Auteur : Taylor Bradford Barbara

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jeudi, 11 janvier 2007

Accroche-toi à ton rêve, de Barbara Taylor Bradford.

Voir la critique du tome 1.

Accroche-toi à ton rêve

L'ouvrage:
Après avoir découvert un complot fomenté par quatre de ses enfants qui veulent s'approprier Harte Enterprise, Emma Harte y a mis bon ordre en nommant ses petits-enfants légataires. Eux l'aiment et la respectent. Ils ne songent pas du tout à la dépouiller. C'est ainsi que Paula (qui était déjà mêlée aux affaires de sa grand-mère), Emily, Alexandre, Sarah, et Jonathan vont travailler dans les différents magasins d'Emma. Il y aura aussi le fils et les petits-enfants de Blacky, le meilleur ami d'Emma.
D'autre part, Emma a mis toutes ses rancunes vis-à-vis des Ferley de côté, du moins, elle a reconnu que ce que lui avaient fait les Ferley ne pouvait s'appliquer au petit-fils d'Edwin, Jim. Jim travaille pour elle, et est également marié à Paula.

Blacky en a assez de voir Emma travailler sans jamais prendre de vacances. Il veut l'emmener faire le tour du monde.
Winston et Emily découvrent qu'ils s'aiment depuis toujours.
Anthony veut divorcer de Mine avec qui il ne s'entend pas. Il aime follement Sally.
Shane aime Paula, et il sait qu'il ne pourra jamais aimer d'autres femmes. Il ne peut même pas faire l'amour avec une femme s'il n'imagine pas qu'elle est Paula.
Sarah est amoureuse de Shane. De ce fait, elle déteste Paula, qui semble être la seule à ne pas se rendre compte de la passion de Shane pour elle.
Alexandre courtise Maggie Reynolds.
Elizabeth a rencontré un autre homme dont elle est folle.
Emma s'inquiète, car il lui semble que l'un de ses petits-enfants ne pense qu'à l'argent, et à ruiner les autres à son profit.

Critique:
Heureusement, au début du livre, il y a un arbre généalogique qui resitue tout le monde. Et même avec l'arbre en tête, c'est une grande pagaille dans laquelle on patauge parfois un peu, entre les descendants d'Emma, ceux de Winston, ceux de Franck, ceux de Blacky, ceux de David Calinsky... Ces histoire qui s'entrecroisent, ça fait un peu soap opera. C'est un peu agaçant.

Le lecteur avisé verra certaines choses arriver de très très loin. Par exemple, on sait presque dès le départ que le mariage de Jim et Paula ne va pas marcher, et qu'elle va se mettre avec Shane. On devine aussi comment Paula va finir par être débarrassée de Jim.
Et bien sûr, ce cher Jim est dépeint par la romancière comme un alcoolique, intéressé par l'argent, qui, en plus, ne sait pas éveiller les sens de Paula, ne pensant qu'à son propre plaisir, négligeant les préliminaires, ce qui montre son égoïsme. Bref, elle fait tout pour nous le rendre désagréable. C'est trop manichéen, et donc, beaucoup moins intéressant que si Jim avait eu moins de défauts. C'est facile de ne pas aimer un homme comme ça. C'est facile de faire du manichéen, du caricatural.

Ce manichéisme se retrouve ailleurs dans le roman. Deux petits-enfants d'Emma agissent en douce pour s'emparer de la fortune. Les autres les démasquent, les confondent, et les licencient. Seulement, l'un d'entre eux a des motivations qui peuvent se comprendre: étant aveuglé par l'amour (et la haine), et ayant été manipulé par l'autre. Ce personnage aurait mérité une seconde chance. D'après son attitude, il l'aurait sûrement saisie. Mais les autres agissent de la même façon avec les deux comploteurs, et en plus, ont le toupet de justifier leur absence de pitié pour le personnage moins responsable.

Les petits-enfants d'emma (du moins ceux qui ne fomentent rien contre elle, et surtout Emily et Paula) ont l'air d'être complètement endoctrinés au dogme d'Emma. A un moment, Jim dit à Paula qu'elle a la façon de penser de sa grand-mère, et qu'elle ne peut pas penser autrement. Elle se récrie, mais le lecteur (du moins moi) n'est pas loin de partager l'opinion de Jim. Pour Paula (et certains autres), tout ce que dit et fait Emma est à suivre à la lettre. Et si Emma paraît un peu plus sympathique, son autorité étouffante est toujours aussi énervante pour le lecteur.

A un moment, une fille dit à Shane que personne ne se marie hors du clan familial, chez les Harte/O'Neill. C'est exactement le sentiment qu'on a, même si Alexandre épouse Maggie Reynolds. Bien sûr, ils ont tous été élevés ensemble, se connaissent depuis l'enfance, et il est logique que certains tombent amoureux les uns des autres, mais ça referme encore plus la famille sur elle-même, et la montre encore plus comme une secte qui ne saurait s'écarter du chemin tracé par Emma.

Autre chose rappelle "Les oiseaux se cachent pour mourir". Après l'avalanche, Paula a exactement la même réaction que Justine après la noyade de Dane.

J'ai passé un bon moment en lisant ce livre, malgré ma critique assez négative, mais c'est surtout parce que je voulais connaître la suite. C'est d'ailleurs pour ça que je vais sûrement lire les autres tomes. Au départ, "L'espace d'une vie" n'était pas écrit pour avoir une suite. Mais après son énorme succès (usurpé, à mon avis, parce qu'il y a largement mieux), et le succès de la série télévisée tirée du roman, Barbara Taylor Bradford a dû décider d'écrire une suite, sûre que les gens ayant aimé le tome 1 achèteraient le tome 2. Et donc, elle ne s'est pas trop foulée sur le scénario, et a mis des choses qu'on voit venir gros comme une maison, étant sûre de vendre.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 8 janvier 2007

L'espace d'une vie, de Barbara Taylor Bradford.

L'espace d'une vie L'ouvrage:
1904. Emma Harte a 14 ans. Elle est fille de cuisine à Ferley Hall. Elle vit dans une sordide masure, et toute sa famille travaille pour Adam Ferley. Sa mère, Elizabeth Harte, est malade. La pauvreté des Harte fait qu'elle ne peut pas être soignée convenablement.
En outre, Franck, le petit frère d'Emma, se passionne pour les études et les livres, et il a été forcé d'abandonner l'école pour travailler, et gagner de l'argent pour sa famille.

Emma déteste les riches Ferley, qui, pense-t-elle, se permettent de vivre dans l'opulence, de prendre les domestiques de haut, de les maltraiter, et qui ne se rendent même pas compte de l'indigence dans laquelle vivent certains d'entre eux. Sa haine sera redoublée à cause de ce qui se passera entre elle et Edwin Ferley, et à cause des circonstances de la mort de son père. Elle veut devenir riche, pour ne plus vivre dans la misère, et aussi pour se venger des Ferley. Un jour, c'est sûr, elle les ruinera, elle Sera plus riche qu'eux, elle leur fera payer leur arrogance. Elle travaillera d'arrache-pied pour réussir.

Critique:
Le livre s'ouvre sur un prologue qui se déroule en 1968, et qui raconte certains événements qui arrivent alors qu'Emma a 78 ans. Ensuite, il y a l'histoire, de 1904 jusqu'en 1950, puis l'épilogue qui est la suite du prologue. Je trouve cela un peu dommage, car dans le prologue, on apprend des choses qu'il aurait mieux valu découvrir au long du livre. On apprend d'abord qu'Emma a réussi à devenir très riche. On s'en doute, bien sûr, mais le savoir dès le début gâche un peu le plaisir de la découverte.
On apprend aussi qu'Emma a 5 enfants. Et si on fait attention à leurs noms de famille (et pour l'une à son prénom), au fur et à mesure qu'on découvre les personnages, on sait avec qui Emma les a eus. On apprend aussi que malheureusement, Emma ne s'entend pas bien avec ses enfants, sauf avec l'une d'eux.

La quatrième de couverture signale que "L'espace d'une vie" est un ouvrage comparable à "Les oiseaux se cachent pour mourir". Effectivement, c'est une longue saga familiale qui s'étale sur quatre générations (le McCullough s'étale sur trois générations), avec des amours impossibles. Mais on retrouve certaines ressemblances qui peuvent faire penser au lecteur que Barbara Taylor Bradford s'est un peu inspirée de certaines situations, de certaines ambiances de Colleen McCullough. C'est un peu dommage. Par exemple, Winston, le frère aîné d'Emma veut s'engager dans la marine, et entre en conflit avec son père à ce sujet; le frère de Meggie veut s'engager pendant la guerre de 14-18, il veut s'en aller de la maison, de toute façon, et entre en conflit avec son "père". Bien sûr, ce n'est pas les mêmes conflits, mais les affrontements père-fils rappellent un peu McCullough.
Le deuxième frère d'Emma s'appelle Franck, comme le frère aîné de Meggie. Le mari de Meggie s'appelle Luke O'Neill, et le meilleur ami d'Emma s'appelle Blacky O'Neill. Ca, c'est du pinaillage, je sais, mais je ne l'aurais peut-être pas remarqué si la quatrième de couverture de "L'espace d'une vie" n'évoquait pas "Les oiseaux se cachent pour mourir", sorti un an avant.
Fiona, la mère de Meggie, a passionnément aimé un homme, avant d'épouser Padraic Cleary; Elizabeth, la mère d'Emma, a eu une liaison passionnée avant d'épouser John Harte.
Padraic Cleary est un homme bon, qui attendrit et touche tout de suite le lecteur, malgré ses colères; il en va de même pour John Harte. De plus, tous les deux meurent de manière totalement injuste, et, accessoirement, tous les deux meurent par le feu. Enfin, je crois que Padraic est foudroyé lors d'un orage, mais il me semble qu'il y a une histoire d'incendie... Il va falloir que je relise le livre. ;-)

Le livre n'est pas mal, avec beaucoup de personnages qui s'entrecroisent, qui se déchirent, qui s'aiment follement... Il y a certaines situations un peu grosses qui m'ont un peu agacée. Et Emma n'est pas toujours sympathique au lecteur. On comprend sa haine et son envie de vengeance, mais son opiniâtreté, son acharnement au travail, sont parfois pénibles. D'une manière générale, c'est son caractère, son personnage qui agacent un peu. Elle a tout ce qu'elle veut, elle réussit tout... Elle est un peu hautaine, et méprise facilement les gens. Si on veut continuer la comparaison, on lui préfère Meggie, qui est plus douce, plus aimable, qui a ses faiblesses, qui semble plus humaine.
De plus, Emma met tous les patrons dans le même sac, sans penser que certains s'inquiètent pour les domestiques, et espèrent une vie meilleure pour eux.

L'histoire d'amour entre Emma et Paul me semble un peu tirée par les cheveux... Emma aime passionnément un personnage, puis un autre, puis enfin, Paul. Son coeur est bien volage. On comprend qu'elle cesse d'aimer le premier homme, mais on se demande pourquoi elle cesse d'aimer le deuxième. Il lui est inaccessible, mais en général, cela n'arrête pas le coeur. Ensuite, lorsqu'elle est avec Paul, il y a certains passages clichés, qui sont supposés être émouvants, mais que j'ai trouvés plutôt gnan gnan, comme par exemple, celui où il lui offre l'émeraude familiale.

Autre situation un peu clichée, à mon avis: Emma n'a de complicité et d'amour qu'avec l'enfant qu'elle a eu d'un homme qu'elle a réellement aimé. Elle a bien essayé d'être une mère pour les autres, mais elle a toujours préféré Daisy, et ses autres enfants ont des caractères durs et superficiels.

Le livre est bien, mais pas aussi bien que ce à quoi je m'attendais, ayant lu qu'il avait été un best-seller au même titre qu "Les oiseaux se cachent pour mourir".

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Edit: Voici la liste des livres de la série:
1: L'espace d'une vie
2: Accroche-toi à ton rêve
3: L'héritage d'Emma Harte
4: Le secret d'Emma Harte
5: Les héritières d'Emma Harte
6: La succession d'Emma Harte

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