Fleurs d'un jour

L'ouvrage:
Aimée et sa mère, Hanako, sont arrivées en Argentine il y a plus de vingt ans, alors qu'Aimée avait huit ans. Aujourd'hui, elle est mariée à Fernando Marconi. Elle tient un magasin de fleurs dont Hanako fait toutes les compositions.

Un jour, Aimée reçoit une lettre d'un cabinet d'avocat. Son aïeule est décédée, et elle hérite d'une maison à la Nouvelle Orléans. La jeune femme est très étonnée: d'abord, la lettre est adressée à Aimée Oleari, du nom de l'homme qui a fait quitter la Nouvelle Orléans à Anako et sa fille, alors qu'elle s'appelle Aimée Levrier. Ensuite, cette lettre signifie que la jeune femme doit se rendre dans sa ville natale, ce qui ne l'enchante guère.

Critique:
Voilà un joli roman, plein de soleil, de joie de vivre... Bien sûr, il raconte certains événements sombres, mais les personnages (surtout nos deux héroïnes) sont solaires, pleins d'entrain et d'espoir.

Hanako est sûrement le personnage sur lequel on s'attardera le plus. Elle est mystérieuse parce qu'elle ne parle pas. Pour moi, elle représente le bonheur tranquille. Elle a vécu des événements traumatisants, sa vie n'a pas toujours été rose, mais elle est souvent gaie, souriante, aimable. Comme elle ne parle pas, elle fait tout passer dans son regard. Aimée et Fernando pensent qu'elle ne comprend pas tout ce qu'on lui dit. Je ne serais pas si catégorique. D'après les réactions d'Hanako tout au long du livre, elle comprend bien plus de choses que ne le croit son entourage.
Elle est une fleur délicate qui s'épanouira malgré les embûches qu'elle rencontrera. On ne la voit jamais sombrer dans le désespoir, et je ne suis pas sûre que ce soit parce qu'elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Je pense vraiment que c'est parce qu'elle tire tout le bon de la vie.
Il y a bien une période où elle est malade, a des crises de rage, s'évanouit, etc. Là, je n'ai pas trop compris ce par quoi elle passait. Je n'ai pas cru, comme Beth, qu'il lui fallait de la magie vaudou pour guérir... j'ai pensé que peut-être, c'était sa manière d'extérioriser, d'exprimer ce qu'elle ne pouvait dire par des paroles.

Si c'est le personnage le plus captivant, le lecteur se prendra également de sympathie pour Aimée, Fernando, Henri, Beth... Si Francisco Oleary paraît mystérieux, voire froid, le lecteur le comprendra mieux au fur et à mesure du récit.

La structure du roman est un peu déroutante, mais l'auteur explique tout de manière simple en un style doux et agréable. Un récit donne des éléments, un autre les reprend et en ajoute... Rien n'est redondant, tout a son importance. Anna-Kazumi Stahl a su raconter certains événements en adoptant différents points de vue de manière construite et intelligente. Cela n'est pas toujours évident, et elle s'en sort très bien.

Ce roman est aussi une enquête: à l'instar d'Aimée, qui y répugne quelque peu, le lecteur se plonge dans le passé d'une famille, d'êtres dont certains sont acariâtres, d'autres sympathiques et attendrissants, d'autres loufoques... Bizarrement, je n'ai rien deviné. L'histoire semble banale et simple, mais ce n'est pas si évident. Quant à moi, j'ai été emportée par le charme du décor, des personnages, du style, de la façon d'aborder certains thèmes, et je n'ai pas deviné les secrets des divers protagonistes.

Remarque annexe:
Il y a une petite incohérence. Si j'ai bien compris, Hanako ne peut émettre aucun son: lorsqu'elle rit, qu'elle pleure, etc, c'est en silence. Pourtant, à un moment, Aimée l'entend fredonner une chanson.

Éditeur: éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hélène Leroy pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.

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