Maman est en haut

L'ouvrage:
Cerise et Sébastien ont des rapports compliqués avec Marie, leur mère. Cerise répond à ses appels et en ressort toujours frustrée et en colère. Sébastien, lui, les ignore.

Critique:
J'ai eu du mal à entrer dans ce roman, d'abord parce que la lecture de la quatrième de couverture m'a fait penser qu'il serait amusant. Or, ce livre est tout sauf amusant. La quatrième de couverture met en avant un élément de l'intrigue parce qu'il faut bien raconter quelque chose, mais cet élément n'est pas si important.
Ensuite, je n'ai apprécié aucun personnage, du moins pendant les premiers chapitres. Par exemple, Cerise et Sébastien s'accordent pour dire que Marie a été une piètre mère. Dans ce cas, pourquoi Cerise répond-elle à ses appels? Il est vrai qu'il n'est pas simple de rompre totalement avec ses parents. En outre, certaines choses sont expliquées à ce sujet, plus tard, dans le récit.
Je pense aussi que ce qui m'a gênée (surtout au début), c'est que rien ne démarque les personnages. J'ai fini par comprendre Cerise et Sébastien, et par éprouver de la compassion pour eux, mais j'avais l'impression qu'ils ne se démarquaient pas... C'est pareil pour Rose, la fille de Cerise. C'est une adolescente qui passe par la phase pénible. Elle réagit donc de manière pénible. Oui, mais rien ne rend cela original. Pour faire un parallèle, l'intrigue du roman «Lavage à froid uniquement» peut paraître très classique. L'auteur a contourné cela en créant des personnages vivants qui ont certaines petites particularités, et en adoptant un style très fluide et enlevé.

Ensuite, j'ai davantage réussi à entrer dans l'histoire, parce que les personnages se disent leurs quatre vérités. Là, j'ai vraiment compris Cerise et Sébastien. Quant à Marie, je ne lui accorde aucune circonstance atténuante. Elle et son mari ne se sont jamais mis à la place de leurs enfants, n'ont jamais tenté de les comprendre. La preuve la plus criante est sûrement le prénom dont ils ont affublé Sébastien (Cochise), et que celui-ci s'est empressé de jeter aux orties dès qu'il l'a pu. Pour ma part, je comprends son aversion, mais j'aurais également compris qu'il l'arbore fièrement. En fait, l'important est la manière dont lui le ressent, puisque c'est lui qui le porte. Quel qu'ait été son choix (le garder ou s'en débarrasser), des parents aimants l'auraient suivi, ne souhaitant que le bien de leur fils. Toute l'éducation de Marie est ainsi: elle ne se préoccupe pas de ce que ressentent ses enfants, et tente de leur donner des leçons, alors qu'elle a lamentablement échoué à être leur mère. Malheureusement, Caroline Sers a mis le doigt (avec justesse et habileté) sur quelque chose qu'on trouve trop fréquemment dans notre société: des parents dont on ne sait pas vraiment pourquoi ils ont eu des enfants, puisqu'ils les traitent en quantité négligeable. En parallèle, l'éducation de Cerise n'es pas parfaite (aucune ne l'est), mais j'ai l'impression qu'elle tente de faire comme elle peut, et ne s'en sort pas si mal.

Un roman qui peut être déroutant, qui fait réfléchir.

Service presse des éditions Buchet-Chastel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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