Auteur : Ruiz Zafon Carlos

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lundi, 3 décembre 2012

Le prisonnier du ciel, de Carlos Ruiz Zafon.

Le prisonnier du ciel

L'ouvrage:
Barcelone, 1957.
Un jour que Daniel est seul à la librairie, il reçoit la visite d'un homme étrange. Celui-ci achète un livre («Le comte de Monte Cristo»), beaucoup plus cher que le prix annoncé, et y écrit une curieuse dédicace destinée à Fermín. Ce dernier finit par révéler son secret à son ami. Cela se passait en 1939. La vie de Daniel en sera bouleversée à jamais.

Critique:
Quel bonheur pour moi de retrouver l'écriture si claire, si fluide, ainsi que les intrigues et les personnages de Carlos Ruiz Zafón! Ce livre m'a autant captivée que «Le jeu de l'ange» et «L'ombre du vent». Si l'énigme domine, il serait inexact, voire insultant, de résumer ce roman à un simple thriller. L'énigme passionnera le lecteur, mais son engouement sera renforcé par ce qui se dégage des personnages. D'autre part, l'auteur parsème son roman de répliques et de scènes humoristiques (Comment oublier l'ivresse mémorable du père de Daniel?). Fermín reste pittoresque. Le lecteur découvre un autre aspect de lui, et l'apprécie davantage. Pourtant, là encore, un mystère plane. C'est sûrement la caractéristique de Fermín: plus il se dévoile, mieux on le connaît, plus on se rend compte qu'il en reste encore beaucoup à apprendre.

L'écriture reste l'un des thèmes de l'oeuvre du romancier. Sa manière de l'aborder ici montre bien que le sujet n'est pas épuisé: écriture contrainte, mais aussi libératrice, offrant des clés inattendues, donnant des éléments par-delà le temps, mais constituant également un refuge pour l'un des personnages. C'est aussi un sésame, un moyen de vivre pour Oswaldo et ses disciples.
Il y a également de multiples allusions à des oeuvres plus ou moins connues.

J'ai été ravie de retrouver certains personnages de «Le jeu de l'ange»: Isabella et David Martin. Isabella apparaît peu, mais on la retrouve tout aussi déterminée, éprise de justice... en un mot: exquise. À son propos, l'écrivain adresse un autre clin d'oeil du destin à ses personnages: l'arrivée de Sophia et le bouleversement qu'elle suscite (d'autant que Sempere père est pris de boisson), est une scène à la fois hilarante et touchante.

La magie de ce livre vient de ce que tout contribue à en faire un roman à part. Tous les ingrédients rassemblés en font un livre qu'il sera impossible de lâcher avant de l'avoir achevé. (À mon goût, il est beaucoup trop court!)

Une autre force de ce livre est qu'il éclaire «Le jeu de l'ange» d'un jour nouveau. Je me souviens n'avoir pas aimé la fin de ce roman parce que j'avais trouvé certaines choses trop faciles. Or, tout s'explique de manière parfaitement logique dans «Le prisonnier du ciel». Je n'avais pas pensé à cette possibilité, d'abord parce qu'il me manquait certains éléments (qui ne sont révélés que dans «Le prisonnier du ciel), mais aussi parce que l'idée ne m'était même pas venue. Et pourtant, tout s'explique, tout s'imbrique, tout prend sens de la manière la plus évidente qui soit.
Mais ce roman jette aussi une ombre sur un autre aspect de «Le jeu de l'ange». Une situation qui semblait claire devient maintenant floue. Ce n'est pas pour me déplaire, car cela renforce le côté vraisemblable du tout.

Ces trois livres peuvent être lus indépendamment. En effet, l'épilogue de «Le jeu de l'ange» se passerait en 1945, alors que l'époque évoquée (par un retour en arrière) dans «Le prisonnier du ciel» va de 1939 à 1940. Le présent de «Le prisonnier du ciel» se passe entre les derniers événements de «L'ombre du vent» et son épilogue. De ce fait, l'épilogue de «L'ombre du vent» nous apprend quelques détails qui arriveront dans «Le prisonnier du ciel». Bref, tout cela s'entrecroise, et je comprends que certains disent qu'ils peuvent être lus indépendamment. Cependant, je persiste à penser qu'il faut les lire dans l'ordre chronologique des époques. C'est-à-dire:
1: Le jeu de l'ange
2: L'ombre du vent
3: Le prisonnier du ciel
D'autre part, la fin de ce troisième tome montre qu'il faut l'avoir lu avant de lire le tome 4. J'espère qu'il va vite sortir en France... et en audio!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Frédéric Meaux. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
La voix douce et soignée de Frédéric Meaux, ainsi que son jeu subtile et délicat m'ont, une fois de plus, enchantée. Il sait modifier sa voix pour tel ou tel personnage sans que cela ne soit du cabotinage. En outre, sa voix et ses intonations s'accordent à merveille avec l'écriture de Carlos Ruiz Zafón.

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mercredi, 29 décembre 2010

L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon.

L'ombre du vent

Note: Si j'ai bien compris, ce roman a été écrit avant «Le jeu de l'ange». Cependant, pour la chronologie des faits, et afin de ne pas apprendre quelque chose sur un personnage de «Le jeu de l'ange» avant l'heure, il vaut mieux lire «Le jeu de l'ange» avant «L'ombre du vent».

L'ouvrage:
Daniel Sempere a dix ans. Ce jour-là, son père l'emmène découvrir un merveilleux secret: le cimetière des livres oubliés. Daniel adoptera un livre: «L'ombre du vent», de Julián Carax. Cette lecture marquera sa vie à jamais. Outre découvrir d'autres livres du même auteur, Daniel se lancera à la recherche de ce dernier.

Critique:
Encore une fois, la magie de Carlos Ruiz Zafón a opéré sur moi. Ce roman est dit policier, mais il est bien plus que ça! Enquête, énigmes, amour (sous plusieurs formes), aventure, humour se côtoient dans cet ouvrage. Peut-être que ce qui le définirait le mieux, c'est roman initiatique. En effet, nous assistons à l'éveil à la vie de Daniel Sempere. Il connaîtra des aventures dignes de romans picaresques.
L'une des forces de ce roman est qu'il conte des choses qui paraissent impossibles tant elles sont rocambolesques, et qui, pourtant, pourraient arriver n'importe quand à n'importe qui.
Je reste fascinée par la façon qu'a l'auteur de nimber certains de ses personnages de flou, de mystère, et de leur donner un certain charisme qui fait qu'on se sent irrésistiblement attiré par eux.
Il va de soi que ce volumineux roman ne souffre d'aucune longueur, que l'auteur sait écrire, et qu'il est réconfortant, à l'heure où des romans médiocres sont prônés, de lire un bon livre qui vous happe, vous entraîne dans un tourbillon de sensations duquel vous aurez du mal à sortir. En outre, il est impossible de prévoir quel sera le prochain événement. Le lecteur tâtonne à l'instar de Daniel, et n'apprend les choses que lorsque l'auteur le décide. Bon, vous me direz qu'il y a une chose que j'aurais dû comprendre concernant Julián. Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas m'en rendre compte, car l'auteur le pointe du doigt, et fait d'énormes appels du pied à son lecteur. C'est, je pense, ce qui fait son génie.

On pourrait reprocher à l'auteur ses intrigues en miroir. On pourrait dire que c'est trop facile, redondant, etc. Quant à moi, j'ai été captivée par ce subtile jeu de miroirs, par la façon dont les événements trouvent un écho sans que cela soit tiré par les cheveux, et sans que tout doive obligatoirement se répéter.
J'adresserai tout de même un petit reproche à l'auteur: il a utilisé une ficelle dans ses deux romans. Certes, elle est utilisée un peu différemment, mais j'ai été déçue de la retrouver ici.

Daniel n'est pas parfait, il n'a aucun charisme... c'est ce qui le rend attachant. On s'identifiera volontiers à lui plutôt qu'à Julián ou à Fermín. Combien d'entre nous n'ont-ils pas commis les erreurs de Daniel? Combien n'ont-ils pas été passionnés par un livre, une oeuvre, un personnage, au point de se perdre pour découvrir ce qui est arrivé?

Julián m'a parfois agacée, surtout parce que les sentiments qu'il faisait naître chez les autres étaient toujours extrêmes.
J'ai apprécié Fermín Romero de Torès, personnage loufoque et fantasque, qui, dans les pires situations, a la phrase qui fera rire. En outre, il gardera une part de mystère, puisqu'on ne saura jamais absolument tout de lui, même si on finit par apprendre certaines choses. Ce personnage est toujours source de détente, de rire, d'une pause dans un récit haletant. Vers la fin, il s'illustre encore en honorant de manière joyeusement tapageuse, une promesse que Daniel et le lecteur avait oubliée.

Il y aurait beaucoup d'autres personnages à évoquer, car tous, qu'on les apprécie ou non, sont riches et intéressants. Ne souhaitant pas faire un catalogue des protagonistes, je m'arrêterai là.
Je tiens juste à dire que je n'aime pas du tout Clara! Je ne lui trouve aucune circonstance atténuante.

Remarque annexe:
Je trouve dommage que certains croient encore que les aveugles touchent les visages des gens pour savoir à quoi ils ressemblent. Bien sûr, cela peut donner une indication: la douceur de la peau, présence ou non d'une barbe, etc, mais il me serait impossible de reconnaître quelqu'un, ou de pouvoir dire à quoi il ressemble rien qu'en touchant son visage. Le plus sûr moyen de reconnaître quelqu'un est sa voix.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christian Brouard pour les éditions la Croix des Landes.
J'avoue que j'aurais aimé retrouver Frédéric Meaux sur un autre roman de Carlos Ruiz Zafón, mais j'ai beaucoup aimé la lecture de Christian Brouard. J'ai particulièrement apprécié la façon dont il interprète Fermín: son jeu renforce l'idée que je me faisais du personnage. Le lecteur ne cabotine jamais, et sait donner du rythme et de la force au livre. Un tel texte ne doit pas être facile à rendre, et le comédien s'est montré à la hauteur.
Je ne lui adresserai qu'un minuscule reproche: il fait partie de ceux qui croient que Miguel, à l'espagnole, se prononce Migouel. J'avoue que cela m'a beaucoup agacée! ;-)

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lundi, 11 janvier 2010

Le jeu de l'ange, de Carlos Ruiz Zafon.

Le jeu de l'ange

L'ouvrage:
David Martin adore les livres depuis son enfance. À l'âge de dix-sept ans, il commence à écrire pour le journal où il travaillait comme grouillot, depuis son enfance. C'est ainsi qu'il commence sa carrière d'écrivain. Il suscitera haine, jalousie, mais aussi admiration et sympathie.
Il a peu d'amis, mais ils sont précieux, surtout le libraire, monsieur Sempere. David est amoureux sans espoir de Cristina, la fille du chauffeur de son ami, Pedro Vidal.

Un jour, David reçoit un message d'un mystérieux correspondant, Andréas Corelli. Celui-ci lui assure qu'il aimerait que David écrivît un livre pour ses éditions.

Critique:
Ce livre est d'abord une ode à l'écriture et à la lecture. Tout ce qui se rapporte à ces activités est très bien décrit, très bien raconté. Les difficultés de l'écrivain à concilier ce qu'on lui demande, ce qu'il peut écrire, ce qu'il voudrait écrire... la jalousie des gens envers celui qui a du succès, car il écrit mieux qu'eux et est plus jeune; et surtout, l'amour de l'écriture, de la lecture, et de l'objet livre.
On retrouve aussi le thème du nègre. Et là encore, on découvre, si on ne le savait déjà, toute l'hypocrisie des gens. Ici, ils acclament le soi-disant livre de Pedro Vidal qui est riche et puissant, et dénigrent celui de David qui n'a que son talent. Ce thème est très bien exploité.

Le livre démarre lentement. Cependant, on ne s'ennuie pas. On prend plaisir à suivre les pas de ce jeune garçon sympathique, et à entrer dans le monde dont il nous ouvre les portes. En outre, on ne sait pas ce qui va se passer. Pour moi, un roman dont on ne peut prévoir la suite est bon.
L'ouvrage est long (plus de quinze heures en audio), et pourtant, aucune longueur n'est à déplorer. Les gros livres souffrent souvent de longueurs. Ils pourraient être amputés d'une centaine de pages sans que cela perturbe le bon déroulement de l'intrigue. Ici, rien n'est trop long, rien n'est pesant: l'histoire est fluide, l'attention du lecteur est sans cesse attirée, il est toujours captivé.
La première surprise que l'auteur fait à son lecteur est celle d'une intrigue à suspense. En effet, au départ, rien ne laisse présager cela. Petit à petit, l'auteur entraîne son personnage et le lecteur dans un piège inextricable dont il semble impossible de se tirer. On me rétorquera que c'est comme ça dans tous les polars. Peut-être, mais ici, c'est beaucoup plus subtile. On ne voit pas vraiment les coups venir, et on n'a aucune idée de la façon dont David se tirera de cette situation. Dans beaucoup de romans policiers, les ficelles sont très grosses, et on sait que le sauveur arrivera au dernier moment pour secourir la personne en détresse.
Lorsque l'intrigue est lancée dans le suspense, on n'arrête plus sa course. Le lecteur se retrouve pris dans un tourbillon de sensations et de rebondissements. Il y a quelques ficelles un peu grosses (le policier acheté, celui qui se fait passer pour un autre), mais elles sont bien amenées, et on ne les voit pas venir.

Malgré ses côtés sombres, ce livre contient une bonne dose d'humour représenté par des personnages (Isabella, Basilio et son collègue), et aussi par certaines situations.

J'ai été un peu déçue par la fin. Elle n'est pas bâclée. On voit bien que l'auteur l'a soigneusement préparée, et a semé quelques indices au long du livre. Mais je la trouve trop facile.
(Attention, la fin du paragraphe dévoile certaines choses.)
On ne sait pas vraiment pourquoi Andréas, et plus tard, David, connaissent le sort de Dorian Gray. On ne sait pas trop non plus comment Andréas a fait pour faire renaître ou revivre ou pour recréer Cristina.
En outre, il y a une incohérence. Si Diego a sacrifié le véritable Ricardo Salvador et s'est fait passer pour lui, il faut que ce soit après que l'enquête sur son décès a commencé. Or, si elle a commencé, c'est qu'il y a bien eu quelqu'un qui est mort, quelqu'un qu'on a dû faire passer pour Diego... Peut-être ce quelqu'un est-il Jacquot, comme le suppose David, mais il me semble que ce n'est pas très clair.
En outre, autre chose est un peu gros: la façon dont David parvient à se débarrasser de tous ceux qui veulent se saisir de lui ou le tuer. On dirait un peu Superman, ce n'est pas très crédible.

Les personnages sont assez fouillés. Même ceux que j'appelle les «méchants» ont une certaine logique et des motivations explicables. Cela ne les excuse pas, mais au moins, ce ne sont pas des personnages brossés à grands traits grossiers. Certains (Diego et Andréas) me rappellent des personnages de Brussolo: ils sont capables de tout pour obtenir ce qu'ils veulent, ils sont aveuglés par leur obsession.
Les femmes n'ont pas le beau rôle. À part Isabella, elles sont soit perfides soit cruches. Irène est les deux à la fois, la mère de David aussi (on ne comprend pas trop ses actes), et le pompon revient à Cristina. On se demande plusieurs fois ce que David lui trouve! Elle fait tout le temps des simagrées. D'abord, elle fait semblant de ne pas aimer David, puis elle l'aime mais ne veut pas être heureuse avec lui (au nom de la compassion et de la reconnaissance qu'elle éprouve pour Pedro), ce qui est tout à fait stupide; puis elle se rend compte qu'elle ne va pas pouvoir vivre avec un homme qu'elle n'aime pas (il fallait être bête pour penser que ça se passerait autrement). Quant à la suite, je ne la dévoile pas, mais elle montre encore que Cristina n'est pas très intéressante, et qu'on a plutôt envie de lui donner des claques ou de se moquer d'elle, au choix. Elle me fait penser à une de ces jeunes filles des siècles passés qui ne connaissaient rien à la vie parce qu'elles sortaient du couvent où elles avaient été éduqués à être de bonnes épouses, à être idiotes et à se taire, et qui s'évanouissaient à la moindre occasion.

Je préfère de très loin Isabella. C'est la seule femme réellement positive du roman, même si elle se montre désagréable avec ses parents qui ne le méritent pas. Elle et monsieur Sempere sont un rayon de soleil parmi tous ces personnages sombres et froids. Elle est drôle, pétillante, a du caractère, elle sait ce qu'elle veut, et ne se laisse pas faire ou posséder par de belles paroles. (J'ai d'ailleurs été surprise qu'elle tombe aussi facilement dans le piège que lui tend David.) J'aurais préféré que ce soit elle que David aime. Elle était plus faite pour lui que la fade Cristina. D'ailleurs, elle le sait. C'est aussi quelqu'un d'idéaliste: ce qui lui arrive à la fin montre, comme elle le dit elle-même, qu'elle n'a pas de place dans ce monde.

Le personnage de Pedro est également intéressant. Son amitié pour David n'est pas totalement désintéressée. C'est une amitié coupable. Il tente de se racheter. Son amitié finit par être sincère, mais il ne peut s'empêcher de prendre à David ce qu'il a de plus cher au monde... deux fois, même si la première fois, il ne le fait pas exprès. Il construit son bonheur sur le malheur d'autres, sans vraiment vouloir les peiner, mais en sachant qu'il le fait, et cela ne lui réussit pas.

En bref, j'ai adoré ce roman, mais la fin a un peu tempéré mon enthousiasme.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Frédéric Meaux pour les éditions Audiolib.
J'avais aimé la prestation de Frédéric Meaux pour «Enfant 44». Dans cet enregistrement, son talent ne se dément pas. Il me semble même qu'il a osé plus de choses que dans «Enfant 44». Son interprétation sensible, toujours juste (en un mot: magistrale), est une composante de la magie qui m'a emprisonnée dans ce roman. Le talent de l'auteur allié à celui du narrateur font de cette lecture un très beau souvenir. Et en plus, il n'a pas tenté de prononcer les noms en mettant un terrible accent espagnol! Bravo!

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