Auteur : Treadway Jessica

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lundi, 22 octobre 2018

How will I know you?, de Jessica Treadway.

How will I know you?

L'ouvrage:
Une adolescente, Joy Enright, disparue le 13 novembre 2009, est retrouvée début décembre. Elle a été étranglée. Après deux témoignages et une perquisition, la police arrête un suspect, Martin. Celui-ci jure qu'il est innocent. Il est persuadé que la pièce à conviction retrouvée chez lui y a été introduite par le chef de la police, Douglas Armstrong, alors que ses hommes et lui fouillaient la maison.

Critique:
Ayant aimé «D'un mauvais oeil», j'ai saisi l'occasion de lire un autre roman de Jessica Treadway. Je n'ai pas été déçue, il m'a beaucoup plu. Il est raconté de plusieurs points de vue: ceux de Suzanne (la mère de Joy), Martin (le suspect), Harper (une amie de Joy), et Tom (le gendre du chef de la police). Vers la fin, un passage raconté par Joy explique ce qui s'est passé le soir du 13 novembre. Le récit de chacun alterne le passé et le présent. Cela ne m'a pas du tout dérangée, alors qu'habituellement, je n'aime pas trop cette structure.

À travers tous ces points de vue, on découvre qui était Joy: son caractère, ses ennuis, ses motifs d'agir, ses failles. Bien sûr, on découvre également ces aspects chez tous les personnages qui prennent la parole.

Il n'y a que les scènes narrées par Tom qui évoquent moins Joy. En effet, il la connaissait peu. Il parle surtout de son mariage, de ses soucis avec son beau-père (ils ont un rapport avec sa manière d'agir ensuite concernant l'affaire Joy), de sa détresse due au fait qu'il sait bien que sa femme (Allison) ne voudra jamais reconnaître que Douglas le déteste... Tom a beaucoup de choses à gérer tant au niveau de son travail qu'émotionnellement. Ce personnage m'a émue, et dès le début, j'ai été de son côté. Au long du roman, j'ai apprécié ses réflexions, sa façon de voir les choses, et j'ai eu de la peine pour lui.

J'ai apprécié Harper. Lorsqu'elle a fait de mauvais choix, je l'ai comprise, même si je ne l'approuvais pas. Elle est déboussolée quant à son amitié avec Joy, désoeuvrée quant au comportement de sa mère... C'est une gentille fille un peu perdue. J'imagine que nous aurions été beaucoup à agir comme elle, à sa place.

Je n'ai pas vraiment apprécié ce que Joy était. J'ai compris pourquoi elle faisait ceci ou cela, mais je l'ai moins excusée qu'Harper. Pourquoi n'a-t-elle pas tout de suite parlé à ses parents quant à ce qui la peinait? Il est vrai que souvent, quand des choses ne vont pas dans la famille, on n'en parle pas, on ne met rien à plat, on se tait, et l'amertume augmente avec le temps. Ce comportement s'est ajouté à la façon dont Joy s'est mise à traiter Harper, et aux mauvaises choses qu'elle faisait par ailleurs. Bien sûr, elle avait des raisons défendables de faire cela, mais elle s'est enferrée dans le non-dit. Il est à la fois réconfortant et triste que le soir de sa mort, elle ait souhaité tout avouer à ses parents. Je ne l'ai pas trop appréciée, mais je savais qu'au fond, elle ne voulait pas mal faire.

Dès le départ, j'ai décidé de ne pas croire que Martin étais coupable. J'ai très vite accusé quelqu'un d'autre... Et vous, qu'en penserez-vous? En tout cas, l'auteur a joué finement. Les choses sont très bien amenées. Un regret reste, mais je ne sais pas comment Jessica Treadway aurait pu faire pour que cela soit différent. Ayant décidé de ne pas soupçonner Martin, je l'ai rapidement apprécié. Il décrit très bien son attachement pour son père et sa grand-mère, ainsi que sa passion pour son travail. Ensuite, j'ai compris ce par quoi il passe...

Les personnages et les situations qu'ils vivent sont très réalistes. Je tais certaines choses que j'aimerais dire (concernant les parents de Joy, la mère d'Harper, et la famille Armstrong), mais c'est parce que je ne veux pas trop en dévoiler. En tout cas, ce roman sonne juste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Hachette Audio. La distribution est la suivante: Lauren Fortgang a lu les passages du point de vue d'Harper, Ryan Vincent Anderson a lu ceux narrés par Martin, Christopher Ryan Grant a interprété ceux du point de vue de Tom, Cynthia Farrell a lu ceux du point de vue de Suzanne, et Caitlin Kelly a enregistré celui du point de vue de Joy.

Je ne connaissais bien que Lauren Fortgang, que j'aime bien, mais dont je me méfie parfois, car je suis tombée sur un livre (pas chroniqué car pas terminé) où elle prenait un accent et une voix horribles, et surjouait. Ici, j'ai aimé son interprétation. Elle ne surjoue pas, et lit de manière naturelle.

J'ai beaucoup aimé l'interprétation de Ryan Vincent Anderson ainsi que celle de Christopher Ryan Grant. Elles sont vivantes, les comédiens n'exagèrent jamais, ils jouent les émotions de manière appropriée.

Cynthia Farrell m'a également convaincue, mais j'ai une petite réserve. Cela ne m'empêchera pas de lire d'autres romans enregistrés par elle.

Après cette lecture, je ne peux pas me faire une opinion sur le jeu de Caitlin Kelly, qui lisait bien moins que les quatre autres. Cependant, à première écoute, je peux dire que je l'ai apprécié. J'irai donc vers des romans qu'elle a enregistrés en entier.

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vendredi, 3 juillet 2015

D'un mauvais oeil, de Jessica Treadway.

D'un mauvais oeil

L'ouvrage:
Il y a trois ans, Hanna et Joe Schutt ont été agressés à coup de maillet, en pleine nuit. Vraisemblablement, le coupable serait Rud Petty, le petit ami de leur fille cadette, Dawn. Joe a succombé à ses blessures. Hanna a survécu, mais ne garde aucun souvenir de la funeste nuit. C'est alors que Rud Petty obtient un nouveau procès. Alors que la procureur presse Anna de témoigner, Dawn décide de revenir habiter avec sa mère.

Critique:
Ce roman est un thriller psychologique comme je les aime. L'énigme n'est pas ce qui importe le plus, même si, bien sûr, le lecteur finit par en avoir la solution. Elle est d'ailleurs tout à fait plausible. Tout au long du roman, Jessica Treadway la prépare. Certains lecteurs la devineront peut-être rapidement, mais ce n'est pas grave, car le plus important est la psychologie de ces personnages. L'énigme n'est qu'un déclencheur: elle pousse Hanna à «faire le ménage dans sa tête».

Chacun doit gérer le drame à sa manière. Chacun fait comme il peut. Hanna (la narratrice) est, comme elle le dit elle-même à la fin, assez effacée par rapport à d'autres. Elle fait attention aux réactions des autres. À travers des retours en arrière, on comprend qu'elle était souvent dans l'ombre de Joe. Il était plus assuré, savait toujours comment dire les choses. Hanna se sent souvent empotée, ne sait pas toujours faire passer ses sentiments. En outre, son instinct de mère lui commande de protéger celle de ses filles qui lui semble la moins armée pour la vie.

Jessica Treadway crée des personnages dont les rapports sont compliqués, notamment lorsque Dawn entre dans l'équation. Chacun a des rapports houleux avec elle. Anna s'interroge beaucoup sur ses enfants, sur ce qu'elle a mal fait, etc. L'auteur montre très bien jusqu'où peut aller l'amour (et ses complications) de parents pour des enfants, et inversement. Par exemple, Iris, la fille aînée, est complètement transformée par le drame, ses retombées, ce qu'elle en ressent, le mal qu'elle a à communiquer avec sa mère...

À travers l'un des personnages, Jessica Treadway brosse un portrait d'autant plus effrayant que ce genre de personnalités existe. C'est assez déstabilisant, car la personne en question semble à la fois machiavélique, malade, insensible, égoïste, irresponsable... Certains de ses adjectifs sont contradictoires. La personne est sûrement un mélange de tout cela. Pour ma part, je ne lui accorde aucune circonstance atténuante, même si elle est, en quelque sorte, complexe.

Au long du roman, Hanna a affaire à la procureur, qui tente de la pousser à témoigner dans un sens qui ne plaît pas à notre héroïne. Si le lecteur peut être vaguement exaspéré par cette insistance, il la comprend également. Gail se montre patiente et compréhensive, jusqu'à la fin.

Je ne parlerai pas de tous les personnages, mais il faut savoir que chacun est bien dépeint par la romancière. Son analyse est poussée et juste.

La toute fin est comme un tournant. Je ne peux pas trop en dire, mais je pense qu'elle n'est pas anodine.

J'ai l'impression que ma critique est fade, et ne rend pas assez justice à ce roman abouti, creusé, fin, réaliste, où la tension est savamment distillée... Cela tient en partie au fait que cet ouvrage fait partie de ceux à propos desquels il est impératif de ne pas trop en dire sous peine de gâcher certaines choses aux futurs lecteurs.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Préludes dans le cadre de l'opération Masse Critique, organisée par Babelio.

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