Notre mère

L'ouvrage:
Violet Hurst, seize ans, se retrouve en hôpital psychiatrique après qu'elle a eu un accès de colère de trop. Alors qu'elle avait pris un équivalent du LSD, elle a frappé son petit frère avec un couteau. D'autre part, elle assure avoir vu sa soeur, Rose, dans la maison, ce soir-là. Or, Rose est partie depuis dix-huit mois. Violet ne se souvient pas avoir frappé son frère. Son séjour à l'hôpital va la faire réfléchir, et trouver la source de tout le mal qui arrive dans la famille Hurst.

Critique:*%%Voici un roman psychologique mené de main de maître. En tant qu'observatrice extérieure, j'ai commencé par me demander comment il se faisait que l'un des personnages ne voyait pas qu'il était manipulé par un autre. Pour moi, c'était évident. Certes, mais en avançant dans le roman, on comprend la psychologie de chacun, et surtout comment certains ont pu être manipulés, notamment celui qui a onze ans. Ce genre de choses est assez effrayant car on ne peut s'empêcher de penser qu'on pourrait, soi-même, être manipulé et ne jamais voir qu'on l'est. Bien sûr, j'exagère, car ce roman montre une personne très malade qui sait exactement comment obtenir ce qu'elle veut.
Le lecteur se demandera également comment un adulte a pu laisser certaines choses arriver sans rien faire. Là encore, Koren Zailckas explique bien les choses, et ne laisse rien au hasard.

La personnalité de celle qui manipule est assez fascinante... Elle fait froid dans le dos. Elle est très intéressante à analyser. Pour un lecteur extérieur, les mécanismes seront assez facilement mis au jour. Cela finit d'ailleurs par être également le cas pour Violet, qui se fait souvent la réflexion que telle réplique, tel ton, telle attitude sont prévisibles.

Violet est sûrement le personnage le plus positif du roman. Certains la trouveront peut-être peu crédible, car sa remise en question, sa lucidité et son courage sont admirables. Elle fait un gros travail sur elle-même, et pousse son père à en faire autant. Personnellement, je l'ai trouvée crédible, car je pense que quelqu'un poussé au paroxysme de certaines émotions n'aura que deux solutions: s'effondrer ou se battre.

Outre l'aspect psychologique, l'auteur crée une énigme. J'avais très vite deviné quelle en était la solution, mais elle s'ajoute à cette masse de données que doivent assimiler Violet et son père. Ils sont très longs à la comprendre parce que malgré tout, cela remet trop de choses en question, leur équilibre s'en trouve fragilisé. L'être humain érigera toujours des barrières afin d'éviter de voir une vérité trop dure à accepter en face...

La fin ne pouvait être autre. Elle aurait pu être pire, mais pas meilleure, car elle n'aurait pas été crédible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Random house audio
J'aime beaucoup Rebecca Lowman. Ici, elle n'a pas démérité. Son jeu subtil donne parfaitement vie aux personnages. Sans en faire trop, elle a su montrer avec brio les émotions de chacun. À mon avis, ce roman n'est pas facile à lire à voix haute.

Éditeur français: Belfond.

Acheter « Notre mère » sur Amazon