Editeur Audio : Audible Studios

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vendredi, 10 janvier 2020

La disparition d'Adèle Bedeau, de Graeme Macrae Burnet.

La disparition d'Adèle Bedeau

L'ouvrage:
Saint-Louis, petite ville près de la frontière Suisse.
Manfred Baumann est un habitué du restaurant de la Cloche. Un jour, il constate qu'Adèle, la serveuse, n'est pas là. Pour une raison inexpliquée, elle n'est pas venue travailler. Les jours se suivent, et elle ne réapparaît pas...

Critique:
Ce roman m'a plu. La quatrième de couverture indique que cela ressemble à du Simenon. Moi qui suis plutôt tiède envers les écrits de ce romancier, j'ai (encore une fois) eu raison d'écouter mon instinct plutôt que cette indication. Certes, il y a une ambiance à la Simenon, mais j'ai trouvé les personnages (surtout les deux principaux) davantage creusés. L'auteur prend le temps de les présenter, de les montrer dans diverses situations, d'évoquer leur passé. Manfred m'a paru difficile à réellement cerner. Je me suis demandé s'il n'y avait pas un brin d'autisme dans son comportement. Il s'accroche à une routine, semble à l'écart, a parfois des pensées un peu étranges. Bien sûr, quelque chose influe sur sa façon d'être, mais je ne suis pas sûre que cette chose soit la seule. Je ne sais pas trop quoi penser concernant la faute passée (si j'ose le tourner ainsi) de Manfred. Je n'ai pas réussi à savoir s'il était «perturbé» ou si autre chose (de la confusion, de l'égarement, une perte de contrôle) l'a fait agir ainsi...

Quant à Gorski, j'ai apprécié ce que nous apprend l'auteur. Gorski m'a amusée parce qu'il pensait qu'il devait peut-être revoir ses méthodes, mais ne s'y résolvait pas. J'ai été surprise de tomber sur un inspecteur qui n'accordait aucun crédit à l'intuition. Souvent, les policiers des romans se fient à leur intuition.
Je n'ai pas vraiment compris pourquoi il a épousé Céline. Bien sûr, on peut se l'expliquer, mais j'imaginais que Gorski aurait été plus perspicace quant au fait qu'ils ne s'entendraient pas, étant donné leurs débuts.

Pour moi, le récit ne souffre d'aucun temps mort, d'aucune incohérence. Quant à savoir ce qui est arrivé à Adèle... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florian Wormser.

Je connais peu ce comédien, mais j'ai beaucoup apprécié le peu que j'ai lu. Donc je savais que sa lecture me plairait, ce qui a été le cas. Il ne fait pas d'horribles effets de voix pour les rôles féminins (ce qui serait absolument désastreux, étant donné le timbre et le léger voile de sa voix). Il rend bien les sentiments des personnages. Par exemple, lorsque Gorski se rend chez le grand-père de Manfred, le comédien joue sans faille le mépris teinté de condescendance, mais aussi d'une note d'indulgence, du vieil homme envers le policier.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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mercredi, 8 janvier 2020

L'ombre de la menace, de Rachel Caine.

L'ombre de la menace

L'ouvrage:
Wichita, Kansas.
Ce soir-là, Gina Royal rentre chez elle avec ses enfants. Elle découvre qu'une voiture a défoncé la porte de son garage. À peine a-t-elle le temps d'assimiler cela que des policiers lui demandent de sortir de son véhicule, et l'arrêtent. Dans le garage, se trouvent des cadavres de femmes. C'est Melvin, le mari de Gina, qui les a assassinées. La police se demande si la jeune femme ne serais pas complice.

Critique:
Mon résumé n'est pas aussi palpitant que la quatrième de couverture, mais à mon sens, celle-ci en dit trop.

Ce roman m'a beaucoup plu. Rachel Caine montre très bien les effets d'un tel traumatisme sur ceux qui l'ont subi. Gina (qui a changé d'identité) est dévastée. Elle est toujours sur ses gardes, s'effraie à la moindre anomalie... Qui n'aurait pas peur à sa place? En outre, elle se rend très bien compte de l'effet destructeur de sa perpétuelle angoisse sur ses enfants, et elle tente de les préserver. C'est un beau personnage qui essaie de garder la tête hors de l'eau, et qui, surtout, tient à ce que ses enfants soient le mieux possible.

L'autrice finis par créer une situation à cause de laquelle le lecteur soupçonne tout le monde. Je ne lui en ai pas du tout voulu pour deux raisons. D'abord, j'ai rapidement su le nom de l'un des coupables. Je pense que l'autrice souhaite que le lecteur ait ce temps d'avance sur Gina. D'ailleurs, il est étrange que sa paranoïa galopante (justifiée) ne la fasse pas suspecter ce personnage. Ensuite, la romancière maintient un suspense haletant. Même si le lecteur a un petit temps d'avance, il est loin de tout savoir. Le plus effrayant, outre les horreurs dont sont adeptes Melvin et ses admirateurs, est certainement l'implication de deux personnes. (Je ne peux pas trop en dévoiler, mais je pense que ceux qui ont lu le roman comprendront de qui je parle.) Cela m'a effrayée parce que je pense que si l'autrice l'a écrit, c'est que dans la vie, ce cas de figure est possible.

Je n'ai trouvé aucun temps mort, aucune incohérence, et j'ai respiré au rythme de l'héroïne et de ses enfants. En bonne pinailleuse, j'aurais souhaité une fin moins abrupte. J'aurais aimé un chapitre supplémentaire (oui, encore...) expliquant la suite immédiate... Après avoir écrit cela, j'ai cherché Rachel Caine sur Audible.fr: il se trouve que ce roman est le tome 1 d'une série qui en compte au moins quatre. Moi qui pensais que l'écrivain ne parviendrait pas à maintenir le suspense si elle écrivait une suite (je m'imaginais aussi déçue que lorsque j'ai lu les suites de «Le poète», de Michael Connelly)... Je suis curieuse de voir comment elle a fait pour en écrire autant... Maintenant que je sais qu'il y a des suites, je vais les guetter en audio français. Pour cette fois, je vais m'abstenir de les lire en anglais parce que j'apprécie beaucoup le jeu de Flora Brunier (qui, je pense, fera partie des comédiens enregistrant la suite), et aussi parce que je n'aime pas le jeu de Lauren Ezzo qui fait partie des comédiens lisant les suites en anglais. J'espère que si Audible se lance dans la suite en français, il n'y aura aucun comédien dont je n'apprécie pas le jeu...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier.

Comme je m'y attendais, j'ai apprécié l'interprétation de la comédienne. Je n'ai lu que deux autres romans qu'elle a enregistrés, et j'ai tout de suite apprécié sa lecture. Ici, elle avait fort à faire, car en plus de la femme angoissée, elle devait jouer un psychopathe. Elle s'en est très bien tirée, ainsi que des autres rôles pas forcément évidents. Par exemple, au tout début, les enfants sont jeunes, et elle parvient à prendre une voix enfantine sans avoir l'air affecté. Enfin, j'approuve la façon dont elle a prononcé Javier. Là encore, elle n'exagère pas, je pense que je l'aurais prononcé comme elle à sa place. Malheureusement pour moi, rien d'autre, parmi les livres qu'elle a enregistrés, ne me tente...

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Pour information, la structure du livre est respectée à 99,9%. Les deux derniers chapitres sont sur la même piste.

mardi, 7 janvier 2020

La nuit n'est jamais complète, de Niko Tackian.

La nuit n'est jamais complète

L'ouvrage:
Ce jour-là, Jimmy a dit à sa fille, Arielle, qu'ils devaient partir pour une raison inconnue de la jeune fille. Voilà pourquoi ils roulent sur la route 33, en plein désert. Alors qu'il ne leur reste qu'une cinquantaine de kilomètres à parcourir, ils sont arrêtés par un policier qui leur dit (ainsi qu'à trois autres automobilistes allant dans la même direction) qu'un glissement de terrain a coupé la route. Ils ne peuvent pas continuer: ils doivent faire demi-tour ou attendre que les dégâts soient réparés.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Avalanche hôtel», j'étais ravie de voir que «La nuit n'est jamais complète» sortait en audio. Malheureusement pour moi, ce roman ne m'a pas autant plu que le précédent. D'abord, il y a trop de choses macabres, trop de spectaculaire, trop d'éléments qui veulent transformer le tout en un livre d'horreur. N'aimant pas du tout cela, j'espérais que l'auteur allait se rattraper à la fin, en créant quelque chose de rationnel qui expliquerait tout. Il l'a fait, mais cela ne m'a pas convenu, parce que cela m'a rappelé d'autres fins que je n'ai pas aimées. D'ailleurs, au milieu du livre, j'ai pensé: «Hmmm... il va faire une fin de ce style...» De plus, les autres révélations qui sont faites ne m'ont pas plu.

Si je n'ai pas apprécié tout cela, je précise qu'il n'y a pas d'incohérences, et que l'auteur se sort bien des situations qu'il a créées. Donc pour ceux qui aiment ce genre, c'est à lire, car il n'y a pas d'éléments invraisemblables, rien n'est bâclé, etc.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Hatt.

Je connais peu ce comédien. Je ne l'ai entendu que dans «Fétiches», roman dans lequel je l'avais trouvé trop sobre. Ici, j'ai beaucoup apprécié son interprétation. Il doit jouer la peur, la colère, et d'autres sentiments: il fait cela très bien, rendant parfaitement l'ambiance du roman. Je n'ai pas apprécié qu'il prononce Florencio en roulant le «r», mais cela ne m'empêchera pas de lire d'autres livres qu'il a enregistrés.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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dimanche, 5 janvier 2020

L'île des disparus, tome 1: La fille de l'eau, de Camilla et Viveca Sten.

L'île des disparus, tome 1: La fille de l'eau

L'ouvrage:
Le roman se déroule sur un archipel suédois.
Ce jour-là, Tuva (douze ans) et ses camarades de classe doivent, dans le cadre du cours de sport, faire une course pendant laquelle ils doivent trouver des balises. À un moment, Tuva s'aperçoit que l'un d'eux, Rasmus, n'est plus avec son binôme (Axel), et va dans la mauvaise direction. Elle le rattrape, et voit de curieux points lumineux voleter autour de lui. Les deux enfants sortent de là sains et saufs, mais Axel reste introuvable.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. Peut-être en attendais-je trop. En effet, j'ai été très enthousiaste en découvrant un roman qui me tentait lu par Adeline Chetail.
J'ai apprécié le début: le mystère entourant la disparition d'Axel, le rapprochement entre Rasmus et Tuva, le fait que l'adolescente raconte au lecteur pourquoi elle est si solitaire à l'école, l'amour entre Tuva et ses parents... Cependant, des éléments qui m'ont déplu sont arrivés. Je n'aime pas l'idée (dans quel que roman que ce soit) du héros semblant être quelconque, et se révélant celui qui doit sauver son entourage. Ici, je caricature un peu, mais on retrouve quand même cette idée.

Ensuite, j'ai été abasourdie que des parents, sachant une chose concernant leur enfant, l'acceptent tout de suite sans rien dire, ni sans même se demander s'il n'y aurait pas un moyen de la changer. Au moins, dans la série «Pale Queen», c'est davantage vraisemblable, parce que les parents ne savent pas. Ici, ils ont toujours su, et n'ont rien fait!!!

À partir du moment où le roman glisse vers le thème du héros qui doit sauver les siens, cela m'a moins plu. Bien sûr, je préfère que les choses se terminent comme l'ont décidé les autrices, mais la façon de faire m'a paru grosse. Moi qui étais contente que ce roman soit un tome 1, car je me disais que j'allais pouvoir entendre Adeline Chetail tout en découvrant la série, je ne sais pas si je lirai la suite. Certains me trouveront sévère, et me diront de ne pas perdre de vue que c'est un roman pour la jeunesse. Certes, mais «Coeur d'encre», «La passe-miroir», ainsi que d'autres aussi, et les ficelles ne sont pas aussi grosses.

J'ai apprécié la note finale (avant la postface) concernant les gestes à faire pour tenter d'éviter la pollution de la mer. Je trouve bien que les autrices aient voulu montrer cela au jeune public, et aient souhaité le responsabiliser un peu.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail.

Comme je m'y attendais, j'ai apprécié le jeu de la comédienne. Elle rend l'ambiance du roman et les sentiments des personnages avec justesse. Entre la jeune fille timide, les adolescentes populaires qui persiflent, la voix à la fois calme et impérieuse que Tuva entend dans des moments cruciaux, Adeline Chetail joue sans surjouer.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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mercredi, 4 décembre 2019

Fantômes de papier, de Julia Heaberlin.

Fantômes de papier

L'ouvrage:
La narratrice (dont nous connaîtrons le prénom juste avant l'épilogue) a vingt-quatre ans. Lorsqu'elle avait douze ans, sa soeur, Rachel (dix-neuf ans), a disparu, et n'a jamais été retrouvée. À présent, la narratrice est persuadée de savoir qui a enlevé sa soeur. C'est Karl Feldman, soixante-deux ans. L'homme souffre d'un début de démence sénile, il ne se souvient plus de tous les événements de sa vie. L'héroïne veut le faire parler, lui faire avouer ce qu'il a fait de Rachel. Voilà pourquoi elle souhaite l'emmener en voyage à travers le Texas.

Critique:
Je souhaite lire ce roman depuis que j'ai entendu une interview de Julia Heaberlin à ce sujet. (Pour ceux que ça intéresse, deux interviews audio de la romancière sont disponibles gratuitement sur Audible.fr. Bien sûr, elles sont en anglais.) Le livre m'a beaucoup plu. Après que l'héroïne a appris son but au lecteur, les choses sont un peu lentes à démarrer. Cela ne m'a pas dérangée: on a le temps de se faire une idée de l'héroïne, de Karl, etc. Ensuite, rien ne traîne, tout est cohérent.
J'ai tout de suite décidé que la narratrice s'était fourvoyée, et que Karl n'avait pas tué Rachel. À vous de voir ce que vous en pensez en commençant le roman.

Karl est ambigu. Au long de ce voyage à travers l'état, il fait spontanément de bonnes actions. Pourtant, des soupçons (pas seulement concernant Rachel) pèsent sur lui... Cette complexité m'a gênée, mais elle n'est ni mauvaise ni incohérente. Contrairement à mon habitude, j'aurais souhaité quelque chose de plus manichéen. J'aurais souhaité pouvoir apprécier ou détester Karl. Or, ici, le lecteur est obligé de se situer entre les deux. Je sais que même si cela m'embête, c'est une bonne chose, car Julia Heaberlin a réussi son pari.

La narratrice, elle aussi, est quelque peu ambiguë. Comment ne pas comprendre la rage et le besoin de vengeance qui l'animent? Mais comment admettre qu'elle envisage de tuer le meurtrier de sa soeur de sang froid?

La mort de Rachel n'est pas la seule énigme que la narratrice tente de résoudre. J'ai apprécié ce que fait l'autrice au sujet des autres parce que je n'y avais pas du tout pensé.

À mesure du roman, l'héroïne nous apprend avec quelle opiniâtreté elle a cherché à retrouver l'assassin de sa soeur. J'ai très bien compris son obsession, son incommensurable douleur, etc.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

J'apprécie toujours autant le jeu de cette comédienne. Moi qui râle souvent quand les comédiens modifient leur voix pour les rôles du sexe opposé, je trouve qu'ici, Camille Lamache s'en est bien sortie, notamment pour la voix de Karl. Comme d'habitude, elle a su rendre les émotions et les sentiments des personnages. Il m'a même semblé qu'elle prenait une intonation très légèrement différente lorsque la narratrice nous faisait partager des choses écrites dans son enfance. Son ton est un tout petit peu plus insouciant. La jeune narratrice évoque ses peurs dans ces écrits, mais elle le fait d'une manière qui se veut légère ou, tout au moins, rassurante pour elle. Il y a donc une nuance entre ces écrits et son récit du présent, nuance qu'à mon avis, Camille Lamache a montrée sans difficultés apparentes.

En bonne pinailleuse, j'ai regretté qu'il y ait des blancs. Je ne parle pas de ceux entre chaque chapitre, mais pendant la narration: entre deux répliques, ou pendant le récit d'un événement.
J'ai également trouvé dommage que la comédienne prononce Loucy pour Lucy. Heureusement, on voit très peu ladite Lucy. ;-)

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: il y a plusieurs chapitres sur une piste.

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