Auteur : Van Cauwelaert Didier

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jeudi, 19 janvier 2012

Rencontre sous X, de Didier Van Cauwelaert.

Rencontre sous X

L'ouvrage:
Roy est une gloire déchue du football. Il attend de pouvoir revenir sur le devant de la scène. Un jour, Bruno, l'un de ses amis, l'emmène sur son lieu de travail: le tournage d'un film pornographique. Après que la vedette masculine s'est montrée défaillante, Roy la remplace au pied levé. C'est ainsi qu'il rencontre Talia.

Critique:
J'ai tellement été déçue par Didier Van Cauwelaert (je n'ai même pas chroniqué «Les témoins de la mariée» tant il m'a déplu), que ce livre a été une surprise agréable. On y retrouve certaines choses qui ont fait le charme de l'auteur: petite phrases joliment tournées, presque en forme de devises; personnages sympathiques et attachants qui s'accrochent à leurs rêves; situations amusantes et parfois rocambolesques (j'ai adoré la scène du restaurant aux cravates, et on ne peut dire «rocambolesque» sans penser au musée Rodin)...
D'autre part, l'auteur fait entrer son lecteur dans deux mondes artificiels, et en décortique les rouages avec entrain et philosophie: celui du football et celui des films pornographiques. Je pressentais certaines choses, mais j'en ai appris, et cela m'a plu. L'auteur n'hésite pas à exposer magouilles et arrangements. Tout cela n'est pas surprenant, même si c'est écœurant. On a l'impression que beaucoup de choses sont ainsi dans notre société...

Le livre est bien écrit, il n'y a pas de temps morts. On ressent toujours la bonne humeur et la verve de Didier Van Cauwelaert, ainsi que sa façon particulière, à la fois grave et légère, d'exprimer émotions, sentiments, et faits.

D'autre part, j'ai beaucoup apprécié le personnage de Nicolas, l'homme d'église à qui Talia donne du Monseigneur. C'est un bel exemple d'ouverture d'esprit et de remise en question.

Malgré ces qualités, je ne peux pas dire que je recommande ce roman. L'auteur en fait parfois trop en voulant distiller de petits travers amusants, et en voulant créer une personnalité à ses personnages. Par exemple, Talia sait ce qu'elle veut, et compte bien parvenir à ses fins tout en s'instruisant. Mais à côté de cela, elle n'est pas blasée, se préoccupe de son prochain, souffre lorsqu'elle côtoie la violence faite à autrui, et est intègre. C'est donc un personnage épais. Cependant, certaines choses m'ont agacée chez elle. Par exemple, elle sait ce que c'est de manquer d'argent, et elle fait quelque chose d'assez idiot: quand Roy lui offre une boîte uniquement constituée des Quality Street qu'elle aime, elle a une réponse que j'ai jugée franchement stupide. D'autres traits de son caractère m'ont déplu...

En outre, je suis imperméable aux coups de foudre... Ici, la magie n'a pas opéré, malgré les efforts de l'auteur. Surtout que Roy avait déjà une petite amie... Je n'aime pas les histoires de ce style: j'aime Machine, mais je rencontre Truc, et en deux minutes, je suis fou de Truc. Je n'aime pas ces situations principalement parce que je les trouve artificielles, mais aussi parce qu'elles peuvent se reproduire. On me dira que ce n'est qu'un livre, et que ça s'arrête à la fin de l'histoire écrite par l'auteur. Soit, mais pour moi, les personnages des livres doivent pouvoir évoluer dans la vie réelle. À partir de ce moment, rien de dit que cinq mois plus tard, Roy ne pourrait pas aimer passionnément une autre femme.
Et puis, je trouve exaspérante cette idée qui consiste à dire que «l'amour normal avec la bague au doigt» (je cite Roy), ce n'est pas intéressant. Ça renforce le cliché des gens mariés qui ne s'aiment pas (Pourquoi sont-ils ensemble, alors?), et puis ça montre une certaine présomption: nous, on vivra quelque chose de mieux que les autres. C'est très puéril, sachant que chaque histoire est différente, et que chaque couple n'aspire pas forcément à la même chose.
À cause de tout cela, les personnages m'ont semblé sympathiques, mais également lointains. Je n'ai pas réussi à les apprécier réellement.

Enfin, je n'aime pas que Van Cauwelaert fasse du surnaturel, car à chaque fois, il me déçoit. Ici, il y en a une trace. Ce n'est pas tellement par rationalisme que je la rejette, mais parce que le contraste entre ce «morceau» de surnaturel et le monde dans lequel évolue les personnages est beaucoup trop fort. Au lieu d'en être attendrie et bouleversée, je suis restée froide.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 2 novembre 2009

La nuit dernière au quinzième siècle, de Didier van Cauwelaert.

La nuit dernière au quinzième siècle

L'ouvrage:
Jean-Luc Talbot vit avec Corinne et son fils adolescent, Julien. Il est contrôleur des impôts. Dans la petite ville où il vit, les superstitions sont profondément ancrées en chacun. Son collègue, Raphaël Martinez, lui conseille tout un tas de précautions afin de se garder contre le mauvais sort.

Un jour, après une dénonciation, les deux collègues vont contrôler l'entreprise Picard qui a ses quartiers au château de Grénant. C'est alors que les ennuis commencent...

Critique:
Une fois de plus, Didier Van Cauwelaert s'essaie au surnaturel. Pour moi, ce n'est pas vraiment réussi. Bien sûr, on retrouve des façons de faire qui sont la signature de l'auteur, et qui plaisent bien: le couple un peu atypique, des répliques humoristiques, des personnages attachants (notamment Julien, même si c'est un personnage secondaire). Seulement, l'intrigue principale, cette histoire de vies antérieures, ne prend pas. Les théories sont intéressantes: mieux agir dans sa vie antérieure pour avoir une meilleure vie future, changer le passé avec son imagination, l'esprit d'un enfant cherchant à s'incarner, la transmission d'éléments par écriture automatique, etc. Seulement, tout cela a été utilisé et réutilisé maintes fois. Didier Van Cauwelaert écrit beaucoup, et peut-être devient-il une sorte de produit commercial: son éditeur lui demande tant de livres par an. En tout cas, on dirait qu'il ne savait pas de quoi il pourrait bien parler, et qu'il a choisi un thème déjà abondamment traité, et sur lequel il n'a fait que broder autour des théories déjà existantes. Il n'a rien apporté de plus.
D'autre part, cette histoire d'amour par-delà les siècles ne m'a pas convaincue du tout. Et puis, tromper quelqu'un qu'on est censé aimer, même avec quelqu'un qu'on est supposé avoir aimé dans une autre vie, c'est tout de même une infidélité.

Les thèmes et théories abordés l'ont tellement été que l'auteur aurait pu se rattraper en imaginant que tout cela était un complot, et que ça n'avait rien à voir avec le surnaturel. Le narrateur l'envisage, d'ailleurs. Cela aurait peut-être donné plus de force au roman, et aurait montré comment on avait su se servir de thèmes faisant partie de la connaissance commune. Ça aurait donné un petit parfum de renouveau à tout cela.

Bref, je ne pense pas que ce livre vaille le détour. Je l'ai fini pour savoir la fin, et parce que j'aime bien le lecteur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne pour les éditions VDB.

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jeudi, 21 décembre 2006

Cheyenne, de Didier Van Cauwelaert.

Cheyenne

L'ouvrage:
Il y a vingt ans qu'il l'a rencontrée.
Il y a dix ans qu'ils se sont vus pour la dernière fois.
Elle lui a envoyé une carte postale représentant un paysage qu'il connaît. Il pense qu'elle lui donne rendez-vous là-bas, à Envers. Il roule, il roule. Il se rend au rendez-vous. Que veut-elle? Pense-t-elle que c'est encore possible entre eux, malgré les blessures involontaires qu'ils se sont infligés?

Critique:
Le roman est à la fois gai et triste. Lorsque le personnage principal raconte sa première rencontre avec Cheyenne, l'atmosphère est enjouée. Il a onze ans, et ce qu'il tente de faire, son caractère, Son courage, ses remarques amusantes font de cette rencontre un moment heureux, même si le petit garçon en sort le coeur blessé par son premier chagrin d'amour.
En outre, si le petit garçon naïf et au coeur plein de rêves est attendrissant, il est parfois agaçant.

Ensuite, le roman devient plus grave. Les deux personnages principaux se revoient, se confient l'un à l'autre. On apprend le passé de Cheyenne, et l'amusement fait place à l'horreur d'une réalité. L'enfance et l'adolescence de Cheyenne ont été houleuses pour son coeur. Le plus terrible est certainement l'attitude de ses parents qui savaient et ne disaient rien. Le père faisait comme si c'était normal, et la mère accusait Cheyenne d'être fautive.

Ce livre est également une leçon de tolérance. Certains rejetaient Cheyenne à cause de sa différence. Ce qu'elle a vécu lui a forgé un caractère particulier, et certains ne supportaient pas cette différence. Le coup de grâce lui a sûrement été assené par ses beaux-parents...

Ce genre de romans peut surprendre de la part de Didier Van Cauwelaert, car en général, ses romans sont plutôt optimistes. Ici, il n'y a qu'une petite note d'espoir: la vie continue, et le personnage principal immortalisera Cheyenne. Quant à l'ex mari de cette dernière, il ne l'oubliera pas non plus. On pense même que leur fils saura qui elle était, ce qu'elle aimait, ce qu'elle a vécu. Mais le lecteur a quand même le sentiment d'un échec, à cause de la décision de Cheyenne.

Je n'ai pas trop aimé ce livre. Il n'a pas vraiment su me toucher en profondeur, même si le personnage de Cheyenne m'a émue. Je pense qu'il ne m'a pas apporté grand-chose, mais je n'ai rien à lui reprocher... Il n'est pas déplaisant, et dépeint un personnage sympathique et émouvant, mais il ne me convainc pas vraiment.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sébastian Lazennec pour les éditions la Croix des Landes.

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lundi, 22 août 2005

Hors de moi, de Didier van Cauwelaert.

Hors de moi L'auteur:
Didier Van Cauvelaert est assez connu du public. Il a écrit plusieurs romans dont "La demi-pensionnaire" (pas mal), "L'évangile de Jimmy" (m'a surtout fait réfléchir sur la manipulation des esprits), "L'éducation d'une fée" (pas trop mal, même si la fin est un peu bateau), "L'apparition" (très bien), "Un aller simple" (très bon début, mais après, ça traîne, et c'est moins intéressant).

L'ouvrage:
Un homme rentre chez lui après quelques jours de coma, et il en est chassé par un autre homme qui se dit être lui. Il est entraîné dans une espèce de cauchemar où il doit prouver qu'il est lui. Mais l'autre homme a des papiers à son nom, sa femme ne reconnaît que l'autre homme comme étant son époux, l'autre homme connaît sa vie par coeur, etc...

Critique:
L'idée de départ est très bonne, même si elle paraît un peu bateau. On se sent vraiment dans l'engrenage avec le personnage principal. Surtout que c'est le genre de rêve qu'on pourrait faire. Je ne l'ai jamais fait, mais je sais que c'est le genre de rêve que je pourrais faire. D'ailleurs, on attend Didier Van Cauwelaert au tournant, et on espère qu'il ne va pas nous faire une fin aussi bateau que celle de cette écrivaillonne d'Amélie Nothomb dans "Cosmétique de l'ennemi". On a peur que le personnage principal se réveille à la fin.

Eh bien, il n'en n'est rien. Cette idée de départ était très dangereuse, car elle comportait un très grand risque de fin bâclée et non crédible. Personnellement, je n'ai pas trouvé que la fin détonnait. Elle surprend, et fait un peu peur en même temps. En effet, on a peur pour le personnage principal, mais aussi de ce qui lui est arrivé. Même si ce n'est pas possible, actuellement, qui sait si cela ne le sera pas, un jour?...

Bref, Didier Van Cauwelaert s'essaie au roman à suspense, à la science fiction, et ce n'est vraiment pas mal du tout.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur pour les éditions Lire dans le noir

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