Editeur Audio : Lire dans le noir

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 25 septembre 2006

L'enfant d'octobre, de Philippe Besson.

L'enfant d'octobre L'ouvrage:
Philippe Besson reconstitue ici une affaire qui fit beaucoup de bruit, et fit couler beaucoup d'encre. Cette affaire est non résolue à ce jour. Elle a commencé en octobre 1984. C'est l'affaire Grégory Villemin.

L'auteur commence par nous raconter la rencontre des parents de Grégory, Christine Blaise et Jean-Marie Villemin.
Ensuite, il raconte leur histoire, les dissensions existantes dans la famille Villemin, le mariage, la naissance de Grégory, le harcèlement du corbeau, etc.

Critique:
J'ai lu ce livre en audio, comme d'habitude. La version audio a été publiée par les éditions Lire dans le noir. L'avantage de cette version est qu'à la fin, il y a une interview de l'auteur. Il y précise bien que ce livre est un roman dans lequel il essaie de reconstituer l'affaire. Il expose les faits, les hypothèses.
Outre le narrateur, il fait s'exprimer Christine Villemin. Elle décrit son amour pour son fils, sa détresse face au harcèlement, puis face au meurtre de l'enfant, puis face à son accusation. Bien sûr, c'est Philippe Besson qui a imaginé tout cela. Au début, je pensais qu'il avait retrouvé des interviews et qu'il en insérait des extraits dans le livre. En fait, il n'en n'est rien. Il s'est mis à la place de Christine Villemin, ce qui fait de ce livre un roman. L'auteur part du postulat que Christine Villemin est innocente. Il croit dur comme fer en son innocence.
N'ayant pas trop suivi l'affaire lors de son déroulement, (j'étais trop jeune), je n'avais pas vraiment d'a priori quant à l'innocence ou à la culpabilité de cette femme. Philippe Besson explique que lors des faits, la presse s'acharnait sur les accusés, que ce soit Christine Villemin ou Bernard Laroche. Cet acharnement a fait que l'opinion publique les a suivis, et que la majorité des gens croyait en la culpabilité de la mère de Grégory. Je n'ai pas lu des tonnes d'articles, et je lis cet ouvrage longtemps après les faits. L'auteur explique que les personnes qui lisent "L'enfant d'octobre" se mettent à la place de cette mère accusée d'avoir assassiné son enfant, ressentent la détresse que Philippe Besson a voulu exprimer, et croient en l'innocence de cette mère. Outre son empathie, Philippe Besson évoque un fait qui tendrait à prouver l'innocence de Christine Villemin: ce sont les parents de Grégory qui ont demandé une analyse d'ADN d'après une des lettres du corbeau. Une personne innocente n'aurait pas réclamé cette expertise.
Aux lecteurs de juger.

Le livre n'est pas racoleur, il est sobre. Il relate les faits, et évoque les hypothèses émises. Il n'est pas absolument neutre, puisqu'il prend parti pour la mère de Grégory, mais il examine quand même toutes les hypothèses. L'auteur laisse le lecteur se faire sa propre opinion, tout en défendant la sienne. Ce roman est à lire. D'abord pour ne pas oublier cette affaire, et ensuite pour que ceux qui ne l'ont pas trop suivie, comme moi, puissent en savoir plus.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur pour les éditions Lire dans le noir

Acheter « L'enfant d'octobre » sur Amazon

lundi, 12 décembre 2005

L'homme-soeur, de Patrick Lapeyre.

L'homme-soeur L'ouvrage:
Louise Cooper est partie aux Etats-Unis. Son frère, Alex Cooper, (presque toujours appelé Cooper), l'attend. Il l'aime. Ses sentiments vis-à-vis d'elle sont même obsessionnels.

Cooper travaille dans une banque. C'est un garçon plutôt taciturne. Il ne semble pas trop prendre part à la vie ambiante. Certains de ses collègues le trouvent bizarre, d'autres l'aiment beaucoup. L'une d'eux, Nicole, est même amoureuse de lui. Cooper est indifférent, son attention étant monopolisée par l'attente de sa soeur.

A force de l'attendre, d'espérer son retour, il glisse lentement vers la dépression, la folie.

Critique:
J'ai un sentiment mitigé vis-à-vis de ce livre. Globalement, je l'ai bien aimé, mais parfois, je me suis un peu ennuyée, surtout qu'à certains moments, on ne sait pas trop si on est dans un rêve, un délire, ou une histoire qui se poursuit normalement. C'est un peu déstabilisant. Mais dans une interview, l'auteur explique qu'il n'a surtout pas voulu écrire un roman réaliste, plutôt une espèce de conte. Donc, l'absence de réalisme m'a parfois déstabilisée, mais l'auteur a bien atteint son but. C'est donc plutôt positif.

Il y a des moments où Patrick Lapeyre nous décrit des événements simples, quotidiens. Là encore, on peut s'ennuyer parfois, mais le but de l'auteur était de raconter ce genre d'événements, et d'en faire quelque chose.

On comprend l'attente, et la descente aux enfers de Cooper. Il attend quelqu'un qu'il aime, et qui ne vient pas. Et quand Louise finira par arriver, il sera trop tard.
Mais rien n'est décrit de façon dramatique. On est triste, et on ressent bien le désarroi de Cooper, mais Patrick Lapeyre met des pointes d'humour, de dérision, qui font qu'on ne sombre pas dans le drame.
La fin est tout de même un espoir.

Le titre fait bien sûr penser à "L'âme soeur". Mais l'auteur n'a pas du tout pensé à ce jeu de mot pour son titre. Personnellement, j'y avais pensé, mais j'avais également pensé que le titre était approprié, puisque le roman parle d'un homme qui attend sa soeur qu'il aime comme une femme, et non comme une soeur. Mon amour pour elle n'étant pas "normal", le titre évoque cette bizarrerie: c'est l'homme-soeur, l'homme qui aime sa soeur, qui ne peut être bien, qui ne peut être complet qu'avec sa soeur.

En gros, je n'ai pas adoré ce livre, mais il n'est pas trop mal. Il vaut la peine d'être lu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Maurel pour les éditions Lire dans le noir

Acheter « L'homme-soeur » sur Amazon

lundi, 22 août 2005

Hors de moi, de Didier van Cauwelaert.

Hors de moi L'auteur:
Didier Van Cauvelaert est assez connu du public. Il a écrit plusieurs romans dont "La demi-pensionnaire" (pas mal), "L'évangile de Jimmy" (m'a surtout fait réfléchir sur la manipulation des esprits), "L'éducation d'une fée" (pas trop mal, même si la fin est un peu bateau), "L'apparition" (très bien), "Un aller simple" (très bon début, mais après, ça traîne, et c'est moins intéressant).

L'ouvrage:
Un homme rentre chez lui après quelques jours de coma, et il en est chassé par un autre homme qui se dit être lui. Il est entraîné dans une espèce de cauchemar où il doit prouver qu'il est lui. Mais l'autre homme a des papiers à son nom, sa femme ne reconnaît que l'autre homme comme étant son époux, l'autre homme connaît sa vie par coeur, etc...

Critique:
L'idée de départ est très bonne, même si elle paraît un peu bateau. On se sent vraiment dans l'engrenage avec le personnage principal. Surtout que c'est le genre de rêve qu'on pourrait faire. Je ne l'ai jamais fait, mais je sais que c'est le genre de rêve que je pourrais faire. D'ailleurs, on attend Didier Van Cauwelaert au tournant, et on espère qu'il ne va pas nous faire une fin aussi bateau que celle de cette écrivaillonne d'Amélie Nothomb dans "Cosmétique de l'ennemi". On a peur que le personnage principal se réveille à la fin.

Eh bien, il n'en n'est rien. Cette idée de départ était très dangereuse, car elle comportait un très grand risque de fin bâclée et non crédible. Personnellement, je n'ai pas trouvé que la fin détonnait. Elle surprend, et fait un peu peur en même temps. En effet, on a peur pour le personnage principal, mais aussi de ce qui lui est arrivé. Même si ce n'est pas possible, actuellement, qui sait si cela ne le sera pas, un jour?...

Bref, Didier Van Cauwelaert s'essaie au roman à suspense, à la science fiction, et ce n'est vraiment pas mal du tout.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur pour les éditions Lire dans le noir

Acheter « Hors de moi » sur Amazon

jeudi, 26 mai 2005

Dix-neuf secondes, de Pierre Charras.

Dix neuf secondes L'auteur:
Pierre Charras a écrit dix autres romans...

L'ouvrage:
Le roman s'ouvre sur un couple qui se sépare. Un couple qui sent qu'il ne s'aime plus, mais qui a du mal à se quitter. Pour leur au revoir, Gabriel demande à Sandrine de prendre le métro. Il attendra à une station, et la verra passer. Ils sont tous les deux au rendez-vous.

Critique:
C'est là que le lecteur a droit à quelques flashes sur la vie de ceux qui montent dans la même voiture que Sandrine. On voit des personnages sympathiques (le prof), d'autres détestables (le malade mental qui cherche des filles ayant un certain type), des superficiels (la gamine de quinze ans suffisante)... Et c'est là que tout bascule, dans cette rame de métro...
Dans une interview, Pierre Charras dit qu'il a fait le passage où on est dans la tête de ces personnages parce qu'il a remarqué que les gens s'arrêtent de vivre lorsqu'ils prennent le métro. Ils mettent leur vie sur Pause le temps du trajet, et ils pensent. Et ils n'imaginent pas que ce qui arrive dans le roman de Pierre Charras pourrait très bien leur arriver...

C'est un roman très court, mais très dense, et très déroutant. Il analyse les relations amoureuses, mais également les sentiments d'un homme qui souffre. Gabriel est un homme normal, et sa souffrance le rend fou, lui fait commettre les pires actes. Pierre Charras explore les replis de l'âme humaine à travers ce personnage.

D'autre part, le roman est bien écrit, très percutant, et il fait réfléchir sur la précarité de la vie, non seulement à cause du métro, mais aussi à cause de la vie de Gabriel qui change totalement. Malheureusement, maintenant, j'aurai la trouille à chaque fois que je prendrai le métro. En même temps, Pierre Charras peut être sûr que son roman m'a marquée, impressionnée, et que je ne suis pas près de l'oublier. C'est une bonne chose pour un romancier. C'est même ce qu'il recherche quand il écrit un livre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur et sa compagne pour les éditions Lire dans le noir

Acheter « Dix-neuf secondes » en poche sur Amazon