Vongozero

L'ouvrage:
Russie.
Un virus sévit dans le pays. Anna et Sergueï décident de fuir jusqu'à un endroit reculé où ils ont une maison. Ils emmènent le fils d'Anna, l'ex femme de Sergueï et leur fils, le père de sergueï, et leurs voisins (Léonid et Marina).

Critique:
Ce roman m'a rappelé «La route», de Cormack McCarthy. J'ai préféré «Vongozero», car dans «La route», certaines choses étaient trop floues pour mon esprit trop rationnel.

Yana Vagner plonge ses personnages dans une situation extrême, et montre leurs réactions. J'ai apprécié une grande partie du roman, car je trouvais que les caractères se révélaient, les fissures apparaissaient, etc. par exemple, la relation d'Anna et Sergueï n'a pas toujours été très saine. La gravité de la situation en fait ressortir les aspérités. Cependant, elle montre aussi un aspect de Sergueï que je n'aurais pas imaginé à la lecture du tout début.

La romancière installe également un climat de tension dans lequel soudain, quelqu'un craque, et agit de manière inappropriée ou inconvenante. C'est souvent Marina qui agit étrangement.

Ensuite, comme dans «La route», on voit nos personnages croisant le chemin d'autres gens. Leur comportement est parfois agaçant. Par exemple, à un moment, ils obtiennent quelque chose par la ruse et le vol. À cette occasion, le personnage floué leur dit qu'ils auraient dû commencer par demander cette chose.

Si l'idée de départ est intéressante, j'ai l'impression que ce roman n'est pas tout à fait abouti. Par exemple, certains personnages étaient épais, au départ. À la fin, on a l'impression qu'ils sont si insignifiants qu'ils pourraient être interchangeables. Je pense surtout à Boris et Sergueï.
L'auteur a choisi de donner à Irina une attitude de princesse des glaces. Cela peut se comprendre, au tout début, mais ensuite, c'est un peu lourd. Bien sûr, son attitude change un peu, mais surtout vers la fin. On me dira que c'est ainsi qu'Irina fait avec sa souffrance...

Le livre est comme une sorte de parcours initiatique. Les personnages recherchent une sorte de terre promise, leur chemin est semé d'embûches, mais aussi de trouvailles sympathiques. Seulement, ces trouvailles semblent parfois incongrues. Par exemple, ils manquent d'essence et trouvent un camion dont le réservoir en contient. On me dira que dans «La route», à un moment, les héros trouvent une maison délaissée et pleine de boîtes de conserve. Certes, mais j'ai trouvé cela moins gros que ce camion semblant attendre les personnages de «Vongozero».
À un moment, Anna (la narratrice) se met à dire qu'ils paient pour leurs péchés. J'ai trouvé ce passage long, d'autant que je n'aime pas l'idée qu'il fait passer.

Un roman dont certains aspects m'ont captivée car je les ai trouvés bien exploités, mais dont certains autres m'ont plutôt agacée, me donnant une sensation d'inachevé.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Mirobole.

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