ce n'est pas invraisemblable.

Mon deuxième reproche est davantage recevable. Je vais le formuler sans dévoiler des éléments clés, donc certains le trouveront peut-être sibyllin. Un personnage avoue quelque chose. Par la suite, le lecteur a la preuve que ce personnage a menti. Je me suis demandé pourquoi il avait menti, car cela ne pouvait lui apporter que des désagréments. Je me suis répondu à moi-même que le personnage avait besoin de prétendre cela afin d'être estimé par sa famille. Quant à l'auteur, il n'aurait pas dû préciser que le personnage avait dit des choses qui faisaient qu'on ne pouvait mettre son aveu en doute, puisqu'après, il nous apprend que l'aveu est un mensonge...

Outre cela, l'intrigue est bien menée. Rapidement, on sait à quoi s'en tenir concernant une chose importante. Et pourtant, on ne s'ennuie pas du tout. L'histoire se poursuit, et même si on sait, on se demande comment va se passer ceci et puis cela, etc. On est toujours tenu en haleine, du moins, cela a été mon cas. De plus, mise à part la petite incohérence concernant l'aveu d'un personnage, je n'ai rien trouvé qui ne cadre pas avec l'intrigue. Bien sûr, un lecteur tatillon se demandera pourquoi certains personnages n'ont pas mis leur histoire par écrit, mais cela n'aurait rien changé, et le fait qu'ils ne l'aient pas fait n'est pas une incohérence.

Malheureusement, je ne peux pas trop dire ce que je pense des personnages en les nommant, car cela révélerait des éléments clés, mais je peux dire qu'il y en a un que je n'ai pas senti dès le départ. Je suis contente d'avoir tout de suite eu raison. J'ai d'ailleurs été étonnée que personne ne doute jamais de ce personnage. Cependant, cela se comprend. Il m'était facile de dire cela, n'aimant pas du tout le protagoniste en question.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florian Wormser pour les éditions Lizzie.

J'avais apprécié Florian Wormser dans «Dans la neige». Ici, il n'a pas démérité. Il a une voix qui ne se prête pas du tout à des effets pour les rôles féminins, et heureusement, il n'en fait pas du tout. Bien sûr, il monte un peu sa voix pour ces rôles, mais n'exagère absolument pas. Parfois, un personnage ayant l'accent marseillais parle. Le comédien a pris cet accent de manière très naturelle.

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