Appelez moi Li Lou

L'ouvrage:
Cynthia Sardou, l'une des filles de Michel Sardou, raconte certains pans de sa vie. Elle nous parle de sa naissance, en décembre 1973. Le fait qu'elle soit une fille déçut fort son père, et précipita la rupture du couple que formaient ses parents.
Son beau-père la maltraita, et sa mère ne s'y opposa jamais.
Seules, sa marraine, et sa grand-mère, Jackie Sardou, lui témoignèrent un réel attachement.

Puis un jour de 1999, Cynthia perd l'équilibre fragile qu'elle avait réussi à acquérir. Elle est agressée dans un parking, et violée par trois hommes. Elle ne pourra jamais oublier cela.

Critique:
Je pourrais faire à Cynthia Sardou le reproche que j'ai fait à Charlotte Valandrey, (reproche que je ne suis pas allée formuler dans les commentaires de la critique sus citée), et à Mazarine Pingeot. Mon reproche était quelque chose du genre: ces personnes publient des livres et sont lues, parce qu'elles sont célèbres, ou, comme c'est le cas pour Cynthia Sardou, enfants de gens célèbres. Si elles s'appelaient monsieur ou madame Dupont, seraient-elles autant lues? Malgré ce petit reproche, les livres de Charlotte Valandrey et de Cynthia Sardou méritent qu'on s'y arrête. (Petite parenthèse: à mon avis, le "Premier roman" de Mazarine Pingeot, lui, ne mérite pas qu'on s'y arrête. Il m'a semblé tellement vide que je n'ai pas essayé de lire d'autres livres d'elle.)

Cynthia raconte des choses terribles. Elle fait le portrait d'un Michel Sardou au caractère insaisissable, un homme qui, après l'agression de sa fille, ne trouve rien de mieux à lui dire que: "Tu sais ce qu'il te reste à faire.", signifiant par là qu'elle doit oublier tout cela au plus vite, et redresser la tête. Bien sûr, il faut essayer de vivre avec un tel traumatisme, et ne pas se laisser abattre, mais ce n'est peut-être pas la première chose qu'on a envie d'entendre.
D'autre part, il ose comparer la rude épreuve qu'a été le procès des agresseurs de Cynthia pour celle-ci à un procès engagé contre une maison de disques.
D'un autre côté, il peut se montrer aimant. Lorsque Cynthia l'appelle, en larmes, à bout de nerfs, et lui dit qu'elle a été agressée, il se précipite à l'hôpital, a un accident sur le trajet, accident dont il ressort la mâchoire à moitié cassée, et se précipite pour voir sa fille, sans se préoccuper de sa propre fracture.
En gros, on ne sait jamais sur quel pied danser, en ce qui le concerne, si l'on en croit Cynthia.

Elle parle également de Jackie Sardou qu'elle présente comme quelqu'un de pétillant, de dynamique, de toujours prêt à rire.

Le lecteur compatit lorsqu'il lit l'enfance solitaire de Cynthia, la façon dont son beau-père la traite...
Lorsqu'elle raconte son agression, elle n'épargne aucun détail au lecteur. Cela nous montre le calvaire qu'elle a vécu dans toute son horreur. Et si le lecteur frémit à ce récit, il faut imaginer qu'elle a subi tout cela, qu'elle devra vivre avec le reste de sa vie.

Cynthia est une battante. Malgré les embûches et cette agression qui jalonnèrent sa vie, elle parvient à s'en sortir. Ce qu'elle raconte est une belle leçon de courage. L'esprit de sa grand-mère la suit tout au long de sa vie. Parfois, c'est le souvenir de Jackie Sardou qui la fait avancer. Et la lettre que lui écrit sa mère, lorsqu'elle est aux Etats-Unis est un moment très émouvant. Donc, même si je continue à dire que c'est facile d'écrire un livre sur sa vie lorsqu'on est connu, je pense que ce livre vaut la peine qu'on s'y attarde. Il peut redonner espoir et courage. Je vous le conseille donc.

Éditeur: éditions du Rocher.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-France Javet pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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