Auteur : Rowell Rainbow

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jeudi, 22 août 2019

Eleanor et Park, de Rainbow Rowell.

Eleanor et Park

L'ouvrage:
Dans le bus scolaire, Park veut la paix, donc ne laisse personne s'asseoir à côté de lui, puis s'immerge dans la musique et les bandes dessinées. Un jour, une nouvelle (ayant l'air d'un épouvantail, pense Park) monte dans le car, et personne ne veut se pousser pour lui faire une place. La voyant désemparée, et ne comprenant pas vraiment pourquoi il fait cela, Park lui laisse la place à côté de lui. À mesure que les jours passent, il s'aperçoit que pendant les trajets, Eleanor (c'est le prénom de la nouvelle) profite de ce qu'il lit. Alors, il se prend à vérifier qu'elle est arrivée à la fin de la page avant de la tourner...

Critique:
Ce roman m'a plu. C'est une romance adolescente, donc je m'en méfiais un peu, mais ayant aimé «Fangirl», je me suis décidée. J'ai apprécié que l'autrice n'ait pas inventé un coup de foudre. Nos deux héros ne cherchent pas à se parler, au départ. Park ne fait pas partie de ceux qui harcèlent Eleanor parce qu'elle est enrobée et s'habille de manière particulière, il est tout simplement indifférent à sa présence. Ensuite, lorsqu'ils apprennent à se connaître et à s'accepter, les choses ne se font pas en un claquement de doigts. En outre, Park se rend compte (même s'il lui est difficile de l'admettre) que tout en appréciant de plus en plus Eleanor, il en a un peu honte. Quant à elle, entre les moqueries des autres lycéens et sa vie de famille perturbante, elle s'est forgé une carapace, et se replie très facilement sur elle-même. Elle a donc, parfois, des réactions qui paraissent disproportionnées, mais qui s'expliquent. Finalement, elle est assez saine et équilibrée, étant donné ce qu'elle subit...

J'ai apprécié les parents de Park. Ils sont parfois très maladroits, mais aiment leur fils. La mère de l'adolescent a peur d'Eleanor, mais finit par l'accueillir chaleureusement. Le père du jeune garçon est parfois injuste envers son fils, mais lorsqu'il découvre ce que celui-ci s'apprête à faire, vers la fin du roman, il prend la mesure des choses, et donne sa bénédiction. Eleanor (qui en connaît un rayon sur les mauvais parents) assure à Park que son père l'aime.

Cela me sert de transition pour dire que je ne trouve absolument aucune excuse à Sabrina, la mère d'Eleanor! Bien sûr, on connaît cette façon d'agir: la femme maltraitée qui ne fait rien pour s'en sortir, et qui, en plus, trouve des excuses à celui qui la frappe et l'humilie. Cependant, là où Sabrina dépasse les bornes, pour moi, c'est qu'en agissant ainsi, elle met ses enfants en danger, et le sait parfaitement. Si Richie (l'auteur des coups, des humiliations, et de pire encore) m'a profondément déplu, c'est surtout Sabrina que j'ai détestée. Comment ose-t-elle exposer ainsi ses enfants? Comment a-t-elle osé laisser Richie chasser Eleanor pendant un an? D'autant que ce n'est que son second mari, seul l'un des enfants est le sien.

Avant la toute fin, Eleanor fait quelque chose que je n'ai pas vraiment compris. Elle l'explique, mais pourquoi imaginait-elle que cela devait être si radical? Elle s'impose des barrières qui n'ont pas vraiment lieu d'être. Bien sûr, on peut comprendre ses raisons, et en plus, cela crée un moment de suspense et de malaise qui relance (bien qu'il n'y en ait pas besoin) l'attention du lecteur.
Après la fin, j'aurais souhaité un chapitre supplémentaire. D'abord, j'aurais aimé savoir ce qui est écrit sur la carte postale. Étant donné que cette carte est arrivée, et qu'une phrase révèle ce que ressent son destinataire en la lisant, on imagine le contenu. Certes, mais j'aurais aimé le connaître. Ensuite, j'aurais aimé savoir comment se passent les choses, après, pour les deux protagonistes, ainsi que pour d'autres, comme les frères et la soeur d'Eleanor. J'ai donc l'impression de quelque chose d'inachevé, même si le roman m'a beaucoup plu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman et Sunil Malhotra pour les éditions Listening Library.

Il m'a plu de retrouver Rebecca Lowman qui fait partie des comédiens que j'affectionne. Comme d'habitude, j'ai apprécié son jeu.
Je ne connaissais pas du tout Sunil Malhotra. Son interprétation m'a beaucoup plu. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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jeudi, 30 août 2018

Fangirl, de Rainbow Rowell.

Fangirl

L'ouvrage:
Cather (dite Cath) et Wren sont jumelles. Il est temps pour elles d'aller à l'université. Wren y voit une occasion d'être plus indépendante. Par exemple, elle ne veut pas partager une chambre avec sa soeur. Cath est un peu déboussolée. Timide et gauche, elle trouve un peu de réconfort en faisant ce pour quoi elle sait avoir un certain talent: écrire des fanfictions sur la série de livres mettant en scène Simon Snow.

Critique:
Je suis tout de suite entrée dans la vie de ces personnages attachants. Je comprenais très bien Cath qui, au départ, perd ses repères, et a beaucoup de mal à être sociable. Cette année universitaire la forcera à combattre ses faiblesses, et à admettre qu'il n'y a pas que les fanfictions concernant Simon Snow dans la vie. J'ai éprouvé de la compassion pour cette adolescente qui peinait à concilier son besoin de repères, ses certitudes, ses remises en question... J'ai aimé que certains (comme Reagan, sa compagne de chambre ou le professeur Piper), la secouent un peu, et l'obligent à se prouver qu'elle est capable de certaines choses.
Tout cela n'est pas dénué d'humour. Par exemple, Cath a fait une provision de barres protéinées pour ne pas avoir à aller à la cafétéria de l'université. C'était sans compter que quelqu'un pillerait ses réserves, tant par goût que pour la faire sortir de son antre.

Dans les livres de ce genre, beaucoup d'histoires d'amour me déplaisent parce que je les trouve mal amenées, peu crédibles... Ici, je me doutais qu'il y en aurait une, car nous sommes chez Rainbow Rowell, et son héroïne a l'âge des premiers sérieux émois. Pour moi, cela a été bien amené. L'auteur ne brusque pas son lecteur, ses personnages sont creusés, sympathiques... Je me suis même surprise à souhaiter que les amoureux soient ensemble avant qu'ils commencent à faire un pas l'un vers l'autre.

Au long du roman, Cath et Wren ne sont pas d'accord entre autres concernant leur mère. Dès le départ, je comprenais davantage le raisonnement de Cath, et je craignais que l'auteur crée des événements peu crédibles qui montreraient que notre héroïne a tort. À vous de voir ce qui se passe... Tout ce que je peux dire, c'est que l'auteur n'a rien fait d'invraisemblable.
D'autre part, j'aurais voulu que les sentiments de Wren à ce sujet soient davantage développés.

J'ai aimé la manière dont la romancière aborde la lecture et l'écriture. Par exemple, Levi ne parvient pas à lire un livre avec ses yeux, et se concentre bien mieux lorsqu'il l'entend. Aux États-Unis, je sais que le livre audio est bien plus implanté qu'en France, et il m'a plu qu'un livre traduit en français évoque une personne dont la mémoire auditive est meilleure que la mémoire visuelle. Malheureusement, beaucoup de français sont bornés et convaincus que lire en audio, ce n'est pas lire. Peut-être que certains d'entre eux se plongeront dans «Fangirl», et réfléchiront un peu en voyant comment lit Levi...

Quant à l'écriture, c'est à travers Cath qu'elle est abordée. La jeune fille ne parvient pas à sortir de ce qu'elle sait faire pour tenter autre chose. L'espèce de défi que lui lance son enseignante l'angoisse. J'ai compris son point de vue, mais aussi celui de ceux qui la poussent à tenter de sortir de sa routine, à faire en écriture comme elle a fait (non sans mal) dans la vie.

Si beaucoup de personnages m'ont plu, je n'ai pas vraiment apprécié Wren. J'ai compris son besoin de s'éloigner, de vivre des expériences... mais elle m'a agacée, sauf lorsqu'elle exhorte sa soeur à changer d'avis concernant un événement de la fanfiction. Wren m'a paru peu consistante, peut-être parce qu'elle a suivi une route qui ne m'a jamais intéressée, route par laquelle beaucoup d'adolescents passent, pas toujours avec les mêmes conséquences. De ce fait, ce qui concernait ce personnage m'a semblé trop convenu. De plus, je n'ai pas été convaincue par ses arguments à propos de Laura. J'aurais préféré être tiraillée entre son point de vue et celui de Cath, cela aurait rendu Wren plus intéressante.

J'ai beaucoup aimé ce roman, mais je me suis ennuyée lors des passages sur Simon Snow. Par conséquent, je ne lirai pas «Carry on» qui est l'histoire de Simon qu'écrit Cath pendant le roman, et que Rainbow Rowell a éditée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman et Maxwell Caulfield pour les éditions Listenning Library.

J'apprécie toujours autant Rebecca Lowman qui lit avec beaucoup de naturel, et sait modifier sa voix de manière convaincante pour les rôles masculins.
Je pense que Maxwell Caulfield est un bon comédien, mais il lisait la plupart des passages concernant Simon, et en plus, il a un accent anglais (accent que je n'aime pas du tout). Donc son jeu n'a pas vraiment attiré mon attention.

lundi, 30 novembre 2015

À un fil, de Rainbow Rowell.

À un fil

L'ouvrage:
Neal et Georgie sont mariés depuis quinze ans. Ils ont deux enfants.
Ils doivent aller passer Noël chez la mère de Neal, dans le Nebraska. Or, quelques jours avant leur départ, une opportunité très attendue se présente quant au travail de Georgie. Elle ne peut pas partir. Ce n'est pas la première fois que le travail de Georgie passe avant sa famille. Pour Neal, c'est peut-être la fois de trop.

Critique:
Si vous aimez les histoires d'amour un peu légères, mais avec quelques questions intéressantes sur la remise en question, la perception des choses, ce livre est pour vous. Quant à moi, j'ai d'abord voulu lire ce roman à cause de ce que je ne dis pas dans mon résumé, et qui est sur la quatrième de couverture: ce qui arrive lorsque Georgie se sert de la ligne fixe de sa mère. Au départ, j'ai trouvé cela sympathique, puis j'ai trouvé que cela s'essoufflait un peu. À la place de Georgie, j'aurais sûrement essayé de téléphoner à «l'autre Georgie». Mais l'histoire aurait peut-être été plus poussive puisque Georgie aurait déjà su que «l'autre Georgie» avait eu ce coup de fil... Enfin, je ne sais pas trop ce que j'aurais fait, mais il me semble que Rainbow Rowell aurait pu exploiter le thème plus intensément.
À l'instar du thème, l'intrigue finit par être un peu lente. Il y a même des moments qui traînent franchement, vers la fin.

J'ai apprécié le fait que Georgie se remette en question, tente de voir les choses d'un autre point de vue, se rende compte qu'elle a toujours voulu le beurre et l'argent du beurre... J'ai aussi aimé que l'auteur tente de nuancer: tout n'est pas noir, et tout n'était pas rose au début. L'auteur montre comment chacun doit y mettre du sien pour que cela fonctionne, mais aussi pourquoi chacun a envie que cela fonctionne. C'est aussi un petit rappel: ne pas prendre l'autre pour acquis.

J'ai également aimé certaines conversations, certaines répliques amusantes. L'intrigue est banale (mis à part ce qui arrive avec le téléphone), mais les personnages sont attachants, avec leurs défauts et leurs qualités. Il y a aussi certaines scènes cocasses, comme celle où Heather tente d'empêcher Seth d'entrer dans la chambre de Georgie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Macmillan.
Rebecca Lowman est sûrement l'une des raisons pour lesquelles à mes yeux, ce livre est davantage qu'une histoire d'amour un peu lente. Elle a toujours le ton adéquat et sait modifier sa voix sans que cela fasse affecté. Elle fait ressortir les répliques drôles sans exagérer.

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