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samedi, 11 mai 2019

Vue pour la dernière fois, de Nina Laurin.

Vue pour la dernière fois

L'ouvrage:
À dix ans, Ella Santos est enlevée. Trois ans plus tard, son ravisseur la relâche.
Dix ans passent. Un jour, la jeune femme voit une affichette: une fillette, Olivia,a été enlevée. Elle ressemble trait pour trait à Ella lorsque celle-ci avait dix ans.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je me doutais qu'il serait difficile psychologiquement, et cela m'effrayait un peu, mais mon envie de le découvrir a été la plus forte. Ella est un personnage sympathique. Si sa propension à s'autodétruire est agaçante, elle est compréhensible. Sa situation est terrible. Comment s'en sortir après ce qu'elle a vécu? En tout cas, l'autrice montre une héroïne travaillée, creusée, crédible.

Le récit est sans temps morts. L'écrivain maîtrise la tension, le suspense... À mesure que la lecture avance, certaines choses se mettent lentement en place. Très vite, et ce pendant tout le roman, Nina Laurin éparpille de petits indices en rapport avec tel ou tel aspect de l'intrigue. Cela fait qu'un élément, tout en m'horrifiant, ne m'a malheureusement pas surprise. Il m'a d'ailleurs fait penser à un autre roman que je ne citerai pas pour ne pas donner une indication trop importante. Quant à l'autre révélation (qui est, elle aussi, très bien préparée), je l'ai devinée très peu de temps avant que la romancière ne la donne. Tout est cohérent, tout s'imbrique très bien.

Comme dans le roman auquel certains aspects de celui-ci m'ont fait penser, j'aurais voulu que deux personnages souffrent davantage. Pour moi, ils n'ont d'ailleurs même pas souffert. Mes raisons sont identiques à celles que j'avais en lisant l'autre roman. D'ailleurs, la seule chose pour laquelle j'en ai voulu à Sean, c'est parce qu'il n'a pas torturé l'un de ces personnages quand il le pouvait. Certes, ce n'était pas si simple...

Comme souvent, j'aurais souhaité une fin qui se prolonge. Je pense que l'autrice n'est absolument pas à remettre en cause: c'est moi qui voudrais pouvoir suivre les personnages qui m'intéressent, et qui ai du mal à les quitter. D'habitude, cela m'arrive avec des romans plus légers. Si cela commence à me faire la même chose concernant les thrillers, je ne suis pas sortie de l'auberge. ;-)

Je me rends compte que j'aimerais dire beaucoup d'autres choses, mais que je ne le peux pas sous peine de trop en dévoiler. Alors, je ne peux que vous conseiller ce roman bien pensé.

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alexandra Mori.

La comédienne adopte toujours le ton adéquat. Son jeu m'a plu. Elle ne force pas sa voix pour les rôles masculins, et à part Lainey (qu'elle prononce Leïné», alors que cela se dit «Leïny»), elle n'a pas mal prononcé les noms propres anglophones. J'ai trouvé, par exemple, que sa prononciation de Sugar était bonne, alors qu'à mon avis, il est très facile d'exagérer en disant ce mot.
Quelque chose m'a dérangée. C'est en écoutant Alexandra Mori que je me suis pleinement rendue compte (je le savais déjà, mais là, il a fallu que je l'admette) que... j'étais une extrémiste du français standard! En effet, j'ai été très gênée que la comédienne prononce certains sons «é» fermés alors qu'ils doivent être ouverts. Par exemple, certaines formes verbales terminées par «ais» ou «ait» ou «aient», ainsi que certains mots terminés par «ès», etc. Elle fait aussi cela en prononçant certains «o», et des mots terminés par «euse» ouverts alors qu'ils devraient être fermés, mais elle ne le fait pas à chaque fois. En tant que puriste, voire extrémiste (snif snif), du français standard, j'ai déjà râlé après certains comédiens qui faisaient ce genre de fautes, mais je n'ai rien dit parce qu'elles n'étaient pas si fréquentes. J'ai l'impression qu'Alexandra Mori les a accumulées, voilà pourquoi je le souligne ici.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée: il y a plusieurs chapitres (de trois à cinq) sur une piste. Cela m'a étonnée, parce que cela fait un moment que les éditions Audible respectent la structure des livres.

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jeudi, 21 mars 2019

Fleur de cadavre, d'Anne Mette Hancock.

Fleur de cadavre

L'ouvrage:
Copenhague.
Héloïse Kaldan est journaliste. Un jour, elle trouve une étrange lettre dans son casier. Puis elle en reçoit d'autres... Elles viennent d'Anna Kiel. Il y a trois ans, celle-ci a assassiné un riche avocat, puis s'est enfuie, non sans se montrer à la caméra de surveillance près de chez sa victime. Avec la réception de ces missives, Héloïse espère que si elle peut rencontrer Anna, elle pourra peut-être écrire un article sur l'affaire...

Critique:
Ce roman m'a plu. On trouve un thème qui me semble galvaudé par certains auteurs qui le mettent à toutes les sauces, et que justement, Anne Mette Hancock parvient à aborder de manière juste. En tout cas, cela ne m'a pas agacée de le retrouver ici. Non seulement l'auteur fait s'exprimer une victime, mais en plus, elle montre le point de vue d'une victime collatérale. Celle-ci n'a rien subi, mais souffre de ce qui a été infligé à d'autres. De toute façon, l'auteur n'en fait pas trop, rien n'est ni cliché ni grandiloquent.

Le roman ne traîne pas. Le lecteur assiste aux péripéties des policiers qui rouvrent l'enquête, et à celles d'Héloïse qui s'en mêle forcément et dont on découvre également la vie privée. À la fin, le lecteur a toutes les réponses, rien n'est bâclé. Il reste une chose qu'on se demande, mais il n'est pas grave qu'on l'ignore.

J'ai aimé qu'au début, on ne sache pas trop quoi penser d'Anna. On sait qu'elle a commis un meurtre, et est en fuite. Ensuite, Héloïse recueille des informations de diverses sources concernant la jeune femme, on s'en fait une idée, mais ces sources semblent se contredire. On ne saisit vraiment Anna (si j'ose dire) que lorsqu'elle se livre. (On me dira peut-être que c'est une lapalissade...)

Comme dans tout roman, il y a des personnages que j'ai appréciés, d'autres que j'ai détestés... Il y en a surtout un que j'aurais aimé faire énormément souffrir. J'ai imaginé différents supplices à lui infliger. Bon, disons qu'il y en a deux. Le deuxième aurait d'abord regardé les horreurs que j'aurais faites au premier, puis il les aurait également subies. ;-)

Je n'ai pas aimé que la meilleure amie d'Héloïse prône le pardon dans le sens où il aiderait la journaliste à aller mieux. Comme je l'ai déjà dit dans d'autres chroniques, on peut ne pas pardonner, et finir par être indifférent. Ne pas pardonner ne veut pas forcément dire qu'on ressasse une rancoeur. Cela peut vouloir dire que la personne qui ne mérite pas le pardon hérite de l'indifférence de celui à qui elle le demande. Je dis encore cela (alors que je l'ai dit dans d'autres chroniques) parce que je déteste ceux qui, la bouche dégoulinante de bons sentiments (qui, pour moi, sont faux), disent que si on pardonne, c'est d'abord pour se faire du bien à soi-même. Certains peuvent trouver du soulagement à pardonner. C'est très bien pour eux. Mais tout le monde n'est pas ainsi. J'ai donc apprécié l'amie d'Héloïse jusqu'à ce qu'elle dise cela... ;-)

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gaëlle Billaut-Danno.

La comédienne a été victime (de ma part) de la même chose que Sandra Parra. En écoutant l'extrait proposé sur Audible, j'ai pensé que ça pouvait aller, mais que ce serait moyen. Puis en lisant le roman, j'ai trouvé que j'avais été injuste à première écoute. Gaëlle Billaut-Danno a toujours le ton qui convient. Quelque chose m'a quand même interpelée: elle modifie un peu (mais elle ne le fait pas mal) sa voix pour les rôles masculins, et parfois, elle prend une voix plus grave pour Lisa et Connie, comme si c'étaient des hommes.
Sinon, il me semble qu'elle fait partie des très rares personnes qui prononcent correctement le mot «moeurs». Je n'ai jamais lu qu'il y avait une règle de prononciation particulière pour ce mot, et je ne comprends pas pourquoi 99,9% des gens le prononcent «moeurse». On ne dit pas «coeurse» pour «coeurs» ni «soeurse» pour «soeurs», donc pourquoi dire «moeurse» pour «moeurs»? C'est peut-être une exception, mais étant donné que je n'ai jamais lu de règle de prononciation concernant ce mot, je me demande d'où vient cette façon de dire, et je la suppose erronée.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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jeudi, 14 mars 2019

Une présence dans la nuit, d'Emily Elgar.

Une présence dans la nuit

L'ouvrage:
Alice Taylor est infirmière. L'un de ses patients, Frank, a été dans le coma après un infarctus. Depuis quelque temps, il en est sorti, mais ne peut ni bouger ni parler. La jeune femme est persuadée qu'il est conscient, qu'il entend ce qui l'entoure, et elle lui parle très souvent. Cependant, le médecin chef du service pense que le patient est en état végétatif permanent. Celui-ci aimerait pouvoir dire que c'est Alice qui a raison, mais il ne parvient pas à bouger, ne serait-ce que les paupières.
Un jour, une patiente est installée dans le lit à côté de celui de Frank. C'est Cassie Jensen. Elle a été victime d'un accident, on l'a trouvée dans un ruisseau non loin de chez elle. Elle est dans le coma. Frank entend les visiteurs de sa voisine se succéder: son mari (Jack), et la mère de celle-ci (Charlotte)... et puis une mystérieuse personne...

Critique:
Ce roman m'a déçue. Il n'a pas souffert de comparaisons ou du fait que je m'attendais à autre chose, mais trop d'éléments m'ont déplu. D'abord, j'ai trouvé Cassie, ainsi que son histoire, très fades. (Les chapitres alternent les points de vue, et ceux de celui de Cassie racontent son passé proche, afin de montrer comment l'accident a fini par arriver.) Je souhaitais qu'elle s'en sorte, bien sûr, mais elle n'éveillait rien de vraiment positif chez moi. Je pensais plutôt à sa chienne (Maisie) et j'espérais que celle-ci serait bien traitée. L'histoire de Cassie me paraissait très banale. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose: beaucoup d'histoires à l'aspect ordinaire m'ont plu. Mais ici, c'était renforcé par des situations qui me semblaient clichées, et des personnages qui, pour moi, étaient peu creusés.

Quant à Alice, je l'ai trouvée sympathique, mais elle non plus n'a pas vraiment su me toucher. Je suis davantage entrée dans sa vie que dans celle de Cassie, je l'ai même appréciée, ainsi que son mari, mais l'infirmière me paraissait un peu trop facile à prévoir... Il me semble que rien n'a vraiment distingué Alice et Cassie, même si la première a quand même marqué quelques points auprès de moi.

J'ai davantage apprécié Frank. Son histoire aussi étais banale, mais dans son cas, la sauce a pris. Pour moi, Émily Elgar a davantage su le démarquer que ses héroïnes. J'avais l'impression qu'il était le seul qui accordait de l'importance à ce qui devait en avoir... et pas seulement dans le service hospitalier. Ses regrets quant à ses actes passés, son amour pour sa fille, tout cela m'a plu. En outre, l'auteur imaginait et rendait bien sa frustration, son besoin de communiquer, ses pensées en général...

J'ai trouvé qu'il n'y avait pas assez de repères temporels...

Ensuite, la romancière a fait quelque chose que j'ai détesté. Elle a justifié cela, mais elle aurait très bien pu ne pas le faire! Elle-même trouve le moyen de prouver, par la suite, que cet élément aurait pu ne pas être. En plus, elle aurait pu faire monter le suspense en l'amorçant, puis quelque chose aurait pu le court-circuiter. Bref, certaines choses me paraissaient tièdes, mais cet élément a fini de gâcher ma lecture.

Enfin, il n'est pas très crédible qu'une personne coupable d'actes très graves les avoue (ainsi qu'un autre à propos duquel on ne lui a rien demandé) devant deux autres qui, ensuite, peuvent la dénoncer, puis témoigner contre elle (surtout une). On me dira que cela se défend, étant donné l'obsession de la personne coupable, mais je reste sceptique, puisque juste avant, elle a agi en faisant en sorte de n'être pas vue.

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Loubière.

Pour moi, un autre point noir de ce roman est sa lectrice. Bien sûr, ce n'est que mon avis, et je sais que je suis souvent sévère. Au départ, Sophie Loubière a un ton un peu affecté. Elle en fait trop, et parfois, on dirait qu'elle s'adresse à de très jeunes enfants. Cependant, elle semble mieux entrer dans la peau des personnages à mesure de l'avancée du récit, et très souvent (surtout quand Frank raconte) abandonne le ton un peu affecté pour de très bonnes intonation.
Ce que j'ai eu le plus de mal à supporter, c'est sa propension à prononcer des noms propres avec un accent soi-disant anglophone. Lorsque ledit accent est bien fait, cela m'agace, car je ne trouve pas cela naturel du tout dans un texte en français. Alors quand, en plus, l'accent est mal fait, imaginez ma rage! Heureusement, on échappe à Loussi pour Lucy (je me demande pourquoi), à Kérol pour Carole, et au bout de quelques chapitres, Dévide retrouve son prénom (David). Mais tout au long du roman, on a droit à Mary avec l'accent, et surtout à Épril (pour April) et à Késsi (pour Cassie). Ce dernier prénom, la lectrice le dit comme on prononce Casey en anglais. Je croyais d'ailleurs que cela s'écrivait Casey. Il a fallu qu'une amie (qui a le livre) me l'épèle.

Pour information, la structure du livre est respectée à 99%: le prologue et le chapitre 1 sont sur la même piste.

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lundi, 25 février 2019

Le Paris des merveilles, tome 3: Le royaume immobile, de Pierre Pével.

Le Paris des merveilles, tome 3: Le royaume immobile

Note:
On me reprochera peut-être de m'obstiner à appeler l'enchanteresse Aurélia, alors que l'auteur l'appelle Isabelle la plupart du temps. Certes, mais Aurélia est son prénom d'origine, et elle en a changé par nécessité, donc pour moi, elle est Aurélia.

L'ouvrage:
Printemps 1910. Un elfe noir est poursuivi par des tueurs. Alors qu'il succombe, il est recueilli par Aurélia, Lucien et Auguste qui mettent ses attaquants en fuite.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé les deux premiers tomes de cette série, j'ai dévoré le troisième avec délectation. L'auteur ne s'essouffle pas. Pour moi, l'intrigue est sans temps morts. En plus, je n'ai pas trouvé les différentes pièces du puzzle avant que le romancier ne les donne. Tout s'imbrique, tout se tient, tout est cohérent.

J'ai surtout apprécié les multiples occasions de rire. Elles sont surtout créées par les particularités de certains personnages, spécificités que nous découvrons dans les tomes précédents. Dans le premier chapitre de ce volume 3, je n'avais pas du tout prévu ce que nous apprenons concernant la Pétulente. J'aurais pourtant dû m'y attendre. D'autre part, beaucoup de scènes entre Aurélia et Griffont sont cocasses: par exemple, l'extrême mécontentement de l'enchanteresse au regard des circonstances dans lesquelles elle apprend que le mage est pressenti pour siéger au parlement des fées. Sa jalousie envers Cécile prête aussi à sourire. Lucien et Auguste restent égaux à eux-mêmes. J'ai trouvé très drôle qu'à un moment, Auguste déplore l'absence de sensations fortes. Sachant que là où se trouve Aurélia, il y a de l'action, il était évident que les situations périlleuses barreraient bientôt sa route, et donc celle d'Auguste. En effet, il est exaucé lorsque l'enchanteresse et ses domestiques entament une course-poursuite... Ce moment est très palpitant...

Quant à mon personnage préféré (allez, je vais dévoiler son identité), il reste aussi plaisant que dans les tomes précédents. Il s'agit d'Azincourt. J'adore que l'auteur le dépeigne comme certains s'imaginent les chats: hautain. En creusant un peu, on voit très vite que c'est un air qu'il se donne, et qu'il ne l'est pas du tout. Dans les situations graves, il oublie son accent anglais, et répond présent lorsqu'il s'agit d'aider les personnages. J'aime également beaucoup la manière dont il lit...

J'ai été surprise que les choses se terminent ainsi pour un personnage. Allez savoir pourquoi, je ne pensais pas du tout que cela lui arriverait.

Je suis extrêmement déçue qu'il n'y ait pas de suite. Tout comme les tomes précédents, ce volume a une vraie fin, je ne veux donc pas dire que Pierre Pével laisse le lecteur sur sa faim. Cependant, j'aurais tellement aimé retrouver Griffont et Aurélia (ainsi que ceux qui les entourent) dans d'autres aventures aussi passionnantes que celles-là! J'ai le minuscule espoir que l'auteur ait envie, lui aussi, de renouer avec ses protagonistes, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas... Quel dommage!!!

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Comme dans les deux premiers tomes, l'interprétation de la comédienne m'a beaucoup plu. Là encore, elle a joué les dialogues en rendant très bien toutes les intentions et les émotions des personnages. D'autre part, il m'a semblé qu'elle était encore plus à l'aise qu'avant dans la narration. Je me souviens avoir été un peu sévère concernant son jeu dans ma chronique de «Derrière les portes». Je me souviens aussi (même si je ne le disais pas) avoir trouvé que sa narration n'était pas toujours absolument naturelle. Plus je l'entends, plus j'apprécie son jeu. Conclusion: pourvu qu'elle enregistre beaucoup d'autres livres qui me tenteront!

Pour information, la structure du livre est respectée.

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jeudi, 1 novembre 2018

Le poison de la vérité, de Kathleen Barber.

Le poison de la vérité

L'ouvrage:
Septembre 2015. La journaliste Poppy Parnell fait un podcast examinant le meurtre de Charles Buhrman, commis treize ans plus tôt. Le but de cette enquête est de prouver l'innocence de Warren Cave, qui, à l'époque, était le jeune voisin de la famille Buhrman. Le podcast fait de l'audience, chacun s'interroge: Lanie Buhrman a-t-elle réellement vu (comme elle le prétend) Warren abattre son père d'une balle? Poppy met en avant le fait qu'au départ, Lanie disait n'avoir rien vu. C'est par la suite qu'elle a déclaré ce qui a fini par être le seul élément qui accusait Warren.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'histoire est racontée par Josie, la soeur jumelle de Lanie. Son récit nous montre comment la famille réagit aux propos de Poppy et aux interviews qu'elle réalise concernant le meurtre. Les retours en arrière (qui sont brefs et imbriqués dans le récit du présent) montrent comment les choses ont pu se dégrader entre Lanie et les autres membres de la famille.

Dès le départ, j'ai pensé que ceux qui doutaient de la culpabilité de Warren avaient raison parce que Lanie avait commencé par dire n'avoir rien vu. Pourquoi, ensuite, a-t-elle dit avoir vu Warren?... Bien sûr, tout finit par être expliqué, et c'est logique. Seulement, je trouve Lanie assez ambiguë au long du roman. Dans le passé, elle commet des actes répréhensibles, et s'étonne d'en être punie par le départ de sa soeur. Quant au meurtre, après que nous savons tout, il est une chose concernant laquelle je doute de Lanie, à l'instar de Josie.

La narratrice m'a été sympathique, même si je n'ai pas été d'accord avec tous ses choix. Par exemple, elle commence par cacher la vérité à Caleb (l'homme qu'elle aime), et ne la lui révèle que parce qu'elle est prise à la gorge. Certes, le lecteur sait qu'elle voudrait la lui dire depuis un petit moment, mais les faits sont là.

Amélia et Ellen sont des personnages très sympathiques. Elles n'ont pas été épargnées par le meurtre et ce qui en découle, et se montrent toujours à la hauteur des situations épineuses qui se présentent à elles. Ellen semble parfois un peu frivole, mais sa famille peut compter sur elle.

Que dire de Poppy? C'est un rapace avide de scoops. Elle harcèle Josie et Lanie sans vergogne. Bien sûr, tous les journalistes ne peuvent pas être comme Rebekah Roberts (héroïne créée par Julia Dahl) qui, même lorsqu'elle est à l'affût, prend des gants, et n'est jamais méchante intentionnellement. Je me dis toujours qu'il est logique qu'un journaliste paraisse empressé, mais Poppy Parnell est davantage que cela. C'est une véritable charognarde. Elle nie le mal que son podcast peut faire à la famille Buhrman, et lorsqu'elle parvient à approcher Josie et Lanie, elle a la langue pendante à l'idée de ce qu'elle pourrait réussir à leur faire dire.

Pour moi, l'auteur ne traîne pas. Le tout n'est élucidé qu'à la fin, mais ce qui arrive entre temps ne m'a jamais semblé être du remplissage. Kathleen Barber expose la psychologie de ses personnages, pourquoi certains sont partis à un moment donné... Tout est bien exploré, les choses s'expliquent facilement, même quand un protagoniste n'admet pas ses raisons d'agir.

J'ai trouvé la fin trop rapide. Cela m'arrive de plus en plus. J'aurais aimé un chapitre supplémentaire ou un épilogue disant comment se passent les choses pour Josie, Caleb, Amélia, Ellen et Lanie quelque temps après.

Il arrive souvent que je trouve des erreurs de syntaxe dans les romans. Parfois, je le signale dans ma chronique. Dans «Le poison de la vérité», non seulement je n'en ai pas remarqué, mais en plus, je tiens à remercier le traducteur, Jacques Colin, qui utilise «après que» avec l'indicatif.

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandra Parra.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. Lorsque j'ai vu «Le poison de la vérité» dans les «à paraître» d'Audible, tentée par le résumé, je suis allée écouter la voix de Sandra Parra sur l'un des tomes de «Les ailes d'émeraude», série qui ne me tente pas du tout. À l'écoute de l'extrait, j'ai pensé: «Bon, ça pourra aller, mais ce ne sera pas super.» En commençant «Le poison de la vérité», je me suis demandé comment j'avais pu avoir une pensée si tiède. En effet, j'ai beaucoup aimé l'interprétation de Sandra Parra. Elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et parvient à montrer tout un éventail d'émotions sans avoir l'air de larmoyer. Une amie pense que ma tiédeur initiale est due au fait que «Les ailes d'émeraude» est d'un genre totalement différent, et qu'en plus, cela ne m'attire pas du tout. En tout cas, je dis bien fort ici que je serais ravie d'entendre Sandra Parra sur d'autres livres!

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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