Comme la grenouille sur son nénuphar

L'ouvrage:
Gwendolyn est une jeune trader. Ce jeudi-là, les marchés de la bourse s'effondre, André (le singe de son petit ami), disparaît, et un certain Larry Diamond l'exaspère. C'est le pire jour de sa vie. Cela va se transformer en le pire week-end...

Critique:
Au départ, j'ai vraiment aimer entrer dans ce livre. Le style truculent, agrémenté d'une pointe de délire, m'a tout de suite attirée. Ensuite, certaines situations m'ont beaucoup amusée: le désespoir de Gwendolyn (décrit avec verve), le passé d'André, son amour pour les glaces à la banane, le désagrément engendré par les asperges...
De plus, les personnages m'ont été sympathiques. Gwendolyn éveillera tour à tour la compassion et l'exaspération du lecteur. Un peu snobe, un peu froide, mais brûlant de découvrir des horizons inconnus, cherchant le bonheur... En outre, elle est caractérisée par sa voix si particulière. C'est le genre de détail qui me fait l'apprécier davantage. L'auteur a tellement décrit sa voix que je l'imaginais sans problèmes, et que malgré le fait que sa propriétaire en ait un peu honte, j'aime beaucoup ce que j'ai imaginé. Cela montre une Gwendolyn foncièrement sympathique, et peut-être un peu enfantine.
En outre, c'est la première fois que je lis un roman où l'auteur s'attarde sur la voix.

Cujo est également intéressante: mystérieuse, atypique... En effet, ce qu'elle dit sur la voyance, sur les cardes démontre son honnêteté. Son second métier révèle une espèce d'ambivalence... Elle est à la fois humaine et intéressée.

Cependant, après un début prometteur, tant au niveau du style que de l'intrigue, le livre s'essouffle. À part Gwendolyn, les personnages m'ont semblé de plus en plus caricaturaux. Belford, qui au début, paraissait être un idéaliste tentant d'aider tout le monde, a ensuite l'air d'un pauvre crétin.
Le mystère entourant Cujo commence par interpeller le lecteur, et puis cet aspect de l'intrigue devient trop lent.
Autre problème assez incontournable: je n'ai pas aimé le personnage de Larry, et ses délires sur les Bozo etc me semblaient indigestes.

L'une des originalités de l'écriture me déplaît. C'est le fait que le roman soit écrit à la deuxième personne du singulier. L'auteur s'adresse à Gwendolyn. Au début, j'ai passé outre, comme je le fais dans les romans de Nicole de Buron, parce que le reste me plaisait. Mais ensuite, cette déconvenue s'est ajoutée aux autres.

Enfin, si l'humour de Tom Robbins a suscité mon rire, j'ai trouvé certaines lourdeurs. Par exemple, le fait que Belford ne prenne pas la peine de se «nettoyer» avant d'aller à la police, l'endroit où Larry voit Cujo alors qu'elle a disparu, l'amour de Twister pour l'image, etc.

Éditeur: Gallmeister.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fabienne Chalendard pour l'association Valentin Haüy.
J'ai apprécié la voix de la lectrice ainsi que son ton. Elle a choisi la sobriété, tout en ayant une lecture dynamique.

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