Editeur Audio : Lizzie

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lundi, 18 mars 2019

Sauf, d'Hervé Commère.

Sauf

L'ouvrage:
Lorsque Mathieu (dit Matt) avait six ans, ses parents sont morts dans l'incendie de leur manoir. Lui était en colonie de vacances. À son retour, il a été recueilli, puis élevé par sa tante (soeur de son père) et son oncle (Raymond). À présent, il a quarante-huit ans, et tient un dépôt-ventes.
Un jour, une femme y apporte un album de photographies. On y trouve des clichés pris par sa mère avant l'incendie fatal. Sur la dernière image, on voit le reflet de la photographe dans une vitre. Matt s'interroge sur l'identité de la femme qui a amené cet album. Il n'est pas au bout de ses surprises.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. D'abord, en quelques courts chapitres, Hervé Commère pose l'énigme. Ensuite, il épaissit le mystère en insérant des éléments inattendus... À un moment (lorsque Gary se persuade qu'il a trouvé la Catherine Dourdent qui les mettra sur la voie, alors qu'elle ne ressemble absolument pas au portrait-robot), j'ai eu peur que l'auteur introduise une incohérence. Bien sûr, on pourra penser que l'instinct de Gary est un peu trop chanceux, mais il ne se base pas uniquement sur cela: il y a aussi la réaction de la donzelle... Finalement, ladite réaction n'a qu'un mince rapport avec l'affaire, mais celle qui a initié tout cela n'en sait rien. En tout cas, Hervé Commère parvient à faire en sorte que cela ne soit pas une incohérence. C'est un peu tiré par les cheveux, mais plausible.

Plus tard dans le roman, ce qu'apprend le narrateur m'a fait me poser certaines questions... Lorsqu'on prend une décision importante, comment peut-on être sûr que chacun en sortira le moins perdant possible? L'un des personnages aurait-il agi ainsi s'il avait pu prévoir quelles seraient les conséquences pour un autre personnage? Mais cet autre personnage se serait-il bien comporté si la donne avait été autre? Malgré tout, je pense que le premier personnage a agi le moins mal possible.

J'ai beaucoup apprécié la plupart des protagonistes: Anna (qui trouve le moyen de plaisanter dans des situations graves, et qui est toujours là quand Matt en a besoin), Laurie, Gary (lui et ses cousins sont souvent source d'amusement, et parfois d'un peu de sagesse), Mylène, Raymond (qui a su gérer ses blessures, et montrer aux siens qu'il les aimait). Certains n'apprécieront peut-être pas Raymond à cause de l'un de ses actes. Je n'ai pas réussi à le lui reprocher... Quant à la tante du narrateur, on la voit peu dans le présent. Je l'ai également appréciée, même si j'aurais voulu que concernant certaines choses, elle fasse autrement. Sûrement n'a-t-elle pas voulu essayer, au cas où cela lui retomberait dessus.

Le livre ne souffre d'aucun temps mort. Les chapitres sont courts, ce qui contribue à donner du rythme.

À la fin, le lecteur sait tout ce qu'il y a à savoir, et rien n'est bâclé.

Après le roman, il y a une nouvelle: «Grain de sable». Elle m'a plu. Elle est très bien pensée. L'auteur a très bien joué, parce que même si j'avais compris à peu près où il voulait en venir, je n'arrivais pas à savoir comment il y arriverait. Certains écrivains terminent leurs nouvelles par une chute. Pour «Grain de sable», Hervé Commère crée une chute, puis... une autre. Cette dernière m'a fait penser: «Voilà bien la nature humaine...».

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Mancini pour les éditions Lizzie.

Je connais surtout Patrick Mancini en tant que comédien de doublage. Je l'apprécie d'ailleurs beaucoup, et quand j'ai su qu'il avait enregistré ce roman, j'ai tout de suite parié que son interprétation serait excellente. J'ai eu raison. Tant dans la narration que dans les dialogues, son jeu est toujours approprié. S'il modifie parfois un peu sa voix, il le fait judicieusement et sans excès, donnant très facilement corps aux personnages. J'espère qu'il enregistrera d'autres livres qui me tenteront. En effet, pour l'instant, il y en a quelques autres, mais ils ne me font pas envie.

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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lundi, 11 mars 2019

Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie, de Ruth Ware.

Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie

L'ouvrage:
Angleterre.%%Leonora (dite Nora) Shaw a vingt-six ans, et est auteur de romans policiers. Un jour, elle reçoit un mail collectif d'une certaine Florence. Celle-ci invite les destinataires du mail à l'enterrement de vie de jeune fille de Clare Cavendish. Nora n'a pas vu Clare depuis dix ans. Elles étaient très bonnes amies depuis l'âge de cinq ans, et après le lycée, ont perdu contact. La jeune femme n'a pas vraiment envie d'assister à ce week-end dans une maison perdue au milieu des bois, mais Nina (une amie d'école avec qui elle a gardé contact) est aussi invitée, ne veut pas trop y aller, et propose que Nora et elle y aillent ensemble.
Le week-end ne va pas bien se passer...

Critique:
Ce roman m'a autant plu que «La disparue de la cabine numéro 10». Cela pourrait paraître étonnant parce qu'il y a une ficelle dont, habituellement, je n'aime pas l'utilisation. Au bout d'un moment, tout le monde est suspect. Comme dans le roman sus-cité, cela ne m'a pas dérangée parce que j'ai trouvé que c'était bien exploité. La romancière fait allusion à Agatha Christie, donc on comprend qu'elle s'en inspire, mais pour moi, ce n'était pas aussi poussif que les romans d'Agatha Christie que j'ai lus. De plus, si on n'est pas trop stupide, on ne soupçonne pas absolument tout le monde. Sur quatre personnes, je n'en ai vraiment soupçonné que deux. L'une de celles que j'avais écartées n'était pas coupable, et j'en remercie l'auteur. Elle aurait très mal joué, à mon avis, en faisant de cette personne la coupable. La solution de l'énigme ne m'a pas trop surprise, mais ça n'est pas gênant, car Ruth Ware la prépare au long du roman. Rien n'est incohérent. Maintenant que j'ai dit tout cela, je ne peux pas vraiment dire ce que je pense des personnages en les nommant, pour ne pas trop donner d'indices. Je dirai juste que le coupable est celui que je soupçonnais le plus, et que j'aimais le moins...

Comme dans l'autre roman de Ruth Ware, je me suis très vite attachée à l'héroïne. J'ai très vite compris les sentiments qu'elle exprimait, j'ai partagé ses craintes, son mal-être, son dégoût. En plus, elle adore être chez elle, tout comme moi, donc je l'approuvais lorsqu'elle disait qu'elle voulait rentrer chez elle. ;-)

Un autre élément m'a paru très bien exploité: le week-end se passe dans une grande maison perdue dans les bois, il fait froid, il neige... L'ambiance est propice à de sombres événements...

Je regrette que certaines choses ne puissent être réparées, après que deux personnages savent tout, mais cela ne crée aucune incohérence, donc ce n'est pas si grave.

Au long de ma lecture, j'ai été contente de voir que la traductrice ne faisait aucune faute de syntaxe, et employait «après que» avec l'indicatif. En relisant le résumé pour voir si Shaw y était écrit (il me fallait l'orthographe pour cette chronique), j'ai lu que ce roman avait été traduit par... Séverine Quelet que je complimente dans ma chronique de «La veuve». Je réitère donc ici mes compliments pour la fluidité du texte, et surtout l'absence d'erreurs de syntaxe. J'espère lire beaucoup d'autres romans traduits par Séverine Quelet. (Je trouve d'ailleurs dommage que l'éditeur audio Lizzie ne demande plus aux comédiens, alors qu'il le faisait au début, de donner le nom du traducteur des ouvrages étrangers. En effet, le nom de la traductrice était donné pour «La disparue de la cabine numéro 10», et il ne l'est pas pour «Promenez-vous (...)».)

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier pour les éditions Lizzie.

Je n'ai entendu cette comédienne que dans «Le sourire des femmes» où je l'ai appréciée. Ici, j'ai également aimé son jeu. Elle entre dans la peau des personnages sans modifier sa voix à outrance, rend très bien leurs intentions, leurs émotions... Je trouve dommage qu'elle ait prononcé certains noms à l'anglophone, mais elle le fait pour peu de noms.

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 90%: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et trois chapitres sont coupés en deux.

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lundi, 4 mars 2019

La veuve, de Fiona Barton.

La veuve

L'ouvrage:
Angleterre, juin 2010. Glenn Taylor vient d'être renversé par un bus. Les journalistes assaillent sa veuve, Jane. Maintenant que Glenn est mort, elle peut parler, dire ce qu'elle sait quant à ce dont son mari fut soupçonné deux ans auparavant.

Critique:
Ce roman m'a bien moins plu que «La coupure», mais je l'ai aimé. Le thème principal est abordé à outrance par beaucoup d'écrivains. De ce fait, pour moi, il n'y avait pas grand-chose de nouveau, d'autant que l'auteur n'introduit rien qui démarquerait un peu son roman des autres évoquant ce sujet. De plus, si les personnages sont intéressants (surtout Jane et Bob), ils m'ont bien moins interpellée que ceux de «La coupure» (où ma préférence allait à Emma et Angie).

L'un des points positifs est l'ambiguïté de l'un des personnages. Je me suis rapidement demandé si ce protagoniste ne se jouait pas de tous. Concernant cela, la romancière amène finement les choses. Elle maintient l'ambiguïté le temps qu'il faut sans que cela soit pesant, et se sort de toutes les situations qu'elle rend étranges. À la fin, aucune question ne subsiste, rien n'est bâclé, et Fiona Barton est cohérente avec le reste de son roman. Elle n'a pas lancé de faux indices à tort et à travers qui, à la fin, se révèlent inexplicables. Je le souligne parce que certains auteurs font cela, et c'est très pénible. Fiona Barton, elle, ne se moque pas du lecteur.

Kate m'a encore plus agacée que dans «La coupure». Quelle charognarde insensible!!! Elle ne pense qu'à son contrat, à son article... Même si je pense que Jane a mal interprété certaines choses, Kate a été stupide de ne pas lui avoir fait lire l'article avant. Ainsi, Jane, sachant parfaitement ce qu'elle avait écrit, pouvait demander que ceci ou cela soit corrigé, et de toute façon, cela aurait empêché qu'elle se mette en colère, par la suite, en pensant savoir ce que disait l'article. J'ai donc été satisfaite lorsqu'elle jette Kate comme une malpropre. L'auteur a beau expliquer que certaines personnes ayant été interviewées par Kate, dans des affaires passées, ont été très heureuses de son travail et gardent contact avec elle, je l'ai trouvée particulièrement désagréable et suffisante ici. Comme je l'ai dit dans une autre chronique, je sais bien que tous les journalistes ne peuvent pas être comme celle imaginée par Julia Dahl, mais puisque Fiona Barton vante le côté humain de sa création, elle aurait dû le faire ressortir.

Ce roman étant antérieur à «La coupure», et mettant également Kate en scène, j'ai eu peur qu'avoir lu «La coupure» avant «La veuve» me desserve. Or, cela n'a pas été le cas. Il est possible que Kate se rappelle l'affaire de la veuve Taylor dans «La coupure» et l'évoque de manière à en donner la conclusion (elle le fait concernant une ou deux affaires), mais si c'est le cas, je l'ai oublié.

Même si le thème principal est (selon moi) trop abordé dans les romans policiers, le livre ne traîne pas, il n'y a pas de remplissage.

Je râle souvent quand je trouve des fautes de syntaxe dans les romans ou dans l'audiodescription de certains films. De ce fait, je m'attache aussi à pointer ce qui, pour moi, est bien fait. Ici, non seulement je n'ai pas repéré d'erreurs de syntaxe, mais la traductrice, Séverine Quelet, n'a pas fait une faute qui, malheureusement, se répand. Elle a écrit «elle se le rappelle», alors que beaucoup commettent l'erreur d'écrire ou de dire «elle s'en rappelle».

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Eve Dufresne pour les éditions Lizzie.

Ce roman a exactement la même structure narrative que «La coupure»: les chapitres alternent les points de vue, et celui d'un seul personnage est relaté à la première personne du singulier. Je pensais donc que comme pour «La coupure», l'éditeur audio ferait enregistrer ce livre à plusieurs voix, et qu'Anne Tilloy interpréterait les chapitres du point de vue de Kate. Je ne comprends pas pourquoi cela n'a pas été fait ainsi. D'autre part, Marie-Eve Dufresne fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle s'est arrangée pour adopter une intonation qui montre, sans exagération, l'ambiguïté du personnage dont je parle plus haut. Son ton est toujours approprié. Je regrette seulement qu'elle ait tenté de prononcer certains noms à l'anglophone: Terry en faisant le «r» anglophone, Saïmone pour Simon...

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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jeudi, 27 décembre 2018

Emma dans la nuit, de Wendy Walker.

Emma dans la nuit

L'ouvrage:
Voilà trois ans qu'Emma Tanner (dix-sept ans), et sa soeur Cass (quinze ans) ont disparu. Or, Cass réapparaît, et explique que sa soeur est retenue prisonnière sur une île.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Le récit est raconté en alternance par Cass et un narrateur omniscient. Pour moi, l'intrigue ne souffre pas de temps morts. À un moment, j'ai eu l'impression que ça allait traîner, mais l'auteur s'en sort bien. Dès le départ, Cass explique qu'elle a un plan, un but précis. De ce fait, tout en l'appréciant et en compatissant pour ce qu'on découvre de sa douleur, j'ai pensé qu'il fallait que je m'en méfie. Finalement, je n'ai pas pu, ne parvenant pas à garder cela en tête. Dès le départ, je l'ai appréciée, et plus le récit avançait plus ma compassion à son égard était renforcée. Elle a peut-être fait de mauvais choix, on peut désapprouver certains de ses actes (cela n'a pas été mon cas, mais je comprendrais ceux qui la blâmeraient pour certaines choses), cependant, c'est un personnage très courageux, qui n'a pas hésité à se prendre en main, même si cela voulait dire vivre des moments difficiles. Sachant ce qu'elle avait vécu depuis son enfance jusqu'à sa disparition, elle attire d'autant plus la compassion. De plus, elle parsème son récit de remarques qui montrent une très grande réflexion et un jugement sûr. Par exemple, elle évoque son choc lorsqu'elle a découvert qu'il ne suffit pas d'être adulte pour savoir où est la vérité. Elle analyse aussi le comportement de ses proches. J'ai été déçue qu'elle dise que son père était faible, mais malheureusement, les faits lui donnent raison.

J'ai tout de suite apprécié Abby. Voilà trois ans qu'elle vit avec l'affaire des soeurs Tanner en tête, parce qu'elle est persuadée qu'il aurait fallu creuser d'un certain côté, mais que cela ne lui a pas été accordé. Outre cela, le peu qu'on découvre d'elle est sympathique. Elle fait partie de ces gens qui se sont tirés d'une situation périlleuse en l'étudiant, l'analysant, la décortiquant... Au chapitre 6, elle fait un court portrait de ceux qui sont atteints de narcissisme. J'ai été étonnée qu'elle souligne que seulement 1% de la population en était atteint. D'abord, au vu de ce qu'elle décrit, il me semble avoir rencontré au moins une personne narcissique dans ma vie. Ensuite, Abby en subit une, puis en croise une dans une enquête... Certes, les personnages fictifs n'entrent pas dans les statistiques, mais cela fait peut-être beaucoup... Je sais cependant que la courte description d'Abby ne peut être une assurance que la personne à laquelle je pense est narcissique. Il faudrait que je lise des livres entiers sur le sujet pour me faire une opinion plus précise. En tout cas, c'est captivant.

Je ne sais pas trop quoi penser d'Emma... Je ne l'apprécie pas vraiment, mais l'histoire montre bien pourquoi elle agissait comme elle le faisait.

Malgré la faiblesse d'Owen, je l'ai apprécié, ainsi que son fils. Je suis moins sévère que Cass envers Owen. Il n'est pas toujours facile de se battre, surtout quand on n'a pas toujours bien agi...

Généralement, je râle très fort après les auteurs qui, selon moi, créent des incohérences. Certains veulent tellement faire croire des choses pour ensuite sortir une carte inattendue de leur chapeau qu'ils exagèrent. Wendy Walker a fait le contraire, ce qui, pour moi, est très bien. C'est-à-dire qu'elle a donné un ou deux éléments qui font que le lecteur pensera forcément une chose précise qui ne semble pas concorder avec ce qui serait arrivé. Finalement, lorsqu'elle dévoile la vérité, on se rend compte que ces incongruités cadrent parfaitement avec ce qui est réellement arrivé.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Clara Soares (qui interpréttait les passages narrés par Cass), et Aurore Paris (qui lisait ceux racontés par un narrateur omniscient) pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout ces deux comédiennes. J'ai apprécié leur jeu naturel et juste. J'ai une petite préférence pour Clara Soares, parce que sa voix est, en plus, très agréable, ce qui ne veut pas dire que celle d'Aurore Paris ne l'est pas. À mon goût, elle est plus neutre.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes.

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jeudi, 22 novembre 2018

Une femme simple et honnête, de Robert Goolrick.

Une femme simple et honnête

L'ouvrage:
Wisconsin, hiver 1907. Dans le village où se déroule une grande partie de l'intrigue, Ralph Truitt, cinquante-quatre ans, est craint et peu apprécié. C'est un riche homme d'affaires, et beaucoup de villageois travaillent pour lui. À présent, il attend un train qui a du retard, et imagine que certains jasent.
Quelque temps auparavant, il a passé une annonce dans un journal de Chicago, annonce dans laquelle il disait rechercher une femme qui n'attend pas un mariage d'amour, qui n'a pas d'idées de grandeur... Après cela, il a correspondu avec Catherine Land: elle lui a écrit ne plus attendre grand-chose de la vie, et être cette femme simple et honnête qu'il cherche. C'est donc elle qui arrive par ce train qui a du retard.

Critique:
Comme j'ai lu «Féroces», j'ai eu une petite appréhension en m'attaquant à «Une femme simple et honnête»: j'avais peur d'y trouver des horreurs psychologiques. Je me suis décidée parce que le résumé m'attirait. S'il y a bien des éléments durs, ce roman renferme aussi un peu d'espoir. En outre, il est très réaliste.

On apprend assez vite le passé de Catherine, ainsi que ce qu'elle compte faire et pourquoi. Cela m'a un peu fait râler, mais finalement, ce n'est pas très étonnant. Le plus surprenant est peut-être que ce soit justement Catherine qui soit tombée sur l'annonce de Ralph.

Au long du roman, je me suis attachée à certains personnages. L'auteur décrit très bien le caractère de Ralph, ainsi que les épreuves qu'il a connues. Il fait pareil concernant Catherine. Là, on cerne les personnages, on compatit quant à ce qu'ils ont souffert. Catherine est plus ambiguë que Ralph. Elle arrive avec un objectif, la vie qu'elle connaît avec Ralph est (je pense) telle qu'elle l'imaginait, et pourtant... C'est surtout ce personnage qui interpelle. Elle évolue d'une manière qu'elle-même n'avait pas envisagée, et cela la déstabilise, ce qui fait que pendant une partie du roman (le début de la troisième partie), elle est perdue. À ce moment-là, je ne savais plus trop quoi penser d'elle. Son évolution m'avait fait l'apprécier, mais ce qu'elle fait après son retour de Saint-Louis me rendait perplexe. Bien sûr, on comprend pourquoi elle le fait malgré tout, mais je me disais qu'elle aurait pu «chercher une autre solution». L'intrigue semble simple, au départ, mais elle se complexifie justement grâce à l'ambivalence de Catherine, et aussi des réactions de Ralph.

Dans ce roman, on rencontre certains personnages qui, pour moi, ne savent pas prendre les bons côtés de la vie. Je ne parlerai que d'Alice afin de ne pas vous gâcher la lecture. Alice préfère une vie de perdition (apparemment, elle aime la luxure) plutôt qu'une vie davantage rangée (et donc moins dangereuse)aux côtés de sa soeur. J'ai eu du mal à la comprendre, mais j'imagine que si l'auteur a créé un tel personnage, il doit en exister dans la vie. L'histoire d'Alice permet au lecteur de savoir et de comprendre comment Catherine est arrivée où elle en est. Si elle est ambiguë, on ne peut nier que c'est une battante. Malgré les coups qu'elle reçoit de la vie, elle se relève. Malgré certains de ses actes et intentions, on éprouve de la compassion pour elle qui a appris la vie à coups de déconvenues. Son parcours (même s'il n'est pas identique) est à mettre en parallèle avec celui de Ralph. Il a appris les mêmes leçons de la vie.

Outre une intrigue captivante et des personnages qui soulèvent d'importantes questions, Robert Goolrick crée des ambiances à merveille. Qu'on soit dans le petit village du Wisconsin, auprès d'Alice, ou dans les luxueuses chambres d'hôtel de Saint-Louis, il suffit de quelques descriptions et dialogues pour être plongé dans l'ambiance de l'instant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Xavier Percy pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Son interprétation m'a plu. Elle sonne juste. Il n'a pas trop modifié sa voix pour les différents personnages, ce qui m'a plu. Il a très bien joué (sans surjeu) les sentiments qu'ils vivent et expriment. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.
Je regrette que l'éditeur audio ait mis de la musique au début de chaque chapitre. Je n'aime pas la musique dans les livres, car pour moi, elle ne fait que retarder la lecture.

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