L'ange et le réservoir de liquide à freins

L'ouvrage:
Soeur Marie-Claire et Mère Adélaïde ont eu un accident de voiture lors d'une leçon de conduite. Mère Adélaïde, rescapée, est persuadée que la voiture a été sabotée.

Critique:
L'enquête n'est pas l'élément principal de ce roman. Il faut d'abord le lire si on a envie de sourire. En effet, entre situations cocasses, personnages hauts en couleur, répliques bien senties, narration alerte, Alix de Saint André utilise tous les ressors possibles de l'humour. Bien sûr, il y a parfois des éléments un peu gros, mais dans l'ensemble, tout cela intéressera les amateurs de rire. Ce qui m'a fait le plus sourire est sûrement le fait qu'une écriture si vive et alerte conte des événements qui se passent dans une école religieuse. En général, on imagine ces endroits austères. L'école l'est, mais la façon dont elle est présentée ne l'est pas.
Cette ambiance distillée par la romancière fait qu'on a parfois un peu de mal à s'émouvoir quant aux meurtres. Ils sont comme une espèce de rappel que même au milieu du rire, les choses peuvent s'arrêter.

Même les personnages désagréables paraissent amusants sous la plume d'Alix de Saint André. Combien de fois ai-je pensé que je détesterais être sous la houlette de mère Adélaïde ou de soeur Anita tout en me bidonnant de leurs façons de faire!
L'auteur a également créé un personnage plus vrai que nature en la personne de Catherine, dite King Kong. Comment ne pas imaginer la scène où elle emporte une camarade, la déculotte, et pose l'objet sur le bureau d'un professeur? En outre, ce personnage est à la fois désagréable et sympathique.
Les rencontres de Stella et de l'ange sont également assez amusantes, surtout parce que leurs échanges sont vifs, et aussi à cause de l'incongruité de la situation. Il est un peu gros que ce soit celle dont le prénom signifie «étoile» qui rencontre un ange...

L'énigme est bien menée. Occupée par le rire, je n'ai pas trop cherché à savoir qui avait tué. Je ne sais pas si la solution est décevante ou pas: elle ne m'a pas déçue.
J'ai trouvé sympathique que Stella et Hélène s'improvisent détectives, même si ça fait un peu cliché.
J'ai quand même trouvé la rencontre de l'ange et de Séraphin un peu longue, notamment parce que l'ange use d'un langage ampoulé.

J'ai trouvé dommage que Stella ait un ressenti aussi positif quant à sa mère...
J'ai été aussi déçue de ce qu'on apprend dans l'épilogue concernant Hélène et Stella, même si cela pouvait être prévisible...

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurence Gargantini pour la Bibliothèque Braille Romande.
Un roman de ce genre ne peut pas être lu par n'importe qui. Il est hors de question de ne pas y mettre de verve, de ne pas prendre un ton adapté à un style si particulier. Certains lecteurs ne s'en seraient pas sortis. Laurence Gargantini a l'art de lire ce genre. Je pense que sa lecture renforce l'amusement. Bien sûr, la lectrice parvient à être toujours dans le ton: elle n'en fait jamais trop.

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