Campus

L'ouvrage:
À quatorze ans, Lee Fiora va suivre les cours du lycée Ault dans le Massachusetts. Elle nous raconte ses quatre ans là-bas.

Critique:
J'ai apprécié ce roman, mais je comprendrais que certains puissent s'ennuyer. On a l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose. Lee raconte les événements qui rythment sa vie au lycée. C'est d'abord l'ambiance qui m'a plu. On est dans un microcosme, les adolescents se rencontrent, des amitiés et des inimitiés se dessinent... Tout est narré du point de vue de Lee, donc tout part d'elle, de ce qu'elle est, de ce qu'elle vit. Je me suis facilement identifiée à elle, surtout au début: à la fois effacée et désireuse d'entrer dans le grand jeu de la vie. Cependant, à mesure de ma lecture, je me disais qu'elle ne faisait pas forcément les bons choix. Elle souhaite tant être conventionnelle qu'elle en vient à avoir honte de ses parents. Ce genre de choses doit souvent arriver. D'un autre côté, Lee ne fait pas grand-chose pour nouer de vraies amitiés. Elle trahit même une lycéenne qui veut être son amie. Bien sûr, ce n'est pas manichéen. Lee n'était pas tenue d'apprécier cette «amie», mais elle aurait peut-être dû faire un compromis. Elle a une réelle amie, mais j'ai eu la sensation que même avec cette dernière, Lee n'était pas totalement sincère.

Les personnages, Lee exceptée, peuvent sembler peu épais. En fait, cela vient de ce qu'ils sont vus par l'héroïne qui ne cherche pas vraiment à les connaître. Elle entrevoit qu'elle ignore beaucoup de choses lors de l'acte désespéré d'une de ses camarades. Elle mènera d'ailleurs sa relation amoureuse comme le reste. Elle n'a pas tous les torts, mais elle aurait dû agir autrement.

Dépeinte ainsi, la narratrice semble fade et assez détestable. Elle ne l'est pourtant pas. Elle fait des erreurs, est parfois méchante à dessein, oublie souvent l'essentiel, mais elle tente de concilier ce qu'elle est et ce qu'elle voudrait être. Je l'ai trouvée drôle et vivante (par contraste avec le reste du livre) lorsqu'elle joue à «Assassin». Son implication et sa manière d'opérer sont cocasses, et c'est la seule fois où elle s'est investie dans la vie de l'établissement. L'épisode McGraff est d'ailleurs l'un des rares où Lee est en interaction avec ses camarades, et où elle s'amuse réellement avec eux.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julie Dretzin pour les éditions Recorded Books.

Acheter « Campus » sur Amazon