Auteur : Tremayne SK

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samedi, 15 juillet 2017

La menace de S. K. Tremayne.

La menace

L'ouvrage:
Rachel, trente ans, issue d'une famille pauvre, vient d'épouser David Kerthen, riche propriétaire du manoir de Carnhallow, en Cornouailles, et veuf depuis dix-huit mois. Le fils de David, le petit Jamie, semble apprécier Rachel. La jeune femme s'installe avec bonheur dans son nouveau foyer. Mais au bout de quelque temps, cette joie se crevasse. Le souvenir de Nina (la première femme de David) reste très présent. Jamie croit la voir dans la maison, et il se met à faire de terribles prédictions.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. Je l'ai lu avec beaucoup de plaisir, et je n'ai pas pu le lâcher avant la fin. L'auteur décrit très bien une ambiance: cet immense manoir dans les corridors duquel on a l'impression de voir se promener un fantôme, ces superstitions entourant les Kerthen, ce qu'on apprend quant à certains ascendants de David... le tout ayant lieu près de mines pleines d'histoires d'événements terrifiants dont le dernier n'est pas le moindre, et de la mer qui peut être tour à tour accueillante et dangereuse. D'autre part, SK Tremayne crée des rebondissements bienvenus, et force le lecteur à se demander ce qui est vrai, propose des demi-pistes... Il ne triche pas, laissant plutôt travailler l'imagination du lecteur.

Cependant, certaines choses sont un peu lentes. Par exemple, Rachel pense qu'il y a un indice sur la photo d'un magazine. Entre ce moment et celui où elle découvre tout, le temps est un peu long. Cela est excusable, car on peut penser que le souvenir est enfoui dans la mémoire de l'héroïne et met du temps à sortir.
D'autre part, la peur manifestée par Rachel et Jamie est un facteur d'angoisse, et il est très bien que le lecteur en soit témoin. Pourtant, cela aussi finit par durer trop longtemps. Ce sont des moments qui tiennent en haleine, mais je trouve que l'auteur tire un peu trop sur cette corde.

Ensuite, il y a des choses franchement très grosses. Ce que Rachel découvre au moment où elle trouve l'indice donné par la photo en est une. Surtout qu'apparemment, aucun protagoniste n'a tenté, après la mort de Nina, de forcer le destin (ou alors, j'ai manqué quelque chose). Si l'un d'eux avait fini par révéler qu'il avait forcé le destin, cela aurait également été gros, car pas vraiment dans le caractère des personnages, ou alors, il aurait fallu beaucoup d'explications...
La manière dont les «hallucinations» de Rachel et de Jamie sont expliquées est un peu bancale. Ça peut se tenir, mais cela ne me convainc pas vraiment.
De plus, comment peut-on être absolument sûr qu'une psychose comme celle décrite ici est bien due à une dépression postpartum, et ne se reproduira que si la femme est à nouveau enceinte? Qu'est-ce qui fait qu'une grossesse et rien d'autre peut être vecteur de cela?

Certaines critiques disent que ce roman est un mauvais remake de «Rebecca», de Daphné du Maurier. Il est vrai qu'on retrouve un écho de ce roman. L'éditeur audio a d'ailleurs fait enregistrer «La menace» par la comédienne qui a enregistré «Rebecca» pour les éditions Audiolib. Je pense que c'est un clin d'oeil voulu qui accentue l'écho pour ceux qui écouteraient ces deux romans. Je pense que l'auteur ne nie pas cet écho. Le prénom de Rachel est peut-être même un clin d'oeil à Daphné du Maurier et à son roman «Ma cousine Rachel». Quant à moi, cela ne m'a pas du tout gênée. L'auteur a repris certaines idées, mais en a fait quelque chose de différent. Ce qui a peut-être le plus agacé ceux qui ont fait ce reproche, c'est le fait que Carnhallow semble vivante, semble avoir une personnalité, et jouer un rôle prépondérant, tout comme Manderley.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Virginie Méry.

Je connais cette comédienne pour ses doublages. Je l'apprécie beaucoup. J'ai été ravie de l'entendre ici. Pour moi, elle est à la hauteur de ce que me laissaient supposer ses doublages. Elle ne surjoue pas. Lorsque Rachel est prête à pleurer, la comédienne sait adopter un ton à la fois brouillé et apeuré. Beaucoup auraient surjoué.
Virginie Méry ne modifie pas sa voix (ou à peine) pour faire les hommes, et cela passe très bien. J'ai l'impression que certains comédiens ont peur de mal jouer s'ils ne modifient pas leur voix pour les rôles du sexe opposé au leur. Ici, je trouve que la comédienne a eu raison. Je pense qu'un changement de voix flagrant aurait été affreux. Cela aurait été une corvée pour elle, puis pour moi au moment de l'entendre.
Le talent de la comédienne est une des raisons pour lesquelles j'ai apprécié ce livre, malgré ses défauts. J'espère qu'elle enregistrera à nouveau des livres qui me tenteront.

Pour information: la structure du livre a été respectée à 99%. Seul un chapitre est coupé en deux.

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lundi, 27 juillet 2015

Le doute, de SK Tremayne.

Le Doute

Note: L'auteur tient apparemment à garder l'anonymat. Cependant, lorsqu'on tape SK Tremayne dans un moteur de recherche, on trouve de qui il s'agit.

L'ouvrage:
Angleterre.
Voilà un an que Lydia Moorcroft, six ans, est morte. Ses parents (Angus et Sarah), et sa soeur jumelle (Kirstie) tentent de surmonter leur chagrin. Une manière d'y parvenir est d'aller habiter la maison qu'Angus a héritée de ses grands-parents, sur Torran Island, en Écosse.
Peu avant le déménagement, Kirstie dit à sa mère qu'elle n'est pas Kirstie, mais Lydia.

Critique:
L'auteur de ce roman a su mélanger habilement plusieurs choses afin de prendre le lecteur dans une toile inextricable. Il y a d'abord cette affirmation de la jumelle survivante. En bonne pragmatique, je me suis demandé pourquoi elle ne l'avait pas dit avant. Bien sûr, tout n'est pas si simple. L'auteur donne plusieurs raisons qui sont toutes plausibles.

Ensuite, il y a les événements qui font qu'Angus et Sarah ont du mal à communiquer. L'auteur utilise cette ficelle un peu pénible qui consiste à montrer l'un des personnages (en l'occurrence Angus) en sachant plus que le lecteur, mais ne disant pas tout ce qu'il sait. Cette frustration est contrebalancée par la manière dont Sarah appréhende les choses. Elle en sait autant (ou presque) que le lecteur, et lorsqu'elle découvre quelque chose, le lecteur le découvre en même temps. À ce sujet, un lecteur pointilleux dira que le romancier a joué quelque peu sur les mots, la façon de dire certaines choses pour nous faire «interpréter» certaines paroles dans un sens donné. Certes, mais au final, les choses se tiennent. En outre, SK Tremayne nous rappelle qu'il est aisé d'interpréter une phrase, qu'il faut prendre ses précautions avant de tirer hâtivement une conclusion.

Le thème de la gémellité est évidemment abordé. J'ai trouvé que SK Tremayne le faisait mieux que d'autres auteurs. Il parle bien sûr d'une très grande complicité, et donc du désarroi de celle qui reste. Il évoque le thème sans trop en faire. À un moment, j'ai souri: Sarah se souvenait que Kirstie et Lydia se faisaient des bises alors qu'elles étaient dans son ventre. Cela m'a rappelé le roman de Jean-Christophe Grangé («Le passager», je crois) où l'un des jumeaux essaie de tuer l'autre in utero. Bref, il aborde le thème sans grandiloquence, à l'inverse d'autres.

SK Tremayne n'oublie pas l'ambiance. Certains faits prennent davantage de force parce qu'ils arrivent dans cette maison dont certains endroits sont insalubres, où on côtoie des rats, où le téléphone et la difficulté d'établir une communication évoquent des personnes en détresse ne pouvant se faire entendre. L'île joue également un rôle important dans la montée de l'angoisse. Battue par le vent (il y a d'ailleurs une tempête lors d'un moment crucial), abritant des sables mouvants (auxquels la famille aura affaire), ayant une réputation mystérieuse, l'île est presque personnifiée. Ceux qui sont convaincus qu'il existe des endroits «maléfiques» adhéreront à ce que laisse entrevoir la fin.

Quant aux personnages, il en est un qui, dès le départ, m'a semblé louche pour plusieurs raisons. Il s'est révélé que j'avais vu juste.

Il n'y a aucune lenteur, rien n'est bâclé. On plonge rapidement au coeur de l'intrigue, et il est difficile de lâcher le roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Presses de la cité dans le cadre de l'opération Masse Critique, organisée par Babelio.

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