Un matin sur la terre

L'ouvrage:
11 novembre 1918. Trois soldats, Pierre Desforêts, Jean Pelletier, et Ludovic Rouvière, sont au fond d'une tranchée. Ils savent que la guerre est finie, et attendent que cela soit officiel pour pouvoir sortir. Ils ont froid et faim. Ils partagent leur temps entre conversation et souvenirs.
Le lecteur suit également leurs épouses: Juliette, Marie, et Louise. Elles aussi vivent cette matinée dans leurs souvenirs.

Critique:
Il y a un moment que je trouve les romans de Christian Signol moins passionnants. Je ne me serais pas intéressée à celui-ci s'il n'avait été lu par des comédiens que j'apprécie (pour les éditions VDB. Je n'ai d'ailleurs pas été déçue de leur prestation. Yves Mugler a fait trois voix différentes pour les trois soldats. Il fait cela très bien, sans surjouer, sans fioritures. De plus, les voix qu'il donne à ces personnages leur vont.
J'ai été heureuse d'entendre Frédérique Ribes qu'on entend vraiment trop peu, à mon avis.
Quant à Jean-Marc Galéra, je connais sa voix et ses interprétations depuis longtemps, et là encore, il a su jouer avec sensibilité, et sans surinterpréter.

Pour en revenir au livre à proprement parler, il ne m'a pas plu. On est censé entrer dans la peau des personnages par le biais de leurs souvenirs, et à la lecture de la façon dont ils ont vécu la guerre. Bien sûr, on compatit à leur souffrance due à la guerre. Les hommes sont arrachés à leurs univers, plongés dans un cauchemar dont ils ne connaissent pas la fin. Les femmes doivent supporter la séparation, la privation, etc. Normalement, ces thèmes sont passionnants: on revit la période à travers ce qu'ont vécu ou auraient pu vivre les personnages. Seulement, ici, l'auteur ne m'a pas convaincue. Pour moi, les personnages qu'il a créés sont trop plats. Ils sont tous généreux, ils ont tous une grande force de caractère... C'est honorable, mais il semble qu'ils soient interchangeables. D'ailleurs, je me suis surprise à les confondre! A un moment, j'entends quelque chose comme: «Son père était dur et autoritaire.», et je pense: «Euh... mais c'est sa mère qui est comme ça, son père, il est sympa... Ah! Zut, c'est pas le père de Ludovic qui est sympa, c'est celui de Pierre!» On dirait que ces personnages ont été brossés à très grands traits, et sont peu caractérisés: Jean a peur que Marie se fasse violer, Ludovic est très fort...

D'autre part, sans être maniaque, j'aime qu'il y ait une certaine chronologie. Ici, tous les souvenirs sont mélangés! Ils pensent à leur mariage, puis à leur rencontre, puis à une permission pendant la guerre, etc. Tout cela donne une impression de travail brouillon, bâclé.

En bref, je ne vous conseille pas ce livre.

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