Bibliothèque : BSR

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, 2 mai 2019

La bibliothèque des citrons, de Jo Cotterill.

La bibliothèque des citrons

L'ouvrage:
Calypso a dix ans. Voilà cinq ans que sa mère est morte d'un cancer. Son père lui répète souvent que le plus important, c'est la force intérieure. La fillette a appris à ne compter sur personne. Ses amis, ce sont les livres. Alors, lorsque Mae (une nouvelle élève)souhaite se rapprocher d'elle, Calypso commence par refuser. Mae adorant les mots et les livres, elle parvient tout de même à venir à bout des résistances de la jeune narratrice.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Avec sensibilité, Jo Cotterill montre des personnages qui, ne sachant faire avec les coups durs de la vie, blessent leur entourage, tout en accentuant leur propre mal-être. On pense surtout au père de l'héroïne, mais elle fait aussi cela, dans une moindre mesure. Dès le départ, on voit que quelque chose cloche. Ce n'est pas tellement parce que Calypso doit penser aux courses, doit souvent faire ses repas... C'est plutôt parce que son père lui dit qu'elle doit se suffire à elle-même, et pouvoir se débrouiller seule moralement si elle se retrouvait sans personne. C'est aussi parce qu'elle est frustrée de ne pas pouvoir lui dire lorsque quelque chose lui déplaît. La fillette est d'autant plus déstabilisée que Mae et sa famille offrent un contraste saisissant avec cette façon d'être.

J'ai compris les maladresses du père de Calypso, son besoin de fermer certaines portes afin de tenter de souffrir le moins possible, tout en n'arrivant pas à se débarrasser de sa plus grande douleur. À travers ce personnage et d'autres, Jo Cotterill montre la complexité de certaines situations, les dommages causés par le manque de communication... J'ai apprécié le père de la narratrice, même s'il est à blâmer. On comprend très bien pourquoi il a agi ainsi. De plus, lui-même ne se cherche pas d'excuses, il explique pourquoi il a fait ceci ou cela, mais ne demande jamais qu'on le plaigne ou qu'on l'absolve.

Je suis contente qu'il existe encore des enfants comme Mae et Calypso: passionnées de lecture, d'écriture, de mots, voulant apprendre, curieuses du monde qui les entoure... Ces fillettes ont été une bouffée salutaire d'oxygène pour moi qui ne vois presque que des enfants dont les passe-temps ressemblent davantage à ceux des jeunes que rencontre Calypso lorsqu'elle commence à faire partie du groupe des veilleurs. J'étais une enfant comme Mae et Calypso, et je trouve tellement désolant que beaucoup d'enfants et d'adolescents ne s'intéressent qu'aux réseaux sociaux ou aux jeux vidéo, et ne veuillent même pas essayer de découvrir la lecture... J'aime beaucoup la description que l'héroïne fait de son état d'esprit quant aux livres, aux merveilles que chacun étale devant elle, à la joie qu'elle a à découvrir une histoire, à se poser des questions dessus, etc.

L'écriture est d'ailleurs un thème important du roman. Outre ce que j'en ai dit ci-dessus, elle est ce qui permettra finalement à Calypso et à son père de se dire certaines choses d'une importance capitale. La fillette parvient à faire passer, par l'écriture, des situations et des sentiments que son père reconnaît, ce qui aide ensuite ce dernier à exprimer ce qu'il a tu pendant toutes ces années.

Remarque: Une chose très étrange m'est arrivée concernant ce roman. Cela ne s'est jamais produit auparavant. Je tiens absolument à ce que l'héroïne s'appelle Zoé. Je n'ai absolument jamais ressenti le besoin de changer les prénoms des personnages des livres que je lis. Je ne comprends pas pourquoi ce prénom s'est imposé à moi à la place de celui choisi par l'auteur. Cela a été au point que j'ai tapé ma chronique en appelant la narratrice Zoé, et qu'à la fin, j'ai remplacé en masse tous les zoé par des Calypso. Je ne sais pas du tout pourquoi elle s'appelle ainsi pour moi... Peut-être que je l'ai associée à la dernière Zoé que j'ai découverte et appréciée dans un roman, la fille de Tish dans «Hidden», de Catherine McKenzie, lu il y a quinze jours...

À lire!

Éditeur: Fleurus.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Leonardi pour la Bibliothèque Sonore Romande.
C'est toujours un plaisir pour moi de retrouver Christine Leonardi. Son intonation est adéquate, elle n'exagère jamais... Cela a encore été le cas ici.

Acheter « La bibliothèque des citrons » sur Amazon

jeudi, 18 avril 2019

Isidore et les autres, de Camille Bordas.

Isidore et les autres

L'ouvrage:
Au début du roman, Isidore a onze ans. Il nous raconte quelques années de sa vie d'enfant normal entouré de frères et soeurs surdoués. Bérénice, Aurore, et Léonard en sont chacun à un stade plus ou moins avancé de leur thèse, Jérémy a déjà composé plusieurs morceaux de musique... Simone, la plus proche d'Isidore en âge (douze ans et demie), entre en Seconde. Elle veut être célèbre, et a décrété que son petit frère écrirait sa biographie.

Critique:
J'ai un énorme reproche à adresser à ce roman: il est... trop court!!! En effet, il m'a beaucoup plu, et je suis triste qu'il ait été si vite fini. Je pense que je l'ai préféré aux deux romans précédents de Camille Bordas. Bien sûr, il faudrait que je les relise pour m'en assurer. Dans «Isidore et les autres», la romancière expose certaines façons de voir la vie, entre autres à travers des réflexions de Simone (notamment sa théorie de l'entonnoir), le désarroi d'Aurore après la soutenance de sa thèse, le souhait de Bérénice de rester étudiante, ce que dit Herr Coffin à Isidore lorsque celui-ci lui dit qu'il désire être professeur d'Allemand... J'ai trouvé tout cela très bien pensé, très justement analysé. Je me suis même dit que Camille Bordas devait avoir fait un tour dans ma tête avant d'écrire ce roman, car elle dit beaucoup de choses auxquelles j'ai déjà réfléchi, et ses conclusions sont les miennes.

Outre cela, j'ai aimé suivre l'histoire de cette famille. C'est la vie que Camille Bordas nous raconte d'une plume fluide, parfois caustique, parfois grave. Tous les personnages, qu'on les apprécie ou non, ont quelque chose à dire.
Je ne sais pas trop quoi penser de Denise. Je ne peux pas blâmer ses parents et dire ici qu'ils auraient dû lui parler davantage, parce qu'ils le faisaient peut-être... Denise a éveillé à la fois ma compassion et mon agacement. Pourquoi est-elle ainsi? Apparemment, il y a des gens comme elle, et on ne peut pas toujours les comprendre... Malgré sa préoccupation majeure, elle savait être drôle. Par exemple, j'ai bien aimé la conversation dans laquelle elle explique à Isidore qu'elle n'aime pas le dîner, et où elle finit par le traiter de conformiste parce qu'il dit aimer ce moment, assortissant cela d'arguments... conformistes.

Je n'ai pas vraiment compris Aurore. Son mal être est explicable, mais ensuite, Isidore et le lecteur n'ont pas toutes les clés pour la décrypter. Ce n'est d'ailleurs pas un personnage qui m'a beaucoup marquée. Simone étant la plus proche d'Isidore, c'est celle que le lecteur connaît le mieux parmi ses frères et soeurs. J'approuve totalement Simone qui est exaspérée par le fait que beaucoup d'adolescents écrivent en faisant énormément de fautes. Son envie de célébrité m'a un peu fait tiquer, mais j'ai apprécié ses raisonnements, ainsi que son amour du petit cocon familial.
J'ai aussi apprécié Daphné. À travers elle, l'auteur pointe du doigt l'hypocrisie de la société.

Dans cette famille entre banale et peu commune (cinq enfants sont surdoués, mais chacun réagit comme tout le monde lorsqu'une douleur frappe), Isidore fait son petit bonhomme de chemin. Il est très attachant. De temps en temps, il fait une fugue pour faire plaisir à sa mère (il est persuadé qu'elle cherche une occasion de crier après un de ses enfants, parce que les surdoués ne lui en ont jamais donné), mais cela ne dure pas assez longtemps. Ces faux départs sont des occasions pour lui d'apprendre certaines choses auxquelles il ne se serait pas attendu, et pour le lecteur de rire un peu. Par exemple, l'une de ses escapades le pousse chez Bérénice, et ce sur quoi il tombe à son arrivée est assez cocasse. C'est très loin d'être la seule situation amusante du roman.

Joies, peines, personnages attachants et bien construits... ce roman est à lire!

Éditeur: Inculte.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lisette Vogel pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je connais peu cette lectrice bénévole. Tout comme dans «Mirage», j'ai apprécié son interprétation. Son ton est approprié, jamais affecté.

Acheter « Isidore et les autres » sur Amazon

jeudi, 14 février 2019

Tout sur mon chien, d'Alejandro Palomas.

Tout sur mon chien

L'ouvrage:
Fernando est dans un café. Il attend que son téléphone portable sonne. C'est alors que sa mère, Amalia, fait son apparition. Elle promenait sa chienne quand elle a vu son fils, et s'est demandé ce qu'il faisait ici.

Critique:
Quel plaisir cela a été pour moi de retrouver les personnages si attachants de «Une mère»! C'est bien sûr Amalia qu'on remarque le plus, mais elle ne prend pas toute la place. L'idée qu'on se fait d'elle est un peu plus nuancée: certes, sa priorité reste ses enfants, mais cela ne l'a pas toujours été, ou du moins, elle ne le leur a pas toujours montré. C'est ce que Silvia finit par lui dire, et concernant les faits qu'elle évoque, elle n'a pas tort.
On retrouve les manies d'Amalia (elle emmène son portable aux toilettes, par exemple), son adoration pour Ingrid (qui, selon Silvia, «est débile»), ses idées parfois tranchées...
Cette mère continue de faire rire le lecteur avec ses étranges idées sur tout, son amour du mot «organique», et son envie de bien faire. Comment ne pas s'esclaffer à la découverte de sa nouvelle croisade, au chapitre 12? Bien sûr, on éprouve aussi de la compassion pour elle qui oublie certaines choses. L'auteur montre un côté amusant de cela, lorsqu'Amalia mélange des renseignements, et balance un tas d'informations inexactes à la tête du petit ami de la serveuse.

Je n'ai été ni déçue ni vraiment étonnée d'apprendre comment ont tourné certaines choses pour Emma. Je pense que dès «Une mère», je savais quelque chose que Fernando constate dans ce tome 2.

Ce roman est aussi à lire pour ceux qui aiment les animaux, en prennent soin, considèrent les leurs comme des membres de leur famille, et souffrent de la perte de l'un d'eux. J'ai été très touchée par la détresse de Fernando, par sa peur (et son impossibilité, au début) d'aller vers R, par son amour et son respect des animaux.

Le narrateur émaille son récit de retours en arrière. Ils permettent au lecteur de comprendre pourquoi les personnages en sont là. Il y a aussi des anecdotes concernant la mère d'Amalia, l'enfance de Fernando et de ses soeurs...

Ce livre m'a autant plu que le premier. Il semblerait qu'il y ait encore une suite. J'espère qu'elle sort bientôt en français.

Éditeur: le Cherche-midi.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

J'ai été très contente que Martine Moinat, qui avait enregistré «Une mère», enregistre la suite. J'espère qu'elle fera pareil pour le tome 3!

Acheter « Tout sur mon chien » sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

jeudi, 7 février 2019

Arcadie, d'Emmanuelle Bayamack-Tam.

Arcadie

L'ouvrage:
Voilà plusieurs années que la famille de la narratrice (Fara) est allée s'installer à Liberty House, une grande maison en pleine nature. Bichette, la mère de l'héroïne, étant (entre autres) électrosensible, il lui a fallu déménager en zone blanche. Le maître de maison, Arcadie, s'est fait un devoir de recueillir qui en avait besoin. C'est ainsi que Fara (qui avait six ans à son arrivée à Liberty House) grandit dans la petite communauté. Elle est d'abord ravie de profiter des joies de la nature. Puis elle ne tarde pas à tomber éperdument amoureuse d'Arcadie.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu parce qu'Emmanuelle Bayamack-Tam appelle à la tolérance, et montre comment chacun peut, bien qu'il s'en défende, avoir des préjugés, et ne pas accepter choses et gens, tout en se disant tolérant. La plus grande leçon est sûrement donnée au lecteur. Fara parle de cette communauté de telle manière que le lecteur l'assimilera forcément à une secte. L'adolescente raconte qu'Arcadie prône l'amour, le plaisir, etc, et il ne se prive pas de coucher avec chacun. Bien sûr, il ne force personne, mais une règle dit quand même que si un membre de la communauté veut faire l'amour avec un autre, celui qui est sollicité devrait accepter. Qu'en est-il de ceux qui ne veulent pas coucher avec n'importe qui? D'autre part, tout en militant pour l'acceptation des différences, Arcadie exhorte sa communauté au végétarianisme. Fara elle-même, tout en adorant Arcadie et en approuvant le fait qu'il faut s'aimer (pas forcément physiquement) les uns les autres, est bien contente de pouvoir manger de la viande à la cantine du collège, puis du lycée. De plus, Arcadie incite fortement ses ouailles à trouver des personnes qui viendraient agrandir la communauté... des personnes en quête d'amour et d'acceptation, certes, mais aussi avec un compte en banque bien garni... Le lecteur doit donc être très attentif au récit de Fara, et tenir compte de tous les paramètres, afin d'appréhender sa communauté pour ce qu'elle est vraiment. L'adolescente ne semble pas stupide, elle ne juge pas mal certaines situations, ne tente pas de trouver des excuses quand il n'y en a pas. Elle ne fausse donc pas la réalité. De ce fait, même si certaines règles paraissent extrêmes, même si la communauté cherche à parasiter des personnes ayant besoin d'aide, je me suis dit que si chacun y trouvait son compte, si chacun acceptait certaines choses de bon coeur et en étant pleinement conscient, pourquoi pas? Fara est d'ailleurs une très bonne illustration de cela. Elle ne triche jamais, et a le courage de prendre des chemins hasardeux lorsque quelque chose se révèle ne pas être ce qu'elle pensait. En outre, elle réfléchit. Elle décortique certaines choses, les met à plat. Par exemple, sans être d'accord pour obliger au végétarianisme, elle est pour la mesure. Tout en comprenant certains dangers dispensés par la bêtise humaine, tout en souhaitant les réduire, elle ne veut pas toujours tous les éviter à tout prix. Je ne sais pas trop quoi penser de sa décision finale. Cela dépend de ce en quoi cela pourrait se transformer... Certains diront que ce que veut faire la narratrice fait d'elle quelqu'un de très dangereux. Si elle reste dans la mesure, cela ne l'est peut-être pas...

La personne de Fara elle-même est un appel à la tolérance. C'est la première fois que j'entends parler de ce qui lui arrive au long du roman. J'imagine que cela doit être très déstabilisant... D'ailleurs, notre héroïne commence par s'affoler, se révolter, se demander ce qu'elle est... puis elle finit par s'accepter, ce qui est la seule chose à faire dans ce cas-là.

Parmi la galerie de personnages présentés, j'ai apprécié Kiersten, la grand-mère de Fara. Sa particularité la force à être tolérante envers celles des autres. De plus, elle faisait partie de ceux à qui Arcadie ne tournait pas la tête, mais qui vivaient dans la communauté en bonne intelligence.
J'ai aussi apprécié Daniel. Il est un peu comme Fara concernant la façon de voir les choses, la tolérance, etc.
Je ne sais pas trop quoi penser de Maureen... Elle est sympathique, mais aussi un peu trop torrentielle...
Je n'ai pas du tout apprécié Bichette. Le nom que lui a trouvé Arcadie (dans la communauté, presque tous abandonnent leur état civil) montre bien ce qu'elle est: une jolie fille sans cerveau. On n'apprend d'ailleurs jamais son prénom, alors qu'on finit par connaître celui du père de la jeune narratrice. Dès son arrivée à Liberty House, Bichette cesse de s'occuper de sa fille. Dans le seul chapitre où on la voit, elle dispense un conseil tellement stupide qu'il est dur d'imaginer qu'elle sait ce qu'est le bon sens. On me dira que mon persiflage montre mon intolérance envers Bichette, et que si elle dispense ce conseil, c'est qu'elle-même l'a mis en pratique. En effet, elle le prétend. J'aurais aimé qu'on puisse avoir une démonstration... ;-)
Quant à Marquis (le père de Fara) son histoire et son amour des fleurs ont éveillé ma compassion, mais lui aussi a complètement laissé tomber sa fille sitôt arrivé à Liberty House...

Éditeur: POL.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Deux ou trois jours après avoir lu ce roman, j'ai découvert que les éditions Gallimard le sortaient en audio. Je n'ai absolument pas regretté ma lecture, parce que j'aime beaucoup la façon de lire de Martine Moinat. Comme d'habitude, elle ne m'a pas déçue. En bonne pinailleuse, je regrette qu'elle ait tenté de prononcer certains mots avec un accent anglophone, mais c'est mon seul reproche.

Acheter « Arcadie » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

jeudi, 20 décembre 2018

L'été de Katya, de Trevanian.

L'été de Katya

L'ouvrage:
Été 1914. Jean-Marc Montjean, tout juste diplômé de médecine, devient l'assistant du docteur Hippolyte Gros. Il exerce donc dans un petit village du Pays basque.
Il est amené à soigner le jeune Paul Tréville, blessé lors d'une chute de vélo. Il va donc fréquenter la maison du jeune homme, et de ce fait, sa soeur jumelle, Katya, dont il tombe très vite amoureux.

Critique:
Ce roman m'a plu.
Jean-Marc raconte l'histoire vingt-cinq ans plus tard, donc il donne de petits indices sur la manière dont ont tourné les événements, ou du moins, sur l'issue de son amour pour Katya. Cependant, il ne dit pas avant la fin comment les choses sont arrivées. Cela laisse au lecteur la possibilité de supposer...

Dès que Paul apparaît dans le récit, il fait certaines remarques qui ne lui attirent pas la sympathie du lecteur. Pourtant, je me suis dit que ce comportement cachait autre chose. On comprend rapidement que les Tréville dissimulent un élément important, et contrairement à Jean-Marc, je pensais que le dévoiler accroîtrait sa nuisance. Je souhaitais pourtant le connaître. L'auteur trouve le moyen de ne pas faire traîner les choses tout en ne révélant pas tout d'un coup. Avant que toute la vérité soit connue, il donne quelques explications, et nimbe son histoire d'une ambiance étrange qui laisse deviner de terribles éléments. Lorsque j'ai fini par tout savoir, j'ai pensé que le personnage le plus lucide aurait peut-être dû prendre les choses en main autrement... oui, mais comment?
Je regrette que l'auteur ne dise pas comment s'est terminé cet été-là. On sait comment s'achève la dernière entrevue de Jean-Marc avec Katya, mais j'aurais aimé savoir ce qui est arrivé tout de suite après, et les jours qui ont suivi.

Souvent, la famille Tréville agit comme si ce qu'elle cache n'existait pas. Paul et Katya se montrent enjoués, monsieur Tréville est fou des études qu'il fait. C'est dans ces moments qu'ils sont très sympathiques. On trouve même des scènes cocasses, comme celle où Paul parle de sa soeur comme d'un estomac sur pattes.
Le docteur Gros est également un personnage sympathique. On comprend qu'il chapitre le jeune Jean-Marc qui est quelque peu imbu de lui-même. Ensuite, la présence du docteur Gros est souvent synonyme d'amusement. Au long du livre, il est l'image du bon vivant, à la fois drôle et sage.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Comme d'habitude, j'ai été contente de retrouver cette lectrice dont j'aime les interprétations.

Acheter « L'été de Katya » sur Amazon

- page 1 de 72