Ne marche pas si tu peux danser

L'ouvrage:
Sophia a trente-deux ans. Elle a grandi sans connaître son père. Son travail ne la satisfait pas vraiment. Son couple non plus. C'est à ce tournant de sa vie qu'elle se met à écouter les conseils du propriétaire de son immeuble, Mathéo, un ancien psychologue. Il prône l'empathie, l'ouverture d'esprit, la liberté d'être soi.

Un soir, en regardant un reportage, Valentina tombe sur l'interview d'un pilote qui ressemble étrangement à l'homme qui fut son seul véritable amour. Elle décide d'entreprendre des recherches.

Critique:
Voici un livre que je recommande d'abord pour son optimisme. Le personnage de Mathéo fait un peu figure de sage, et les conseils qu'il donne sont bons à prendre. Ils forcent les gens à s'arrêter, à réfléchir, à se remettre en question, ainsi que leur vie. Pour moi, ces conseils tombent sous le sens. En effet, je mets déjà tout cela en pratique: l'empathie, la discussion (avec ceux qui en valent la peine, et ne sont pas bornés), etc. J'ai même trouvé que l'auteur y allait un peu fort, avec des sabots un peu gros. D'abord, elle répète certaines choses. Ensuite, on ne peut pas toujours voir le côté positif partout. Malgré la façon de voir de Mathéo, je ne suis pas ravie de payer des impôts. ;-) Lui non plus, mais il essaie de prendre cela de la façon la plus positive.
D'autre part, je sais que beaucoup de gens ne font pas cela. Je suis toujours surprise de découvrir à quel point certains sont incapables d'empathie. Il y en a aussi qui souffrent de leurs situations (vie privée, travail, etc), et préfèrent envier les autres, sans vraiment savoir ce qu'ils vivent, au lieu de se demander s'ils ne pourraient pas changer certaines choses. Bien sûr, tout le monde ne peut pas faire ce que fera Sophia dans la boîte où elle travaille. Mais quand on n'est pas heureux en couple, par exemple, je ne saurais trop conseiller aux gens de faire comme Mathéo, Valentina, et Sophia. À ce propos, je dédie le chapitre 48 à tous ceux qui s'entortillent dans des relations qui ne les satisfont pas, et à la blogueuse qui tient le magazine Bleue et Violette. En effet, j'avais eu une discussion avec elle, et je n'avais pas réussi à lui faire comprendre ce qui est dit au chapitre 48. Du coup, j'ai l'impression qu'elle voit toute relation sérieuse comme quelque chose d'horrible qui l'empêchera d'être elle-même.

À travers ses personnages, l'auteur exprime bien certaines peurs. Elle les analyse, les explore, donne des pistes de réflexion... tout ceci avec bonne humeur et tonus. Pour une fois, je ne râlerai pas quant à l'histoire d'amour qui ressemble un peu à un coup de foudre. D'abord, les protagonistes se rencontrent plusieurs fois avant de sortir ensemble. Ensuite, ces rencontres sont toujours placées sous le signe de l'humour, du moins pour le lecteur!

J'aime bien l'idée de Sophia pour essayer d'aider les enfants de prisonniers à s'en sortir. Je ne sais pas si ce genre de choses peut réellement avoir un impact psychologique, mais c'est une idée sympathique, et au moins, elle fait quelque chose d'original et d'altruiste.
Dans le même ordre d'idées, il y a Miguel qui tentent de sortir des enfants défavorisés de leur condition, mais qui se pose des questions quant au bien-fondé de ses actes. Je trouve tout cela très humain, et c'est justement ce qui se perd dans notre société.

J'adore James, le chien de Sophia! Ses monologues intérieurs sont très amusants, tout en véhiculant certaines vérités... L'auteur a eu une riche idée de le faire «s'exprimer».

J'avoue avoir été déçue par une petite chose qui, pour moi, a un peu cassé l'image que je me faisais de Miguel. J'ai trouvé cela un peu facile. Mais étant donné la décision d'un personnage, et ce qui s'esquisse à la fin, cette chose que je n'ai pas aimée restera à l'état embryonnaire.

Éditeur: Jouvence.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Viviane Herry pour la Ligue Braille.
J'aime beaucoup cette lectrice qui a une voix et un ton agréables. Ici, outre son jeu habituel, j'ai beaucoup apprécié la façon dont elle interprète James.
Je trouve dommage qu'il reste quelques erreurs de lecture.
En outre, si au début, elle prononce bien Miguel, après, elle se met à dire «Migouel» ou «Migühel», ce qui m'a écorché les oreilles. Je ne sais pas pourquoi elle s'est soudain mise à mal le prononcer...

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