Moi, Charlotte Simons

L'ouvrage:
Charlotte Simons vit à Sparte, bourgade de Caroline du Nord. Elle va entrer à l'université, mais pas n'importe laquelle: la prestigieuse université Dupont où les étudiants se battent pour entrer. Charlotte est studieuse, ne boit pas d'alcool, n'est encore jamais sortie avec un garçon, rêve d'élévation spirituelle. À Dupont, elle va côtoyer un monde très différent de ce à quoi elle s'attendait.

Critique:
Si l'épaisseur du livre vous arrête, il ne faut pas en tenir compte: on ne s'ennuie pas avec les personnages de Tom Wolfe. J'ai d'ailleurs été surprise à la fin du livre... j'attendais la suite. Je ne veux pas dire que l'auteur a bâclé sa fin, mais que je serais bien restée dans cette université où certains font (de diverses manières) l'apprentissage de la vie. En effet, beaucoup d'étudiants y voient l'occasion de se jeter dans «ce qui ne se fait pas». Seulement, ils ne s'arrêtent pas là. Avec le même excès qu'ils mettent à boire et à coucher, ils jugent ceux qui ne sont pas comme eux. Sur les pas de Charlotte, le lecteur apprend toutes ces règles non-écrites qui régissent ce petit monde impitoyable. Par exemple, vos amis le restent jusqu'à ce qu'ils aient l'occasion de se réjouir de votre infortune.

Certains lecteurs trouveront peut-être que Charlotte en fait trop. Pour ma part, je l'ai comprise. Elle comprend bien que le paraître règne en maître sur ce microcosme, et que ce n'est pas ce dont elle a envie à long terme. pourtant, elle souhaite se faire des amis. En outre, elle ne parvient pas à se moquer totalement de ce qu'on pense d'elle. Son parcours semble à la fois initiatique et balisé. Elle doit en passer par là pour apprendre qu'il existe autre chose.

J'ai apprécié que certaines situations paraissant clichées se révèlent plus complexes. Par exemple, Adam est peut-être «intellectuel», mais il n'a pas toujours de jugeote.
Quant à Jojo, il est grisé par la gloire, même s'il sait qu'elle est factice et éphémère, mais il garde assez de lucidité pour analyser sa situation avec justesse.

Que dire de Hoyt? Il est plutôt antipathique. De ce fait, je n'ai eu aucune honte à me moquer de son narcissisme. L'auteur invite son lecteur à en rire, surtout quand Hoyt s'admire (physiquement et moralement). Dans ces moments, il illustre parfaitement l'expression «se regarder le nombril». Ses conversations entrecoupées de gros mots m'ont également beaucoup divertie.

Je sais que je ne suis pas la seule à avoir trouvé que le roman aurait pu se poursuivre. La lectrice qui l'a enregistré a adressé une note à l'auditeur dans laquelle elle explique qu'elle regrette d'avoir quitté les personnages.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Dufour pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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