Le week-end

L'ouvrage:
Jörg a passé plus de vingt ans en prison pour terrorisme. Il vient d'être gracié par le président de la république allemande. Sa soeur, Christiane, souhaite que sa réadaptation se fasse en douceur, aux côtés d'amis. C'est pourquoi elle organise un week-end dans une maison de campagne auquel plusieurs anciens amis de Jörg seront conviés. Les choses ne seront pas aussi sympathiques que ce qu'elle désirait.

Critique:
D'abord, le livre part mal. En effet, comment Christiane peut-elle penser que la présence d'amis dont certains furent immanquablement heurtés par la conduite de Jörg, et dont les autres agirent avec lui, pourrait être bénéfique? Il est évident que tout le monde exacerbera ses rancoeurs, voudra des explications, etc. L'auteur aurait dû trouver un autre prétexte pour réunir ce beau monde. Un besoin d'explications, de clarification des choses aurait été plus approprié.

Ensuite, Bernhard Schlink s'y prend mal en nous présentant presque tous les personnages en même temps. Cela fait trop d'informations sur trop de personnes à la fois, et cela peut déboussoler le lecteur au premier abord.

Ce qui est intéressant, c'est que chacun a quelque chose à se reprocher. Au départ, l'auteur fait même en sorte que Jörg soit le plus sympathique. Il a l'air perdu, semble n'aspirer qu'au repos. Petit à petit, on découvre que rien n'est simple. Certains ont mal agi, mais ils pensaient que leurs mobiles étaient honorables, et donc, qu'ils méritent une punition atténuée... Malgré ce désir d'absence de manichéisme, tous ces personnages pleurnicheurs (sauf peut-être deux d'entre eux) m'ont profondément agacée. Ils ont mal agi, mais veulent qu'on les absolve, c'est trop facile. L'exemple le plus frappant est bien sûr celui de Jörg qui explique qu'il a payé pour ses crimes. Si Ferdinand semble intransigeant, on ne pourra s'empêcher d'approuver son amertume, surtout lorsqu'il fait remarquer que donc, selon Jörg, une vie prise ne vaut que six ans de la sienne. En outre, il commit également des crimes dans sa vie privée.
À part cela, n'oublions pas la jeune fille qui se jette à la tête du héros pour coucher avec un terroriste, qui est persuadée qu'elle lui aurait fait du bien, et que ses parents approuvent, ou du moins, consolent...! Elle mérite le pompon du ridicule, de la bêtise, de l'égoïsme, de l'inconséquence, voire de l'hystérie.

On me dira que malgré tout, de belles choses naissent pendant ce week-end: une histoire d'amour, et les balbutiements d'une autre. Soit, mais j'ai trouvé cela très gros.

Pendant tout le roman, je me suis surprise à être distante par rapport aux personnages. Ce qui leur arrivait ne m'importait pas vraiment, je ne suis pas entrée dans leur monde. Certains coups de théâtre et une ou deux conversations m'ont davantage interpellée, mais la plupart du temps, j'attendais que ça devienne intéressant.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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