Le coupeur de roseaux

L'ouvrage:
Le narrateur rencontre un homme qui lui offre du saké puis lui raconte l'histoire d'amour que vécut son père avec la capricieuse et inconséquente Oh-Yû.

Critique:
Ce petit roman ressemble à un conte cruel, un conte en creux. En effet, si on ne rencontre pas le merveilleux, on côtoie un homme qui se met à raconter la vie de son père à un parfait inconnu, ainsi qu'une histoire d'amour perverse et destructrice.

Une grande partie du roman s'attache à décrire le paysage dans lequel évolue le narrateur. C'est très poétique, c'est agréable, on s'y croirait... mais c'est beaucoup trop lent. Puis, soudain, on se retrouve plongé dans la vie d'un autre, le narrateur et celui qu'ils rencontrent n'étant que des intermédiaires.

Si l'auteur a su créer une ambiance particulière (onirique grâce à la façon dont arrivent les choses, et aussi au fait que le récit se passe dans un paysage idyllique), si j'ai compris et ressenti la force d'attraction qu'exerce Oh-Yû, si j'ai compati à la douleur du personnage masculin, je n'ai pu m'empêcher de voir tout cela de manière terre-à-terre. Comment deux êtres (le père de l'inconnu et O-Shizu) peuvent-ils être attachée à une personne au point de se sacrifier ainsi? Au lieu de paraître beaux et grands, ils ont l'air ridicules! Surtout qu'à mon avis, Oh-Yû ne mérite pas tant d'amour et d'abnégation. Et puis, le personnage n'avait qu'à attendre quelques années, il aurait épousé sa belle. J'ai donc bien vu tout le tragique de la situation, mais mon cynisme m'a plutôt fait pester et me moquer des personnages. En outre, la fin semble un peu décalée par rapport au reste. On a envie de dire: «Ah, tout ça juste pour ça...».

J'aime beaucoup le titre qui ajoute à cette ambiance poétique, verdoyante, idyllique.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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