Six femmes

L'ouvrage:
Hyde Park.
Ce soir-là, six anciennes amies d'université se retrouvent pour un pique nique, comme tous les ans. Voilà plusieurs années que ce pique nique a lieu alors que les amies s'éloignent les unes des autres. Ce soir-là, les discussions tournent rapidement aux règlements de comptes.

Critique:­­
Tina Seskis montre des femmes qui furent très soudées à l'université, et qui prennent inexorablement des directions différentes, mais ne peuvent se résoudre à briser les liens (de plus en plus fragiles) qui les unissent. C'est un sentiment compréhensible. Certains l'ont peut-être déjà connu.

L'auteur prend le temps de présenter ses personnages, leurs caractères, leurs vies, etc. J'ai bien aimé ce démarrage. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais par la suite, mais j'ai été très surprise du tournant «énigmatique» (si j'ose dire) qu'a pris l'intrigue. J'ai aimé être surprise ainsi.

Ce tournant fait que tout ce que cachaient certains personnage va éclater au grand jour, rouvrant des blessures, appuyant bien là où ça fait mal, forçant certains à se remettre en question. La romancière a montré un éventail de réactions qui cadrent bien avec les caractères présentés.

Certains personnages sont plus difficiles à comprendre que d'autres. Pour moi, cela a été Natasha. Bien sûr, ses réactions sont sa manière de se protéger contre les coups de la vie. On ne peut pas toujours se protéger intelligemment. Mais je n'ai pas compris pourquoi ses amies en faisaient les frais, du moins, pourquoi les cinq. C'est d'ailleurs elle qui est à l'initiative de ce que je ne m'explique toujours pas, et qui décide du tournant du roman. Il faut quand même être très perturbé pour faire une chose pareille... C'est expliqué par les circonstances, mais j'espère que dans une telle situation, je n'agirais jamais ainsi!
Quant aux autres, si je ne les ai pas tous approuvés (certains sont de belles ordures), j'ai compris leurs façons d'agir.

Tout cela m'a plu, donc je suis passée sur la gêne que m'a occasionné la structure. C'est la même que celle de «Crime d'honneur», d'Elif Shafak. L'auteur louvoie entre les époques, donnant un indice par ci, une réponse par là. Cela fait un peu brouillon, un peu fouillis. Bien sûr, c'est fait exprès. Le but est que le lecteur se fasse une opinion en se basant sur certains paramètres, puis qu'il tente d'assembler le puzzle, ait le fin mot de l'histoire ensuite. Je n'aime pas cette façon de faire parce que cela provoque un suspense artificiel, mais aussi parce qu'on a toujours l'impression d'avoir manqué un épisode...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions le Cherche Midi.

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