La femme du marin

L'ouvrage:
1990.
Stella, trente-et-un ans, est journaliste. Elle est actuellement en Éthiopie. C'est alors qu'elle apprend que son père, William, a disparu en mer. On lui demande de rentrer dans le petit village australien de son enfance. Village qu'elle a fui, quinze ans plus tôt. Stella sait qu'y retourner, ce serait raviver les blessures de son passé. Pourtant, elle fait le voyage.

Critique:
J'ai terminé ce roman pour voir comment l'auteur arriverait à la fin que j'avais devinée. En effet, l'intrigue est cousue de fil blanc, et contient beaucoup de clichés du genre. Le père égoïste, presque tyrannique, qui ne déviera pas de sa ligne de conduite. La mère qui a sacrifié sa vie, qui veut aider sa fille, mais n'ose pas s'élever contre le père. L'amour qui naît très rapidement, et sera indéfectible... Je n'avais pas deviné pourquoi Zeph n'était pas revenu, mais je savais que c'était pour une raison indépendante de sa volonté. L'explication est encore plus décevante que ce que j'avais imaginé, car c'est un topos du genre.
Comme si une intrigue extrêmement balisée ne suffisait pas, Katherine Scholes y ajoute d'interminables lenteurs, notamment vers la fin. Il serait si simple pour Stella d'aller demander une explication. Mais non, l'auteur retarde le dénouement par de très gros remplissages. En outre, les deux premiers chapitres se passent en 1990, puis à partir du chapitre 3, on est en 1975, et on découvre ce qui s'est passé quand Stella avait seize ans. La structure est habituelle, mais je ne l'aime pas trop, car je la trouve artificielle. Ici, elle fait que l'auteur dévoile encore plus son intrigue (déjà pas bien mince), en donnant quelques indices au moment où Stella se demande si elle doit retourner au village. Ces petites indications sont censées être sibyllines, et faire saliver le lecteur. En fait, elles donnent presque toute la trame des événements de 1975.

Pendant une grande partie du roman, Stella m'a agacée. Je la trouvais trop sûre d'elle. Ensuite, elle m'a paru fade et mièvre. Je l'ai finalement appréciée à partir du moment où elle décide de tenir tête à son père.

À la fin, je pense que l'auteur, après avoir enfin clarifié et dénoué la situation, aurait dû nous montrer davantage certains personnages. On attend ça pendant plusieurs chapitres (dont certains traînent énormément), et on n'a qu'un aperçu... ;-)

Bref, un roman un peu trop à l'eau de rose, rassemblant un peu trop de clichés...

Éditeur: À vue d'oeil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Simonne Frenssen pour la Ligue Braille.

Acheter « La femme du marin » sur Amazon