Pour une poignée de koumlaks

L'ouvrage:
Lek et Bob travaillent pour le service de surveillance intergalactique. Depuis qu'une de leurs missions a mal tourné, on les cantonne à des surveillances ennuyeuses. C'est alors que Bob commet une autre bévue qui, cette fois, pourrait bien leur coûter la vie.

Éric vient de se faire plaquer par Chloé, la femme qu'il aime. En effet, elle ne supporte plus le meilleur ami du jeune homme, Data, qui est amateur d'informatique au point d'en «oublier», entre autres, de se laver.
Ajoutons à cela que la police est à la recherche de Data qui s'est embarqué dans une escroquerie pour sauver Éric de la faillite.

Critique:
J'ai lu des critiques qui mettaient l'accent sur la drôlerie de ce roman. Je trouve dommage que l'horizon d'attente du lecteur soit ainsi trompé. En effet, il y a quelques répliques amusantes, mais pour moi, l'amusement n'est pas ce qui caractérise cet ouvrage.
L'auteur veut trop ressembler à Terry Pratchett et à Douglas Adams. Il tente des incursions dans l'humour décalé, mais ça n'a pas toujours l'effet escompté (du moins sur moi et sur la personne qui m'a enregistré le livre).
L'auteur introduit des notes sur les civilisations intergalactiques. Cela fait sourire le lecteur, mais il ne se tient pas les côtes. Idem pour le clin d'oeil aux koivôns qui revient souvent. Autre exemple de tentative d'humour: la raison pour laquelle Blaise accepte d'être soigné. Il y a beaucoup de choses de ce genre qui se veulent drôles, mais qui m'ont, tout au plus, fait sourire.
C'est dommage, car le roman est sympathique. Il est ennuyeux qu'il soit desservi, au départ, parce que le lecteur s'attend à se tordre de rire. Du coup, au premier abord, je me suis sentie flouée. Ensuite, j'ai su faire la part des choses.
Il y a quand même une moquerie que j'ai trouvée pertinente: la réponse que Bob fait lorsque le général Lefèvre leur demande si leurs intentions sont belliqueuses. Ça m'a fait penser à l'ineptie du questionnaire qu'on doit remplir quand on va aux États-Unis... Il est évident qu'une personne venue avec de mauvaises intentions ne le dira pas!

C'est un livre divertissant, qui ne souffre d'aucune longueur. J'ai apprécié le fait que les intrigues s'entrecroisent, que des personnages dont la rencontre aurait été impossible dans d'autres circonstances, se côtoient. Tous ces personnages sont précipités dans une aventure qui ne leur laisse pas le temps de se demander ce qu'ils font là. Le rythme du roman est soutenu du début à la fin. On s'attend à certaines choses, mais je pense que j'aurais été déçue si elles n'étaient pas arrivées.

J'ai adoré les possibilités qu'offre la civilisation de Lek et Bob. Ce genre de choses est un peu le rêve de tous, je pense: robots médecins, robots nettoyeurs, soins extrêmement poussés...
J'avais déjà lu l'idée de la nourriture synthétique dans «La forteresse blanche», de Serge Brussolo. Ici, c'est exploité de manière plus légère, mais les deux points de vue (celui de Bob et celui de Blaise), sont intéressants.

Les personnages ne sont pas très creusés: c'est un peu les gentils contre les méchants. Étrangement, cela ne m'a pas dérangée, car je m'attendais à quelque chose de léger, et puis les personnages sont portés par l'intrigue. En outre, les «gentils» sont attachants. On assiste à la transformation du lieutenant Jourdiek qui, à cause de cette aventure, se voit contraint de sortir d'un parcours balisé, et de réfléchir à sa situation et à ses choix.
Le «méchant» général est une bonne caricature du militaire assoiffé de pouvoir, et ne vivant que pour tout contrôler.

Attention: il y a quelques maladresses de syntaxe, et deux fois, on trouve Bob à la place de Lek.

Remarques annexes:
Je ne connaissais Sellig que par son sketch sur Henri Labreloque: j'ai été contente de découvrir une autre facette du personnage.
J'ai trouvé la préface très lourde!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Rivière blanche dans le cadre d'un partenariat proposé par Blog-O-Book.