Une affaire de persécution L'ouvrage:
Benedetta (Bennie) Rosato est une avocate renommée. Elle tient un cabinet à Philadelphie. Les jeunes femmes qu'elle a embauchées en tant qu'associées sont compétentes, et toutes s'entendent très bien.

Mais les affaires ne marchent pas très fort. Bennie vient pourtant de gagner un procès. Oui, mais son client n'a pas les moyens de la payer.
Un client inespéré, et qui lui accorde toute sa confiance, fait appel à elle pour une grosse affaire. Cela pourrait annoncer un renouveau dans les caisses du cabinet.

Seulement, Bennie va devoir faire face à d'autres attaques. D'abord, elle perd son portefeuille, dans lequel se trouvait sa carte de crédit. Quelqu'un se sert de cette carte pour acheter tout un tas de babioles inutiles. Ces objets sont livrés chez Bennie. Ils vont toujours par deux...
En outre, certains membres du barreau assistent à une scène fort déplaisante où Bennie s'enivre dans un restaurant, et se montre très désagréable envers tous. Mais Bennie n'a jamais fait cela...
Elle finit par comprendre d'où viennent ces attaques. La femme qui lui en veut à ce point, et qui fait tout pour la décrédibiliser est Alice Connelly, sa soeur jumelle.

Critique:
Ce livre fait partie d'une série. Ce n'est pas le premier de la série, et je pense qu'il faut les lire dans l'ordre, mais c'est le seul que j'ai lu.

Il est à lire, mais pas pour son énigme, plutôt pour tous les à côtés. Effectivement, l'énigme, à mon avis, n'est pas très réussie. D'abord, la toute fin est invraisemblable. Une personne opère un revirement totalement inattendu et quasiment incroyable. Bien sûr, la personne en question explique son revirement, mais l'explication n'est pas convaincante. Il me semble que j'aurais trouvé mieux. Si j'avais voulu que mon personnage changeât du tout au tout, j'aurais expliqué ce changement autrement. J'aurais dit qu'elle s'était aperçue de l'inutilité de sa haine, qu'elle savait, au fond, que la personne qu'elle poursuit de sa rage vengeresse n'était pas fautive. Je n'aurais pas expliqué cela par "Tu es ma seule famille." Il y a une ébauche de l'explication que je donne, lorsque la personne en question dit qu'elle a réalisé certaines choses en voyant l'attitude de Georges Saint Amien. Je pense que cela aurait dû être creusé.

Ensuite, je suis absolument convaincue que lorsque vous possédez un animal que vous adorez et qui vous adore, si votre jumeau ou jumelle se fait passer pour vous,tout le monde peut s'y laisser prendre, sauf l'animal en question. Un animal, surtout un chien, ne s'y trompera pas une seule seconde. Donc, la scène où Alice "joue" avec Ourson est, à mon avis, totalement invraisemblable.

Le personnage de Bennie semble un peu superficiel. Par exemple, Alice copie sa façon de s'habiller, alors, Bennie va s'habiller avec des vêtements qu'Alice aura plus de mal à trouver. Bien maigre défense.
Par ailleurs, Bennie est une brillante avocate. La pratique de son métier devrait lui mettre un peu de plomb dans la cervelle, et lorsqu'elle est arrêtée et accusée de quelque chose qu'Alice a commis, elle ne devrait pas se conduire comme si elle était inexpérimentée. Là, elle tempête et s'emporte au lieu de laisser parler son avocate, alors qu'elle devrait savoir où est son intérêt. Bien sûr, cela engendre une situation amusante: Judy est obligée de faire quelque chose qui clouera le bec de Bennie pendant un moment, et qui est assez drôle, mais tout cela n'est pas très crédible.
Apparemment, Lisa Scottoline a voulu construire un personnage féminin ayant justement de la féminité. On peut être féminine sans avoir l'air d'avoir une cervelle d'oiseau.

De plus, l'énigme se traîne. Et l'idée de la soeur jumelle est extrêmement éculée.

Pourtant, il y a des aspects de ce livre qui en font un livre sympathique, que je suis heureuse d'avoir lu. Par exemple, le décor dans lequel travaille Bennie est très chaleureux. On voit des femmes drôles, pétillantes, sympathiques, ayant leurs petites habitudes, et surtout se serrant les coudes!
Parmi ces femmes, il y a le personnage de Marie di Nunzio. Sa mère étant assez étouffante, Marie a du mal à s'affirmer. Elle se sent toujours coupable, se confond toujours en excuses embarrassées, n'élève jamais la voix. Il y a une scène très drôle où Bennie lui donne un cours d'affirmation de soi.
Quant à la mère de Marie, elle est caricaturale, mais elle vaut le détour! Grâce à elle, la tension occasionnée par l'énigme retombe, et malgré la caricature, on ne peut s'empêcher de rire franchement lorsque madame di Nunzio nous joue de grandes scènes dramatiques.

Le meilleur ami de Bennie, Sam, est également un personnage attachant et amusant.

Et bien sûr, il y a David, le super beau gars qu'elle rencontre par hasard, et qui devient son garde du corps. La façon dont il arrive dans sa vie est un peu grosse, mais c'est un personnage attachant, qui a aussi des blessures à panser.

Donc, ne vous attendez pas à une énigme à couper le souffle, à un suspense haletant, mais lisez ce livre pour la bonne humeur qui en émane, et pour l'espoir qu'il donne.

Ce livre fait partie d'une série. Je ne sais pas encore combien de romans comporte cette série, mais il semblerait que celui-ci ne soit pas le premier tome. Généralement, je n'aime pas écrire la critique d'un livre faisant partie d'une série sans faire les autres. Je m'excuse donc pour cette entorse à mon propre règlement.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Delannoy pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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