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mercredi, 20 mars 2019

Avalanche hôtel, de Niko Tackian.

Avalanche hôtel

L'ouvrage:
Joshua s'éveille dans une chambre d'un grand hôtel. Il pense avoir fait une chute. Ses souvenirs sont flous. Il se rend compte qu'il travaille dans cet hôtel, et que la police enquête sur la disparition d'une jeune fille, qui y séjourne souvent avec ses parents. Le calendrier lui apprend qu'on est en janvier 1980.
Puis un employé de l'hôtel lui dit qu'il doit absolument partir, et lui montre par où et comment. En suivant ses instructions, Joshua est précipité dans une avalanche... et s'éveille à l'hôpital où il apprend qu'on est en janvier 2018. Il ne se souvient de rien, excepté de ce qu'il vient de vivre à l'Avalanche Hôtel, et qui, pense-t-il, doit être un rêve. Cela a-t-il un rapport avec l'enquête sur laquelle il travaille? Est-ce pour cela qu'il est allé seul dans la montagne, et s'est retrouvé pris dans une avalanche?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il n'y a aucun temps mort. J'ai d'ailleurs été tout de suite happée par l'intrigue. Le début fait qu'on se pose des questions, la suite épaissit le mystère... Rien n'est bâclé, il n'y a pas d'incohérences. Étant très prise par le récit, je n'ai pas cherché à le disséquer pour trouver la solution avant que l'auteur ne la donne, petits morceaux par petits morceaux. À un moment, Joshua obtient une information importante. Cette découverte m'a, bien sûr, captivée, mais je ne voyais pas le rapport avec le reste. Je ne l'ai pas vu avant que l'auteur ne le dévoile.

Comme souvent, j'aurais voulu qu'il y ait davantage de détails à la fin, surtout quant à un élément. Mais je pinaille, car on peut deviner ces détails ou faire sans.

Niko Tackian expose une théorie à laquelle je ne crois pas trop. Si Joshua a pu «voir» certaines choses, c'est qu'il en a été imprégné par une autre mémoire que la sienne, la mémoire de quelqu'un qu'il a côtoyé assez longtemps pour créer des liens. J'ai déjà entendu cette théorie. Je n'y crois pas vraiment, mais je sais qu'elle n'a pas été inventée pour ce roman. En outre, elle s'insère bien dans la trame.

L'ambiance est importante ici, et contribue à faire monter la tension. Souvent, les personnages sont en montagne, sous un froid intense. Les efforts des protagonistes pour atteindre leur but, les effets du froid sur eux (circulation sanguine coupée, crampes...), tout est si bien décrit qu'on s'y croirait. Je m'imaginais d'autant plus les choses que j'ai lu une grande partie du roman dans mon lit, et que je pouvais remonter la couette sur moi si l'évocation du froid me le rendait trop présent.

Au-delà d'un récit palpitant, ce roman soulève certaines questions. Comment appréhende-t-on sa propre histoire? Comment des souvenirs qui ne sont pas les nôtres peuvent-ils s'imposer au point de nous pousser à les explorer? Peut-on aimer son enfant malgré tout?...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Chauvel.

Olivier Chauvel fait partie de ceux que je retrouve avec plaisir. Il m'est arrivé d'être un peu sévère concernant certains de ses choix d'interprétation, mais c'est un bon comédien. D'ailleurs, ici, les modifications de sa voix ne m'ont pas gênée, sauf pour certaines personnes âgées à qui il fait une voix caricaturant un peu celle de quelqu'un d'âgée, mais cela reste plausible. En outre, tous ses autres choix de jeu m'ont paru judicieux.

Comme d'habitude lorsque le livre est édité par Audiolib, il y a de la musique, ce que je n'aime toujours pas. Heureusement, ici, il n'y en a pas en début de chaque chapitre. En outre, la structure du livre est respectée.

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jeudi, 21 février 2019

La toile du monde, d'Antonin Varenne.

La toile du monde

L'ouvrage:
1900. Aileen Bowman, journaliste au New York Tribune, se rend à Paris afin de couvrir un événement de taille: l'exposition universelle. Sa vie s'organise rapidement entre écriture et rencontres.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce livre. J'ai passé la première moitié à m'ennuyer. Je n'avais rien à reprocher à Aileen (c'est d'ailleurs un personnage très attachant), mais il me semblait que rien d'intéressant n'arrivait. J'avais l'impression d'être immergée dans une ambiance, un décor. C'était très bien rendu, mais cela ne m'allait pas, parce que je souhaitais davantage qu'une atmosphère, fût-elle très bien exposée. Et puis, les séances chez le peintre m'ennuyaient, les articles où Aileen faisait parler la ville aussi, etc. J'étais tout ouïe lorsque j'entendais parler d'Arthur et d'Alexandra (personnages de «Trois mille chevaux vapeur», roman que j'ai adoré), mais je retombais vite dans la monotonie. Même Joseph et son histoire m'ont agacée. Pourtant, cela n'aurait pas dû...

J'ai commencé à être intéressée quand Jacques raconte son couple à Aileen. La deuxième moitié du roman m'a plu. J'ai particulièrement aimé ce qu'on apprend lorsque l'auteur adopte le point de vue d'Alice. Je n'y avais pas du tout pensé, mais j'aurais dû faire confiance à Aileen: elle n'aurait jamais laissé une situation si étouffante perdurer. En outre, lors de la courte soirée chez les parents d'Agnès, le lecteur voit bien que celle-ci comprend que ses parents briment Alice.

Aileen représente la liberté. Ses parents lui ont appris qu'il était important qu'elle soit elle-même, et elle brave les conventions qui n'ont pas vraiment de raisons d'être. Ceux qui la blâment sont superficiels et intolérants. La jeune femme ne cherche pas à attirer l'attention sur elle en étant différente, elle veut seulement être elle-même.
Agnès apparaît au moment où j'ai commencé à m'intéresser au roman. D'abord, je n'ai pas apprécié cette femme qui me semblait engluée dans la religion et dans ce que ses parents souhaitaient qu'elle soit. Par la suite, ses réactions ont montré qu'elle était plutôt perdue. Je l'ai davantage appréciée, mais pour moi, elle était trop faible et trop peu sûre d'elle pour oser tenter de mener une existence qui la satisferait. Je me disais même qu'elle ne pouvait pas savoir ce qui la satisferait. Finalement, Agnès n'était pas fatalement condamnée à une vie terne et étriquée parce qu'elle aimait sa fille...

Je n'ai pas grand-chose à dire sur les autres personnages. Je m'aperçois que je n'ai pas d'opinion concernant Julius, peut-être parce qu'on le voit surtout dans la partie avec laquelle je n'ai pas accroché.

Je n'aurais jamais connu la deuxième moitié du roman (qui m'a plu) si je ne l'avais pas lu en service presse. Si je l'avais acheté ou emprunté à une bibliotthèque, je l'aurais rapidement laissé. En effet, j'estime qu'un service presse ne doit pas être abandonné. Voilà pourquoi je fais très attention à ceux que je demande aux éditeurs. Heureusement, je me trompe rarement. J'en ai abandonné un, après avoir demandé la permission de l'éditeur, et j'espère ne plus jamais faire cela.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Defaye.
Dans l'entretien que l'auteur accorde à Valérie Lévy-Soussan (entretien qui se trouve en fin d'ouvrage), Antonin Varenne dit, entre autres, que même si son personnage principal est une femme, il souhaitait une narration masculine. Étrangement, je me suis aperçue que j'étais tout à fait d'accord avec lui. Cela m'a étonnée, car quand le point de vue est celui d'un personnage, je préfère que celui qui enregistre le livre soit du même sexe que ce protagoniste. J'ai expliqué ma parfaite adhésion avec l'auteur à ce sujet par plusieurs choses. D'abord, le roman n'est pas à la première personne du singulier (l'auteur le souligne d'ailleurs). Ensuite, de petits passages ne sont pas du point de vue d'Aileen: parfois on est dans les pensées de Joseph, parfois dans celles de Jacques... Enfin, je pense que l'éditeur audio a trouvé le lecteur adéquat. Je ne le connaissais pas du tout, mais son interprétation m'a plu. Il parvient à jouer sans trop en faire: il ne tombe pas dans le larmoiement lorsque les choses sont racontées du point de vue de Joseph ou pour d'autres événements tristes. Il montre avec subtilité les différents sentiments des personnages... Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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lundi, 18 février 2019

Disruption - Intelligence artificielle, fin du salariat, humanité augmentée, de Stéphane Mallard.

Disruption

L'ouvrage:
Stéphane Mallard explique ce qu'est la disruption, et pourquoi nous devons nous attendre à être «disruptés».

Critique:
Depuis deux malheureuses expériences, quand un documentaire me tente (surtout lorsqu'il a un rapport avec un aspect de la société), je réfléchis avant de m'y attaquer, de peur de tomber sur des essayistes imbus d'eux-mêmes, comme ce fut deux fois le cas. Ici, mes craintes ont vite été balayées. Je ne suis pas absolument d'accord avec tout ce que dit l'auteur, mais je n'ai pas eu l'impression qu'il donnait une leçon. Il explique comment il se fait que le monde soit en mouvement, et que ceux qui ne participent pas à ce mouvement risquent de se retrouver sur le carreau. Il donne aussi quelques petites pistes qui aideraient à participer à ces rapides changements. Ses «critiques» vont majoritairement aux chefs d'entreprises qui ne parviennent pas à voir le monde autrement, à tenter d'autres approches, etc. L'accélération des choses est impulsée par ceux qui mettent en place des idées touchant le plus de personnes possible, et étant susceptibles de tout faire bouger à très grande échelle. Le premier exemple que donne Stéphane Mallard est celui de l'intelligence artificielle. Il explique qu'en très peu de temps, elle sera capable de faire énormément de choses. Pour donner un exemple (qui est très loin d'être le seul et de représenter jusqu'où cela peut aller, mais qui m'a fait rire), il évoque des intelligences artificielles organisant un dîner entre leurs possesseurs qui sont amis. Connaissant les goûts de chacun, les intelligences artificielles peuvent, en très peu de temps, décider d'un menu qui plaira à tous les convives.

L'auteur évoque aussi les ambitions de certains réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter. Ne les utilisant pas (je demande à quelqu'un de mettre mes pages à jour), et n'étant pas preneuse de tout ce qu'ils proposent (aussi bien maintenant que dans le futur), cela m'a laissée froide, mais j'ai compris en quoi cela attirerait la plupart des gens, c'est-à-dire ceux qui les utilisent déjà à plein régime.

Stéphane Mallard conseille à tous (et pas seulement aux chefs d'entreprises) d'entrer dans ce monde innovant, et d'y participer. Pour moi, il a raison, mais certains de ses avis ne sont pas aisés à mettre en pratique. Par exemple, il explique que pour être un grand novateur, il ne faut pas avoir peur de la prise de risques. Certes, mais parfois, cela n'est pas réalisable. Imaginons que je prenne le risque de faire le travail que je souhaite faire depuis... peu de temps après ma naissance ( ;-) ): éditer des livres audio (ou du moins participer à l'édition de livres audio). Dans un secteur en progression, mais qui reste tout de même peu prôné par la société, pour avoir une possibilité de faire partie de ceux qui réussissent, il faudrait que je «disrupte» le secteur avec des idées qui auraient la chance de séduire la plupart. Il faudrait d'abord que j'aie l'opportunité d'être engagée par l'un des gros éditeurs présents sur le marché du livre audio... et j'ai beau être motivée, j'imagine que les éditeurs audio ne réagissent pas comme les dirigeants d'Apple qui, selon Stéphane Mallard, embauchent ceux qui, en voyant le Mac, ont les yeux qui brillent...

Autre chose m'a fait un peu tiquer. Je sais qu'il y a une part de mauvaise foi dans ce reproche, mais côtoyant des adolescents tous les jours, je pense que malheureusement, je peux avoir raison. Stéphane Mallard, exemples à l'appui, explique que les «disrupteurs» potentiels sont ceux qui n'obéissent pas aux règles, n'entrent pas dans la norme, qui ne travaillent pas en classe... Je pense qu'il aurait dû distinguer ceux qui ne travaillent pas, mais qui finissent par se rattraper de ceux qui ne font rien parce qu'ils pensent qu'ils seront toujours aidés par leurs parents, la société, l'état... J'approuve l'idée que quelqu'un de trop scolaire ne saura pas sortir d'un raisonnement pour en appliquer un autre qui conviendrait pourtant. Je dis d'ailleurs souvent à mes élèves que je suis là pour leur apprendre à réfléchir, à interroger les idées étudiées en classe, à avoir l'esprit critique, à avoir de la méthode, et je suis ravie quand ce que nous étudions leur inspire des débats bien argumentés. D'un autre côté, pour pouvoir bien exprimer ses idées et être pris au sérieux, il faut connaître un minimum la grammaire de sa langue. Pour moi, un élève qui tente d'écrire en maîtrisant la syntaxe, les accords, la conjugaison, et la ponctuation sera plus apte à la réflexion et donc à l'innovation qu'un élève qui ne maîtrise rien de cela, et argumente: «Bof, de toute façon, on comprend ce que j'écris, pourquoi je ferais un effort?» Quant à ce qui est d'être contre les règles, je ne peux m'empêcher d'imaginer certains adolescents pensant (et c'est là qu'on peut me taxer de mauvaise foi): «Stéphane Malard, il dit que pour disrupter le monde, et donc gagner plein de pognon, il faut être contre les règles! Allez, je vais faire tout ce qui me plaît, quand ça me plaît, et où ça me plaît, sans rien respecter!» Certes, mon argument est un peu fort, mais je me méfie...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

L'auteur adopte un ton adéquat: il n'est ni supérieur ni soporifique.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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lundi, 11 février 2019

Fractures, de Franck Thilliez.

Fractures

L'ouvrage:
2007. Alice Dehaene a vingt-cinq ans. Voilà un an qu'elle suit une thérapie avec le docteur Luc Graham. Ce matin-là, il veut la soumettre à un test, qui, pense-t-il, pourra l'aider à faire ressortir des éléments nécessaires à sa guérison. Seulement, les choses ne se passent pas comme prévu. Au beau milieu de l'expérience, Alice prend peur, et s'enfuit.

Critique:
Si j'ai été déçue par les derniers romans de Franck Thilliez que j'ai lus (c'étaient également les derniers édités, à ce moment-là), si les suivants ne m'ont pas du tout tentée, il y a un moment que je veux lire «Fractures», qu'il a publié bien avant de se mettre à faire du trop spectaculaire, selon moi. Comme je m'y attendais, ce roman m'a beaucoup plu. D'abord, je ne me suis pas ennuyée, donc aucun remplissage, aucun temps mort. Bien sûr, l'auteur retarde certaines découvertes, mais ce n'est pas grave parce que le récit est toujours captivant. J'avais deviné quelque chose, puis j'ai pensé que je m'étais complètement trompée, puis j'ai compris que j'avais raison. Cela ne m'a pas du tout gênée. Au contraire, cela veut dire que l'auteur a réussi à me berner, ce qui est très bien. Certains éléments peuvent être devinés assez rapidement (comme l'identité du catatonique), mais cela non plus n'est pas dérangeant, parce que c'est voulu. Il y a un élément que j'aurais dû trouver... et dont je n'ai pas su recoller les morceaux. Pourtant, l'auteur ne fait rien pour embrouiller les choses, il ne donne pas de faux renseignements... Je me suis dit que j'étais bébête de ne pas avoir compris cette solution, mais en même temps, j'ai été très contente qu'en restant simple et sans user d'artifices déloyaux, l'auteur parvienne à me damer le pion.

Malgré tous ces points positifs, il me semble avoir trouvé une incohérence. Dans le prologue, l'auteur dit quelque chose. Le lecteur se base sur cela pour le reste du roman. Cependant, il n'est plus question de cet élément par la suite, du moins plus comme on s'y attendrait. Il aurait pourtant été facile à Franck Thilliez d'expliquer la disparition de ce paramètre, après nous avoir fait croire, au long du roman, qu'il était toujours là...

À travers certains personnages, le romancier aborde un thème qui fascine et effraie à la fois. Je n'en donnerai pas la nature exacte pour ne pas gâcher les découvertes, mais il s'agit de plonger au coeur du cerveau, et de découvrir comment certains «s'arrangent» lorsqu'ils sont confrontés à des situations traumatisantes. Je suis tombée sur le même cas de figure (moins exploré cependant) dans «The niht child», d'Anna Quinn.] J'imagine que les auteurs se sont documentés, et j'aimerais savoir jusqu'où ils ont raison. J'ai également vu ces théories exposées dans d'autres livres et films, donc je me doute qu'elles n'ont pas été inventées. C'est sûrement ce qui m'effraie le plus... Pour en savoir davantage, il faudrait sûrement que je lise des ouvrages théoriques sur le sujet...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maia Baran.
Je connais peu cette comédienne qui enregistre assez régulièrement, mais qui (malheureusement pour moi) n'a pas lu beaucoup de livres qui m'ont tentée. J'avais apprécié son jeu dans «1Q84», tout en trouvant qu'elle en faisait un peu trop pour la vieille femme. Ici, je l'ai trouvée parfaite. Quels que soient les personnages et quelles que soient les émotions qu'ils expriment, elle joue sans prendre une voix affectée, sans en faire trop. C'est un tour de force, car il est assez difficile pour une femme d'apporter la dose de jeu adéquate lorsqu'elle fait parler des hommes, et que ceux-ci sont en proie à de forts sentiments.

Petite digression qui, je l'espère, ne vous cassera pas trop les pieds. Quand j'ai regardé les sorties Audiolib de février, j'ai pesté parce qu'Adeline Chetail a enregistré le Mary Higgins Clark: en effet, je n'aime pas du tout cette romancière, mais rêve de lire des romans lus par Adeline Chetail. Donc, en pestant et ressassant l'injustice qui me frappait (Mouarf mouarf mouarf! ;-) ), j'ai pensé: «Mais pourquoi ils n'ont pas fait lire «Fractures» à Adeline Chetail! Maia Baran aurait pu enregistrer «Dernière danse»! Ils n'avaient qu'à les interchanger!» Je sais que les choses sont bien plus complexes que cela. Il est évident qu'on ne choisit pas un comédien pour un livre en pensant qu'il pourrait aussi en lire un autre, et qu'on pourrait échanger ce comédien avec celui qui lit l'autre livre. J'imagine qu'Adeline Chetail a été choisie pour «Dernière danse» parce que l'héroïne est une adolescente, et que cette comédienne se glisse facilement dans la voix d'adolescentes. De ce fait, elle n'aurait pas eu la voix (le registre vocal) pour enregistrer «Fractures». Je n'ai qu'à lire l'autre roman qu'a interprété Adeline Chetail («L'empire de sable»), (Ici, imaginez une longue digression que je vais vous épargner à propos du fait qu'en anglais, ce roman a été enregistré par... Andi Arndt.), et espérer qu'elle en enregistrera d'autres.

Je continue en ajoutant une autre digression, tant que j'y suis: j'ai un peu le même souci avec Florine et Noémie Orphelin. J'aimerais qu'elles lisent davantage, et que leurs lectures me tentent. J'aimerais même (si possible) qu'elles lisent un livre à deux, et qu'en début de ce livre, soit précisé laquelle fait quel rôle. Cela me guérirait peut-être de ma confusion. En effet, je ne parviens pas à dire qui est Florine et qui est Noémie...

Pour en revenir à «Fractures», maintenant que je l'ai entendu brillamment interprété par Maia Baran, je ne l'imagine enregistré par personne d'autre! J'espère aussi que Maia Baran enregistrera d'autres romans qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 99%: le chapitre 57 est sur deux pistes.

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jeudi, 31 janvier 2019

La marque de Windfield, de Ken Follett.

La marque de Windfield

L'ouvrage:
Angleterre, collège de Windfield, 1866. Dans les bois près de l'établissement, se trouve un trou d'eau. Ce jour-là, les collégiens n'ont pas le droit de s'y baigner, n'étant pas autorisés à quitter l'école. Micky Miranda, ayant trop chaud, décide de braver l'interdit. Il entraîne son camarade, Edward (appartenant à la riche famille de banquiers Pilaster). Là-bas, ils découvrent que trois autres adolescents (dont Hugh, cousin d'Edward) ont eu la même idée qu'eux. Edward s'amuse alors à jeter les habits de ses camarades dans l'eau, ce qui engendre une bagarre. Hugh parvient à récupérer ses affaires et à s'enfuir avant la fin des hostilités. Par la suite, il apprend que l'un de ses deux compagnons, Peter, s'est noyé. Cela lui semble suspect pour plusieurs raisons, mais à ce moment, il n'a pas le temps de creuser cette histoire, car le même jour, on lui annonce que son père, ruiné, s'est suicidé.

Critique:
Je sais que Ken Follett a touché à plusieurs genres. Par exemple, j'ai adoré les deux premiers tomes de «Les piliers de la terre» qui se passent dans l'Angleterre des années 1120 et plus puis 1320 et plus. Ici, l'époque et les gens sont totalement différents, et le livre m'a beaucoup plu, même si, en bonne pinailleuse, j'ai quelques petites remarques. Commençons par cela: j'ai trouvé dommage que les «méchants» ne soient pas un peu punis au long du livre, notamment deux personnages vraiment horribles dont j'aurais aimé qu'ils reçoivent certaines déconvenues bien avant la fin. On me dira que cela arrive lorsque l'une d'eux n'obtient pas ce qu'elle veut concernant Nora et que, de ce fait, les conséquences ne sont pas celles qu'elle espérait. Certes, mais de toute façon, n'aimant pas Nora, j'aurais préféré qu'elle ne fasse pas partie du paysage. J'ai quand même été contente qu'elle réussisse à damer le pion à la méchante. Quant à l'autre personnage immonde, il obtient toujours ce qu'il veut... du moins, sur une trop grande partie du roman. D'autre part, j'aurais aimé qu'un couple se forme bien plus tôt, et qu'on puisse profiter de scènes où les deux personnages sont heureux ensemble.

Le roman est assez épais (plus de 18h en audio) et pour moi, ne souffre d'aucune longueur. Bien sûr, je pestais lorsque l'auteur passait délibérément d'un moment où des choses importantes allaient être dites à d'autres personnages dont la vie était (à mes yeux) moins intéressante. Je sais que cela est fait exprès, que beaucoup d'auteurs font ainsi, mais certains s'arrangent pour que cela soit un peu moins flagrant. En fait, je pestais surtout quand j'arrivais aux chapitres montrant les «méchants» que je n'aimais pas.
«Allons donc, ils vont encore intriguer, manipuler, empêcher de bonnes choses d'arriver! grognais-je.»
De toute façon, j'ai fini par apprécier ces moments parce qu'ils faisaient avancer l'intrigue. Elle est d'ailleurs très réaliste, il n'y a pas d'incohérences. Chaque personnage est analysé, bien exposé. Quant aux péripéties, elles s'enchaînent avec fluidité et sont toujours crédibles. Entre chaque partie, il s'écoule plusieurs années. Je pensais que ces ellipses m'ennuieraient, mais cela n'a pas été le cas. Pourtant, je n'aime pas du tout les sauts si importants dans le temps. Par exemple, il se passe onze ans entre la fin d'une partie et le début de la suivante. L'auteur a fait en sorte que ces ellipses ne fassent pas ressembler son roman à du gruyère. ;-)
À un moment, je me suis demandé comment l'écrivain allait se débarrasser de certains personnages. J'imaginais que ceux-là finiraient par disparaître. J'avais peur qu'il fasse n'importe quoi, mais non. Pour l'un d'eux, il a trouvé les bonnes circonstances, et ce qui arrive n'est pas du tout incongru. Quant à l'autre, Ken Follett a méticuleusement préparé ce qui finit par advenir.

Après avoir bien craché sur les méchants, je ne peux pas trop dire qui ils sont, sinon, ceux qui n'ont pas lu le roman n'auront pas de surprises. Je vais donc citer quelques «gentils» (mais pas tous). Bien sûr, j'ai apprécié Hugh (le personnage principal) qui, malgré un tempéramment parfois un peu dur, tente toujours de faire au mieux, pense à ceux qui le méritent, et ne tend pas l'autre joue à ceux qui l'ont piétiné. J'ai très vite apprécié Maisie qui s'écarte de la personne vénale qu'elle pensait être. À mesure qu'elle évolue, elle se rend compte qu'elle a une conscience, des sentiments, et elle finit par refuser d'être la garce qu'elle imaginait avoir le droit d'être. L'auteur a fait en sorte que le revirement de Maisie soit crédible. Elle n'a pas du tout l'air d'une midinette au coeur en shamallow. D'ailleurs, elle fait de son mieux, mais accepte une situation qui l'avantage et qu'elle pouvait refuser. Bien sûr, si elle avait agi ainsi, le lecteur n'y aurait pas cru. Le personnage est donc à la fois vraisemblable et sympathique. C'est là toute la force de l'auteur et tout le charme de Maisie.
D'autres personnages m'ont plu, comme Rachel ou Solly... Quant à Emily, elle est un peu naïve au départ, mais fait preuve d'une grande force de caractère, et est attachante. J'ai aussi apprécié qu'un personnage finisse par reconnaître ses erreurs.

J'ai trouvé une petite incongruité: il est un peu étrange qu'une famille sud-américaine ait pour nom Miranda, ce qui fait davantage anglais qu'espagnol...

Un très bon moment de lecture!

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc.
Je ne connaissais pas du tout ce comédien. J'ai beaucoup apprécié son interprétation. Trouvant toujours le ton adéquat à la fois pour les émotions des personnages et la narration, il évite habilement le surjeu et la monotonie. En outre, il joue les protagonistes féminins d'une manière très naturelle, sans pousser sa voix dans les aiguës. Comme je suis pénible sur un certain sujet, je ne peux m'empêcher de l'évoquer: je n'ai pas aimé qu'il prononce certains noms anglais en prenant un accent. Cependant, il n'en fait pas trop, donc c'est passé. De plus, il fait malheureusement partie de ceux qui croient qu'il faut prononcer «Migouel» pour Miguel afin d'adopter une consonance espagnole...
J'espère que Thierry Blanc enregistrera d'autres livres qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée. Il est divisé en parties, elles-mêmes divisées en chapitres constitués de sous-chapitres. Certains de ces sous-chapitres sont coupés en deux pistes.

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