Au-delà d'Abencorr

L'ouvrage:
Depuis quelques semaines, des meurtres inexpliqués ont lieu dans la ville. Bolek, fonctionnaire, pressent que quelque chose va arriver.
Féhal quitte son village, et entreprend de rejoindre la ville. En route, il rencontre un vieil homme qui lui raconte une curieuse histoire.

Critique:
Ce roman mélange énigmes, étude d'une société, science fiction, et a un parfum de fantasy. Le lecteur rencontre des sociétés différentes, dans un pays inventé. Il y a une volonté de montrer que ce pays pourrait être n'importe lequel. Seuls les villages ont des noms, et ceux-ci ne rappellent aucun village connu. Cela évoque des noms plutôt antiques. En outre, le fait que chaque personne d'un même village a le même nom, et qu'on les différencie par la prononciation rappelle les langues asiatiques. C'est une autre façon de penser. Pour moi, cela fait un peu comme si on voulait gommer les différences d'un individu. Mais ce n'est que mon ressenti.

Dans ce récit en forme de quête initiatique, l'auteur aborde intelligemment certains thèmes. D'abord, il y a la peur de ce qu'on ne connaît pas, ou de ce qu'on nous apprend à craindre. Les habitants de la ville se laissent dicter une espèce de frayeur de l'extérieur sans réfléchir.
Michel Spielmann exhorte son lecteur à avoir l'esprit critique, à travers l'histoire de ses sociétés. Bien sûr, il explique que ses gens doivent mastiquer quelque chose qui leur ouvrira l'esprit (ce qui rappelle également certains textes bibliques où le fruit donne la connaissance), mais ce n'est qu'un symbole. C'est aux gens de se secouer, et de décider d'ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure.
Il y a également l'idée du sacrifice de l'individu au nom de l'amélioration des conditions d'un peuple. Je n'aime pas du tout cette idée... on dirait quelque chose d'immuable et d'inéluctable. Comme si on n'échappait pas à un destin tracé d'avance, comme si on était formaté pour se sacrifier au bien-être du peuple. Les personnages destinés à cela ne se révoltent pas, on dirait qu'ils vont avec plaisir, voire empressement, au supplice. J'aurais aimé quelque chose de moins sombre, et de moins «téléguidé».

Étant friande de sociétés et de coutumes créées, j'ai bien aimé les différents peuples et leurs moeurs. Bien sûr, ce n'est pas ce qui compte le plus, mais outre que c'est intéressant, cela contribue à dépayser le lecteur en lui présentant d'autres manières d'agir.

D'une manière générale, les personnages principaux ne sont pas vraiment creusés. Ils sont plutôt portés par les événements. Les «gentils» semblent presque interchangeables...

Remarque annexe: Il est dommage qu'on trouve beaucoup de coquilles, et des erreurs de syntaxe. Toute une partie a l'air de n'avoir pas été corrigée. Je sais que les fautes, ça se glisse partout, et il est parfois ardu de les débusquer. Cependant, le roman a dû être relu par un correcteur avant d'être édité.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Mon petit éditeur dans le cadre d'un partenariat proposé par Blog-O-Book.

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