Irréparable

L'ouvrage:
Georgie.
Abigail Campano rentre chez elle pour trouver le cadavre de sa fille (Emma) et le tueur penché dessus. Elle parvient à le tuer en l'étranglant. Cependant, l'enquête révèlera que les choses sont plus complexes.

La police fera appel au GBI. Cela fait que Will Trent se retrouvera coéquipier de Faith Mitchell, qui a certaines raisons de lui en vouloir...

Critique:
Karin Slaughter crée une intrigue solide et des personnages crédibles. Ceux-ci ont une psychologie très intéressante. J'ai compris pourquoi Will se mettait si facilement à la place de l'un des personnages. Apparemment, Faith pense qu'il fait preuve de faiblesse à l'égard de ce personnage. Pour moi, ce n'est pas le cas. Je trouve quand même dommage que Will ne soit capable d'Empathie qu'envers ceux qui ont vécu la même chose que lui.

Les parents d'Emma ont différentes manières de réagir à la disparition de leur fille. Je trouve celle d'Abigail plus saine. D'une manière générale, Paul n'est pas un personnage aimable. Il ne trouve jamais grâce à mes yeux, même après une certaine évolution. C'est surtout parce qu'il semble qu'il n'évolue pas vraiment. Sa manière d'agir à la fin est commandée par sa culpabilité et non par un amour véritable. On me dira qu'il aime sa fille. Soit, mais mal.

J'ai apprécié que l'auteur prennent le temps d'exposer le passé de ses policiers. Elle leur donne davantage d'épaisseur. De plus, ni Will ni Faith n'est totalement sûr de soi-même. Cela les rend plus humains. Ils font parfois des faux pas, réagissent de brutalement ou de manière inappropriée...
Ce livre fait sûrement partie d'une série, car la fin laisse le lecteur dans l'expectative quant à ces personnages.
La manipulation psychologique exercée par le coupable est bien décrite. Malheureusement, on doit trouver ce genre de choses plus souvent qu'on ne croit et qu'on ne le voudrait.

L'intrigue est bien menée, même si l'auteur n'évite pas certains écueils. Par exemple, il y a un moment où les choses piétinent un peu.
D'autre part, quelque chose n'est pas très crédible. C'est dommage, car je pense qu'il aurait été facile à l'auteur de préserver le coup de théâtre qu'apporte cette chose tout en la rendant davantage crédible.
En outre, l'explication donnée après les deux coups de pistolet de l'un des personnages m'a paru bancale. Je pense qu'une chose de ce genre est crédible, mais il aurait peut-être fallu davantage d'explications.
Enfin, il est un personnage qu'il est un peu trop facile de soupçonner... et je pense que l'auteur l'a fait exprès. Je trouve cela un peu déloyal. Mais peut-être voulais-je que ce personnage soit coupable.
Ces petits désagréments ne m'ont pas empêchée d'apprécier ce thriller qui met davantage l'accent sur une psychologie fouillée des personnages.

Éditeur: Bernard Grasset.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Étienne Meignan pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom du lecteur, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
Le lecteur a su jouer sans trop en faire. En outre, sa voix est agréable. Je regrette néanmoins qu'il ait prononcé les noms anglophones en y mettant un accent. Il est quand même un des rares lecteurs à savoir que «g» se prononce «dji» en anglais, ce qui fait que j'excuse un peu sa propension à mettre les accents. ;-)

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