Editeur Audio : La croix des Landes

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi, 29 décembre 2010

L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon.

L'ombre du vent

Note: Si j'ai bien compris, ce roman a été écrit avant «Le jeu de l'ange». Cependant, pour la chronologie des faits, et afin de ne pas apprendre quelque chose sur un personnage de «Le jeu de l'ange» avant l'heure, il vaut mieux lire «Le jeu de l'ange» avant «L'ombre du vent».

L'ouvrage:
Daniel Sempere a dix ans. Ce jour-là, son père l'emmène découvrir un merveilleux secret: le cimetière des livres oubliés. Daniel adoptera un livre: «L'ombre du vent», de Julián Carax. Cette lecture marquera sa vie à jamais. Outre découvrir d'autres livres du même auteur, Daniel se lancera à la recherche de ce dernier.

Critique:
Encore une fois, la magie de Carlos Ruiz Zafón a opéré sur moi. Ce roman est dit policier, mais il est bien plus que ça! Enquête, énigmes, amour (sous plusieurs formes), aventure, humour se côtoient dans cet ouvrage. Peut-être que ce qui le définirait le mieux, c'est roman initiatique. En effet, nous assistons à l'éveil à la vie de Daniel Sempere. Il connaîtra des aventures dignes de romans picaresques.
L'une des forces de ce roman est qu'il conte des choses qui paraissent impossibles tant elles sont rocambolesques, et qui, pourtant, pourraient arriver n'importe quand à n'importe qui.
Je reste fascinée par la façon qu'a l'auteur de nimber certains de ses personnages de flou, de mystère, et de leur donner un certain charisme qui fait qu'on se sent irrésistiblement attiré par eux.
Il va de soi que ce volumineux roman ne souffre d'aucune longueur, que l'auteur sait écrire, et qu'il est réconfortant, à l'heure où des romans médiocres sont prônés, de lire un bon livre qui vous happe, vous entraîne dans un tourbillon de sensations duquel vous aurez du mal à sortir. En outre, il est impossible de prévoir quel sera le prochain événement. Le lecteur tâtonne à l'instar de Daniel, et n'apprend les choses que lorsque l'auteur le décide. Bon, vous me direz qu'il y a une chose que j'aurais dû comprendre concernant Julián. Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas m'en rendre compte, car l'auteur le pointe du doigt, et fait d'énormes appels du pied à son lecteur. C'est, je pense, ce qui fait son génie.

On pourrait reprocher à l'auteur ses intrigues en miroir. On pourrait dire que c'est trop facile, redondant, etc. Quant à moi, j'ai été captivée par ce subtile jeu de miroirs, par la façon dont les événements trouvent un écho sans que cela soit tiré par les cheveux, et sans que tout doive obligatoirement se répéter.
J'adresserai tout de même un petit reproche à l'auteur: il a utilisé une ficelle dans ses deux romans. Certes, elle est utilisée un peu différemment, mais j'ai été déçue de la retrouver ici.

Daniel n'est pas parfait, il n'a aucun charisme... c'est ce qui le rend attachant. On s'identifiera volontiers à lui plutôt qu'à Julián ou à Fermín. Combien d'entre nous n'ont-ils pas commis les erreurs de Daniel? Combien n'ont-ils pas été passionnés par un livre, une oeuvre, un personnage, au point de se perdre pour découvrir ce qui est arrivé?

Julián m'a parfois agacée, surtout parce que les sentiments qu'il faisait naître chez les autres étaient toujours extrêmes.
J'ai apprécié Fermín Romero de Torès, personnage loufoque et fantasque, qui, dans les pires situations, a la phrase qui fera rire. En outre, il gardera une part de mystère, puisqu'on ne saura jamais absolument tout de lui, même si on finit par apprendre certaines choses. Ce personnage est toujours source de détente, de rire, d'une pause dans un récit haletant. Vers la fin, il s'illustre encore en honorant de manière joyeusement tapageuse, une promesse que Daniel et le lecteur avait oubliée.

Il y aurait beaucoup d'autres personnages à évoquer, car tous, qu'on les apprécie ou non, sont riches et intéressants. Ne souhaitant pas faire un catalogue des protagonistes, je m'arrêterai là.
Je tiens juste à dire que je n'aime pas du tout Clara! Je ne lui trouve aucune circonstance atténuante.

Remarque annexe:
Je trouve dommage que certains croient encore que les aveugles touchent les visages des gens pour savoir à quoi ils ressemblent. Bien sûr, cela peut donner une indication: la douceur de la peau, présence ou non d'une barbe, etc, mais il me serait impossible de reconnaître quelqu'un, ou de pouvoir dire à quoi il ressemble rien qu'en touchant son visage. Le plus sûr moyen de reconnaître quelqu'un est sa voix.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christian Brouard pour les éditions la Croix des Landes.
J'avoue que j'aurais aimé retrouver Frédéric Meaux sur un autre roman de Carlos Ruiz Zafón, mais j'ai beaucoup aimé la lecture de Christian Brouard. J'ai particulièrement apprécié la façon dont il interprète Fermín: son jeu renforce l'idée que je me faisais du personnage. Le lecteur ne cabotine jamais, et sait donner du rythme et de la force au livre. Un tel texte ne doit pas être facile à rendre, et le comédien s'est montré à la hauteur.
Je ne lui adresserai qu'un minuscule reproche: il fait partie de ceux qui croient que Miguel, à l'espagnole, se prononce Migouel. J'avoue que cela m'a beaucoup agacée! ;-)

Acheter « L'ombre du vent » sur Amazon

jeudi, 7 octobre 2010

Trois hommes, deux chiens, et une langouste, de Iain Levison.

Trois hommes, deux chiens, et une langouste

L'ouvrage:
Mitch travaille dans l'unique centre commercial de la petite ville de Wallstone, au rayon des désodorisants. Il partage un appartement avec Doug.
Kevin vient de sortir de prison où il avait été enfermé pour culture de Marie Juana. Il est maintenant promeneur de chiens. Il vit avec sa femme, Linda, et leur fille. Il fréquente Doug et Mitch.

Les trois compères vont détourner une télé à l'usage du propriétaire de Doug et Mitch, qui leur a promis deux mois de loyer gratuits en échange. Voyant qu'ils y parviennent sans problèmes, ils décident de se lancer dans des coups bien plus juteux.

Critique:
Voilà un livre sympathique: déjanté, désespéré, avec un soupçon de tendresse.
L'intrigue recèle à la fois des surprises et des clichés. D'abord, on ne peut s'empêcher d'être surpris et de rire lorsqu'on lit les aventures de ces trois voyous à la manque. Ils élaborent des plans sophistiqués, et ne prévoient pas certains détails, ce qui fait qu'ils se plantent lamentablement.

Certaines situation sont amusantes, par exemple, ce que vit Mitch au centre commercial, les tourments de Doug après sa «trahison», Kevin s'énervant (parce qu'il se rend compte de l'absurdité de la situation, et peut-être aussi, de sa propre stupidité), lorsqu'il trouve le chien dans sa voiture.
La scène où Doug montre à quel point il est fou des comprimés est à la fois drôle, pathétique, et un peu effrayante.
Et que dire des scènes rocambolesques et hilarantes qui ont trait à la ferrari?

Mais il y a aussi des situations agaçantes parce que téléphonées, voire invraisemblables. Par exemple, la pseudo histoire d'amour. C'est l'aspect du roman qui m'a le moins plu. Elle n'est pas crédible, et on la prévoit très vite, ce qui fait qu'on s'ennuie un peu à lire son développement.

Les personnages sont à la fois attachants et exaspérants.
On plaint Linda dont le mariage bat de l'aile, et on la blâme de s'en consoler ainsi. Elle n'a qu'à quitter Kevin.
On plaint Mitch qui végète dans son centre commercial, mais on le blâme de s'en consoler en faisant ce qu'il fait. Il semble qu'un personnage de ce genre ne peut que mal tourner... c'est un peu dommage.
On plaint Kevin qui cherche sa place, mais on le blâme de la façon dont il la cherche. Et puis, parfois, on se dit qu'il n'a pas inventé la poudre.
Quant à Doug, il fait rire, fait pitié, agace un peu...
Ces personnages marginaux et loufoques sont à la fois complexes et simplistes.

La fin va bien avec le reste du roman. Elle ne m'a pas déplu, même si j'aurais préféré que certaines choses se passent autrement. Seulement, si elles s'étaient passées autrement, la fin ne serait pas autant en accord avec le reste du livre. La toute fin rachète les choses qui ne m'ont pas plu.
Bref, je conseille ce livre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lionel Épaillard pour les éditions de la Croix des Landes.
J'aime beaucoup Lionel Épaillard. Je trouve qu'il interprète de manière juste, sans trop en faire, et en mettant le ton approprié. Son interprétation de ce livre n'échappe pas à la règle.

Acheter « Trois hommes, deux chiens, et une langouste » sur Amazon

lundi, 19 octobre 2009

La vengeance de Bogis, de Jacques Pince.

La vengeance de Bogis

L'ouvrage:
Fin du douzième siècle.
Bogis est serf.
Un jour, alors qu'il rentre chez lui, il voit des hommes à cheval enlever sa fille. Il ne peut rien faire pour la sauver. Quelques mois plus tard, sa femme meurt de chagrin.
Affligé et révolté, Bogis décide qu'il ne peut pas laisser ces crimes impunis. Il retrouvera sa filles et ses ravisseurs. La seule indication qu'il a est que l'un d'eux est balafré: il a une grande cicatrice sur le visage.

Critique:
Ce livre nous plonge au coeur du Moyen-Age: ses moeurs, sa société. L'auteur a renforcé cette immersion de son lecteur en insérant des mots et des expressions employés à cette époque. Le décor est donc bien planté, et tout au long du roman, cet aspect est bien décrit. Le lecteur qui serait rebuté par les documentaires sur le Moyen-Age pourra en apprendre plus tout en se divertissant grâce à ce roman.

En effet, l'intrigue est aussi bien menée que le décor est bien planté. C'est une espèce de roman d'aventures: le parcours d'un homme qui, a priori, n'aurait pas pu sortir de sa condition, et que la vie a poussé à en sortir.
Par la suite, toutes les aventures, les rebondissements du roman le rendent intéressant. Par ailleurs, les événements sont une note d'espoir. Malgré la rudesse de ce monde et de cette société, certains s'en sortent à force de persévérance.
Il y a bien un moment où je me suis un peu ennuyée (celui du siège du château), car j'ai trouvé cela un peu long, mais cet élément va bien avec l'intrigue et le décor.

Malheureusement, je n'ai pas aimé la fin. On me dira qu'elle va mieux au roman qu'une autre. Une fin différente aurait peut-être été invraisemblable. Bogis et sa fille ont déjà eu plus de chance que ce que le lecteur aurait pu penser au début du roman. Donc, même si je n'ai pas aimé cette fin, que je l'ai trouvée terriblement ironique et malvenue, je pense qu'elle ne détonne pas dans le roman. Donc, mon avis est totalement subjectif, et un autre lecteur ne pensera pas comme moi.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lionel Epaillard pour les éditions la Croix des Landes.
L'éditeur audio a su insérer la signification des mots d'une autre époque dans le roman. Lorsque l'un de ces mots apparaît, le lecteur marque une petite pause juste après, donne la signification en prenant le ton de voix approprié, marque une nouvelle minuscule pause, et reprend la lecture du texte. Je trouve cela bien fait, et tellement plus simple et pratique que ce que font certaines bibliothèques bénévoles!!! Ils nous précisent: "note", font des blancs de cinq secondes (beaucoup trop long), et ensuite, disent: "fin de la note", puis: "Reprise de la lecture du texte". En faisant cela, ils agacent le lecteur, et renforcent le cliché comme quoi personne aveugle est égale à personne stupide. Certains font les choses de manière encore moins pratique en indiquant la signification des mots en fin d'ouvrage!!!

Acheter « La vengeance de Bogis » en audio sur Amazon

Acheter « La vengeance de Bogis » sur Amazon

lundi, 1 juin 2009

Une pièce montée, de Blandine le Callet.

Une pièce montée

L'ouvrage:
Aujourd'hui est un grand jour pour la famille Clouet: Bérengère se marie. Pour cette occasion exceptionnelle, elle est entourée, entre autres, de sa famille: ses parents, Pierre et Catherine, les frères de Catherine (dont Jean-Philippe); ses frères et soeurs, Laurence, Marie, et Alexandre; sa grand-mère, Madeleine. Il fait beau, le mariage promet d'être une réussite.

Blandine le Callet nous montre les événements à travers les yeux de différents personnages: Pauline (la fille d'Alexandre), le prêtre qui officie, Madeleine, Hélène (la femme d'Alexandre), Marie, Jean-Philippe, Damien (une vague connaissance de Bérengère), et Bérengère.

Critique:
Le fait de voir un même événement à travers les yeux de divers personnages du même roman peut être soit très intéressant, soit totalement ennuyeux. Tout dépend de la façon dont l'auteur s'y prend pour construire son roman. Je me souviens avoir trouvé cela mortellement pénible dans «Equation à deux inconnues». Ici, la romancière a réussi son pari. Elle a su nous faire entrer dans la peau de chaque personnages en entremêlant savamment leurs pensées au vu des événements et des réactions des autres, quelques anecdotes sur leur passé, et des conversations avec leur entourage.
Nous assistons à un grand mariage avec flonflons et falbalas, autant de fioritures inutiles, à mon avis. Certaines personnes, dont la mariée, se montrent détestables, soit envers un personnage dans la tête duquel nous somes, soit envers un autre qui gravite autour de ce personnage. A travers les yeux de ces gens, on entrevoit également le caractère de certains autres. Bérengère et Laurence sont deux garces superficielles, ne vivant que pour le paraître. Bérengère tient à ce que son mariage soit parfait, ce qui peut se comprendre, mais Laurence et elle n'hésitent pas à piétiner le coeur d'une enfant et de sa mère. Elles y sont, de toute façon habituées, étant donné qu'elles passent leur temps à harceler Marie tout simplement parce que celle-ci est différente.

Effectivement, Marie est un peu la rebelle de la famille. Elle n'a aucune attirance pour la mode et les beaux vêtements, elle ne pense pas, comme ses soeurs et sa mère, qu'il faut se marier avant trente ans pour être heureux. Qu'on soit d'accord ou pas avec la conception de Bérengère et de Laurence, on ne peut l'être avec le fait qu'elles rejettent tout ce qui ne leur ressemble pas: Lucie qui ferait tache sur la photo, et Marie qui a l'outrecuidance d'avoir des avis et des manières d'agir différents des leurs. J'ai donc été déçue que ce soit à l'une de ces femmes méprisables que Maddy ait confié son secret. Elle ne mérite pas d'être dépositaire d'un tel trésor. A la fin, on ne sait même pas si elle comprend bien l'ampleur de ce qui lui est confié.

Malgré cette réussite, quelques choses sont un peu décevantes. Il y a certains clichés.
Marie est un personnage auquel je m'identifie: elle n'aime pas les grandes fêtes à flonflons, elle se fiche d'être habillée à la dernière mode, elle aime les enfants et leur simplicité, leur absence de faux semblants. Marie déteste les artifices, et rejette l'hypocrisie. La sympathie du lecteur lui ira facilement. Seulement, ce qu'on découvre à la fin du chapitre 5 en fait une caricature. Le message que délivre Blandine le Callet est qu'une fille qui n'aime pas la mode, et qui est souvent en désaccord avec sa famille est forcément homosexuelle. Ce n'est pas une bonne chose, car cela peut renforcer les préjugés et les idées reçues que se font certains.

Jean-Philippe évoque sa femme ne pouvant avoir d'enfants, et lui, refusant l'adoption car il ne pourrait accepter un enfant qui ne serait pas de son sang. Quel cliché éculé! Il est vrai que beaucoup de gens brandissent cet argument, qui, pour moi est un non sens. Il est dommage que quelqu'un comme Jean-Philippe, qui ressemble à Marie, par certains côtés, ait ce genre de préjugé.

Autre cliché: les deux personnes qui tombent sous le charme l'une de l'autre sont deux personnes au physique ingrat. Comme si les gens devaient être compartimentés, et comme si ceux moins bien de leur personne devaient obligatoirement sortir avec quelqu'un n'ayant pas été gâté par la nature. Ca renvoie directement aux préjugés de Laurence et de Bérengère, comme si l'auteur, en fin de compte, les cautionnait.

Il est un peu dommage que les chapitres soient à la troisième personne. J'aurais tout mis à la première personne, comme si le personnage racontait à chaque fois.

Des questions restent ouvertes: Que vont faire Alexandre et Hélène? Qu'arrivera-t-il à Marie? Jean-Philippe découvrira-t-il ce qu'il en est vraiment quant à Sylvie? (La fin du chapitre où Damien s'exprime est assez éloquente pour que le lecteur comprenne tout.)

Nonobstant ces petits défauts, je vous recommande ce livre. On passe un bon moment, on se sent réellement dans la peau des personnages. J'ai surtout ressenti le désarroi de Pauline, d'Hélène, et de Marie.

Note: la version audio passe du chapitre 6 au chapitre 8. Les chapitres ont-ils été mal numérotés au tirage, ou un chapitre a-t-il été oublié dans la version audio? (Il y a neuf chapitres, mais avec ce saut de chapitres, huit personnages s'expriment.)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Séverine Bordes, Christian Brouard, et Kriss Goupil pour les éditions la Croix des Landes.

Acheter « Une pièce montée » sur Amazon

jeudi, 21 décembre 2006

Cheyenne, de Didier Van Cauwelaert.

Cheyenne

L'ouvrage:
Il y a vingt ans qu'il l'a rencontrée.
Il y a dix ans qu'ils se sont vus pour la dernière fois.
Elle lui a envoyé une carte postale représentant un paysage qu'il connaît. Il pense qu'elle lui donne rendez-vous là-bas, à Envers. Il roule, il roule. Il se rend au rendez-vous. Que veut-elle? Pense-t-elle que c'est encore possible entre eux, malgré les blessures involontaires qu'ils se sont infligés?

Critique:
Le roman est à la fois gai et triste. Lorsque le personnage principal raconte sa première rencontre avec Cheyenne, l'atmosphère est enjouée. Il a onze ans, et ce qu'il tente de faire, son caractère, Son courage, ses remarques amusantes font de cette rencontre un moment heureux, même si le petit garçon en sort le coeur blessé par son premier chagrin d'amour.
En outre, si le petit garçon naïf et au coeur plein de rêves est attendrissant, il est parfois agaçant.

Ensuite, le roman devient plus grave. Les deux personnages principaux se revoient, se confient l'un à l'autre. On apprend le passé de Cheyenne, et l'amusement fait place à l'horreur d'une réalité. L'enfance et l'adolescence de Cheyenne ont été houleuses pour son coeur. Le plus terrible est certainement l'attitude de ses parents qui savaient et ne disaient rien. Le père faisait comme si c'était normal, et la mère accusait Cheyenne d'être fautive.

Ce livre est également une leçon de tolérance. Certains rejetaient Cheyenne à cause de sa différence. Ce qu'elle a vécu lui a forgé un caractère particulier, et certains ne supportaient pas cette différence. Le coup de grâce lui a sûrement été assené par ses beaux-parents...

Ce genre de romans peut surprendre de la part de Didier Van Cauwelaert, car en général, ses romans sont plutôt optimistes. Ici, il n'y a qu'une petite note d'espoir: la vie continue, et le personnage principal immortalisera Cheyenne. Quant à l'ex mari de cette dernière, il ne l'oubliera pas non plus. On pense même que leur fils saura qui elle était, ce qu'elle aimait, ce qu'elle a vécu. Mais le lecteur a quand même le sentiment d'un échec, à cause de la décision de Cheyenne.

Je n'ai pas trop aimé ce livre. Il n'a pas vraiment su me toucher en profondeur, même si le personnage de Cheyenne m'a émue. Je pense qu'il ne m'a pas apporté grand-chose, mais je n'ai rien à lui reprocher... Il n'est pas déplaisant, et dépeint un personnage sympathique et émouvant, mais il ne me convainc pas vraiment.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sébastian Lazennec pour les éditions la Croix des Landes.

Acheter « Cheyenne » en audio sur Amazon

Acheter « Cheyenne » sur Amazon

- page 1 de 2