La grande inversion

L'auteur:
Le site officiel de Philippe Rouchier vous le fera découvrir bien mieux que je ne pourrais le faire.

L'ouvrage:
Voskul est furieux. Lui qui commençait à prendre des vacances bien méritées dans le royaume de Kzz, est rappelé par ses supérieurs. Il doit se rendre chez le mage Kastétrophus qui, semble-t-il, a commis une erreur lors d'une opération de magie.
Sans prendre la peine d'enquêter sur les résultats de cette erreur, Voskul se propose de punir l'impudent, puis de retourner se reposer. Seulement, Kastétrophus a prévu la colère de l'enquêteur surnaturel, et arrive à le neutraliser. Voskul devra donc accompagner Zalbast et Zelzévine, un jeune homme et une épée. Ils sont le fruit de l'opération malencontreuse de Kastétrophus. Les deux êtres ont fui, aidés par le mage, afin d'échapper au courroux des instances supérieures. Zalbast a une mission: délivrer un message, et doit, pour cela, faire un long voyage, périple pendant lequel il sera épaulé par Voskul.

Critique:
Si vous voulez garder le suspense entier jusqu'au moment où Zalbast découvre la vérité, ne lisez pas la quatrième de couverture. Elle en dévoile trop sur l'intrigue, et sur la raison pour laquelle Zalbast et Zelzévine sont une erreur des manipulations de Kastétrophus. Il est regrettable, à mon avis, que la quatrième de couverture ait été rédigée ainsi.

Ce livre est plaisant par plusieurs côtés. D'abord, nous sommes entraînés, à l'instar des héros, dans une multitudes d'aventures qui mènent à l'accomplissement de la mission. Zalbast rencontre des embûches, ce qui le fait mûrir, et le pousse à découvrir des vérités sur lui-même: la raison de sa création, mais aussi sa personnalité, sa façon d'agir dans des situations extrêmes.
D'autre part, les joutes verbales entre Zalbast et Voskul sont savoureuses. Bien sûr, c'est un peu cliché: les deux personnages ne pouvant pas se supporter, et étant obligés de travailler l'un avec l'autre. Cependant, cet aspect de l'intrigue m'a plu, car ces échanges sont une pause divertissante. Ils nous font oublier la tension pour quelques minutes, ce qui fait qu'on y est replongé avec d'autant plus d'étonnement. Tout au long des aventures qu'ils vivent, ils s'agacent, et ne se privent pas de se le faire savoir. Seulement, le lecteur sait qu'il y a un respect et une amitié sous-jacents. La fin en est la preuve. A mon avis, la scène la plus drôle est celle où Zalbast doit délivrer Voskul, prisonnier d'un giroplasme, dans le manoir de l'oncle de Sha.

D'autre part, lorsque Zalbast parvient à délivrer son message, la leçon qu'il en tire est inattendue et pleine de sagesse. Là aussi, vous me direz que c'est un peu cliché. Peut-être, mais je ne l'avais pas deviné. En outre, le lecteur prend toute la mesure de la malice de Kastétrophus.
La toute fin était à prévoir. Cela ne pouvait se terminer autrement. Elle est donc satisfaisante puisqu'elle s'accorde avec ce que le lecteur connaît de Zalbast. Bien sûr, les personnages ont un peu peur de se retrouver au milieu de nulle part, mais le lecteur se doute bien que si Zalbast s'est vu confier un certain objet, c'était parce qu'on avait prévu qu'il s'en servirait.

D'autres côtés m'ont moins plu.
Il m'a semblé que les aventures étaient superposées les unes aux autres sans aucun liant, mis à part Zalbast et Voskul. Ca me faisait penser aux dessins animés où les personnages vivent une aventure par épisode. De ma part, ce n'est pas une manière de dénigrer cette façon de faire, car je suis fan de dessins animés. Seulement, ce genre d'histoires me lasse vite, car je préfère les histoires un peu plus suivies.

Par ailleurs, l'énigme rappelant un roman policier, où les personnages doivent découvrir qui est le meurtrier, m'a semblé légèrement artificielle, comme si l'auteur l'avait ajoutée après coup pour mêler le plus de genres possible, à la façon de Serge Brussolo. C'est un peu rattrapé par la fin de l'aventure, fin à laquelle je ne m'attendais pas.

Les personnages sont attachants (Voskul et sa fausse mauvaise humeur chronique, Sha qui semble soumise et fade au premier abord, et qui se révèle intelligente et courageuse), mais, pour certains, pas assez fouillés. Bien sûr, pour Zalbast, c'est un faux reproche, puisque normalement, il est gentil. (Je n'en dirai pas plus.) Mais un personnage comme Farfalax aurait mérité d'être un peu plus développés, car sa création est intéressante.

Éditeur: Paulo-Ramand Eds. Ce livre m'a été offert par son auteur. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.

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