Fleur et sang

L'ouvrage:
François Vallejo raconte, en parallèle, l'histoire d'Étienne Delatour, chirurgien vivant de nos jours, et d'Urbain Delatour, apothicaire à l'époque du roi Soleil. Les Delatour sont médecins de père en fils.

Critique:
J'ai apprécié ce livre. En général, je n'aime pas les romans alternant les intrigues, mais François Vallejo a su me captiver. Souvent, dans les ouvrages de ce genre, l'une des histoires est moins intéressante. Pour ma part, j'ai apprécié les deux.

Les chapitres racontant la vie d'Étienne sont à la troisième personne; ceux évoquant Urbain sont à la première personne, mais c'est le fils d'Urbain qui raconte. Ce personnage m'a semblé intéressant, car sage. Il pressent certaines choses, réfléchit, sait (malgré son amour pour son père) que ses actes ne sont pas toujours francs. En outre, il parvient à prendre son parti de l'obligation qu'il a de relayer son père.

Au départ, Urbain semble sympathique, alors qu'Étienne paraît étrange. Petit à petit, un glissement s'opère. Étienne reste étrange, mais on finit par le comprendre.
Au long du roman, l'auteur s'amuse à créer des parallèles entre les vies des deux hommes. Étienne vit des amours tumultueuses avec Irène de Saint Aubain qu'il appelle parfois par ses initiales, ISA. D'autre part, Urbain et sa famille ont affaire à la fille de leur seigneur, Isabelle. Il y a d'autres parallèles plus subtiles, mais le but est de ne pas trop en dévoiler. Il est intéressant de voir que deux hommes vivant totalement différemment par la force des choses vont se rejoindre. Des événements, malgré leur différence, présenteront une certaine similitude.
Irène et Isabelle se ressemblent aussi, bien qu'évoluant dans des contextes totalement différents.

À part le fils d'Urbain, je n'ai apprécié personne sans réserve. Étienne et Urbain ne sont pas absolument détestables, mais leur côté froid m'a gênée. Étienne est compliqué, tourmenté... Je n'ai pas vraiment compris ce qu'il trouvait à Irène... Je l'ai davantage apprécié vers la fin, car ce qu'il subit finit par percer sa carapace, et il semble devenir quelque peu humble. Quant à Urbain, je n'ai pas vraiment pu excuser ses actes, sûrement parce que le personnage ne me plaisait pas.

Éditeur: Viviane Hamy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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