La vingtième épouse L'ouvrage:
En 1577, Ghias, fils du vizir de Perse, est condamné à s'exiler de son pays, avec sa famille, à la mort de son père. Sa femme, Asmat, ses trois enfants et lui, partent sur les routes, et sont recueillis par des caravaniers. Seulement, la petite troupe est attaquée et dépouillée. C'est à ce moment qu'Asmat accouche de son quatrième enfant. Cette petite fille, née dans le dénuement total, Asmat veut l'appeler Mehrunnisa, ce qui signifie Soleil des femmes.

Cette naissance sera un bon présage pour Ghias et Asmat. En effet, c'est après cette naissance qu'ils rencontrent Massoud, un marchand qui propose de les emmener en Hindoustan, et de présenter Ghias à l'empereur Akbar.
Quelque temps après que le marchand les a pris sous son aile, Ghias décide d'abandonner Mehrunnisa. Asmat ne peut plus la nourrir, ils n'ont plus d'argent... L'enfant risque de mourir d'inanition. Ghias pense que quelqu'un la trouvera, et s'en occupera bien. En effet, c'est Massoud qui la trouve. Et c'est cet homme infiniment bon qui la rend à ses parents, et trouve le moyen de pallier leur manque d'argent, en faisant passer cela pour une dette de sa part.

En Hindoustan, la famille commence une nouvelle vie. A huit ans, Mehrunnisa rencontrera le prince Salim, fils de l'empereur Akbar. A ce moment, elle décide qu'elle l'épousera.

Critique:
La romancière précise que cette histoire est largement inspirée des faits. C'est donc une biographie très romancée. Indu Sundaresan a souhaité écrire sur Mehrunnisa, car elle a été intriguée de voir que cette femme, vingtième épouse du prince Salim, devenu l'empereur Jahangir, a semblé avoir tant d'importance pour lui. Elle a donc voulu écrire la vie de Mehrunnisa avant son mariage avec l'empereur Jahangir.

Elle nous montre une petite fille, puis une femme volontaire, au caractère bien trempé, mais qui se soumettra tout de même, lorsque ses parents, après la demande (l'ordre donc), de l'empereur Akbar, lui feront épouser le soldat Ali Quli. Mehrunnisa ne se laissera jamais abattre, malgré des périodes de grande peine, dues aux désillusions de ce mariage sans amour. Indu Sundaresan a choisi de faire naître l'amour entre Mehrunnisa et le prince Salim avant ce mariage. Mehrunnisa et Salim vivront donc une grande frustration, avant de pouvoir connaître quinze ans de bonheur.
Jahangir adorera Mehrunnisa, qui sera sa dernière épouse, et la seule qu'il aura épousée par amour, et pas pour des raisons politiques. Il lui donnera le titre de Nur Jahan: la Lumière du monde; il fera battre des pièces de monnaie à son nom, etc.

Le livre nous dépeint une cour pleine de complots. Cela montre, si besoin est, que le pouvoir pervertit les âmes. Des enfants complotent contre leurs parents, et cela semble être monnaie courante. Indu Sundaresan précise que tous les complots qu'elle a relatés ont bel et bien existé. Le prince Salim, tel qu'elle nous le dépeint, peut être compréhensible, semblant assez influençable, et étant aveuglé par son désir de pouvoir. Mais lorsqu'Akbar évoque l'enfance de Salim, lorsqu'il évoque l'indéfectible amour qui existait entre eux, on ne peut s'empêcher de déplorer ce que peut faire un homme obsédé par le pouvoir.
D'ailleurs, le père de Mehrunnisa, si droit, est lui-même "contaminé" par cela. Il accepte des pots de vin, et détourne même de l'argent. Pourtant, c'est un homme honnête... Il finit, bien sûr, par se repentir, mais c'est une preuve de plus du danger de la proximité du pouvoir.

J'ai beaucoup aimé ce roman. Les complots peuvent sembler répétitifs, mais apparemment, cela se passait bien ainsi.
On a peur que le livre se traîne jusqu'à la fin, jusqu'au mariage de Mehrunnisa et de Jahangir, mais en fait, la romancière sait nous passionner avec un récit qui ne traîne pas, et des personnages intéressants.

J'ai également apprécié la sincérité de la romancière, qui, en épilogue, explique ses motivations, ses recherches, et dit qu'à certains moments, elle a utilisé son imagination. Cela change de tous ces auteurs qui essaient de faire passer pour vraies des histoires sorties de leur imagination, même s'ils se sont documentés sur le sujet. En outre, Indu Sundaresan, au début de chaque chapitre, cite des passages de livres dans lesquels elle a puisé des renseignements pour son ouvrage. C'est également une preuve d'honnêteté: si on veut, on peut chercher ces livres, et les lire ou les feuilleter, afin de vérifier ce que dit Indu Sundaresan.

Éditeur: Michel Lafon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hélène de Carlo pour la Bibliothèque Braille Romande.

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