Auteur : Ware Ruth

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lundi, 11 mars 2019

Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie, de Ruth Ware.

Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie

L'ouvrage:
Angleterre.%%Leonora (dite Nora) Shaw a vingt-six ans, et est auteur de romans policiers. Un jour, elle reçoit un mail collectif d'une certaine Florence. Celle-ci invite les destinataires du mail à l'enterrement de vie de jeune fille de Clare Cavendish. Nora n'a pas vu Clare depuis dix ans. Elles étaient très bonnes amies depuis l'âge de cinq ans, et après le lycée, ont perdu contact. La jeune femme n'a pas vraiment envie d'assister à ce week-end dans une maison perdue au milieu des bois, mais Nina (une amie d'école avec qui elle a gardé contact) est aussi invitée, ne veut pas trop y aller, et propose que Nora et elle y aillent ensemble.
Le week-end ne va pas bien se passer...

Critique:
Ce roman m'a autant plu que «La disparue de la cabine numéro 10». Cela pourrait paraître étonnant parce qu'il y a une ficelle dont, habituellement, je n'aime pas l'utilisation. Au bout d'un moment, tout le monde est suspect. Comme dans le roman sus-cité, cela ne m'a pas dérangée parce que j'ai trouvé que c'était bien exploité. La romancière fait allusion à Agatha Christie, donc on comprend qu'elle s'en inspire, mais pour moi, ce n'était pas aussi poussif que les romans d'Agatha Christie que j'ai lus. De plus, si on n'est pas trop stupide, on ne soupçonne pas absolument tout le monde. Sur quatre personnes, je n'en ai vraiment soupçonné que deux. L'une de celles que j'avais écartées n'était pas coupable, et j'en remercie l'auteur. Elle aurait très mal joué, à mon avis, en faisant de cette personne la coupable. La solution de l'énigme ne m'a pas trop surprise, mais ça n'est pas gênant, car Ruth Ware la prépare au long du roman. Rien n'est incohérent. Maintenant que j'ai dit tout cela, je ne peux pas vraiment dire ce que je pense des personnages en les nommant, pour ne pas trop donner d'indices. Je dirai juste que le coupable est celui que je soupçonnais le plus, et que j'aimais le moins...

Comme dans l'autre roman de Ruth Ware, je me suis très vite attachée à l'héroïne. J'ai très vite compris les sentiments qu'elle exprimait, j'ai partagé ses craintes, son mal-être, son dégoût. En plus, elle adore être chez elle, tout comme moi, donc je l'approuvais lorsqu'elle disait qu'elle voulait rentrer chez elle. ;-)

Un autre élément m'a paru très bien exploité: le week-end se passe dans une grande maison perdue dans les bois, il fait froid, il neige... L'ambiance est propice à de sombres événements...

Je regrette que certaines choses ne puissent être réparées, après que deux personnages savent tout, mais cela ne crée aucune incohérence, donc ce n'est pas si grave.

Au long de ma lecture, j'ai été contente de voir que la traductrice ne faisait aucune faute de syntaxe, et employait «après que» avec l'indicatif. En relisant le résumé pour voir si Shaw y était écrit (il me fallait l'orthographe pour cette chronique), j'ai lu que ce roman avait été traduit par... Séverine Quelet que je complimente dans ma chronique de «La veuve». Je réitère donc ici mes compliments pour la fluidité du texte, et surtout l'absence d'erreurs de syntaxe. J'espère lire beaucoup d'autres romans traduits par Séverine Quelet. (Je trouve d'ailleurs dommage que l'éditeur audio Lizzie ne demande plus aux comédiens, alors qu'il le faisait au début, de donner le nom du traducteur des ouvrages étrangers. En effet, le nom de la traductrice était donné pour «La disparue de la cabine numéro 10», et il ne l'est pas pour «Promenez-vous (...)».)

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Flora Brunier pour les éditions Lizzie.

Je n'ai entendu cette comédienne que dans «Le sourire des femmes» où je l'ai appréciée. Ici, j'ai également aimé son jeu. Elle entre dans la peau des personnages sans modifier sa voix à outrance, rend très bien leurs intentions, leurs émotions... Je trouve dommage qu'elle ait prononcé certains noms à l'anglophone, mais elle le fait pour peu de noms.

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 90%: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et trois chapitres sont coupés en deux.

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lundi, 1 octobre 2018

La disparue de la cabine n° 10, de Ruth Ware.

La disparue de la cabine n° 10

L'ouvrage:
Laura Blacklock est journaliste dans un magazine de voyage. Elle rêve d'avancement. L'opportunité va se présenter car sa patronne, alitée, ne peut effectuer la croisière d'une semaine à propos de laquelle elle devait écrire pour le magazine.
Le voyage commence bien: l'Aurora est un yacht luxueux, les quelques passagers sont sympathiques. Cependant, la première nuit, Laura (encore marquée par des événements ayant eu lieu peu avant son départ) s'éveille, les sens en alerte. C'est alors qu'elle entend un cri et un bruit de plongeon. Cela semble provenir de la cabine voisine de la sienne. La journaliste est d'autant plus horrifiée qu'elle a rencontré l'occupante de la cabine, celle-ci lui ayant prêté son mascara. Elle donne l'alerte. C'est alors qu'on lui apprend que la cabine voisine de la sienne était sans passager.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il ne commence pas par la croisière, mais par l'événement marquant arrivé peu auparavant. Je n'ai pas été gênée que le début soit cet événement qui n'est pas évoqué dans le résumé, parce qu'il permet au lecteur de connaître un peu Laura, sa vie, sa situation. D'une manière générale, je ne me suis pas ennuyée pendant ma lecture, malgré quelques éléments qui auraient pu engendrer des lenteurs. Je pense surtout à ce que j'appelle un défaut de structure. L'histoire est racontée par Laura. À certains moments, de petits passages sont des e-mails, des SMS, des extraits de journal ou d'un forum. Il est dommage que ces passages bousculent la chronologie, et évoquent des choses que le récit de l'héroïne n'indique que plus tard. Quant au prologue, il se déroule après que la narratrice a entendu le cri et le plongeon. Il est là pour faire saliver le lecteur, et comme d'habitude, il m'a agacée. Le livre m'ayant plu, je pardonne ce prologue à l'auteur.

Autre chose pourrait ennuyer certains lecteurs. On se rend vite compte que presque tout le monde est suspect. En général, je n'aime pas cette ficelle. Ici, cela n'a pas été le cas, parce que cela ne dure pas trop, et que je m'amusais à deviner les mobiles de chacun, et me risquais à ne pas soupçonner certains personnages.

Si beaucoup de protagonistes sont sympathiques, c'est à l'héroïne qu'on s'attache le plus. Elle nous raconte sa vie présente et passée, expose ses sentiments, exprime un mal être dont elle est consciente qu'elle ne parvient pas à se débarrasser... Et bien sûr, analyse ses réactions après qu'elle a entendu le corps être balancé par-dessus bord. On se met très facilement à sa place. Souvent, j'ai pensé que dans tel ou tel cas, j'aurais réagi comme elle.

J'ai apprécié que l'auteur ait pris le temps de faire une fin. Les événements ne s'arrêtent pas brutalement, on voit de quelle manière la croisière a marqué et fait évoluer certains personnages. Quant à l'énigme, on finit par assembler tous les éléments, et on sait ce qui est arrivé. J'aurais quand même aimé que certaines circonstances soient davantage expliquées. Bien sûr, pour cela, il aurait fallu qu'un personnage écrive à un autre, cela aurait été risqué, et j'aurais râlé que l'auteur ait créé quelqu'un assez stupide pour jouer ainsi avec le feu. ;-)

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alice Taurand pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas cette comédienne. J'ai trouvé qu'elle entrait très facilement dans la peau de Laura, jouant ses sentiments et émotions de manière très naturelle. Quant aux autres personnages, j'ai également apprécié le jeu d'Alice Taurand, qui n'a ni cabotiné ni modifié sa voix à outrance. De plus, elle n'a pas cherché à faire un accent pour les noms propres étrangers. J'ai un peu regretté qu'elle prononce le prénom du petit ami de la narratrice à l'anglophone, mais je comprends très bien que si elle l'avait prononcé à la française, cela aurait pu paraître incongru, car à ma connaissance, ce prénom n'est pas courant en France, et il est connoté. Si elle l'avait dit à la française, j'aurais appuyé mon appréciation de sa prononciation par l'argument suivant: en anglais, l'incongruité se retrouve pour les mêmes raisons. Or, ça m'étonnerait que la lectrice anglaise l'ait prononcé autrement que dans la langue dans laquelle était écrit le récit.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 95%: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et deux chapitres sont coupés en deux.

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