Auteur : Tammet Daniel

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mardi, 13 décembre 2011

Je suis né un jour bleu, de Daniel Tammet.

Je suis né un jour bleu

L'ouvrage:
Daniel Tammet raconte son enfance, puis comment il se battit contre l'autisme.

Critique:
Ce livre aide le lecteur à mieux comprendre la façon dont fonctionnent les autistes. J'avais déjà compris certaines choses grâce à «La vitesse de l'obscurité» et à «House rules», mais je tenais à lire ce livre, car il est raconté par quelqu'un qui a vécu cela, et le vit encore. Cela me permet d'abord de dire que les deux romans sus-cités cernent très bien ce qu'il en est, et le rendent accessible, sans fioritures, à l'esprit du lecteur.
À l'inverse du héros de Jodi Picoult, Daniel Tammet ne se heurte pas à un rejet systématique. C'est plus réaliste... surtout que c'est la réalité! Daniel rencontre des gens ouverts et compréhensifs, tant dans son travail que dans son quotidien. Je pense, par exemple, à ce garçon qu'il rencontra au lycée, et à qui il osa déclarer ses sentiments. Ce garçon agit intelligemment.

J'ai d'abord été interpellée par la façon dont les parents de Daniel réagirent face à la manière d'être de leur fils. Il est né en 1979, et à l'époque, on en savait très peu sur l'autisme... on l'a d'ailleurs diagnostiqué bien plus tard chez Daniel. Là où certains auraient perdu patience, ne voyant que caprices et sautes d'humeur, les parents de Daniel ont agi comme il le fallait, par instinct. D'autre part, tout au long de sa vie, ils l'ont aidé, appuyé... c'est grâce à eux qu'il a voulu prendre certains risques qui lui ont permis d'avancer, comme par exemple, lorsqu'il décide d'aller travailler en Lithuanie, alors qu'il n'a jamais quitté sa maison.

Il est assez impressionnant de voir que Daniel Tammet parvient à maîtriser les côtés négatifs de son Asperger. Bien sûr, il y a divers degrés d'autisme, et Daniel Tammet a été soutenu par sa famille. Il n'y serait peut-être pas si bien arrivé sans ces importants facteurs.

Certaines choses dues à l'autisme sont assez abstraites, et pas faciles à appréhender pour un lecteur moyen. Par exemple, pourquoi la musique apaise-t-elle souvent l'anxiété due à un facteur extérieur? Pourquoi certains ne peuvent-ils pas supporter ceci ou cela? (Par exemple, Daniel ne supportait pas le frottement de la brosse sur ses dents.) Pourquoi certains, comme Daniel, adorent-ils jouer avec les nombres?....
L'auteur évoque d'ailleurs assez longuement sa fascination pour les nombres, ce qui le poussera d'ailleurs à se lancer un défi assez risqué. Tout comme dans «Embrasser le ciel immense», j'avoue que ces passages m'ont ennuyée. D'abord parce que j'ai toujours éprouvé une grande aversion pour les mathématiques, ensuite parce que cela faisait un peu répétitif, mais aussi parce qu'il parle beaucoup des formes et des tailles qu'il leur donne. Or, tout cela est abstrait pour moi.
Je trouve dommage cette répétition dans l'ouvrage suivant. Ce n'est pas la seule. Le narrateur parle également de sa manière d'apprendre les langues dans les deux livres. C'est intéressant, mais cette redondance m'a un peu ennuyée.

Je comprends que le narrateur n'aime pas le film «Rain man». Il en parle dans ses deux ouvrages, et explique à quel point le savoir était tâtonnant à l'époque où le film fut réalisé. Il est vrai qu'à cause de ce film, beaucoup de gens pensent que tous les autistes sont comme Raymond. Il est assez agaçant de se voir comparer à quelqu'un (personnage ou personne) juste parce qu'on a le même handicap, surtout quand les films sont bourrés d'inexactitudes. Combien de fois n'ai-je pas pesté, en regardant des séries (oui, je dis «regarder», comme tout le monde, même si je ne fais qu'écouter), ou en lisant des livres, et en y côtoyant des personnes aveugles qui agissaient de manière invraisemblable?

Éditeur: les Arènes.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christian Arnold pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 18 juillet 2011

Embrasser le ciel immense: le cerveau des génies, de Daniel Tammet.

Embrasser le ciel immense : Le cerveau des génies

L'ouvrage:
Daniel Tammet a vaincu son autisme. Dans ce livre, il expose différentes théories sur le cerveau et ses possibilités.

Critique:
J'ai toujours voulu lire des ouvrages se rapportant à ce mystère qu'est le cerveau. J'avais essayé celui de je ne sais plus quel scientifique (le livre a même eu un prix, je crois), mais j'ai renoncé, car le monsieur racontait sa vie, ce dont je me fichais royalement. Vous allez me dire que Daniel Tammet parle de lui-même dans ce livre. Soit, mais il ne parle de lui que pour étayer des théories, expliquer dans quel sens vont telle ou telle expérience. Ces allusions à lui-même sont toujours pertinentes.
Une autre chose pourrait rebuter dans ce genre de livre: la peur de l'ennui à cause du vocabulaire employé ou de la densité de l'ouvrage. Ici, l'ouvrage est dense, mais l'auteur n'assomme pas son lecteur. Il raconte une histoire, il fait la conversation, jalonnant son livre d'exemples, d'expériences, de petits questionnaires sympathiques. C'est très agréable à lire. On s'instruit sans se prendre la tête. En outre, toutes les théories développées sont intéressantes, et montrent un esprit ouvert et critique, ce qui se perd dans notre société actuelle.

J'ai été interpellée par les tests du QI. Daniel Tammet démontre qu'ils ne sont pas vraiment adaptés. Outre cela, si j'ai bien compris, il y a une partie visuelle. Comment font donc les aveugles qui doivent passer un test de QI? Je suppose qu'il y a des tests adaptés, mais ils n'ont pas été évoqués ici. D'autre part, vu ce que dit l'auteur, il est évident que ces tests ne sont pas appropriés. Comment se fait-il qu'on ne les ait pas changés au cours des années?
Je ne savais pas que la crânométrie avait été si à la mode pendant tant de temps... C'est assez décevant.
Certaines des idées reçues évoquées ici m'ont paru très bêtes, je l'avoue... J'ai eu du mal à croire qu'elles étaient encore soutenues.

J'ai adoré l'évocation des multiples facettes de la mémoire. Je me doutais de certaines choses, mais le livre m'a aidée à faire le point.
Il est fascinant de penser qu'apparemment, le cerveau peut se réorganiser, après un choc, et retrouver certaines fonctions.

J'ai également beaucoup apprécié les passages sur les langues: leur apprentissage, leur diversité, leur musique.
À cette occasion (entre autres), je pense que Daniel Tammet a adapté son texte pour la traduction française. En effet, lorsqu'il donne certains exemples, il les donne à partir de textes français, et non d'un texte traduit.

Je suis assez d'accord avec l'auteur quant à savoir si le talent vient d'un travail acharné ou des «gènes». Bien sûr qu'il y a des deux: il y a des terrains favorables qui seront stimulés par travail et environnement.

J'ai apprécié la façon dont l'auteur explique que les statistiques doivent être bien examinées avant d'être prises au sérieux, et que souvent, beaucoup de paramètres ne sont pas pris en compte.

J'avoue m'être un peu ennuyée pendant les passages quant au nombre. Je n'ai jamais été férue de chiffres, c'est pour cela. J'ai par ailleurs découvert que certains donnaient des formes aux chiffres. Cela m'a fait rire, car depuis mon enfance, les jours de la semaine ont chacun une forme particulière pour moi. Ça peut paraître bizarre, dit comme ça...

Voilà quelques exemples de ce qui m'a interpellée dans ce livre. Mais je suis loin d'avoir abordé tout les aspects de l'ouvrage. Il est riche en renseignements et en théories intéressants.

Éditeur: les Arènes.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marc de Ribains pour l'association Valentin Haüy.
Il est assez dur, je pense, de lire un documentaire à voix haute sans être un peu monotone. C'est logique. Le lecteur ne peut absolument pas jouer. Eh bien, Marc de Ribains a réussi à lire ce documentaire sans jamais être monotone, et sans faire d'excès. Je lui adresse donc mes félicitations pour cette prestation.

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