Montana 1948

L'ouvrage:
Le narrateur (David) évoque, quarante ans après, l'été 1948, été pendant lequel la vie de sa famille prit un tournant décisif.
Tout commença parce que Mary Littlesoldier, la domestique indienne de la famille, refusait farouchement que sa pneumonie soit soignée par Franck, l'oncle de David.

Critique:
Ce roman m'a rappelé «Le dernier des fous», de Timothy Findley. Dans les deux ouvrages, un enfant découvre, lors d'un été, que le monde n'est pas aussi simple que ce qu'il pensait. Surprenant des conversations, David apprendra la vie. Cela lui sera douloureux, mais il ne se voilera pas la face, et affrontera (plus courageusement que certains adultes) les révélations qui lui seront faites.

Si l'atmosphère est oppressante, si l'auteur plonge son lecteur dans des querelles familiales importantes, s'il s'arrange pour faire monter la tension, la sauce n'a pas pris avec moi. D'abord, à part David, Mary et Wesley (le père de David), je ne me suis attachée à aucun personnage. J'ai été choquée de ce que demande la mère de David à son mari, à un moment. Elle se paie le luxe de faire une crise de nerfs, alors que Wesley se débat dans des tourments autrement plus importants. Entre son devoir, son sens de la justice, la pression qu'on lui met, et l'injustice qu'il sait immuable, je trouve que c'est sûrement lui qui souffre le plus et qui s'en tire le mieux.

David quitte doucement le monde de l'enfance. Il y fait encore quelques brèves incursions, mais c'est au cours de la dernière qu'il verra ce qui le changera définitivement. En outre, certaines de ses remarques seront très lucides. C'est peut-être lui qui, malgré sa douleur, vivra cette histoire le plus sainement possible.

Quarante ans plus tard, David n'oublie pas de situer le contexte. Il explique que son père est raciste, mais qu'il n'est pas haineux. Il pense sincèrement que les indiens sont inférieur. Il est un peu comme Floyd dans «The year the colored sisters came to town». Par ailleurs, Wesley réfléchit, à l'inverse de son père. En peu de pages, le lecteur prendra facilement la mesure du père de Wesley et Franck. Quant à leur mère, sûrement écrasée par son mari, elle semble à la fois se réfugier derrière lui et souffrir de sa suprématie.

D'autre part, j'aurais préféré que l'histoire connaisse une autre conclusion que celle qu'a décidée l'un des personnages. Pourtant, il est presque sûr que ce que j'aurais voulu n'aurait pas pu arriver...

Je n'ai pas aimé la toute fin. On dirait que Betsy n'a rien compris quant à l'importance du drame qui s'est joué. J'ai donc trouvé étrange que David ait accordé tant d'attention à cette femme...

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Lise Zambelli pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice a une voix agréable. Elle met l'intonation appropriée: elle ne surjoue ni ne cabotine. Malheureusement pour moi, elle tente de prononcer les noms propres à l'anglophone. Cela donne Dévid pour David, Frênck (avec le «r» anglophone) pour Franck... Seule Mary échappe à Méry...

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