À bon port

L'ouvrage:
La jeune Pip McKenzie se sent bien seule. Depuis le drame qui réduisit sa vie et celle de sa mère à néant, cette dernière s'est refermée sur sa peine, et néglige de vivre. Elle néglige donc sa fille, même si c'est involontaire.
Cet été-là, Ophélie, la mère de Pip, a loué une maison à Safe Harbor, petit village tranquille près de la mer. Pip va souvent se promener sur la plage en compagnie de Mousse, son chien. Un jour, elle y rencontre Matt, peintre amateur. Une amitié se noue entre l'homme et la petite fille.

Critique:
Je n'aime pas trop Danielle Steel. Je trouve qu'elle écrit au kilomètre, et que ses romans fourmillent de clichés. Celui-ci ne fait pas exception. Je ne l'ai lu que pour une seule raison: il a été enregistré par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande. Puisque je l'ai lu, pourquoi ne pas en écrire une critique?

Voici donc la liste des clichés que l'on trouve dans ce roman.
Ophélie est française. L'auteur se permet donc de faire une comparaison qui n'est même pas un cliché, mais quelque chose qu'elle a dû inventer tellement c'est gros, entre les françaises et les américaines. Les américaines sont plus indépendantes, osent plus de choses, sont libres; les françaises se contentent d'être de gentilles petites femmes au foyer. C'est un prétexte pour expliquer qu'Ophélie a aveuglément aimé son mari, a passé l'éponge sur son infidélité, a excusé son mauvais caractère et son égoïsme. J'aurais préféré que Danielle Steel expliquât que l'amour aveugle et inconditionnel de son héroïne était tout simplement dû à sa docilité et à ses rêves romantiques.

Matt est parfait. C'est un peu agaçant. Il est beau, riche, gentil, patient, attentionné, il a tout pour lui, comme tous les héros des romans de Danielle Steel.
Ophélie, également très riche, semble, elle aussi, parfaite: elle travaille bénévolement pour un centre de sans-abris. Mais elle ne se contente pas de travailler avec la patrouille de nuit (ce qui est déjà très dangereux), elle y va aussi deux ou trois jours par semaine.

Les trahisons des personnages sont également lieux communs. L'attitude de Sally quant aux enfants est tellement rebattue qu'on n'est pas surpris. De plus, il y a une incohérence, car avant de sortir cette carte de sa manche, Danielle Steel nous apprend que lorsque Matt allait voir ses enfants, eux-mêmes se montraient distants.

La trahison de l'un des personnages (je ne vous dirai pas qui) ne surprend pas, car la situation est également un topos du genre, de même que tout ce qui se passe à la fin. En effet, je ne peux pas donner d'autres exemples de clichés, car je dévoilerais des pans de l'intrigue (quoiqu'ils soient faciles à deviner).

Je n'ai pas passé mon temps à pester pendant ma lecture, trop heureuse d'entendre la lectrice. (Je peste déjà bien assez quand je découvre qu'elle a lu un Danielle Steel, un Mary Higgins Clark, un Patricia Cornwell, etc. J'espère qu'elle ne lira plus ce genre d'auteurs.) Et puis, j'ai lu ce livre pendant une période où j'étais très fatiguée: je n'avais pas besoin de trop réfléchir.

Éditeur: Presses de la cité.

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