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samedi, 4 août 2018

Yggdrasil, tome 1: La prophétie, de Myriam Caillonneau.

Yggdrasil, tome 1: La prophétie

L'ouvrage:
La galaxie est dirigée par Dieu. Ceux qui ne croient pas en lui ou ne le montrent pas assez sont considérés hérétiques. Nayla Kaertan a vu une planète considérée rebelle être anéantie. Elle qui n'était déjà pas adepte d'une foi aveugle est devenue résistante. Or, voilà qu'elle entame quatre ans de circonscription dans un vaisseau de transport dans l'armée de Dieu. Affectée au pôle Sciences, elle commence par constater que son supérieur direct, le lieutenant Marden, est assez désagréable, ce qui la conforte dans l'idée que ces quatre ans vont être insupportables...

Critique:
Cette chronique n'est pas très facile à écrire. En effet, j'ai le sentiment d'être pleine de contradictions concernant ce roman. Par exemple, il m'a plu, et j'ai hâte de lire la suite. Cependant, j'ai peur que les personnages passent leur temps à se battre et à jouer au chat et à la souris... Autre exemple: je n'aime pas du tout les livres où le héros (ou l'héroïne) se rend compte qu'il est une sorte d'élu qui doit accomplir ceci ou cela, et pourtant, j'ai suivi les aventures de Nayla avec grand intérêt.

Autre chose m'a gênée... certains passages (notamment lorsqu'il est question de la déchirure) m'ont rappelé «La passe-miroir», de Christelle Dabos, comme si Myriam Caillonneau s'en était un peu inspirée. Cela m'a dérangée parce que j'aurais aimé que la référence soit clairement expliquée par l'auteur, surtout que c'est la seule chose qui m'a rappelé cette série: les trames des deux romans n'ont aucun rapport. Ceci dit, cela a peut-être été inconscient de sa part, ou bien j'ai vu une référence où il n'y en avait pas. Si c'est ainsi, je présente mes excuses à l'auteur pour cette remarque.

L'intrigue est bien menée. Nos héros connaissent de périlleuses aventures, évitent un piège pour en affronter un autre, font face à des cas de conscience... Je ne sais pas trop quoi penser de Dem. Je l'apprécie, mais ce que «voit» Nayla au chapitre 27 ne lui est pas favorable. Je pense quand même que Dem est sympathique.
Étrangement, Nayla m'a agacée. C'est la «gentille», donc j'aurais dû l'apprécier tout au long du roman. Pourtant, j'ai souvent trouvé qu'elle en faisait trop. Je lui préfère Mylera ou Leene Plaumec. Malgré cela, je l'apprécie. Je suppose que l'apprécier et être agacée par elle fait partie de mes nombreuses contradictions concernant ce roman.

L'écriture est fluide, le récit est rythmé.
Étant pinailleuse, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer quelques maladresses syntaxiques. Par exemple, à un moment, Dem réconforte Nayla, et l'auteur dit «(...) lui dit-il avec une main sur son bras.» J'aurais écrit: «lui dit-il en posant une main sur son bras.»
Une autre fois, elle dit «elle se rappelait des fous rires» au lieu de «les fous rires» ou «elle se souvenait des fous rires». Une autre fois, elle dit «elle se rappelle Olima», et là, c'est une bonne tournure, parce qu'elle ne dit pas «d'Olima».

Je tiens à remercier Myriam Caillonneau pour sa dédicace, qui montre l'importance des chats pour certains d'entre nous. J'ai aussi compris pourquoi un peu de tristesse se dégage de cette dédicace, le chat n'étant plus là...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

J'espère que je ne me trompe pas, mais je crois avoir lu, sur Twitter, que Myriam Caillonneau était très contente du travail de Camille Lamache sur «Yggdrasil». J'espère ne pas affirmer cela à tort. En tout cas, moi, j'ai aimé l'interprétation soignée de la comédienne. Elle parvient très bien à jouer tous les rôles sans aucune affectation, que ce soit dans les changements de voix ou dans les émotions exprimées. Cela n'a pas dû être simple. Entre les différents personnages et leurs forts sentiments, il devait être facile de surjouer, et de rendre certains passages mièvres. L'éditeur a su choisir la comédienne qui rend très bien le tout, se fondant parfaitement dans le texte et dans l'ambiance.
Je n'aurais pas prononcé Nayla comme l'a fait Camille Lamache (elle le prononce comme si cela s'écrivait Naïla), mais je préfère sa façon de prononcer à la mienne (je disais Neïla ou Nêla). En outre, je pense que cela a dû être concerté avec l'auteur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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jeudi, 12 juillet 2018

Boostez votre mémoire, de Jean-Yves Ponce.

Boostez votre mémoire

L'ouvrage:
Jean-Yves Ponce donne ici ses techniques pour optimiser notre mémoire.

Critique:
Globalement, j'ai été déçue par ce livre. À certains moments, j'ai trouvé un désagréable écho des pensées d'Idriss Aberkane dans «Libérez votre cerveau». J'ai compris pourquoi quand j'ai entendu le nom de cet auteur dans les remerciements... J'ai été très agacée que Jean-Yves Ponce affirme que le «par coeur», c'était mal, et que le pauvre enfant (à qui on devrait laisser choisir ce qu'il souhaite mémoriser) était brimé parce qu'on lui disait qu'il était nul s'il n'arrivait pas à apprendre. Je veux bien qu'il y ait des professeurs de cet acabit (il y a des idiots dans chaque corps de métier), mais pourquoi en faire une généralité? Quant à moi, je n'ai pas attendu Jean-Yves Ponce pour dire à mes élèves (à qui je ne demande d'apprendre par coeur que les terminaisons des conjugaisons et certaines règles de grammaire) qu'ils ne devaient pas essayer d'avaler tous leurs cours en un après-midi, mais plutôt apprendre au fur et à mesure, par petites sessions, et revenir, les jours suivants, sur ce qu'ils avaient appris afin de l'ancrer dans le cerveau. Je n'ai pas non plus attendu Jean-Yves Ponce pour leur dire que s'ils ne comprenaient pas ce qu'ils apprenaient, et s'ils ne se concentraient pas réellement dessus, cela ne fonctionnerait pas. Pour fréquenter un forum de professeurs et pour avoir souvent discuté avec les collègues de mon établissement, je sais que beaucoup d'enseignants font ainsi.

Ensuite, j'ai trouvé que l'auteur répétait beaucoup certaines choses. Par exemple, au début du chapitre 3, il répète (en résumé) ce qu'il a dit au début du chapitre 1. Il répète aussi qu'il est passé à la télé grâce à sa technique de mémorisation, que c'est la meilleure, etc. Même s'il explique que chacun a ses méthodes, a plutôt une mémoire de tel type, et que donc, c'est à chacun de trouver ce qui fonctionnera le mieux, je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il est fermé sur certains points. Voir par exemple ce dont j'ai parlé dans le premier paragraphe de cette chronique. Il dit aussi que les jeux vidéo développent l'imagination. Sûrement, mais pourquoi ne dit-il pas que les livres la font également beaucoup travailler?

Il écrit aussi beaucoup de choses évidentes. J'avais l'impression d'être prise pour une abrutie. Par exemple, si notre esprit vagabonde alors qu'on est en train d'apprendre quelque chose, l'apprentissage ne fonctionnera pas; un environnement constitué de tentations qui sont autant de distractions nuira à l'apprentissage, etc. Les techniques à proprement parler ne sont données qu'à partir du chapitre 4 (sur 8).

Ces méthodes consistent en une série de mnémotechniques, d'histoires qu'on se raconte pour retenir ceci ou cela. Je le fais parfois. Ce qui me gêne un peu ici, c'est que Jean-Yves Ponce propose de faire cela pour tout: les cours, l'agenda, la musique, etc. Parfois, il est plus rapide de retenir quelque chose sans se raconter d'histoires autour, du moins dans mon cas. C'est là que j'aurais souhaité que le propos soit un peu nuancé, que l'auteur n'expose pas cela comme la méthode révolutionnaire qui profiterait à tout le monde, mais plutôt comme une méthode qui a fonctionné sur lui et d'autres, et qu'il faut tenter.

Le système pour retenir les chiffres ne me parle pas du tout. Il s'agit de convertir les chiffres en images selon leur forme (si j'ai bien compris). Or, pour moi, les chiffres n'ont pas une forme qui rappelle des éléments du quotidien, puisque je les lis en braille... Ce sont plutôt des formes abstraites. Un aveugle qui n'a jamais vu ne pourra pas utiliser ce système. D'une manière générale, beaucoup de conseils de mnémotechniques se basent sur des images mentales. Donc, sans les rejeter, il faudrait que je les essaie autrement. D'ailleurs, l'auteur préconise de personnaliser la technique, car c'est ce qui fonctionnera le mieux. C'est évident.

Si vous voulez lire un ouvrage sur notre mémoire et la capacité de notre cerveau, je me permets de vous recommander plutôt «Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau», de Norman Doidge. Il ne parle pas uniquement de la mémoire, mais à mon avis, l'auteur est plus ouvert, ses arguments sont plus pertinents...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurent Jacquet.

Comme je l'ai dit dans une autre chronique, Laurent Jacquet a une intonation qui se prête très bien à ce genre de livres. Il m'a plu de le retrouver ici égal à lui-même. Comme je pestais beaucoup après l'auteur, j'étais ravie que la lecture soignée et vivante de Laurent Jacquet me rende le livre moins pénible.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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