Ne meurs pas sans moi

L'ouvrage:
Sandra est la maîtresse de Marc, mais celui-ci est marié. Ce soir-là, elle souhaite fêter sa promotion avec lui, mais il ne peut pas. Alors, elle fait la fête avec son amie, l'avocate Claire Jenkins. À la fin de la soirée, Claire oublie son portable chez Sandra. C'est le commencement d'une descente aux enfers.

Critique:
Au début, la structure du roman m'a un peu déroutée: le présent de Sandra est entrecoupé de retours en arrière, des chapitres racontant son passé. J'avais peur qu'un pan de l'histoire soit moins intéressant que l'autre, mais les deux époques m'ont captivée.

Très vite, le lecteur se rend compte que Suzanne Stock s'engage sur une pente glissante. Comment va-t-elle se sortir d'éléments qui ne peuvent être que le résultat d'un délire? Après avoir été un peu déboussolée, je me suis dit qu'il fallait chercher une explication. Celle que j'avais trouvée se tenait, mais n'était pas la bonne, même si elle s'en approchait.

Ensuite, l'auteur finit par tout expliquer. J'ai trouvé étrange qu'elle donne la solution de l'énigme alors qu'il restait plusieurs chapitres. En fait, elle prend le temps, dans les derniers chapitres, d'expliquer tous les éléments. C'est comme une histoire à deux points de vue. Tout se tient, tout est à sa place, mais je n'arrive toujours pas à savoir si cette solution me plaît. Quelques auteurs ont fait comme Suzanne Stock. La différence, à mon avis, c'est qu'elle l'a fait à plus grande échelle, qu'elle a créé davantage de «connexions», et donc a dû prendre davantage de pages pour tout expliquer.

Si la solution qu'a choisie l'auteur pourra en agacer certains, il faut reconnaître certains points positifs à ce roman. D'abord, on y entre très facilement. Ensuite, il n'y a pas de temps morts. En outre, les personnages sont bien analysés. Enfin, à travers les événements qu'elle décrit, Suzanne Stock soulève certaines questions intéressantes. Peut-on se relever lorsqu'on est écrasé de culpabilité et de chagrin? Au final, l'un des personnages ne commencera-t-il pas à revivre alors que l'événement contre lequel il se battait est arrivé?

Le personnage de Martha est peut-être un peu léger: en effet, on comprend pourquoi elle est aigrie, mais on ne comprend pas trop ce qu'elle trouve à un personnage...

Éditeur: Le passage.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aline Sauter-Caillet pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'apprécie cette lectrice qui a une diction soignée et qui met l'intonation appropriée sans en faire trop. Au tout début, j'ai été gênée par sa voix un peu grave (je préfère les voix moins graves que la sienne chez les femmes), mais sa lecture fluide et naturelle m'ont convaincue. Je la réentendrai avec plaisir.

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