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mercredi, 17 avril 2019

Blood orange, d'Harriet Tyce.

Blood orange

L'ouvrage:
Alison est avocate. Elle aime beaucoup son travail. Son mariage commence à partir en vrille. Elle sait qu'elle a sa part de responsabilité là-dedans. C'est alors qu'on lui confie sa première affaire de meurtre. Elle doit défendre Madeleine qui a tué son mari, Edwin, de plusieurs coups de couteau.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Au départ, Alison m'agaçait, sans que cela ne gâche ma lecture. Je le précise, car souvent, quand un personnage m'énerve, j'ai envie de reposer le livre. Ici, je marchais complètement dans ce que voulait l'autrice: je ne trouvais pas l'héroïne sympathique, mais je souhaitais continuer le roman. Petit à petit, j'ai noté les quelques efforts que la narratrice faisait pour remettre sa vie sur les rails. J'ai aussi remarqué à quel point les déconvenues qu'elle essuyait la blessaient. Malgré ce qui ne me plaisait pas chez elle, je voyais sa fragilité, son envie de mieux faire. Bref, je pense qu'Harriet Tyce a montré un personnage complexe à la psychologie creusée. J'ai apprécié que mon aversion de départ laisse place à de la compassion et à de l'attachement pour cette femme qui admettait sa faillibilité.

J'ai assez vite deviné quelque chose d'important, mais cela n'a pas non plus gâché ma lecture. Au contraire, je faisais coller ce que savait Alison avec ma solution, et j'étais contente de voir que cela fonctionnait. Il y a même un point où je serais allée plus loin que l'autrice.

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Quand Mathilda disparaît lors de la partie de cache-cache, j'imaginais que Carl avait suivi sa femme et sa fille, et alors qu'Alison comptait, avait dit à l'enfant: «Viens, on va faire une blague à maman.», avant de l'emmener. Je me disais même qu'il lui aurait dit de ne rien dire, qu'il faudrait garder cela secret pendant un moment, et que dans quelques semaines, ils pourraient avouer à Alison qu'ils lui avaient fait une plaisanterie. Ensuite, Mathilda aurait fini par le dire à sa mère, sentant que quelque chose n'était pas net. Cela aurait peut-être été un peu difficile à faire tenir, donc je n'en veux pas à la romancière de n'avoir pas utilisé cette ficelle, mais je pense qu'elle aurait pu.


Je n'arrivais quand même pas à trouver comment Alison saurait ce qu'il y avait à savoir, et comment elle se sortirait de la situation. L'autrice a bien joué.

Très souvent, je râle après les prologues de ce genre de romans qui sont là pour nous faire baver, et qui m'agacent énormément. Là encore, Harriet Tyce a marqué un point! En lisant son prologue, on se doute qu'il aura un rapport avec la solution, mais on ne sait pas comment. Il suscite un petit questionnement, mais ne donne pas trois tonnes d'indices. Pour moi, ce prologue pose certaines choses, invitant le lecteur à remarquer de petits éléments au long du livre, mais l'écrivain ne se moque pas de lui, à l'inverse des auteurs des romans qui font des prologues qui ne servent à rien, et après lesquels j'ai râlé au cours de mes chroniques.

Outre l'existence d'Alison, nous découvrons l'affaire dans laquelle elle est plongée. La quatrième de couverture du roman y va avec de gros sabots, pointant exagérément les ressemblances entre cette affaire et ce que vit l'héroïne. Harriet Tyce, elle, fait cela bien plus subtilement. Il est dommage que la quatrième de couverture appuie là-dessus, car il est bien mieux que le lecteur se fasse de petites remarques à mesure qu'il avance dans l'ouvrage.

Je voudrais dire d'autres choses, mais j'en dévoilerais trop. Globalement, je n'ai rien à reprocher à ce livre. Je le conseille.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cachou Kirsch pour les éditions Lizzie.

Moi qui apprécie beaucoup cette comédienne, j'ai de la chance qu'elle ait enregistré ce roman. J'ai aimé son interprétation. Elle est parfaitement entrée dans la peau d'Alison, rendant très bien son désarroi, ses espoirs lorsqu'elle se promettait de mieux faire, etc.
Elle a également été naturelle lorsqu'il s'est agi de jouer Mathilda, campant une enfant de six ans vraisemblable, et ne cabotinant pas.
À un moment, elle doit jouer un garçon de quatorze ans. Je ne sais pas comment elle a fait, mais elle a adopté une intonation et un timbre de voix qui auraient pu être ceux d'un adolescent. Par ailleurs, elle n'a pas modifié sa voix à outrance pour les personnages masculins.
J'ai été déçue qu'elle prononce certains noms propres («orange» dans le titre, ou «Brighton» par exemple) en prenant un accent anglophone...

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. Certains chapitres sont coupés en deux pistes. Les éditions Lizzie, comme Audiolib, sont adeptes des pistes ne dépassant pas (ou presque pas) le quart d'heure. (Est-ce une idée que Liza Faja, qui travaillait chez Audiolib avant, et qui fait maintenant partie de l'équipe de Lizzie, a apportée avec elle?) Comme je l'ai déjà dit dans d'autres chroniques, je trouve cela dommage, car pour moi, cela fait que la version audio du livre n'est pas propre. De plus, outre la musique en début de chaque chapitre (ce que je trouve déjà très désagréable), l'éditeur a ajouté quelques notes au milieu de certains chapitres, sûrement pour faire ressortir un changement de scène. Je pense que l'auditeur est assez intelligent pour comprendre que quand la lectrice dit «deux jours plus tard», on a changé de scène; ou que même s'il n'y a pas d'indications temporelles, le texte est assez explicite pour qu'on sache que quelques heures sont passées.

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lundi, 1 avril 2019

Rien de plus grand, de Malin Persson Giolito.

Rien de plus grand

L'ouvrage:
Ce matin-là, dans une salle de classe du lycée, il y a eu des coups de feu. Tout le monde est mort, sauf Maja Norberg, dix-huit ans. Neuf mois plus tard, son procès a lieu.

Critique:
Ce roman m'a plu. Maja raconte son procès, mais aussi les événements qui y mènent. La jeune fille est un peu trouble, son récit montre que beaucoup de choses ne peuvent être compartimentées et catégorisées comme étant bien ou mal. Sa mère n'a pas un rôle très reluisant. Ce n'est pas une mère horrible, mais il y a mieux. L'adolescente évoque d'autres parents, ceux de ses amis. Elle s'attache à montrer au lecteur que tout n'est pas aussi simple que ce qu'il voit de prime abord. Alors que je me demandais comment elle pourrait expliquer l'un de ses gestes, que je me disais qu'au moins pour cet acte, on ne pouvait pas l'excuser, elle nous en raconte les circonstances... et celles-ci expliquent, voire excusent ce geste. Peut-être que certains lecteurs ne l'excuseront pas. Je dois dire que dès le départ, j'ai bien aimé Maja, malgré le cynisme dont elle fait parfois preuve. J'ai pensé que si elle s'était retrouvée là-dedans, cela ne pouvait pas être uniquement de sa faute... Elle m'a parfois donné envie de la secouer; d'autres fois, elle m'a paru perdue... Mais même quand elle m'agaçait, un fond de sympathie à son égard restait. De temps en temps, elle disait que son avocat pensait ceci et cela: elle ne semblait pas comprendre qu'au-delà de ce qu'il pensait, il faisait son travail, ce pourquoi il était payé: la défendre.

J'ai bien aimé la manière dont Samir retourne la situation lors de la conférence, au lycée. Le thème abordé est d'actualité, et je pense qu'il le restera. Avant cette conférence, on le retrouve évoqué entre les adolescents...

Je ne sais pas quoi penser de Sebastian. J'imagine que Malin Persson Giolito souhaite que le lecteur plaigne ce personnage et soit également écoeuré par lui... Je n'ai pas eu la force de le plaindre. Je sais pourtant qu'il aurait eu besoin d'aide, mais je pense que s'il avait demandé (à quelqu'un d'autre que Maja), il aurait pu avoir assez de soutien pour choisir un autre chemin... J'ai conscience que je suis sévère envers lui, mais j'en ai un peu assez de ceux qui prennent leur souffrance comme prétexte pour faire le mal.

J'aurais aimé des chapitres supplémentaires. À la fin, on sait ce qu'il advient de Maja (en tout cas immédiatement après le procès), mais j'aurais voulu savoir si certains pourraient se reconstruire moralement.

Je ne sais pas quel est le titre original, mais j'aime beaucoup le titre anglais: «Quicksand» («Sables mouvants»). Il décrit très bien ce que vivent ces adolescents...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Zoé Gauchet pour les éditions Lizzie.

Depuis un petit moment, j'avais repéré ce titre en anglais. Je souhaitais le lire, mais... je n'apprécie pas le jeu de la lectrice qui s'en est chargée. Lorsqu'il est sorti en audio en français, lu par une comédienne que je ne connaissais pas, je me suis fiée à l'extrait proposé sur Audible (dans lequel Zoé Gauchet me paraissait talentueuse), et me suis tournée vers cette solution. J'ai eu raison. La comédienne entre parfaitement dans la peau de Maja et des autres. Elle transcrit très bien les intentions de l'auteur. Elle adopte toujours le ton approprié, quel que soit le sentiment exprimé. Elle n'en fait pas trop, modifie sa voix juste ce qu'il faut pour certains rôles... Sa lecture m'a fait ressentir l'ambiance suffocante de certaines situations. J'espère qu'elle enregistrera d'autres livres qui me tenteront, et je suis ravie d'avoir opté pour la version de ce roman lue par elle.

Pour information, la structure du livre a été partiellement respectée: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et plusieurs chapitres (une dizaine) sont coupés en deux.

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lundi, 25 mars 2019

La saison des feux, de Celeste Ng.

La saison des feux

L'ouvrage:
Shaker Heights, riche banlieue de Cleveland, est une communauté planifiée. Les habitants se doivent d'obéir à certaines règles, car, pensent-ils, il n'y a qu'ainsi qu'on peut être heureux et être de bons voisins. C'est ici que débarquent Mia Warren (photographe), et Pearl (sa fille adolescente). Elles vont louer une maison appartenant à Elena Richardson. Bientôt, Moody Richardson (l'un des quatre enfants de la famille) devient ami avec Pearl. C'est ainsi que celle-ci et sa mère côtoieront davantage les propriétaires de la maison qu'elles louent.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Le seul reproche que j'ai à lui adresser, c'est qu'il se termine trop vite. J'aurais aimé qu'il soit deux voire trois fois plus gros, et que l'auteur continue de raconter la vie de ses créations. J'aurais voulu que certains se revoient, qu'un autre souffre beaucoup (on imagine que ce personnage va souffrir, mais pour moi, ce n'est pas assez).

Celeste Ng aborde des thèmes qui ne sont pas nouveaux, et pourtant, elle a très vite su me prendre dans ses filets. Il était parfaitement logique que Mia et Pearl attirent Izzy et Moody, que la famille Richardson attire Pearl, etc. Il était logique qu'à se côtoyer, ces personnages aux modes de vie différents laissent chacun une empreinte sur les autres... La romancière ne s'amuse pas à montrer qu'une communauté comme Shaker Heights est forcément négative à trop vouloir être positive. Elle montre plutôt que certaines interactions, certaines confrontations de points de vue, certains échanges peuvent être bénéfiques ou non.

La structure est de celles qui me gênent souvent, mais ici, cela n'a pas été le cas. L'écrivain commence par relater un fait. Puis dès le chapitre 2, elle raconte à partir d'à peu près un an plus tôt. Pendant le récit de cette année, elle révèle le passé d'un personnage. D'habitude, je n'aime pas les retours en arrière de ce genre. Ici, j'ai trouvé cela approprié, surtout celui concernant le passé du personnage. J'ai préféré rencontrer ce protagoniste pendant l'année où les Richardson et les Warren se côtoient, puis me poser des questions à son sujet... questions auxquelles l'auteur répond à point nommé pendant son retour en arrière.

J'ai apprécié que Celeste Ng laisse le lecteur se faire quelques idées sur les personnages, puis montre leur évolution. Par exemple, j'ai très vite catalogué Lexie et Trip comme superficiels incapables de compassion. J'ai été soulagée de voir que tout n'était pas simple. Ça ne veut pas dire que j'ai fini par les apprécier, mais j'ai vu qu'ils étaient récupérables. ;-)

Je n'ai pas aimé les McCullough... Ils sont pourtant gentils, et sûrement sincères, mais il ne m'a pas du tout plu qu'ils agissent ainsi. Le lieu qu'ils choisissent à la toute fin (ceux qui ont lu le livre me comprendront) les rend encore plus pathétiques, à mon avis. J'irais même jusqu'à dire que ça fait peur...

Je n'ai pas non plus aimé Elena Richardson. Malheureusement, cette horrible femme et moi avons un point commun. Comme elle, j'aime suivre certaines règles dans mon quotidien, ça me donne l'impression que tout est à sa place. C'est étrange, car dès le départ (alors qu'elle n'a encore rien fait), j'ai eu un mouvement de recul quant à elle. Elle s'avère être le personnage du roman que j'aime le moins. Le pire, c'est qu'elle est convaincue d'agir pour le bien de tous, d'être quelqu'un de bon.

J'ai apprécié Mia, surtout parce que je l'ai comprise. Certains penseront peut-être qu'elle a mal agi envers ceux auprès de qui elle s'était engagée, mais elle a fait de son mieux. Elle a d'abord pris une décision sans en mesurer les conséquences, puis lorsqu'elle s'est aperçue qu'elle ne pourrait s'y tenir, a tenté d'agir le moins mal possible. Elle s'est retrouvée plongée dans une vie difficile à cause d'un enchaînement d'événements, et elle a toujours préservé l'essentiel. C'est également elle qui comprend, sans qu'on ait besoin de lui expliquer, le mal-être de certains membres de la famille Richardson, et qui les aide.

J'ai aussi apprécié Izzy. Elle n'est pas vraiment comprise par sa famille (sauf Moody). Elena explique pourquoi elle est ainsi avec sa fille, mais je n'ai pas été convaincue. Apparemment, c'est un genre de réflexe, ce n'est pas voulu, mais cela ne fait que montrer la stupidité d'Elena, ça ne m'a pas du tout donné envie de la plaindre.

Que les personnages m'aient été sympathiques ou pas, Celeste Ng a très bien exposé leur psychologie, leurs motivations, etc. Cela explique qu'il m'ait été difficile de les quitter.

Remarque annexe:
J'ai ri que Bryan surnomme ses parents Cliff et Claire. ;-) L'auteur explique pourquoi, cela m'a un peu replongée dans mon enfance...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Micky Sébastian pour les éditions Lizzie.

J'appréciais déjà Micky Sébastian comme comédienne de doublage, et j'avais aimé son interprétation de «Terminus Elicius». Ici, elle ne m'a pas déçue. Elle rend très bien les divers sentiments exprimés par les personnages. Elle modifie peu sa voix, et le fait toujours avec justesse. Je trouve quand même dommage qu'elle ait prononcé les noms propres où il y avait des «r» en faisant ces «r» à l'anglophone. Pour moi, dans un texte en français, ce n'est absolument pas naturel.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. La plupart des chapitres sont coupés en deux (parfois trois) pistes.

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lundi, 18 mars 2019

Sauf, d'Hervé Commère.

Sauf

L'ouvrage:
Lorsque Mathieu (dit Matt) avait six ans, ses parents sont morts dans l'incendie de leur manoir. Lui était en colonie de vacances. À son retour, il a été recueilli, puis élevé par sa tante (soeur de son père) et son oncle (Raymond). À présent, il a quarante-huit ans, et tient un dépôt-ventes.
Un jour, une femme y apporte un album de photographies. On y trouve des clichés pris par sa mère avant l'incendie fatal. Sur la dernière image, on voit le reflet de la photographe dans une vitre. Matt s'interroge sur l'identité de la femme qui a amené cet album. Il n'est pas au bout de ses surprises.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. D'abord, en quelques courts chapitres, Hervé Commère pose l'énigme. Ensuite, il épaissit le mystère en insérant des éléments inattendus... À un moment (lorsque Gary se persuade qu'il a trouvé la Catherine Dourdent qui les mettra sur la voie, alors qu'elle ne ressemble absolument pas au portrait-robot), j'ai eu peur que l'auteur introduise une incohérence. Bien sûr, on pourra penser que l'instinct de Gary est un peu trop chanceux, mais il ne se base pas uniquement sur cela: il y a aussi la réaction de la donzelle... Finalement, ladite réaction n'a qu'un mince rapport avec l'affaire, mais celle qui a initié tout cela n'en sait rien. En tout cas, Hervé Commère parvient à faire en sorte que cela ne soit pas une incohérence. C'est un peu tiré par les cheveux, mais plausible.

Plus tard dans le roman, ce qu'apprend le narrateur m'a fait me poser certaines questions... Lorsqu'on prend une décision importante, comment peut-on être sûr que chacun en sortira le moins perdant possible? L'un des personnages aurait-il agi ainsi s'il avait pu prévoir quelles seraient les conséquences pour un autre personnage? Mais cet autre personnage se serait-il bien comporté si la donne avait été autre? Malgré tout, je pense que le premier personnage a agi le moins mal possible.

J'ai beaucoup apprécié la plupart des protagonistes: Anna (qui trouve le moyen de plaisanter dans des situations graves, et qui est toujours là quand Matt en a besoin), Laurie, Gary (lui et ses cousins sont souvent source d'amusement, et parfois d'un peu de sagesse), Mylène, Raymond (qui a su gérer ses blessures, et montrer aux siens qu'il les aimait). Certains n'apprécieront peut-être pas Raymond à cause de l'un de ses actes. Je n'ai pas réussi à le lui reprocher... Quant à la tante du narrateur, on la voit peu dans le présent. Je l'ai également appréciée, même si j'aurais voulu que concernant certaines choses, elle fasse autrement. Sûrement n'a-t-elle pas voulu essayer, au cas où cela lui retomberait dessus.

Le livre ne souffre d'aucun temps mort. Les chapitres sont courts, ce qui contribue à donner du rythme.

À la fin, le lecteur sait tout ce qu'il y a à savoir, et rien n'est bâclé.

Après le roman, il y a une nouvelle: «Grain de sable». Elle m'a plu. Elle est très bien pensée. L'auteur a très bien joué, parce que même si j'avais compris à peu près où il voulait en venir, je n'arrivais pas à savoir comment il y arriverait. Certains écrivains terminent leurs nouvelles par une chute. Pour «Grain de sable», Hervé Commère crée une chute, puis... une autre. Cette dernière m'a fait penser: «Voilà bien la nature humaine...».

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Mancini pour les éditions Lizzie.

Je connais surtout Patrick Mancini en tant que comédien de doublage. Je l'apprécie d'ailleurs beaucoup, et quand j'ai su qu'il avait enregistré ce roman, j'ai tout de suite parié que son interprétation serait excellente. J'ai eu raison. Tant dans la narration que dans les dialogues, son jeu est toujours approprié. S'il modifie parfois un peu sa voix, il le fait judicieusement et sans excès, donnant très facilement corps aux personnages. J'espère qu'il enregistrera d'autres livres qui me tenteront. En effet, pour l'instant, il y en a quelques autres, mais ils ne me font pas envie.

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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lundi, 11 mars 2019

Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie, de Ruth Ware.

Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie

L'ouvrage:
Angleterre.%%Leonora (dite Nora) Shaw a vingt-six ans, et est auteur de romans policiers. Un jour, elle reçoit un mail collectif d'une certaine Florence. Celle-ci invite les destinataires du mail à l'enterrement de vie de jeune fille de Clare Cavendish. Nora n'a pas vu Clare depuis dix ans. Elles étaient très bonnes amies depuis l'âge de cinq ans, et après le lycée, ont perdu contact. La jeune femme n'a pas vraiment envie d'assister à ce week-end dans une maison perdue au milieu des bois, mais Nina (une amie d'école avec qui elle a gardé contact) est aussi invitée, ne veut pas trop y aller, et propose que Nora et elle y aillent ensemble.
Le week-end ne va pas bien se passer...

Critique:
Ce roman m'a autant plu que «La disparue de la cabine numéro 10». Cela pourrait paraître étonnant parce qu'il y a une ficelle dont, habituellement, je n'aime pas l'utilisation. Au bout d'un moment, tout le monde est suspect. Comme dans le roman sus-cité, cela ne m'a pas dérangée parce que j'ai trouvé que c'était bien exploité. La romancière fait allusion à Agatha Christie, donc on comprend qu'elle s'en inspire, mais pour moi, ce n'était pas aussi poussif que les romans d'Agatha Christie que j'ai lus. De plus, si on n'est pas trop stupide, on ne soupçonne pas absolument tout le monde. Sur quatre personnes, je n'en ai vraiment soupçonné que deux. L'une de celles que j'avais écartées n'était pas coupable, et j'en remercie l'auteur. Elle aurait très mal joué, à mon avis, en faisant de cette personne la coupable. La solution de l'énigme ne m'a pas trop surprise, mais ça n'est pas gênant, car Ruth Ware la prépare au long du roman. Rien n'est incohérent. Maintenant que j'ai dit tout cela, je ne peux pas vraiment dire ce que je pense des personnages en les nommant, pour ne pas trop donner d'indices. Je dirai juste que le coupable est celui que je soupçonnais le plus, et que j'aimais le moins...

Comme dans l'autre roman de Ruth Ware, je me suis très vite attachée à l'héroïne. J'ai très vite compris les sentiments qu'elle exprimait, j'ai partagé ses craintes, son mal-être, son dégoût. En plus, elle adore être chez elle, tout comme moi, donc je l'approuvais lorsqu'elle disait qu'elle voulait rentrer chez elle. ;-)

Un autre élément m'a paru très bien exploité: le week-end se passe dans une grande maison perdue dans les bois, il fait froid, il neige... L'ambiance est propice à de sombres événements...

Je regrette que certaines choses ne puissent être réparées, après que deux personnages savent tout, mais cela ne crée aucune incohérence, donc ce n'est pas si grave.

Au long de ma lecture, j'ai été contente de voir que la traductrice ne faisait aucune faute de syntaxe, et employait «après que» avec l'indicatif. En relisant le résumé pour voir si Shaw y était écrit (il me fallait l'orthographe pour cette chronique), j'ai lu que ce roman avait été traduit par... Séverine Quelet que je complimente dans ma chronique de «La veuve». Je réitère donc ici mes compliments pour la fluidité du texte, et surtout l'absence d'erreurs de syntaxe. J'espère lire beaucoup d'autres romans traduits par Séverine Quelet. (Je trouve d'ailleurs dommage que l'éditeur audio Lizzie ne demande plus aux comédiens, alors qu'il le faisait au début, de donner le nom du traducteur des ouvrages étrangers. En effet, le nom de la traductrice était donné pour «La disparue de la cabine numéro 10», et il ne l'est pas pour «Promenez-vous (...)».)

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier pour les éditions Lizzie.

Je n'ai entendu cette comédienne que dans «Le sourire des femmes» où je l'ai appréciée. Ici, j'ai également aimé son jeu. Elle entre dans la peau des personnages sans modifier sa voix à outrance, rend très bien leurs intentions, leurs émotions... Je trouve dommage qu'elle ait prononcé certains noms à l'anglophone, mais elle le fait pour peu de noms.

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 90%: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et trois chapitres sont coupés en deux.

Acheter « Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie » sur Amazon
Acheter « Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

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