Sept ans

L'ouvrage:
Alex et sonia sont étudiants. Ils sont très amis. Un jour, ils sortent ensemble. Mais Alex fréquente également Ivona qui est l'exact opposé de Sonia.

Critique:
En général, quand aucun personnage ne m'est sympathique dans un roman, je ne peux pas le lire jusqu'au bout. Ici, cela ne m'a pas dérangée car l'intrigue m'a plu. En outre, les personnages ne m'étaient pas non plus antipathiques. J'avoue que je m'amusais un peu de les voir se débattre dans des situations inconfortables qu'ils avaient eux-mêmes créées.
Peter Stamm s'attache à montrer toutes les formes que peut prendre l'amour destructeur. Dès le départ, le lecteur se doute qu'entre Alex et Sonia, les choses n'iront pas. Ils s'apprécient, mais ne s'aiment pas réellement. Il semble se mestre ensemble pour des raisons pratiques. Il la trouve belle et assurée; elle choisit celui qu'elle est sûre de ne pas aimer passionnément. Elle raisonne trop, a sûrement peur de ce qu'elle ferait si elle aimait vraiment. Elle préfère une espèce de sécurité qui est illusoire. Si les épreuves ne soudent pas le couple, l'un des personnage finit par comprendre ce qu'il faut remettre en question.

Antié raconte à Alex comment elle aima passionnément un homme lorsqu'elle était plus jeune. Elle était à la fois assujettie et possessive, toute entière guidée par cet amour qui la minait.

Que dire de l'amour qu'Ivona porte à Alex? Il semble être tranquille, voire passif. Mais il est tout aussi destructeur. D'ailleurs, Ivona ne sera pas plainte par le lecteur. Elle est trop ambiguë. L'amour absolu qu'elle voue à Alex n'est pas touchant, il ferait plutôt peur.

Quant à Alice et Ferdy, ils m'ont amusée, à énoncer doctement des clichés et à se crier dessus pour un rien.
D'une manière générale, tous ces personnages ne s'aiment pas vraiment. Il y a très peu de moments où les sentiments sont positifs.

On me dira qu'un tel roman est oppressant. Je n'ai pas trouvé. C'est parce que l'auteur décrit très bien la psychologie de ses personnages. J'ai été captivée par la justesse de l'écriture, par le récit des événements et des réactions des héros.
Ce roman ne tombe jamais dans le désespoir. Malgré tout, les protagonistes restent conscients qu'ils ont été maîtres de leur destin. La fin m'a plu.

La structure du roman peut paraître déroutante au départ. Les chapitres alternent le passé et le présent du couple. Cela m'a un peu gênée, d'abord parce que je ne suis pas adepte de ce genre de structure, mais aussi parce que des choses dites dans le présent dévoilent comment se passèrent certains événements, alors que le narrateur ne les a pas encore contés. Cela n'a tout de même pas gâché ma lecture. Je suppose que le roman était structuré ainsi pour que le lecteur mette en regard les deux situations... Je me serais accommodée d'une structure linéaire.

Éditeur: Christian Bourgois.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Golaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'aime beaucoup la voix feutrée, la diction soignée, et la lecture fluide de Françoise Golaz. En outre, elle est sobre sans être monotone. D'ailleurs, le narrateur est un homme, et je n'ai pas été gênée que la lectrice soit une femme. Habituellement, si le livre est à la première personne, je préfère que le lecteur soit du même sexe que le narrateur.

Acheter « Sept ans » sur Amazon